"Maintenant, la Russie utilise un autre ton": des pourparlers constructifs selon l'Ukraine, mais des "contradictions profondes" demeurent, les troupes russes semblent peu progresser

Situation sur le terrain, réactions internationales, sanctions: le point sur l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

La rédaction avec agences

Les pourparlers entre délégations russe et ukrainienne doivent continuer mardi, une lueur d'espoir émergeant depuis quelques jours mais en contraste avec l'élargissement de l'opération russe à travers toute l'Ukraine. Le Kremlin a évoqué lundi "la possibilité de prendre sous contrôle total (les) grandes villes qui sont déjà encerclées".

Au moins trois fortes explosions ont été entendues mardi matin dans le centre de Kiev par plusieurs journalistes de l'AFP, l'un d'eux ayant aperçu une colonne de fumée s'élever au loin. La capitale ukrainienne est sous couvre-feu jusqu'à 05H00 GMT. Les détonations sont parfois causées par les armes de défense anti-aérienne.

Au vingtième jour de guerre à la suite de l'invasion russe lancée le 24 février, la quatrième session de négociations pour tenter de trouver une issue à cette crise doit reprendre après une "pause technique" annoncée en fin d'après-midi lundi par le chef des négociateurs ukrainiens, Mykhaïlo Podoliak.

Cette fois, les discussions se déroulent par visioconférence après trois rounds en présentiel au Bélarus voisin puis une rencontre jeudi en Turquie des chefs de la diplomatie russe et ukrainienne.

Les informations en direct:

23h55 : Les troupes russes semblent peu progresser selon le Pentagone

Les troupes terrestres russes n'ont pratiquement pas progressé en Ukraine, estime le gouvernement américain. La capitale Kiev reste pourtant toujours bombardée, selon un haut-fonctionnaire de la défense américaine. Les civils et zones résidentielles sont de plus en plus pris pour cible, avance-t-on outre-Atlantique, mais l'armée russe n'a pas progressé de manière significative vers la capitale. Selon les estimations américaines, les troupes russes se situent au nord-ouest à 15 ou 20 kilomètres du centre de la ville. A l'est, elles seraient à 20 à 30 kilomètres.

Les villes de Tchernihiv (nord) et Marioupol sur la Mer d'Azov sont encore isolées. Pour le moment, Washington ne voit pas de mouvement immédiat par mer vers l'importante ville portuaire d'Odessa.

Selon le Pentagone, les Russes ont tiré 950 roquettes depuis le début de l'invasion. Il n'y a pas de nouvelles attaques vers l'ouest à signaler, selon le fonctionnaire américain, et rien n'indique que la Russie prévoit de se déplacer vers ces régions. Mais il se peut que Moscou garde cette option en réserve. Le Bélarus ne fait pas mine non plus déplacer des troupes, a-t-il encore décrit.

23h16 : Varsovie demande une "mission de paix" de l'Otan pour aider l'Ukraine

La Pologne demande une "mission de paix" de l'Otan, "protégée par les forces armées", pour aider l'Ukraine, a déclaré mardi soir à Kiev le vice-Premier ministre polonais, Jaroslaw Kaczynski.

"Cette mission ne peut pas être une mission désarmée. Elle doit chercher à fournir une aide humanitaire et pacifique en Ukraine", a déclaré M. Kaczynski, cité par l'agence de presse polonaise PAP.

Ce dernier a participé, aux côtés des Premiers ministres polonais, tchèque et slovène, à une rencontre dans la soirée avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le Premier ministre Denys Chmygal.

Il s'agit de la première visite de dirigeants étrangers à Kiev depuis le début de l'attaque russe le 24 février.

"Je crois qu'il faut une mission de paix de l'Otan, voire éventuellement d'une structure internationale plus large, mais une mission qui sera en mesure de se défendre et qui agira sur le territoire ukrainien, qui se trouvera sur le territoire de ce pays avec l'accord du président et du gouvernement ukrainiens et ce ne sera pas une mission sans défense", a-t-il détaillé.

Cette mission "s'efforcera d'instaurer la paix, de fournir une aide humanitaire, mais en même temps elle sera protégée par des forces appropriées, des forces armées", a précisé M. Kaczynski, qui est aussi le chef du parti conservateur au pouvoir en Pologne.

22h21 : La Première dame d'Ukraine inquiète : "J'ai peur pour mon mari"

La première dame d'Ukraine a peur pour la sécurité de son mari, Volodymyr Zelensky, indique-t-elle dans un échange écrit avec ABC News. "Comme toutes les femmes en Ukraine, j'ai peur pour mon époux", déclare Olena Zelenska.

Celle-ci, âgée de 44 ans, appelle son mari tous les matins et a confiance en sa capacité de "défendre le pays qu'il aime".

La première dame, qui qualifie les attaques russes de "génocide" en Ukraine, prie l'Otan de mettre fin aux frappes aériennes et "fermer l'espace aérien".

Olena Zelenska exhorte les citoyens des pays démocratiques à demander à leur dirigeant de prendre des mesures contre Poutine. "Nous devons arrêter cela. Quand je dis 'nous', j'entends le monde entier."

21h53: Des pourparlers plus "constructifs" mais des "contradictions profondes"

Des "contradictions profondes" persistent dans les pourparlers russo-ukrainiens, qui se poursuivront mercredi, mais un "compromis" est encore possible, a estimé mardi un conseiller du président ukrainien, Mykhaïlo Podoliak. "C'est un processus de négociation compliqué et extrêmement laborieux. Mais, bien sûr, un compromis est possible", a-t-il dit sur Twitter. "Nous continuerons demain", a-t-il ajouté.

La quatrième session de pourparlers entre Moscou et Kiev a débuté lundi en visioconférence.

Les deux camps ont affiché un certain optimisme ces derniers jours, mais les dernières déclarations de M. Podoliak illustrent combien ces discussions sont difficiles, alors que sur le terrain l'armée russe a mis les bouchées doubles ces derniers jours pour s'emparer de plusieurs grandes villes ukrainiennes.

21h34: Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban declare: "Nous devons rester en dehors de cette guerre"

"Nous devons rester en dehors de cette guerre", a déclaré mardi lors d'un rassemblement de son parti Fidesz à Budapest le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, devant des dizaines de milliers de partisans. "Les guerres ne sont pas menées pour nous et ne sont pas dans notre intérêt." La Hongrie, dit-il, n'est qu'une pièce sur l'échiquier des grandes puissances. "Parfois l'une veut nous pousser au front, parfois une autre. Quand il s'agit de leurs intérêts, ils nous sacrifient."

La Hongrie est membre de l'Otan depuis 1999, et de l'Union européenne depuis 2004. Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010, a toutefois maintenu jusqu'à récemment une relation amicale avec le président russe Vladimir Poutine.

Orban n'a condamné qu'à demi-mot l'invasion russe en Ukraine, tout en soutenant les sanctions européennes pour ne pas se retrouver complétement isolé.

21h12: Face au bilan humain qui s'alourdit, Zelensky redemande une zone d'exclusion aérienne

"Imaginez vos villes bombardées, encerclées": évoquant les victimes civiles, le président de l'Ukraine Volodymyr Zelensky a invité mardi les parlementaires canadiens à réaliser la souffrance de son peuple et a enjoint le Canada à un soutien plus fort, redemandant une zone d'exclusion aérienne. "Je sais que vous soutenez l'Ukraine, mais j'aimerais que vous compreniez ce que nous vivons", a-t-il déclaré en direct par vidéo.

"Les Russes ont déjà tué 97 enfants" en bombardant "des écoles, des hôpitaux, des habitations", a-t-il affirmé notamment devant les députés canadiens qui l'ont acclamé debout pendant plusieurs minutes.

"Nous ne demandons pas grand-chose. Nous demandons un soutien réel, qui nous aidera à l'emporter", a-t-il ajouté.

"Pouvez-vous imaginer appeler vos amis pour leur demander de fermer l'espace aérien, d'arrêter les bombardements et qu'en retour ils expriment simplement leurs profondes inquiétudes face à la situation", a lancé le président ukrainien, demandant une nouvelle fois une zone d'exclusion aérienne en Ukraine.

