Guerre en Ukraine: les Russes ont quitté la centrale de Tchernobyl, un mort dans des tirs sur un convoi humanitaire près de Tcherniguiv

Situation sur le terrain, réactions intenationales, sanctions: le point sur l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

La Rédaction (avec agences)

23h02: Trudeau opposé à la présence de la Russie au prochain G20

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a estimé jeudi que la Russie n'avait pas sa place à la prochaine réunion du G20 car elle ne peut pas être considérée comme un "partenaire constructif". "Je ne pense pas qu'on peut s'asseoir avec la Russie autour de la table", a expliqué le chef du gouvernement canadien, indiquant avoir discuté de ce sujet avec le président indonésien qui préside le G20 cette année.

"Cela ne fait aucun sens d'avoir une discussion sur la croissance économique mondiale si le pays responsable d'une grande partie des bouleversements se trouve autour de la table", a ajouté le Premier ministre canadien.

22h30 : Nouvelle tentative de couloir humanitaire à Marioupol vendredi matin

La Russie a déclaré vouloir effectuer une nouvelle tentative de couloir humanitaire vendredi matin dans la ville disputée de Marioupol. C'est ce qu'a indiqué le ministère russe de la Défense jeudi après des demandes en ce sens de la France et de l'Allemagne. Un cessez-le-feu débuterait vendredi matin afin de permettre une évacuation à partir de 9h (heure belge). Les personnes devraient être évacuées de la ville avec la participation de la Croix-Rouge et de l'Agence des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR), a déclaré l'officier russe Mikhail Mizintsev.

Cette nouvelle tentative de couloir humanitaire fait suite à un appel du chancelier allemand Olaf Scholz et du président français Emmanuel Macron au président russe Vladimir Poutine, a ajouté le ministère à Moscou.

22h25: Les Russes ont quitté la centrale de Tchernobyl

Les troupes russes ont quitté la centrale de Tchernobyl qu'ils occupaient depuis le début de l'invasion de l'Ukraine le 24 février, ont annoncé jeudi soir les autorités ukrainiennes. "Il n'y a plus de personnes étrangères (au service) dans l'enceinte de la centrale nucléaire de Tchernobyl", a indiqué sur Facebook l'agence d'Etat ukrainienne pour la gestion de la zone de la centrale.

22h12: Washington cible le secteur technologique russe

Washington a annoncé jeudi de nouvelles sanctions à l'encontre de la Russie, visant cette fois le secteur technologique, dont le plus important fabricant russe de semi-conducteurs, afin, entre autres, d'empêcher le contournement des sanctions occidentales. Le département américain du Trésor a indiqué qu'il ciblait "21 entités et 13 individus dans le cadre de sa répression contre les réseaux de contournement des sanctions (imposées au) Kremlin et des entreprises technologiques, qui jouent un rôle déterminant dans la machine de guerre de la Fédération de Russie".

L'entreprise Serniya Engineering fait ainsi partie des cibles de cette nouvelle salve de sanctions, accusée d'être au coeur du réseau mis en place pour contourner les sanctions imposées par les pays occidentaux.

21h40 : La mission des F-16 belges en Estonie sur le point d'être prolongée et étendue

Le gouvernement doit décider vendredi, en raison de la guerre en Ukraine; de prolonger et de modifier la nature des quatre avions de combat déployés depuis début décembre en Estonie pour assurer la défense de l'espace aérien des pays de l'Otan en Europe de l'Est, a-t-on appris jeudi de sources concordantes. La mission, initialement prévue pour une durée de quatre mois, de ces appareils opérant depuis la base aérienne d'Amari (Estonie) sera prolongée pour une période similaire, a indiqué la Défense sur son site internet - avant d'en retirer l'information, publiée "prématurément" à la veille du Conseil des ministres.

20h46: Biden "sceptique" face aux annonces de Moscou d'un retrait partiel de ses troupes

Le président américain Joe Biden s'est dit jeudi "sceptique" face aux annonces de la Russie sur un retrait partiel de ses troupes en Ukraine pour concentrer son offensive sur la région du Donbass, à l'est du pays.

"Jusqu'ici, il n'y a pas de preuve qu'il soit en train de retirer toutes ces troupes de Kiev", a-t-il encore déclaré aux journalistes, à la fin d'une déclaration consacrée à la lutte contre la hausse du prix de l'essence.

