La Finlande s'inquiète d'une ingérence russe dans son débat sur l'Otan

La Finlande doit se préparer à des actions d'ingérence russe et à des attaques hybrides liées au débat en cours sur l'adhésion du pays nordique à l'Otan, a affirmé mardi son service de renseignement.

La Finlande s'inquiète d'une ingérence russe dans son débat sur l'Otan
©AP

"L'ensemble de la société finlandaise doit être vigilant sur des tentatives russes d'influencer le processus de décision de la Finlande sur la question de l'Otan", a déclaré le directeur du Service de sûreté (Supo).

Dans son rapport annuel sur les menaces visant la Finlande, l'agence souligne le danger "d'une vaste interférence et d'une surveillance illégale russes".

Ce week-end, le président finlandais Sauli Niinisto a reconnu qu'une tentative d'adhésion à l'Otan pourrait susciter des réponses "impétueuses" de la Russie, y compris des violations de l'espace aérien ou territoriales.

Dans le même temps, être protégé par l'article 5 d'assistance mutuelle de l'alliance aurait "un effet préventif" sur les agressions contre la Finlande, avait souligné le chef de l'Etat.

L'invasion de l'Ukraine par Moscou fin février s'est traduite par une bascule spectaculaire de l'opinion publique finlandaise en faveur d'une adhésion à l'Otan, avec désormais près de 60% de la population favorable à rejoindre l'alliance militaire.

Helsinki a écarté l'idée d'une demande d'adhésion en urgence mais mené d'importantes consultations politiques depuis un mois.

Aucune décision sur un éventuel débat parlementaire ne sera prise avant les conclusions d'une nouvelle revue stratégique sur sa situation sécuritaire, attendue en avril, selon l'exécutif.

Supo a conseillé mardi aux entreprises finlandaises d'être en "alerte constante" en matière de cyberattaques, notamment contre le réseau électrique ou d'autres infrastructures critiques.

Ces dernières années, la Finlande a affirmé être confrontée à des tactiques dites "hybrides" de la Russie, comme des incursions répétées d'avions russes dans son espace aérien ou le convoyage en 2016 de 1.700 migrants à la frontière finno-russe.

Début mars, l'autorité des transports Traficom avait dit avoir reçu "plusieurs" rapports sur des perturbations de signal GPS provenant d'avions dans l'Est de la Finlande, sans toutefois être en mesure d'en identifier la cause.

L'agence publique n'a plus signalé d'autres incidents depuis.