21h01: Des "contradictions profondes" lors des négociations russo-ukrainiennes

Des "contradictions profondes" persistent dans les pourparlers russo-ukrainiens, qui se poursuivront mercredi, mais un "compromis" est encore possible, a estimé mardi un conseiller du président ukrainien, Mykhaïlo Podoliak.

"C'est un processus de négociation compliqué et extrêmement laborieux. Mais, bien sûr, un compromis est possible", a-t-il dit sur Twitter.

20h23: 20.000 personnes évacuées mardi de Marioupol assiégée

Quelque 20.000 personnes ont pu quitter mardi Marioupol, grande ville portuaire du sud-est de l'Ukraine assiégée par les forces russes, en empruntant un couloir humanitaire, a annoncé la présidence. "Aujourd'hui, environ 20.000 personnes ont quitté Marioupol en voiture en utilisant un couloir humanitaire. Sur les 4.000 voitures qui ont quitté la ville, 570 sont déjà arrivées à Zaporojie", à quelque 230 km au nord-ouest, a déclaré dans un communiqué l'adjoint au chef de l'administration présidentielle ukrainienne, Kyrylo Timochenko.

20h20: Les pourparlers sont plus constructifs, estime l'Ukraine

Le gouvernement ukrainien entrevoit des progrès dans les pourparlers avec la Russie. Ces discussions sont devenues plus constructives, a déclaré le conseiller du président Zelensky à l'agence de presse ukrainienne Unian. "Lors des premiers pourparlers, la Russie n'était pas prête à entendre notre position et lançait des ultimatums: que l'Ukraine se rende, dépose les armes et que notre président signe la capitulation", précise ce conseiller. "Maintenant, la Russie utilise un autre ton."

Les discussions ont repris virtuellement lundi.

L'Ukraine exige la fin de la guerre et le retrait des troupes russes, face à Moscou qui veut que Kiev reconnaisse la péninsule annexée de Crimée comme russe, ainsi que l'indépendance des régions séparatistes de l'Est.

19h56: Les Premiers ministres polonais, tchèque et slovène sont arrivés à Kiev

Les Premiers ministres de Pologne, République tchèque et de Slovénie sont arrivés à Kiev, selon le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki. "Ici, dans une Kiev dévastée par la guerre, l'histoire est en train de s'écrire", a-t-il écrit sur Twitter, en postant une photo montrant également ses collègues tchèque Petr Fiala et slovène Janez Jansa autour d'une table.

"L'UE soutient l'Ukraine, qui peut compter sur l'aide de ses amis. C'est le message que nous sommes venus porter à Kiev."

Les Premiers se sont rendus à Kiev en train et souhaitent rencontrer le président Volodymyr Zelensky.

19h21: Les pays de l'UE réservent plus de 10.000 lits d'hôpital aux Ukrainiens

Les 27 pays de l'Union européenne ont réservé ensemble plus de 10.000 lits d'hôpital pour des Ukrainiens, ont annoncé mardi la commissaire européenne à la Santé Stella Kyriakides et le ministre français Olivier Véran. "Nous nous assurons de réserver plus de 10.000 lits dans les hôpitaux des Etats membres pour y transférer les patients en attente de soins", a indiqué la commissaire chypriote après une réunion en vidéoconférence des ministres de la Santé. "Cela comprend les lits pour les patients en pédiatrie, pour les nouveau-nés prématurés et leurs mères, pour les patients atteints d'un cancer, les grands brûlés et les patients en unité de soins intensifs", a-t-elle ajouté.

19h03: Le courant est rétabli sur le site nucléaire de Tchernobyl, selon le Bélarus

L'ancienne centrale nucléaire de Tchernobyl, site d'une fusion massive en 1986, est à nouveau reliée au réseau électrique, selon des responsables biélorusses. L'approvisionnement est "complètement rétabli", selon le ministère de l'Économie à Minsk. "L'alimentation en électricité des zones de travail provient du système énergétique biélorusse pour le moment."

Le site de Tchernobyl se trouve près de la frontière biélorusse. Son alimentation en électricité a été coupée plusieurs fois depuis que la Russie a commencé son invasion de l'Ukraine le mois dernier.

18H58: Le ministre turc des Affaires étrangères "à Moscou" puis "en Ukraine", annonce Erdogan

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu a été dépêché mardi "à Moscou" où il aura des entretiens mercredi puis se rendra "en Ukraine" jeudi afin de rechercher un cessez-le-feu, a annoncé mardi soir le président Recep Tayyip Erdogan. Le ministre "va poursuivre nos efforts en vue d'obtenir un cessez-le-feu et la paix en discutant avec les deux parties", a précisé le chef de l'Etat.

M. Erdogan qui s'exprimait à l'issue de la réunion de son cabinet n'a pas donné davantage de précision sur les interlocuteurs que le ministre compte rencontrer.

18h51: Charles Michel s'entretient avec Vladimir Poutine

Le président du Conseil européen Charles Michel a indiqué mardi après-midi sur Twitter s'être entretenu avec le président russe Vladimir Poutine, pour réitérer auprès de lui l'appel européen à "mettre urgemment un terme à la guerre fratricide contre l'Ukraine", selon les mots du Belge. "L'UE est unie dans sa condamnation de l'agression russe", assure-t-il, rappelant qu'un nouveau paquet de sanctions a été approuvé le même jour. Les deux hommes ont abordé, selon Charles Michel, la question des négociations qui ont lieu entre représentants russes et ukrainiens, mais qui n'ont jusqu'ici pas abouti à un cessez-le-feu durable.

Charles Michel a répété mardi auprès de Vladimir Poutine que la "protection de vies civiles est l'absolue priorité", alors qu'une frappe contre un immeuble d'habitation à Kiev a causé le même jour la mort d'au moins quatre personnes, selon le maire de la ville.

Il s'agit de "bombardements indiscriminés", qui doivent "cesser", interpelle le Belge sur Twitter.

Le président russe a donné lui aussi sa version de la conversation, relayée mardi par l'agence de presse officielle russe Tass. Selon le Kremlin, les dirigeants européens ont "ignoré" une attaque "inhumaine et criminelle" de la part de l'armée ukrainienne, lundi. Moscou parle d'une frappe de missile sur la ville de Donetsk, qu'elle impute à Kiev, des allégations impossibles à vérifier de source indépendante, selon l'agence internationale Reuters.

Vladimir Poutine a également, toujours selon Tass, affirmé à Charles Michel que l'Ukraine ne montrait pas d'"intention sérieuse" de trouver une solution "mutuellement acceptable" au conflit, qui a pris un nouveau tournant le 24 février avec la tentative russe d'invasion de tout le territoire ukrainien. Le discours officiel du Kremlin continue quant à lui de faire référence à une "opération militaire spéciale" destinée à protéger les populations des régions de l'est de l'Ukraine, dominées par des séparatistes pro-russes.

18h27: La Russie notifie également son prochain retrait de la CEDH

Outre l'annonce de sa sortie prochaine du Conseil de l'Europe, la Russie a aussi notifié "son intention de dénoncer la Convention européenne des droits de l'homme (CEDH)".

18h13: Un sommet extraordinaire de l'Otan sera organisé le 24 mars en présence de Biden

Les chefs d'Etats et de gouvernement des Etats membres de l'Otan tiendront un sommet extraordinaire le 24 mars prochain à Bruxelles, a annoncé mardi le secrétaire général Jens Stoltenberg. "J'ai convoqué un sommet extraordinaire le 24 mars au quartier général de l'Otan", indique-t-il sur Twitter. "Nous aborderons l'invasion russe en Ukraine, notre soutien pour l'Ukraine et le renforcement (...) de la défense de l'Otan."

18h05: L'UE prive la Russie de ses berlines de luxe, champagne et bijoux pour frapper les élites

L'Union européenne a interdit mardi l'exportation en Russie de ses berlines de luxe, champagne, bijoux et autres articles prisés par les élites qui soutiennent le président Vladimir Poutine afin de sanctionner leur style de vie somptueux pendant la guerre menée en Ukraine.