Joe Biden a par ailleurs estimé que Vladimir Poutine "semblait s'être isolé". Il a aussi dit avoir "des indications selon lesquelles (le président russe) a limogé ou placé en résidence surveillée certains de ses conseillers", tout en reconnaissant ne pas avoir de "preuves irréfutables".

20h15 : Depardieu dénonce les "folles dérives inacceptables" de Poutine

L'acteur français Gérard Depardieu a dénoncé jeudi "les folles dérives inacceptables" de Vladimir Poutine, annonçant que la totalité des recettes de ses trois concerts prévus début avril au Théâtre des Champs-Elysées "reviendra aux victimes ukrainiennes". "Le peuple russe n'est pas responsable des folles dérives inacceptables de leurs dirigeants comme Vladimir Poutine", a déclaré dans un communiqué à l'AFP la star, qui avait fait l'éloge du dirigeant russe dans le passé. Il doit se produire au TCE, à Paris, du 1er au 3 avril.

20h02 : Washington ne laissera pas Poutine "instrumentaliser" ses ressources énergétiques

19h21 : Le Pentagone table désormais sur un conflit "prolongé"

Le recentrage de l'effort de guerre russe sur le Donbass, dans l'est de l'Ukraine, où les forces russes feront face à une armée ukrainienne aguerrie, laisse présager un conflit "prolongé", a prévenu jeudi un haut responsable du Pentagone. Les forces russes ont entamé leur retrait de Tchernobyl (nord) et ont "abandonné" l'aéroport militaire de Gostomel, au nord-ouest de Kiev, mais "nous continuons à penser que c'est un repositionnement", a déclaré à la presse ce responsable ayant requis l'anonymat.

"Nous n'avons absolument aucune indication que ces soldats rentrent chez eux, ou qu'ils sont écartés définitivement des combats", a-t-il ajouté. "Ce que nous continuons à penser, c'est que ces forces seront ré-équipées et renvoyées en Ukraine (...) pour continuer le combat conformément à ce que nous pensons être leur objectif, c'est-à-dire globalement l'Est", notamment les régions séparatistes de Lougansk et Donetsk, dans le Donbass, a-t-il ajouté.

Mais "les Ukrainiens connaissent très très bien le territoire", a-t-il noté, rappelant que cela fait huit ans qu'un conflit larvé oppose les séparatistes aux forces ukrainiennes dans cette zone. "Ce n'est donc pas parce qu'ils lui donnent la priorité, qu'ils y renforcent leurs effectifs et qu'ils y mettent plus d'énergie, que ce sera facile pour eux", a-t-il prévenu. "Cela pourrait présager un conflit plus long, plus prolongé", a-t-il ajouté.

18h06 : La Turquie prête à devenir l'un des garants de la sécurité de l'Ukraine, assure Erdogan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré qu'Ankara était prête à devenir l'un des garants de la sécurité de l'Ukraine. "La Turquie est prête à devenir l'un des garants de la sécurité de l'Ukraine. Nous nous félicitons d'une telle initiative, mais une analyse détaillée de (cette proposition) est nécessaire", selon des propos du président turc rapportés par l'agence de presse turque Anadolu. De son côté, le Premier ministre italien Mario Draghi a salué le fait que l'Ukraine et la Russie considèrent l'Italie comme un garant de la sécurité. "C'est un facteur positif que l'Italie soit considérée comme un garant (de la sécurité) par l'Ukraine et la Russie", a déclaré M. Draghi jeudi.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait déjà dit qu'il était prêt à discuter avec la Russie de garanties de sécurité et d'un statut neutre pour l'Ukraine, mais le pays a besoin de garanties de sécurité que les États étrangers peuvent fournir. L'Ukraine estime que les garants de la sécurité du pays peuvent être les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU, ainsi que la Turquie, l'Italie, l'Allemagne, le Canada et Israël.

18h00 : Tirs sur un convoi humanitaire près de Tcherniguiv, un mort

Une personne a été tuée et quatre blessées dans des tirs sur un convoi de cinq bus amenant des volontaires vers la ville assiégée de Tcherniguiv, dans le nord de l'Ukraine, a annoncé jeudi une responsable ukrainienne. "Les combattants russes ont tiré sur un convoi de volontaires près de Tcherniguiv. Cinq bus qui se dirigeaient vers la ville pour évacuer des civils ont été l'objet de tirs", a annoncé Lioudmyla Denissova, chargée des droits humains auprès du Parlement. "Une personne est morte, quatre sont grièvement blessées", a-t-elle précisé.

