Avec une série de mesures "anti-Poutine", Varsovie veut "dérussifier" l'économie polonaise et européenne

Le Premier ministre polonais a annoncé vendredi une série de mesures dite "bouclier anti-Poutine", destinées selon lui à "dérussifier l'économie polonaise et européenne", freiner l'inflation, protéger l'emploi et résister au "chantage gazier" de Moscou.

AFP

"Nous nous emploierons à dérussifier l'économie polonaise et européenne, car la Pologne est aujourd'hui à l'avant-garde de tous ces pays qui cherchent à inspirer les autres pour sortir de la dépendance du gaz, du pétrole et du charbon russes", a dit Mateusz Morawiecki au cours d'une conférence de presse.

L'objectif du "bouclier anti-Poutine" est de résister "à l'impact du chantage gazier de Poutine" et surtout "d'empêcher la hausse des prix des produits alimentaires", a-t-il précisé.

L'Etat investira trois milliards de zlotys (636 millions d'euros) dans la société d'Etat Gaz-System qui construit et exploite les gazoducs ainsi que le terminal gazier du port de Swinoujscie, a encore annoncé M. Morawiecki.

Gaz-System construit notamment le gazoduc Baltic Pipe qui doit amener en Pologne du gaz norvégien avant la fin de l'année et réduire la dépendance du pays du gaz russe.

Pour contenir la hausse, déjà forte, des prix alimentaires, l'Etat va verser aux agriculteurs, touchés par la hausse des prix des engrais, une allocation de 500 zlotys (près de cent euros) par hectare de terre arable et la moitié de cette somme par hectare de pâturage. Cette aide sera plafonnée à cinquante hectares par exploitation.

Son montant rappelle l'allocation "500+" par enfant, la mesure phare du gouvernement conservateur au pouvoir en Pologne depuis 2015, qui lui a valu la reconnaissance surtout des couches défavorisées de la population.

Parmi les autres secteurs de l'économie touchés par les conséquences de la guerre en Ukraine et des sanctions occidentales contre la Russie, M. Morawiecki a cité le transport routier, domaine dans lequel la Pologne est très fortement présente en Europe.

Interrogé sur les achats de charbon russe et un embargo potentiel, il a dit "attendre des décisions courageuses de la Commission européenne", et souligné que la Pologne cherchait à s'approvisionner en Afrique du Sud, en Australie, en Colombie et aux Etats-Unis "partout là où nous ne subirons pas de chantage".