Une liste de produits et de biens de luxe approuvée par les Etats membres a été publiée au Journal Officiel. Elle compte 14 pages et concerne les produits des secteurs des loisirs, du luxe et des technologies de l'UE.

17h54: Joe Biden participera au sommet de l'UE à Bruxelles le 24 mars

Le président américain Joe Biden se joindra aux chefs d'Etat et de gouvernement des 27 Etats membres de l'UE, pour le sommet qui est prévu la semaine prochaine à Bruxelles, indique mardi une source bien informée. Une confirmation officielle devrait suivre. Le résident de la Maison Blanche sera présent auprès des 27 dirigeants et du président du Conseil européen Charles Michel, le jeudi 24.

Le sommet est prévu le jeudi 24 et le vendredi 25 à Bruxelles. L'invasion russe de l'Ukraine occupera sans aucun doute le centre des discussions, comme cela avait été le cas la semaine dernière lors d'un sommet à Versailles, qui était quant à lui informel.

17h50: Trois millions de réfugiés depuis le début de la guerre

Quelque trois millions de personnes ont fui l'Ukraine depuis le début de l'invasion russe lancée le 24 février, selon un décompte publié mardi par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). La moitié sont des enfants accompagnés ou non d'un parent.

"Nous avons maintenant atteint la barre des trois millions en termes de mouvements de population hors de l'Ukraine", a indiqué Paul Dillon, porte-parole de l'OIM, lors d'un point de presse à Genève (Suisse).

Moins de trois semaines après le début des combats, "trois millions de vies ont été déracinées. Trois millions de femmes, d'enfants et de personnes vulnérables sont séparées des personnes qu'elles aiment", a tweeté le patron l'OIM Antonio Vitorino.

Pour sa part, le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) recensait exactement 2.969.600 réfugiés ukrainiens sur son site internet dédié, qui est en général actualisé à la mi-journée.

Le décalage dans les chiffres entre le HCR et l'OIM peut s'expliquer par des méthodes de comptage différentes.

17h45: L'Otan s'inquiète d'une éventuelle attaque russe avec des armes chimiques

L'Otan craint que la Russie ne mène une opération clandestine, sous faux drapeau, incluant éventuellement des armes chimiques en Ukraine. C'est ce qu'a déclaré mardi le secrétaire général de l'organisation transatlantique, Jens Stoltenberg. Il a mis en garde la Russie contre toute tentative d'utiliser de telles armes. "Depuis des mois, nous avons démasqué la longue liste de mensonges de la Russie", a souligné Jens Stoltenberg mardi. "Ils ont prétendu qu'ils n'avaient pas l'intention d'envahir l'Ukraine, mais ils l'ont fait. Ils ont prétendu qu'ils retiraient leurs troupes, mais ils en ont envoyé encore plus. Ils prétendent protéger les civils, mais ils les tuent", a dénoncé le Norvégien.

Moscou a accusé Washington et Kiev de diriger des laboratoires en Ukraine pour le développement d'armes biologiques. Ce que nient les Etats-Unis et l'Ukraine. Depuis lors, l'Occident craint que la Russie ne cherche un prétexte pour utiliser elle-même de telles armes dans la guerre.

"La Russie lance des accusations absurdes sur des laboratoires biologiques et des armes chimiques en Ukraine. C'est un mensonge de plus. Mais nous sommes préoccupés par le fait que Moscou pourrait organiser une opération clandestine, sous faux drapeau, incluant éventuellement des armes chimiques", a indiqué le secrétaire général de l'Otan au cours d'une conférence de presse avant une réunion extraordinaire mercredi des ministres de la Défense de l'Alliance à Bruxelles. Des partenaires tels que l'Union européenne, la Finlande, la Suède, la Géorgie et l'Ukraine y seront également présents.

"Utiliser des armes chimiques serait une violation du traité sur l'interdiction des armes chimiques dont la Russie est signataire", a averti Jens Stoltenberg. "La Russie a déjà utilisé par le passé des agents chimiques contre des opposants politiques", a-t-il rappelé.

"Créer un prétexte pour utiliser une arme chimique est inacceptable. Le prix serait très élevé, mais je ne veux pas spéculer sur la réponse militaire de l'Otan", a-t-il insisté.

17h18: La Russie engage la procédure de "sortie du Conseil de l'Europe"

La Russie a décidé mardi d'engager la procédure de "sortie du Conseil de l'Europe", accusant l'Otan et l'UE d'en avoir fait un instrument au service de "leur expansion militaro-politique et économique à l'Est".

"La notification du retrait de la Fédération de Russie de l'Organisation" a été remise mardi à sa secrétaire générale Marija Pejcinovic Buric, a indiqué dans un communiqué le ministère russe des Affaires étrangères.

17h15: La protestataire de la télé russe condamnée à une amende et libérée

Un tribunal de Moscou a infligé mardi une amende à Marina Ovsiannikova, employée d'une chaîne de télévision russe qui a fait irruption pendant un journal télévisé pro-Kremlin pour dénoncer l'offensive en Ukraine, sans toutefois l'emprisonner.

Reconnue coupable d'avoir commis une "infraction administrative", Mme Ovsiannikova devra payer une amende de 30.000 roubles (environ 250 euros au taux actuel), selon une journaliste de l'AFP présente à l'audience. Remise en liberté, elle risque toutefois encore des poursuites au pénal passibles de lourdes peines de prison.

16h44: 97 enfants tués depuis le début de la guerre

Un total de 97 enfants ont été tués depuis le début de la guerre, a déclaré mardi devant le parlement canadien le président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a appelé les alliés de Kiev à "accentuer leur aide". "Les Russes ont déjà tué 97 enfants" en bombardant "des écoles, des hôpitaux, des habitations", a-t-il affirmé en direct par vidéo. "Nous ne demandons pas grand-chose. Nous demandons un soutien réel, qui nous aidera à l'emporter", a-t-il ajouté devant les députés canadiens qui l'ont acclamé debout pendant plusieurs minutes.

16h16: Un cameraman de Fox News tué en Ukraine

Un cameraman de Fox News a été tué alors qu'il couvrait la guerre en Ukraine, a annoncé mardi la chaîne de télévision américaine.

Pierre Zakrzewski accompagnait le journaliste Benjamin Hall, blessé lorsque leur véhicule a été la cible de tirs lundi à Horenka, près de Kiev, a indiqué la PDG de Fox News Media, Suzanne Scott, dans un communiqué.

Basé à Londres, il était en Ukraine depuis février, a-t-elle ajouté.

"Pierre était un photographe de guerre qui a couvert pratiquement tous les événements internationaux pour Fox News, de l'Irak à l'Afghanistan en passant par la Syrie", a expliqué Suzanne Scott.

Il avait reçu en décembre le prix Fox News du "Héros discret", notamment pour avoir "joué un rôle clé dans l'évacuation de nos pigistes afghans et de leurs familles après le retrait américain d'Afghanistan", a souligné la cheffe de la chaîne.

Benjamin Hall, de nationalité britannique et correspondant de Fox News au département d'Etat, reste pour sa part hospitalisé en Ukraine, a-t-elle précisé.

Il a été blessé aux jambes par des éclats d'obus et placé en soins intensifs, avait indiqué lundi la procureure générale ukrainienne, Irina Venediktova.

Pierre Zakrzewski est le quatrième journaliste tué depuis le début de l'invasion russe en Ukraine le 24 février.

16h08: Le maire de Kiev invite le pape, qui "prie" pour la ville

Le maire de Kiev a adressé au pape François une invitation à se rendre dans la capitale ukrainienne afin de "montrer sa compassion" avec le peuple ukrainien, à laquelle le souverain pontife a répondu mardi par sa "prière". "Nous croyons que la présence des chefs religieux du monde en personne à Kiev est essentielle pour sauver des vies et ouvrir la voie à la paix dans notre ville, notre pays et au-delà", écrit Vitali Klitschko dans cette lettre datée du 8 mars et dont la presse a pris connaissance mardi.