Elle a accusé les troupes russes de "ne pas laisser la moindre possibilité d'évacuer les civils de Tcherniguiv assiégée, en laissant des dizaines de milliers de civils sans nourriture, sans eau, sans chauffage".

"L'ennemi se déplace sur le territoire de la région de Tcherniguiv. Peut-on appeler ça un retrait des troupes ? Je ne suis pas sûr. Au minimum, c'est un regroupement (...) Nous ne devons pas baisser la garde", a déclaré jeudi le gouverneur de la région, Viatcheslav Tchaous, dans une vidéo sur son compte Telegram.

17h30 : La Russie sanctionne les dirigeants de l'UE et la plupart des députés européens

La Russie a annoncé jeudi interdire l'entrée sur son territoire aux dirigeants européens et à la majorité des eurodéputés, en réaction aux mesures punitives visant Moscou pour son intervention militaire en Ukraine.

"Les restrictions s'appliquent aux plus hauts dirigeants de l'Union européenne, y compris un certain nombre de commissaires européens et de chefs d'organes militaires européens, ainsi qu'à la vaste majorité des députés du Parlement européen, qui font la promotion de politiques antirusses", a déclaré le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué.

17h28 : Le Danemark va envoyer 800 soldats en Lettonie

Le Danemark va déployer 800 soldats en mai en Lettonie pour le compte de l'Otan, après avoir reçu la demande formelle de l'alliance atlantique, a annoncé jeudi la Première ministre danoise. Après l'invasion de l'Ukraine et face aux vives tensions avec la Russie, Copenhague avait placé ce bataillon en alerte, en plus de renforts terrestres et aériens déjà envoyés dans les pays baltes et en Pologne.

Mardi, le gouvernement danois avait annoncé être prêt à dépêcher 800 soldats dans les pays baltes, si l'Otan le demandait. "Nous avons reçu la demande formelle de l'Otan de placer un bataillon en Lettonie", a précisé jeudi la dirigeante danoise Mette Frederiksen lors d'un déplacement dans le pays. L'arrivée des troupes est prévue en mai, selon l'armée danoise.

L'Otan a envoyé d'importants renforts ces dernières semaines sur le flanc est de l'alliance, dans une logique de dissuasion vis-à-vis de Moscou.

17h24 : L'Ukraine retient 68 navires à Odessa, affirme Moscou

La Russie accuse jeudi l'Ukraine de détenir 68 navires dans le port d'Odessa, sur la mer Noire. Selon le porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, les navires viennent notamment de Chine, de Turquie, de Suisse et de Grèce. La Russie assure ouvrir chaque jour un corridor pour que les navires puissent quitter les eaux territoriales ukrainiennes en sécurité. Cependant, selon les équipages, les autorités ukrainiennes interdiraient aux navires étrangers de quitter le port "sous peine de les couler immédiatement". L'information n'a pas pu être vérifiée de manière indépendante.

En outre, le ministère russe a démenti les allégations de Kiev selon lesquelles il aurait déployé des mines navales en mer Noire. Au lieu de cela, les unités ukrainiennes y ont déployé environ 370 mines obsolètes. Une dizaine d'engins explosifs se sont détachés de leurs ancrages et flottent désormais dans l'ouest de la mer Noire. Le ministère ukrainien des Affaires étrangères avait auparavant tenu la Russie responsable de ces lacs flottants. Ce sont des mines que la Russie avait saisies à Sébastopol lors de l'annexion de la Crimée en 2014. Des experts turcs ont désamorcé deux mines navales.

17h20 : L'Europe continuera à payer le gaz russe en euros ou dollars, assure Scholz

Les pays européens continueront de payer le gaz russe en euros et dollars comme cela est "écrit dans les contrats", a répondu jeudi Olaf Scholz à Vladimir Poutine, qui exige des paiements en roubles. "Il est écrit dans les contrats que les paiements se font en euros et parfois en dollars", a expliqué le chancelier allemand lors d'une conférence de presse avec son homologue autrichien, Karl Nehammer. "J'ai dit clairement au président russe que cela resterait ainsi" et "les entreprises veulent pouvoir payer en euros et le feront", a-t-il ajouté.

17h04 : "Les Russes se regroupent pour attaquer", affirme le défenseur de Kharkiv

"Ils (les Russes) ont cru qu'ils passeraient en Ukraine comme ils l'ont fait en Crimée (en 2014). Mais cela n'a pas marché, c'est pourquoi l'ennemi s'est retiré et est en train de se regrouper", a déclaré à l'AFP le général Pavlo "Maestro", le commandant en chef de la 92e Brigade de l'armée ukrainienne et défenseur de Kharkiv, au cours d'une interview exclusive.

"Ils se regroupent pour attaquer et mettre le maximum de forces dans la région ou la direction de Slobozhanshchyna", la partie nord-est du pays allant de Kharkiv à Lougansk, et "Marioupol", a mis garde ce général de 47 ans, dont la tête est mise à prix par les séparatistes du sud-est du pays."Il ne faut jamais sous-estimer l'ennemi", dont les "forces sont énormes", a souligné l'officier supérieur, distingué le 3 mars par le président Volodymyr Zelensky comme "héros" de l'Ukraine pour sa défense de Kharkiv aux premiers jours de la guerre.

Repoussée des faubourgs, l'armée russe campe toujours aux périphéries nord et nord-est de la ville, d'où elle bombarde quotidiennement des zones résidentielles à portée de son artillerie. "A Kharkiv, la situation est stable", a jugé le général "Maestro", un surnom hérité de la guerre de 2014/2015 dans le Donbass (est). "Nous nous défendons dans toutes les directions et nous essayons de repousser l'ennemi".

16h37 : Il ne reste plus qu'un "petit nombre" de soldats russes à la centrale de Tchernobyl

Les forces russes ont commencé à se retirer du site nucléaire de Tchernobyl, dont elles avaient pris le contrôle dès le premier jour de l'invasion de l'Ukraine le 24 février, a annoncé jeudi l'agence nucléaire ukrainienne. Les troupes qui occupaient le site sont parties "en deux colonnes vers la frontière" entre l'Ukraine et le Bélarus, a indiqué Energoatom sur Telegram, ajoutant qu'il ne reste plus qu'un "petit nombre" de soldats russes sur place.

"Il existe également des preuves qu'une colonne de soldats russes qui assiègent la ville de Slavoutitch (où réside le personnel de la centrale, ndlr) se forme actuellement pour se diriger vers le Bélarus", ajoute le communiqué de l'agence nucléaire ukrainienne.

15h35 : La Russie ne livrera pas de gaz russe aux pays qui refusent de payer en roubles, annonce Poutine

Vladimir Poutine a annoncé jeudi que les acheteurs de gaz russe de pays "inamicaux" devront à partir de vendredi payer en roubles depuis des comptes en Russie sous peine d'être privés d'approvisionnements, mesure touchant surtout l'Union européenne.

Le prix du gaz reste cependant libellé dans la devise des contrats en cours, soit le plus souvent en euros ou en dollars. "Ils doivent ouvrir des comptes en roubles dans des banques russes. Et de ces comptes ils devront payer le gaz livré et cela dès demain", a déclaré Vladimir Poutine à la télévision après avoir signé un décret en ce sens.

Il a ajouté qu'en cas de refus, "les contrats en cours seront arrêtés". "Si ces paiements ne sont pas effectués, on considérera que ce sera une infraction aux obligations de la part de l'acheteur, et cela aura toutes les conséquences qui s'imposent", a insisté M. Poutine. Il a rappelé que cette mesure était une réponse au gel de quelque 300 milliards de dollars des réserves en devises dont la Russie disposait à l'étranger, une sanction décidée par les Occidentaux en représailles à l'offensive russe en Ukraine.

15h00 : Volodymyr Zelensky s'est exprimé devant la Chambre

"Cela fait huit ans que l'Ukraine est en guerre, cela fait 36 jours que la Russie a envahi notre pays. Beaucoup de personnes ne croyaient pas que nous allions tenir mais nous avons tenu en défendant notre liberté. Notre courage a été l'objet de l'admiration de nombreux observateurs", a débuté Zelensky. "L'une des villes qui avait le plus grand potentiel économique a été presque complètement détruite. Cela fait plus de quatre semaines que Marioupol est complètement bloquée. Il n'y a rien: pas d'eau, pas de nourriture, pas de médicament. Il n'y a rien de ce qui est essentiel pour la survie. Malgré ça, la ville ne tombe pas. Les défenseurs de la ville avaient le choix de la quitter et de laisser la place à l'envahisseur. (...) Dans la plupart des cas, les Russes ne laissent pas entrer les convois humanitaires vers la ville. C'est actuellement l'un des endroits les plus horribles d'Europe, c'est l'enfer sur terre."