"Nous vous appelons, en tant que chef spirituel, à montrer votre compassion, à vous tenir aux côtés du peuple ukrainien en diffusant un appel commun à la paix", ajoute-t-il.

Sollicité par les journalistes, le Saint-Siège a indiqué dans un communiqué que le pape avait "reçu la lettre du maire de la capitale ukrainienne et est solidaire des souffrances de la ville, de ses habitants, de ceux qui ont dû s'enfuir et de ceux appelés à l'administrer".

"Il prie le Seigneur pour qu'ils soient protégés de la violence", a précisé le directeur du service de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni.

Il n'a toutefois pas précisé si le pape avait accepté ou non de se rendre à Kiev, et ne s'est pas prononcé sur son éventuelle participation à une visioconférence commune évoquée par M. Klitschko dans sa lettre, qui avait projeté d'y "associer le président (Volodymyr) Zelensky" dans le cas où le pape ne pourrait pas se rendre physiquement dans le pays.

15h57: La Russie interdit au président américain Joe Biden d'entrer sur son territoire

La Russie a annoncé mardi des sanctions contre Joe Biden et plusieurs hauts responsables américains, dont le secrétaire d'Etat Antony Blinken, en réponse aux mesures punitives de Washington contre Moscou en lien avec l'Ukraine.

Cette mesure "est la conséquence inévitable du cap extrêmement russophobe que poursuit l'actuelle administration américaine", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué. Au total, 13 personnalités américaines sont visées par ces sanctions dont la nature exacte n'a pas été précisée.

15h45: Le bilan des bombardements de ce mardi à Kiev passe à 4 morts

Une frappe contre un immeuble d'habitation à Kiev a causé mardi la mort d'au moins quatre personnes, selon un nouveau bilan fourni sur son compte Telegram par le maire de la capitale ukrainienne Vitali Klitschko.

Au total, quatre explosions ont été entendues tôt mardi matin à Kiev, ville presque entièrement encerclée par les forces russes qui ont attaqué l'Ukraine le 24 février.

Des bâtiments et une station de métro ont été touchés, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Sur Facebook, les services d'urgence ont annoncé qu'une "frappe" avait atteint un immeuble de 15 étages dans le quartier de Sviatochine, dans l'Ouest de Kiev, provoquant l'incendie de tout le bâtiment. Ils ont précisé avoir pu sauver 27 personnes.

Les secours ont ajouté qu'un autre immeuble du quartier avait été touché et qu'un incendie de faible intensité s'était alors déclaré.

Les services d'urgence ont par ailleurs dit qu'une frappe avait atteint un bâtiment de neuf étages dans le Nord-Ouest de la capitale ukrainienne, dans le quartier de Podil. Un incendie y a été éteint par les pompiers. Une personne a été prise en charge et hospitalisée, selon les secours.

15h44: Nouvelles sanctions de Washington contre la Russie et le président du Bélarus, Loukachenko

Washington a annoncé mardi de nouvelles sanctions visant le président bélarusse Alexandre Loukachenko et son épouse, ainsi que des personnes et une entité russes, pour corruption et atteinte aux droits humains, a indiqué le Trésor dans un communiqué. Ces sanctions visent Alexandre Loukachenko, "chef d'un gouvernement corrompu en Biélorussie dont le réseau de favoritisme profite à son entourage et à son régime", ainsi que sa femme, précise le Trésor. Par ailleurs, quatre personnes et une organisation russes sont également ciblées.

15h41: L'Onu dénombre près de 700 civils morts

Le Haut Commissariat des Nations unies aux Droits humains (HCDH) a dénombré, depuis le début de l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février dernier, la mort de 691 civils, dont 48 enfants ou jeunes, selon les chiffres de l'agence onusienne disponibles mardi. La guerre a aussi fait au moins 1.143 blessés jusqu'à présent,

Selon la Haute Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Michelle Bachelet, ce nombre serait en réalité encore plus élevé.

15h14: "Il faut reconnaître" que l'Ukraine ne pourra pas intégrer l'Otan, dit Zelensky

"Il faut reconnaître" que l'Ukraine ne pourra pas adhérer à l'Otan, a déclaré mardi le président ukrainien Volodymyr Zelensky alors que ce dossier est un des motifs avancés par la Russie pour justifier son invasion du pays.

"Nous avons entendu pendant des années que les portes étaient ouvertes, mais nous avons aussi entendu que nous ne pourrions pas adhérer. C'est la vérité et il faut le reconnaître", a déclaré le président ukrainien en visio-conférence pendant une réunion des dirigeants des pays de la Joint Expeditionary Force, une coalition menée par la Grande-Bretagne.

15h00: Moscou demande un vote mercredi du Conseil de sécurité de l'ONU sur une résolution "humanitaire"

La Russie propose à ses 14 partenaires du Conseil de sécurité de l'ONU de voter mercredi sur une résolution "humanitaire" liée à "l'opération militaire spéciale" russe en Ukraine, ont annoncé mardi des diplomates russes. Lors d'une rencontre avec la presse, l'ambassadeur russe à l'ONU, Vassili Nebenzia, a regretté que la France et le Mexique aient renoncé à soumettre au vote leur projet de résolution sur l'aide humanitaire après 15 jours de discussions, en préférant demander un vote directement à l'Assemblée générale des Nations Unies.

14h26: Macron propose une "protection consulaire" à la journaliste russe qui a protesté contre la guerre en Ukraine

La France est prête à offrir "une protection consulaire" à la journaliste russe qui a protesté en direct contre la guerre en Ukraine, soit à l'ambassade, soit en lui accordant l'asile, a annoncé Emmanuel Macron mardi, en réclamant à Moscou "toute la clarté" sur sa situation.

"Nous allons lancer des démarches visant à offrir une protection, soit à l'ambassade, soit asilaire, à votre confrère", a-t-il dit devant la presse, ajoutant qu'il aurait "l'occasion lors de (son) prochain entretien avec le président Poutine de proposer cette solution de manière directe".

14h16: Les négociations russo-ukrainiennes ont repris

La quatrième session de pourparlers entre l'Ukraine et la Russie a repris mardi après une pause la veille, a annoncé un haut responsable ukrainien, insistant sur la demande de cessez-le-feu formulée par Kiev.

"Les négociations sont en cours", a déclaré sur Twitter Mykhaïlo Podoliak, un négociateur et conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Au menu des discussions figurent notamment "un cessez-le-feu et le retrait des troupes" russes du territoire ukrainien, a-t-il ajouté.

La quatrième session de pourparlers entre Moscou et Kiev avait débuté lundi en visioconférence. Les délégations s'étaient séparées pour une "pause technique" avec la promesse de reprendre les discussions mardi.

Les deux camps ont affiché un certain optimisme ces derniers jours, même si le Kremlin a estimé mardi qu'il était prématuré de faire tout "pronostic".

Un conseiller de la présidence ukrainienne, Oleksiï Arestovitch, a jugé possible un accord de paix d'ici le mois de mai, "et peut-être beaucoup plus rapidement".

Dans la nuit, le président Volodymyr Zelensky a assuré que les Russes ont "commencé à comprendre qu'ils n'arriveront à rien par la guerre".

"On m'a dit que (les pourparlers en cours) étaient plutôt bons", a indiqué le chef de l'Etat ukrainien, après avoir évoqué samedi une approche nouvelle, "fondamentalement différente", de Moscou dans les négociations. "Mais attendons de voir", a-t-il ajouté.

14h13: L'Ukraine prévoit une réduction "d'un tiers à la moitié" de son PIB

L'Ukraine s'attend à ce que l'invasion russe cause d'énormes dégâts économiques au pays. "Le ministère de l'Économie table sur une perte d'un tiers à la moitié du produit intérieur brut", a indiqué mardi le gouvernement de Kiev, citant une interview du ministre des Finances Sergueï Martchenko accordée au magazine américain Forbes. "Sur la base d'une autre estimation, il s'agirait d'environ 500 milliards de dollars américains", a-t-il déclaré, sans donner plus de détails. "Le montant exact, nous ne pourrons le calculer qu'après la guerre."

En 2020, le produit intérieur brut (PIB) de l'Ukraine était de 115,5 milliards de dollars (141 milliards d'euros), selon les calculs de la Banque mondiale.

"Les conséquences négatives de la guerre seront énormes", a déclaré M. Martchenko. Les régions où les combats font rage - Kharkiv, Kiev et Marioupol - sont économiquement importantes pour le pays. "Des chaînes logistiques ont été complètement interrompues, beaucoup d'entreprises ont été détruites ou ne peuvent pas travailler, et de nombreux travailleurs sont partis", a déclaré le ministre.

En outre, le pays ne gagne pratiquement pas d'argent. "Aux douanes, nous sommes à 15% de recettes par rapport au régime en temps de paix."

13h44: trois journalistes tués, plus de 30 blessés depuis l'invasion russe

Trois journalistes ont été tués et plus de 30 blessés depuis le début de l'invasion russe le 24 février, a annoncé mardi Loudmyla Denissova, chargée des droits humains auprès du Parlement ukrainien. "Au moins 35 journalistes ont été victimes" des forces russes dont trois tués, a déclaré Mme Denissova sur son compte Telegram.

L'Américain Brent Renaud a été tué par balle dimanche dans la banlieue nord-ouest de Kiev, le journaliste ukrainien Evgueni Sakoun a été tué dans le bombardement de la tour de télévision à Kiev et l'Ukrainien Viktor Doudar a péri pendant des combats près de Mykolaïv (sud).

Plusieurs journalistes ont été blessés par des "tirs intentionnels de l'ennemi", a-t-elle ajouté, citant le cas de Suisses, Tchèques, Danois et Britanniques.

"L'ennemi tente également de détruire l'infrastructure de l'audiovisuel ukrainien", a poursuivi Mme Denissova en citant les tirs contre les tours de télévision à Kiev, Loutsk et Rivné (ouest).

13h39: Quelque 2.000 voitures ont pu sortir de Marioupol par un couloir humanitaire

Quelque 2.000 véhicules ont pu sortir via un couloir humanitaire de la ville ukrainienne de Marioupol, assiégée par les forces russes et les séparatistes prorusses, a indiqué mardi la municipalité.

"Deux mille voitures supplémentaires attendent à la sortie de la ville", a ajouté le conseil municipal de Marioupol, qui ne précise pas combien de personnes ont pu fuir la cité portuaire où les conditions sont catastrophiques après des jours de bombardements et de siège. Ce décompte était fait à 14H00 locale, 12H00 GMT.

Lundi, 160 véhicules étaient sortis de la ville, selon la même source, signe qu'après une série d'échecs, faute de cessez-le-feu russo-ukrainien, les évacuations se sont accélérées, alors que dans la cité des centaines de milliers d'habitants manquent d'eau et de nourriture.

13h15: Les troupes russes repoussées à Marioupol, selon l'armée ukrainienne

L'armée ukrainienne est parvenue à repousser l'avancée des troupes russes autour de la ville encerclée de Marioupol, a indiqué mardi matin l'état-major ukrainien, selon qui l'invasion russe a également été stoppée à l'échelle du pays entier grâce aux attaques menées, entre autres, sur les lignes de ravitaillement. Marioupol, ville portuaire du sud-est de l'Ukraine, est assiégée depuis plusieurs jours par l'armée russe et les séparatistes pro-russes. Environ 150 soldats russes y ont été tués dans les combats. Deux chars et plusieurs véhicules blindés de même que d'autres équipements militaires ont été détruits par des tirs d'artillerie et des raids aériens. Autant d'informations qui ne peuvent toutefois pas être vérifiées de manière indépendante.

Plus de 13.500 soldats russes ont été tués depuis l'invasion russe de l'Ukraine le 24 février, a encore indiqué l'état-major ukrainien. Environ 400 chars, 1.300 véhicules blindés, 81 chasseurs et 95 hélicoptères auraient aussi été détruits. Des chiffres qui ne peuvent là pas non plus être vérifiés de manière indépendante.

12h47: La Russie a reçu les garanties qu'elle voulait des Etats-Unis au sujet du nucléaire iranien

La Russie a assuré mardi avoir reçu de Washington la garantie que les sanctions la visant à cause de l'Ukraine ne concerneront pas sa coopération avec Téhéran, semblant lever un obstacle à la relance de l'accord sur le nucléaire iranien. "Nous avons obtenu des garanties écrites. Elles ont été inclues aux accords de relance du Plan d'action global commun sur le programme nucléaire iranien", a dit Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères, au côté de son homologue iranien Hossein Amir-Abdollahian.

12h12: Des milliers de Syriens recrutés par la Russie pour combattre en Ukraine, selon une ONG

La Russie a établi des listes de 40.000 combattants de l'armée syrienne et de milices alliées, prêts à être déployés en Ukraine, a affirmé mardi l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Le Kremlin a annoncé le 11 mars que les volontaires, y compris ceux venant de Syrie, étaient les bienvenus pour combattre aux côtés de l'armée russe en Ukraine, envahie par l'armée russe depuis le 24 février. Selon l'OSDH, des officiers russes, en coordination avec l'armée syrienne et des milices alliées, ont ouvert des bureaux d'enrôlement dans les zones tenues par le régime de Damas. "Plus de 40.000 Syriens se sont inscrits pour combattre aux côtés de la Russie en Ukraine jusqu'à présent", a déclaré Rami Abdel Rahman, directeur de l'OSDH, une ONG basée au Royaume-Uni, au vaste réseau de sources en Syrie.

Des officiers russes, déployés en Syrie dans le cadre de l'intervention de Moscou en 2015 pour soutenir le régime de Damas, ont approuvé la candidature de 22.000 d'entre eux, selon M. Abdel Rahman. Ces combattants sont soit des combattants issus d'unités de l'armée régulière syrienne, soit des milices prorégime formées par les Russes ayant l'expérience de combats en zone urbaine, d'après l'OSDH.

Dans un pays où les soldats gagnent entre 13 et 32 euros par mois, la Russie leur promet un salaire de 1.100 dollars (1.000 euros) pour combatte en Ukraine, a rapporté l'Observatoire. Ils ont également droit à 7.700 dollars d'indemnisation en cas de blessures, tandis que leurs familles toucheront 16.500 dollars s'ils venaient à mourir au combat, d'après la même source.

Au moins 18.000 autres hommes seront placés sous la houlette du nébuleux groupe Wagner, société russe privée de paramilitaires ayant des liens avec le Kremlin, a affirmé l'OSDH, qui a précisé ne pas avoir constaté pour l'instant de départ de recrues syriennes pour l'Ukraine. Un représentant du gouvernement syrien a démenti l'existence de cette campagne de recrutement. Des mercenaires syriens ont déjà combattu en Libye et dans l'enclave caucasienne du Nagorny Karabakh.

11h54: Moscou se refuse à tout "pronostic" sur les négociations avec Kiev

Le Kremlin a estimé mardi prématuré tout "pronostic" sur les négociations avec Kiev, qui doivent reprendre mardi, après qu'un conseiller de la présidence ukrainienne a jugé possible un accord de paix d'ici mai. "Le travail entre les deux délégations (russe et ukrainienne) se poursuit par visioconférence, c'est un travail complexe, et le fait qu'il se poursuive est déjà positif", a estimé le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov. "Nous ne voulons pas faire de pronostics pour le moment", a-t-il ajouté, préférant "attendre d'avoir des résultats tangibles avant d'informer les populations des deux pays".

Auparavant, Oleksiï Arestovitch, un conseiller de la présidence ukrainienne, avait estimé possible qu'un accord de paix soit trouvé entre Moscou et Kiev. "Je pense qu'au plus tard en mai (...), nous devrions très probablement parvenir à un accord de paix, et peut-être beaucoup plus rapidement", a-t-il indiqué sur une chaîne YouTube.