Le président ukrainien a notamment regretté que personne n'ait "la réelle motivation d'aider Marioupol et le reste de son pays". "Qu'espèrent les personnes qui sont en train de défendre Marioupol et l'Ukraine en général ? Ils ont l'impression que les Européens n'ont pas assez de courage pour exclure les Russes de l'espace aérien ukrainien. Les défenseurs de l'Ukraine combattent pour la sécurité de toute l'Europe. On lutte contre la tyrannie qui veut diviser l'Europe, qui veut détruire ceux pour qui la liberté est très importante. Mais il y a ceux pour qui les diamants russes, qui sont vendus à Anvers, sont plus importants, ceux pour qui les revenus des bateaux russes dans leur port sont plus importants."

14h35 : Plus de 4 millions de réfugiés, l'ONU parle de "crise humanitaire massive"

Quelque 40.000 réfugiés ukrainiens sont venus s'ajouter ces dernières 24 heures aux plus de quatre millions ayant fui leur pays depuis l'invasion ordonnée par le président russe Vladimir Poutine, un exode qui pour l'ONU est "une crise humanitaire massive".

Depuis le 22 mars, le flux de réfugiés s'est nettement ralenti, aux alentours de 40.000 passages quotidiens, et la barre des quatre millions qu'avait projetée le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) au début du conflit a été franchie mercredi. "Nous sommes confrontés aux réalités d'une crise humanitaire massive qui ne fait que croître chaque seconde", a souligné le Haut commissariat aux réfugiés.

Au total, plus de dix millions de personnes, soit plus d'un quart de la population, ont dû quitter leur foyer soit en traversant la frontière pour trouver refuge dans les pays limitrophes, soit en trouvant refuge ailleurs en Ukraine. L'ONU estime à presque 6,5 millions le nombre de déplacés à l'intérieur du pays.

Le Haut-commissariat aux réfugiés recensait exactement 4.059.105 réfugiés ukrainiens sur son site internet dédié, jeudi vers 10H00 GMT. Ce sont 39.818 de plus que lors du précédent pointage mercredi. L'Europe n'a pas connu de tels flots de réfugiés depuis la Deuxième Guerre mondiale. Quelque 90% de ceux qui ont fui l'Ukraine sont des femmes et des enfants.

13h48 : Washington ne "comprend rien" au Kremlin et c'est préoccupant, selon Moscou

Le Kremlin a jugé jeudi inquiétant que les Etats-Unis ne comprennent rien au fonctionnement du pouvoir en Russie, répondant aux Occidentaux qui affirment que les conseillers de Vladimir Poutine lui mentaient de peur de lui dire la vérité. "Ils ne comprennent pas le président Poutine, ils ne comprennent pas le mécanisme de prise de décision, ils ne comprennent pas notre travail", a commenté auprès de la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov, qui par le passé a déjà dénoncé les propos jugés insultants du président Joe Biden à l'égard du maître du Kremlin.

"Ce n'est pas seulement dommage, c'est préoccupant, car lorsqu'il y a un tel degré d'incompréhension, cela conduit à des prises de décision erronées qui ont ensuite de graves conséquences", a-t-il ajouté. Les renseignements britanniques et américains ont affirmé mercredi que Vladimir Poutine est induit en erreur par ses propres conseillers qui "ont peur de lui dire la vérité" sur sa stratégie "défaillante" en Ukraine, où il a lancé une vaste offensive militaire le 24 février.

13h24 : La Géorgie dénonce l'éventualité de rattachement de séparatistes à la Russie

La Géorgie a qualifié jeudi d'"inacceptable" le projet de référendum de rattachement à la Russie de la région séparatiste d'Ossétie du Sud, qui avait été au coeur de la guerre russo-géorgienne de 2008. "Il est inacceptable de parler de référendum alors que ce territoire est occupé par la Russie", a jugé le chef de la diplomatie géorgienne, David Zalkaliani.

La veille, le dirigeant de l'Ossétie du Sud, Anatoli Bibilov avait indiqué vouloir organiser une telle consultation après le 10 avril, date de la prochaine élection présidentielle dans ce territoire dont la Russie a reconnu l'indépendance en 2008 dans la foulée de la guerre.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov a lui indiqué jeudi qu'aucune "mesure juridique" n'avait été engagée en ce sens du côté russe. "Mais nous parlons là des habitants de l'Ossétie du Sud, exprimant leur opinion, et nous traitons cela avec respect", a-t-il dit.