Interrogé lors d'un briefing presse sur le format d'un tel accord, M. Peskov a de son côté jugé qu'il "était également trop tôt pour en discuter publiquement". "Cela fait aussi partie des discussions". La quatrième session de pourparlers entre l'Ukraine et la Russie doit reprendre mardi après une "pause technique" lundi.

11h26: Le Royaume-Uni impose des sanctions commerciales à la Russie axées sur le luxe

Le gouvernement britannique a imposé des sanctions commerciales contre la Russie en réaction à l'invasion de l'Ukraine, avec notamment des droits de douane punitifs sur la vodka et une interdiction d'exporter des produits de luxe. "La vodka russe est l'un des produits emblématiques touchés par la hausse des droits de douane", qui représente une augmentation de "35 points de pourcentage comparé aux taux actuels", indique mardi le ministère du Commerce international dans un communiqué.

Les biens de luxe concernés seront notamment les voitures haut de gamme, la mode ou les oeuvres d'art, précise le ministère. "Nous voulons causer le maximum de dommages à la machine de guerre de Poutine tout en minimisant l'impact sur les entreprises britanniques, tandis que les dirigeants du G7 s'unissent sur une nouvelle vague de sanctions économiques contre Moscou", justifie le ministère dans son communiqué. "L'interdiction des exportations va entrer en vigueur rapidement et pour s'assurer que les oligarques et autres membres de l'élite qui s'est enrichie sous le règne du président (russe Vladimir) Poutine et soutient son invasion illégale, sont privés de produits de luxe", insiste-t-il.

Le gouvernement britannique a déjà infligé une série de sanctions contre des intérêts et ressortissants russes, avec une interdiction des importations de pétrole et des sanctions visant personnellement une vingtaine d'oligarques ayant des intérêts au Royaume-Uni, dont le milliardaire Roman Abramovitch, propriétaire du club anglais de football de Chelsea.

11h26: : Le nombre de réfugiés a atteint les 3 millions selon l'Organisation internationale pour les migrations

Le nombre de personnes ayant fui l'Ukraine depuis le début de l'invasion du pays par l'armée russe a atteint les 3 millions, a indiqué mardi un porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) à Genève.

"Nous avons maintenant atteint la barre des 3 millions en termes de mouvements de population hors de l'Ukraine", a souligné Paul Dillon, porte-parole de l'OIM lors d'un point de presse régulier de l'ONU.

11h00: Un enfant devient un réfugié à chaque seconde, affirme l'Unicef

A quasiment chaque seconde qui passe, un enfant en Ukraine devient un réfugié, a affirmé mardi le Fonds des Nations unies pour l'enfance, commentant le flot continu de personnes fuyant le pays depuis le 24 février et l'invasion russe. Ces 20 derniers jours, environ 1,4 million d'enfants ont été forcés de fuir le pays, soit environ 55 par minute ou "pratiquement un enfant par seconde", a déclaré James Elder, un porte-parole de l'Unicef, lors d'un point de presse régulier de l'ONU à Genève.

10h43: Un convoi du CICR a pu entrer en Ukraine

Un convoi du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a pu entrer en Ukraine. Au total, 11 camions ont pu acheminer 200 tonnes d'aide d'urgence, a affirmé lundi soir l'organisation sur les réseaux sociaux. Le chargement rassemblait de la nourriture, du matériel médical pour soigner les blessés ou encore d'autres composantes. Le CICR a appelé à de nombreuses reprises ces derniers jours à des corridors humanitaires.

Certains de ses employés à Marioupol ont dénoncé des conditions inhumaines. L'organisation assiste notamment des dizaines de personnes dans cette ville où des centaines de milliers de personnes manquent de nourriture

10h21: Couvre-feu de 36 heures à Kiev à partir de mardi soir

La mairie de Kiev a imposé un couvre-feu de 36 heures à partir de mardi soir dans la capitale ukrainienne qui vit un "moment dangereux et difficile", a annoncé le maire Vitali Klitschko.

La circulation sera interdite dans la ville "à partir d'aujourd'hui" à 20H00 (18H00 GMT) et jusque 07H00 (05H00 GMT) jeudi, a annoncé sur Telegram l'ancien champion du monde de boxe, après que Kiev a été bombardée à plusieurs reprises mardi matin.

10h18: L'aéroport de Dnipro bombardé

L'aéroport de le ville de Dnipro, dans l'Est de l'Ukraine, a subi des "destructions massives" après deux bombardements russes dans la nuit de lundi à mardi, ont indiqué les autorités régionales. "Dans la nuit, l'ennemi a attaqué l'aéroport de Dnipro. Deux frappes. La piste de décollage et d'atterrissage a été détruite. Le terminal est endommagé. Destructions massives", écrit Valentin Reznitchenko, gouverneur de la région éponyme sur Telegram. Une journaliste de l'AFP a vu de la fumée noire s'élevant de l'aéroport de Dnipro.

Les journalistes ont été invités à s'éloigner par les autorités qui craignent d'autres frappes. Dnipro, une cité industrielle d'un million d'habitants traversée par le fleuve éponyme qui sépare l'Est, en partie prorusse, de l'Ukraine et le reste de son territoire a été relativement épargnée par la progression de l'armée russe. Samedi, Dnipro a été visée par des bombardements qui ont fait au moins un mort.

10h07: La Russie limite les exportations de céréales vers plusieurs républiques ex-soviétiques

La Russie a introduit dans la nuit de lundi à mardi des restrictions aux exportations vers quatre républiques ex-soviétiques sur les céréales, dont elle est une exportatrice majeure, afin d'éviter des pénuries et une explosion des prix.

"La Russie introduit une interdiction temporaire d'exportation de céréales vers les pays de l'Union économique eurasiatique (...)", a indiqué le service de presse du gouvernement russe. L'UEE unit économiquement la Russie au Kazakhstan, Bélarus, Arménie et Kirghizstan

9h47: La Russie affirme s'être emparée de la région de Kherson

Toute la province ukrainienne de Kherson est aux mains des Russes, affirme mardi le ministère russe de la Défense. Les autorités ukrainiennes n'ont cependant pas confirmé l'occupation. La ville portuaire et capitale provinciale de Kherson était déjà tombée aux mains des Russes le 2 mars.

Cette province méridionale, qui borde la péninsule de Crimée, compte environ un million d'habitants. La frontière ouest de la province est à environ 100 kilomètres du principal port ukrainien d'Odessa.

9h39: Le bilan de l'attaque sur les tours de télévisions à Rivne grimpe à 19 morts

Le bilan de l'attaque russe contre une tour de télévision ukrainienne à proximité de la ville de Rivne, dans le nord-ouest du pays, est passé à 19 morts, rapporte mardi le gouverneur régional. Il avait précédemment donné un bilan de 9 morts et 9 blessés. La tour avait été touchée par deux roquettes lundi. Les informations sur l'attaque dans le nord-ouest de l'Ukraine n'ont pas pu être vérifiées de manière indépendante.

9h36: Boris Johnson presse l'occident de stopper son "addiction" aux hydrocarbures russes

Le Premier ministre britannique Boris Johnson a pressé mardi les pays occidentaux de mettre fin à leur "addiction" aux hydrocarbures russes, peu avant une visite en Arabie saoudite.

Dans une tribune parue dans le Daily Telegraph, M. Johnson a déclaré que les dirigeants occidentaux avaient commis une "terrible erreur" en laissant le président russe Vladimir Poutine "s'en tirer" après l'annexion de la Crimée en 2014 et en devenant "plus dépendants" du gaz et du pétrole russes.

"Quand il a finalement lancé sa guerre cruelle en Ukraine, il savait que le monde aurait beaucoup de mal à le punir. Il savait qu'il avait créé une addiction", a poursuivi le dirigeant conservateur.

"Le monde ne peut pas être soumis à ce chantage continu", a souligné M. Johnson appelant à "mettre fin maintenant" à cette dépendance.

Les Etats-Unis et le Royaume-Uni ont décidé d'arrêter leurs importations de gaz et de pétrole russes, tandis que l'UE, bien plus dépendante, s'organise pour réduire de deux tiers dès cette année ses achats de gaz à Moscou.