13h21 : Pas de retrait russe, l'Otan s'attend à des "offensives supplémentaires"

Les forces russes "ne se retirent pas mais se repositionnent" en Ukraine et l'Otan s'attend à des "offensives supplémentaires" de la part de Moscou, a déclaré jeudi le secrétaire général de l'Alliance Jens Stoltenberg.

"Selon nos informations", la Russie "essaie de regrouper (ses forces) et de renforcer son offensive sur la région du Donbass et dans le même temps elle maintient la pression sur Kiev et d'autres villes", a estimé Jens Stoltenberg lors d'une conférence de presse. Moscou avait dit mardi réduire "radicalement" son activité en direction de Kiev et Tcherniguiv.

12h50 : Bond de popularité de Poutine depuis l'offensive en Ukraine, selon un sondeur indépendant

Quelque 83% des Russes approuvent l'action de Vladimir Poutine, gagnant douze points par rapport à février, selon l'enquête publiée jeudi par l'institut russe indépendant Levada dont c'est le premier sondage depuis le début de l'offensive en Ukraine. Seuls 15% des Russes disent ne pas approuver l'action du président (-12% en un mois) et 2% sont sans opinion. Le Premier ministre Mikhaïl Michoustine gagne lui 11 points (71%, contre 60% en février) et le gouvernement 15 points (70% contre 55% en février).

De précédents sondages avaient été rendus publics ces dernières semaines et faisaient déjà état d'une cote de popularité pour M. Poutine à 80% ou plus, mais ceux-ci étaient réalisés par des instituts pro-gouvernementaux.

Vladimir Poutine a justifié l'offensive militaire russe contre son voisin ukrainien en l'accusant d'avoir orchestré un génocide de russophones, et de servir de tremplin à l'Otan, menace existentielle pour la Russie.

Ce message est relayé au quotidien par les médias d'Etat, tandis que les voix critiques ont été contraintes au silence ou à l'exil, sous peine de lourdes sanctions pénales en cas de propos dénigrant l'action de l'armée russe.

La Russie a aussi banni certains des plus grands réseaux sociaux --Facebook, Twitter, Instagram, TikTok-- accusés d'avoir une ligne russophobe.

12h47 : La Flandre entend créer 30.000 places d'accueil d'ici juin

Le gouvernement entend créer d'ici la mi-juin en collaboration avec les communes quelque 30.000 places d'accueil pour les réfugiés ukrainiens, a indiqué jeudi le ministre flamand du Logement, Matthias Diependaele (N-VA), devant le Parlement flamand. La Flandre avait annoncé précédemment viser la mise en oeuvre de 18.000 places d'ici la fin mars. Selon le ministre, cet objectif a été atteint. Mais il convient toutefois de poursuivre l'effort pour anticiper de possibles nouvelles arrivées.

L'exécutif flamand a prévu à cet effet un soutien financier aux communes. Les modalités pratiques de cette aide leur seront présentées lors d'un webinaire prévu ce jeudi à 13h00.

12h13 : Londres sanctionne des "propagandistes et médias d'Etat" russes

Le gouvernement britannique a annoncé jeudi une nouvelle série de 14 sanctions visant des "propagandistes et médias d'Etat" russes, dont les structures gérant RT et Sputnik, pour contrer les "mensonges" du Kremlin en réaction à l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

"La guerre (du président russe Vladimir) Poutine en Ukraine se fonde sur un torrent de mensonges", a indiqué la cheffe de la diplomatie britannique Liz Truss dans un communiqué, "et ce dernier train de sanctions en date vise les propagandistes éhontés qui véhiculent les fausses nouvelles et récits de Poutine".

"Nous continuerons d'infliger davantage de sanctions pour accroître la pression sur la Russie et assurer que Poutine perde en Ukraine. Rien ni personne n'est exclu", a-t-elle ajouté.

Parmi les cibles de Londres figurent notamment TV Novosti, structure publique contrôlant la chaîne RT bannie dans l'Union européenne et au Royaume-Uni; Rossia Segodnia, entité publique contrôlant l'agence de presse Sputnik, Alexandre Jarov, le dirigeant de Gazprom-Media; et Sergueï Briliov, journaliste connu de la télévision publique ayant interviewé Vladimir Poutine.

Côté militaire, est visé Mikhaïl Mizintsev, directeur du Centre national russe de gestion de la défense qui communique sur les opérations militaires de la Russie en Ukraine.

Citée par l'agence Ria-Novosti, la rédactrice en chef de RT Margarita Simonian a qualifié ces sanctions d'"insulte".

Ces nouvelles sanctions portent à plus de 1.000 individus et entités russes ou bélarusses sanctionnés par Londres à la suite de l'invasion de l'Ukraine fin février.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson avait appelé mercredi à "continuer d'intensifier les sanctions" contre la Russie jusqu'au retrait de tous les soldats russes en Ukraine.

Son gouvernement avait aussi annoncé un nouveau régime de sanctions pour empêcher aux oligarques russes l'accès à des services techniques dans l'aviation et le secteur maritime.

11h24 : Le CICR prêt à diriger les opérations d'évacuation vendredi à Marioupol

Le Comité international de la Croix Rouge s'est dit prêt "à diriger" les opérations d'évacuation des civils assiégés dans la ville de Marioupol à partir de vendredi à condition d'avoir les garanties nécessaires, selon un communiqué de l'organisation.

"Il est vital que ces opérations puissent avoir lieu. Les vies de dizaines de milliers de personnes à Marioupol en dépendent", souligne le communiqué du CICR, qui a déjà tenté à plusieurs reprise d'organiser des évacuations mais n'a pas pu les réaliser en raison de problèmes de sécurité.

Le ministère russe de la Défense avait annoncé mercredi soir un cessez-le-feu ce jeudi et l'ouverture de couloirs d'évacuation des civils, qui sont piégés depuis des semaines dans la ville pilonnée par les forces russes.

"Nous équipes sont en route avec des équipements et du matériel médical pré-positionnés pour être prêts à faciliter le passage en sécurité des civils hors de Marioupol", souligne le communiqué.

"Pour des raisons logistiques et de sécurité, nous serons prêts à prendre la tête de ces opérations de passage sécurisé demain, vendredi, à conditions que toutes les parties s'accordent sur les termes exacts, y compris l'itinéraire, l'heure de début et la durée", précise bien le CICR.

L'organisation insiste toujours sur la nécessité de prêter attention au moindre détail, de les négocier avec toutes les parties et y compris les chefs militaires sur les lieux mêmes.

Le gouvernement ukrainien prévoit d'envoyer 45 bus pour évacuer des civils, la Russie s'étant déclarée "prête à ouvrir l'accès aux convois humanitaires depuis Marioupol", en direction de la ville de Zaporojie, selon la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk.

11h22 : Zelensky exhorte les Pays-Bas à "être prêts" à boycotter l'énergie russe

Avoir abattu le vol MH17 est impardonnable, a assuré jeudi le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans un message au parlement néerlandais. L'avion a été abattu en 2014 alors qu'il survolait l'est de l'Ukraine en proie aux combats entre séparatistes pro-russes et l'armée régulière ukrainienne. Les personnes coupables de ce crash doivent être rappelées à leurs responsabilités, a encore dit le président Zelensky dans cet échange vidéo avec les députés néerlandais. Au total, 298 personnes sont mortes dans cette catastrophe aérienne, dont 196 Néerlandais et quelques Belges.

M. Zelensky a appelé les députés néerlandais à être ouverts à l'idée d'un boycott du gaz et du pétrole russes. "Soyez prêts à stopper l'énergie en provenance de Russie". Pour le président ukrainien, tout commerce avec la Russie devrait être suspendu. "Afin que vous ne financiez pas la guerre à coups de milliards".

10h15 : Le Japon ne prévoit pas de se retirer d'un projet gazier avec la Russie

Le Japon n'a pas l'intention de se retirer d'un grand projet gazier avec la Russie, bien qu'ayant adopté, comme les pays occidentaux, de sévères sanctions contre Moscou après son invasion de l'Ukraine, a indiqué jeudi le Premier ministre nippon. Le Japon, très dépendant d'un point de vue énergétique, essaie tant bien que mal, comme d'autres nations, de trouver un équilibre entre ses besoins en combustibles fossiles et sa ligne relativement ferme vis-à-vis de la Russie. Tokyo est un proche allié de Washington.

S'exprimant devant le Parlement, M. Kishida a déclaré que le projet Sakhaline-2, dans l'Extrême Orient russe, proche du Japon, contribuait à fournir un approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) "à long terme, peu coûteux et stable". "C'est un projet extrêmement important pour notre sécurité énergétique", a-t-il dit. "Notre intention n'est pas de nous en retirer".