Affirmant que la Russie de Vladimir Poutine ne produit "pratiquement rien d'autre" que le "reste du monde veut acheter", M. Johnson a fait valoir que "si le monde peut mettre fin à sa dépendance vis-à-vis du pétrole et du gaz russes, nous pouvons le priver d'argent, détruire sa stratégie".

La visite de Boris Johnson en Arabie Saoudite a pour but de faire réduire la volatilité des prix de l'énergie pour les entreprises britanniques.

Mais ce déplacement a été critiqué par les défenseurs des droits de l'Homme, en particulier après l'exécution de 81 condamnés à mort en Arabie Saoudite samedi.

Le Premier ministre britannique compte aussi présenter dans les prochaines semaines la stratégie du gouvernement sur la sécurité énergétique en mettant l'accent sur les énergies renouvelables, et sur le forage d'hydrocarbures en mer du Nord, qui contribueraient à réduire la dépendance énergétique du Royaume-Uni et à atteindre son objectif de de zéro émission nette d'ici 2050.

8h35: Les Premiers ministres polonais, tchèque et slovène se rendent à Kiev

Les Premiers ministres polonais, tchèque et slovène se rendent mardi à Kiev, en qualité de représentants du Conseil européen, pour affirmer "le soutien sans équivoque" de l'UE à l'Ukraine, a annoncé le gouvernement polonais dans un communiqué.

MM. Mateusz Morawiecki, Petr Fiala et Janez Jansa "se rendent aujourd'hui à Kiev en qualité de représentants du Conseil européen, pour y rencontrer le président ukrainien Volodymyr Zelensky et le Premier ministre Denys Chmygal", selon ce texte officiel.

L'objectif de cette visite est de "réaffirmer le soutien sans équivoque de l'ensemble de l'Union européenne à la souveraineté et à l'indépendance de l'Ukraine et de présenter un vaste ensemble de mesures de soutien à l'État et à la société ukrainiens", précise le communiqué publié sur le site du gouvernement polonais.

8h20: La Chine refuse d'être "affectée" par les sanctions contre la Russie

La Chine refuse d'être affectée par les sanctions occidentales contre la Russie, a déclaré le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, selon des propos rapportés mardi par l'agence Chine nouvelle. "La Chine n'est pas partie prenante à la crise (ukrainienne) et veut encore moins être affectée par les sanctions", a déclaré M. Wang, lors d'un entretien téléphonique avec son homologue espagnol José Manuel Albares.

7h40: Au moins deux morts après une frappe contre un immeuble à Kiev

Une frappe contre un immeuble résidentiel a causé mardi la mort d'au moins deux personnes à Kiev, ont indiqué les secours qui signalaient des tirs dans plusieurs endroits de la capitale ukrainienne, que l'armée russe cherche à encercler. Sur Facebook, les services d'urgence ont indiqué qu'une "frappe" avait visé un bâtiment de 15 étages dans le quartier de Sviatochine, dans l'ouest de Kiev, causant l'incendie de tout l'immeuble.

"Deux corps sans vie ont été retrouvés sur place", ont affirmé les secours, ajoutant avoir pu sauver 27 personnes. Selon cette source, des tirs ont aussi visé un autre immeuble du quartier, causant un faible incendie.

Les services d'urgence ont par ailleurs indiqué qu'une frappe avait atteint mardi matin un immeuble de neuf étages dans le nord-ouest de la capitale ukrainienne, dans le quartier de Podil. Ces tirs ont déclenché un incendie qui a été éteint par les pompiers. Une personne a été prise en charge et hospitalisée, selon les secours. Cette explosion a soufflé toutes les vitres de l'immeuble et de ceux à proximité, selon un journaliste de l'AFP sur place. En début de matinée, plusieurs personnes jetaient par les fenêtres des débris depuis les appartements ravagés du bâtiment.

Dans un communiqué distinct, les secours ukrainiens ont indiqué qu'un tir avait aussi causé l'incendie d'une maison dans le quartier d'Ossokorky, dans le sud-est de Kiev. Cette frappe n'a pas fait de victimes, selon cette source. Dans ces quatre signalements, les secours n'ont pas donné de précisions sur le type de munitions employé.

7h24: La Russie utilise des munitions mystérieuses, selon le New York Times

L'armée russe utilise une forme mystérieuse de munitions dans les missiles à courte portée qu'elle tire depuis la frontière vers l'Ukraine, rapporte le New York Times. Il s'agit de munitions de diversion provenant des missiles à courte portée Iskander M et qui empêchent le système de défense antimissile ukrainien de détecter correctement les projectiles. La communauté internationale ignorait que la Russie possédait ou utilisait ces dispositifs de diversion. Il s'agit, selon une source anonyme du renseignement américain qui s'est confiée au NYT, d'engins d'environ 12 pouces (30 centimètres) de long qui ressemblent à une flèche blanche avec une queue orange. Ils produisent des signaux radio qui interfèrent avec le radar signalant les missiles Iskander M et ils peuvent se charger en chaleur pour attirer les missiles anti-aériens ukrainiens.

Selon un expert en armement interrogé par le NYT, l'utilisation des munitions de diversion pourrait indiquer que l'armée russe commence à se montrer téméraire ou ressent une certaine urgence dans la guerre. Les missiles de diversion se trouvent en effet désormais sur le territoire ukrainien et peuvent donc être analysés par les services de renseignement occidentaux.

6h25: La Chine n'est pas partie prenante dans la guerre en Ukraine

Le ministre des Affaires étrangères chinois, Wang Yi, assure que son pays n'est pas partie prenante dans la guerre en Ukraine après l'invasion de la Russie. Il a ajouté que son gouvernement "ne veut pas de sanctions affectant la Chine", lors d'un entretien téléphonique avec son homologue espagnol José Manuel Albares, selon une déclaration publiée par la diplomatie chinoise mardi.

Pékin rejette le principe même de ces sanctions et "la Chine a le droit de préserver ses droits et intérêts", poursuit le document.

Le chef de la diplomatie chinois a qualifié le conflit ukrainien de "produit d'accumulation et intensification de contradictions de la sécurité européenne au cours des années".

M. Wang n'a pas commenté les informations de presse américaines avançant que la Russie a demandé à la Chine un appui militaire et économique après le début de la guerre. Mais auparavant, un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères avait qualifié le sujet de désinformation "malicieuse" des USA.

7h16: Des zones résidentielles ont été touchées par les tirs de ce matin à Kiev

Des tirs ont touché mardi matin au moins deux zones résidentielles à Kiev, selon les secours, faisant un blessé, au moment où les combats s'intensifient autour de la capitale ukrainienne que l'armée russe cherche à encercler. Les services d'urgence ukrainiens ont indiqué sur Facebook qu'une frappe avait atteint un immeuble de neuf étages dans le nord-ouest de la capitale ukrainienne, dans le quartier de Podil.

Ces tirs ont déclenché un incendie qui a été rapidement éteint par les pompiers. Une personne a été prise en charge et hospitalisée, selon les secours, qui ne précisent pas quel type de munitions a été employé.

L'explosion a soufflé toutes les vitres de l'immeuble et de ceux à proximité, selon un journaliste de l'AFP sur place. En début de matinée, plusieurs personnes jetaient par les fenêtres des débris depuis les appartements ravagés du bâtiment. Dans un communiqué distinct, les secours ukrainiens ont indiqué qu'un tir avait causé l'incendie d'une maison dans le quartier d'Ossokorky, dans le sud-est de Kiev. Cette frappe n'a pas fait de victimes, selon cette source.

"Maintenant, la Russie utilise un autre ton": des pourparlers constructifs selon l'Ukraine, mais des "contradictions profondes" demeurent, les troupes russes semblent peu progresser
©AP

6h01: De fortes explosions entendues dans le centre de Kiev mardi matin

Au moins trois puissantes explosions ont été entendues par plusieurs journalistes de l'AFP dans le centre de Kiev mardi matin, sans que leur origine soit connue dans l'immédiat. Un journaliste de l'AFP a également vu une colonne de fumée s'élever au loin, mais n'a pu se rendre sur place en raison d'un couvre-feu nocturne en vigueur jusqu'à 05H00 GMT dans la capitale ukrainienne. Ces détonations sont parfois causées par des armes de défense anti-aérienne. Aucune déclaration n'avait été faite de source officielle dans l'immédiat.

Les combats se sont intensifiés ces derniers jours autour de Kiev, ville presque entièrement encerclée par les forces russes qui ont envahi l'Ukraine le 24 février. Plus de la moitié des trois millions d'habitants de Kiev ont quitté la ville depuis le début de l'offensive russe. Lundi, plusieurs morts et des blessés ont été signalés après des bombardements dans différents quartiers de la capitale. De violents combats opposent depuis plusieurs jours les forces russes et ukrainiennes à la périphérie nord-ouest de Kiev.

5h36: Seulement sept couloirs humanitaires sur dix fonctionnent

Seulement sept des dix couloirs humanitaires mis en place pour évacuer des civils des territoires ukrainiens disputés fonctionnent, assurent les autorités ukrainiennes. Environ 4.000 personnes ont été acheminées de manière sécurisée, selon la vice-première ministre Iryna Vereshchuk s'exprimant lundi dans une dépêche de l'agence de presse ukrainienne UNIAN. La moitié d'entre elles venaient de la région de la capitale Kiev. Les évacuations de la station balnéaire de Marioupol ont largement échoué lundi, a ajouté Mme Vereshchuk.

Un convoi d'aide avec de l'eau et des médicaments en route pour la ville assiégée a en outre été bloqué, a-t-elle déploré. Les autorités ukrainiennes accusent la Russie d'avoir recours à des mortiers pour viser les véhicules transportant des civils fuyant la ville d'Hostomel près de Kiev. Elles assurent qu'une femme et deux hommes ont été blessés. Les informations ne pouvaient pas être vérifiées de manière indépendante.

4h59: Zelensky assure que les responsables d'actes de guerre devront rendre des comptes

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a promis que les personnes responsables d'actes de guerre graves devront rendre des comptes. "Nous œuvrons avec nos partenaires sur de nouvelles mesures punitives contre l'Etat russe", a assuré M. Zelensky dans un message vidéo.

"Tout le monde est responsable de la guerre. Toute personne détruisant la démocratie. Toute personne responsable de la répression contre le peuple", a-t-il ajouté. L'armée russe est responsable de crimes de guerre, de "créer de manière délibérée une catastrophe humanitaire" dans les villes ukrainiennes, a poursuivi M. Zelensky, depuis le bureau présidentiel à Kiev, portant une tenue de combattant.

M. Zelensky ajoute en outre que la Russie commence à réaliser qu'elle n'obtiendra rien par la guerre: "Ils ne s'attendaient pas à une telle résistance. Ils croient leur propagande, qui ment à notre sujet depuis des décennies".

Le dirigeant a confirmé que les négociations entre les représentants de l'Ukraine et de la Russie reprendront mardi.

1h57: La réponse d'urgence de l'ONU pour les réfugiés a récolté un mondant record

Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) a annoncé avoir atteint un "montant record" de donations pour sa réponse d'urgence en Ukraine. L'agence affirme que les entreprises, fondations et philanthropes ont contribué à hauteur de 200 millions de dollars (182 millions d'euros) en deux semaines pour ses opérations dans la crise ukrainienne.

"Je tiens à remercier les entreprises, fondations et philanthropes de par le monde pour la gentillesse et la générosité dont ils ont témoigné pour aider les personnes fuyant la guerre en Ukraine. Des millions d'entre eux sont en besoin désespéré d'assistance d'urgence. Alors que la crise s'approfondit, je demande au secteur privé de continuer à les soutenir", a affirmé le haut commissaire Filippo Grandi .

Le nombre de personnes qui ont fui le pays sous offensive russe depuis fin février, a dépassé les 2,8 millions, sans compter les 2 autres millions de personnes déplacées au sein de l'Ukraine, selon le décompte de l'UNHCR.

1h08: Un site pour acheminer des bitcoins vers la banque centrale ukrainienne

Le gouvernement ukrainien a lancé lundi un site en partenariat avec les plateformes de cryptomonnaies FTX et Everstake afin d'acheminer vers la banque centrale ukrainienne les bitcoins et autres monnaies virtuelles levés pour soutenir l'Ukraine face à l'invasion russe. Sur le site de cette initiative intitulée "Aid for Ukraine", les internautes peuvent à l'heure actuelle faire des dons dans 10 cryptomonnaies, dont le bitcoin mais aussi l'ether, le tether ou le dogecoin. "Les cryptomonnaies jouent un rôle significatif dans la défense de l'Ukraine", a déclaré Oleksandre Borniakov, le vice-ministre ukrainien de la Transformation Numérique, cité dans un communiqué. "Les actifs en cryptomonnaies se sont révélés être d'une aide extrêmement précieuse pour faciliter les flux de financement vers les citoyens et les soldats ukrainiens et pour sensibiliser et susciter l'intérêt de l'opinion publique mondiale", a-t-il ajouté.

Grâce à Everstake, l'un des principaux acteurs de l'industrie des cryptoactifs en Ukraine, les donateurs qui le souhaitent peuvent faire des donations dans d'autres cryptomonnaies que celles listées sur le site. L'ajout de jetons non-fongibles (NFT), ces certificats d'authenticité d'un objet numérique, est également prévu. De son côté la plateforme d'échange FTX, basée aux Bahamas et fondée par le milliardaire américain Sam Bankman-Fried, s'engage à convertir les fonds en dollars et à les acheminer vers la Banque nationale d'Ukraine. La plateforme ukrainienne d'échange de cryptomonnaies Kuna fait également partie de l'initiative.

Le site de "Aid for Ukraine" indiquait, vers 23H30 GMT lundi, qu'un peu plus de 49 millions de dollars avaient été levés depuis le début du conflit et affiche un objectif de 200 millions de dollars. L'argent servira à soutenir les troupes militaires ainsi que les civils "ayant cruellement besoin d'aide humanitaire", indiquent les membres du partenariat dans le communiqué.

00h00: L'Espagne immobilise un yacht d'un oligarque russe à Barcelone

Un yacht d'un oligarque russe d'une valeur de près de 128 millions d'euros a été immobilisé lundi à Barcelone (Espagne) dans le cadre des sanctions contre la Russie après l'invasion de l'Ukraine, a annoncé le Premier ministre espagnol Pedro Sanchez. "Nous avons immobilisé provisoirement un yacht d'un des principaux oligarques russes, d'une valeur estimée à 140 millions de dollars (128 millions d'euros) à Barcelone (nord-est), et de 85 mètres (de long), et d'autres sont à venir", a indiqué Pedro Sanchez, sans plus de précisions.

Selon le quotidien espagnol El Pais, il s'agit du yacht Valérie, qui serait lié à Sergueï Tchemezov, patron du conglomérat russe de l'industrie de défense Rostec, et allié du président russe Vladimir Poutine.

Sergueï Tchemezov figure notamment dans les listes des oligarques russes sanctionnés par les États-unis et le Royaume-Uni depuis le début de l'invasion russe en Ukraine.

La riposte occidentale passe par le gel des comptes en banque, villas et navires de luxe des magnats russes. Mais les grosses prises, comme quelques yachts en France et en Italie ces derniers jours, sont encore assez rares.

Un méga-yacht d'une valeur de 100 à 120 millions d'euros, L'Amore Vero, a été saisi jeudi à La Ciotat (sud de la France).

L'Italie a elle annoncé samedi avoir gelé pour environ 140 millions d'euros de biens d'oligarques russes, dont deux yachts mis sous séquestre la veille: le Lady M, d'une valeur de 95 millions d'euros et appartenant au magnat de l'acier Alexei Mordachov, un proche de Vladimir Poutine visé par les sanctions de l'UE, et le Lena (50 millions d'euros), propriété de Gennady Timchenko.