10h12 : Les séparatistes prorusses revendiquent d'importants gains territoriaux

Les séparatistes prorusses du Donbass ukrainien affirmaient jeudi contrôler la quasi-totalité de la région de Lougansk et plus de la moitié de celle de Donetsk, Moscou ayant fait de la conquête de ces territoires de l'Ukraine orientale sa priorité.

Ces revendications ne pouvaient pas être vérifiées de source indépendante.

"Au 31 mars 2022, au matin, plus de 90% du territoire de la République populaire de Lougansk a été libéré", a indiqué jeudi sur son canal Telegram la diplomatie de ce territoire, dont l'indépendance a été reconnue par la Russie juste avant son offensive sur l'Ukraine.

Denis Pouchiline, dirigeant des séparatistes de Donetsk, avait pour sa part assuré mercredi qu'"environ 55 à 60%" du territoire de la région ukrainienne éponyme était sous contrôle russe.

Avant le déclenchement de l'offensive russe le 24 février, les séparatistes, en guerre contre les forces ukrainiennes depuis 2014, contrôlaient environ un tiers de chacune de ces régions, soit 8.900km2 des 26.500km2 de celle de Donetsk et 8.400km2 des 26.700km2 de celle de Lougansk.

Dans la région de Donetsk, la principale ville échappant aux forces russes et prorusses est Marioupol, soumise à un siège brutale depuis des semaines.

Le dirigeant de la république caucasienne russe de Tchétchénie, Ramzan Kadyrov, dont des milliers d'hommes combattent à Marioupol, a assuré lui que 90 à 95% de la cité portuaire stratégique était désormais sous contrôle russe.

Selon lui, les derniers défenseurs ukrainiens sont retranchés dans l'usine métallurgique Azovstal, située dans l'est de Marioupol.

Une cessez-le-feu doit entrer en vigueur dans la ville jeudi côté russe pour permettre l'évacuation de dizaines de milliers de personnes y vivant encore dans des conditions humanitaires catastrophiques.

La Russie a affirmé qu'elle concentrait son effort militaire sur le Donbass ukrainien, assurant à la fois avoir rempli ses objectifs dans le reste du pays et vouloir donner un signe de bonne foi, après des pourparlers russo-ukrainiens cette semaine à Istanbul, en réduisant ses attaques en direction de Kiev et Tcherniguiv.

Ces assurances ont laissé jusqu'ici l'Ukraine et les Occidentaux dubitatifs et ceux-ci estiment que Moscou a dû revoir ses objectifs face à la résistance ukrainienne.

9h20 : Rencontre possible des chefs de diplomatie russe et ukrainien "d'ici une ou deux semaines"

Les ministres des Affaires étrangères russe, Serguei Lavrov, et ukrainien, Dmytro Kuleba, pourraient se rencontrer "d'ici une ou deux semaines" a assuré jeudi leur homologue turc Mevlüt Cavusoglu.

"Il pourrait y avoir une réunion à plus haut niveau, au moins entre les ministres d'ici une ou deux semaines", a déclaré M. Cavusoglu dans un entretien télévisé, ajoutant qu'il était "impossible d'avancer une date" et sans précision de lieu.

8h26 : Kiev envoie 45 bus pour évacuer des civils à Marioupol, où Moscou a annoncé une trêve

Le gouvernement ukrainien envoyait ce jeudi 45 bus pour évacuer des civils depuis Marioupol, ville assiégée du sud-est de l'Ukraine, après que Moscou eut annoncé une trêve pour permettre leur départ, a annoncé la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk. "Cette nuit, nous avons été informés par le Comité international de la Croix Rouge que la Russie était prête à ouvrir l'accès aux convois humanitaires depuis Marioupol", en direction de la ville de Zaporojie, via Berdiansk, a-t-elle déclaré dans une vidéo postée sur Telegram. "Sur le couloir de Marioupol, nous envoyons 45 bus", a-t-elle ajouté.

Dix-sept bus sont déjà partis pour Marioupol depuis Zaporojie, à quelque 220 km au nord-ouest, a-t-elle précisé, tandis que vingt-huit attendent encore l'autorisation de franchir un point de contrôle russe situé dans la localité de Vassylivka, proche de Zaporojie. "Nous allons tout faire pour que les bus puissent entrer à Marioupol et évacuer ceux qui restent dans la ville", a poursuivi Mme Verechtchouk.

Jusqu'à présent, les civils ne pouvaient quitter Marioupol qu'avec leurs propres véhicules, en prenant de gros risques, les accords sur les évacuations centralisées n'ayant été respectés.

7h37 : Pas de "neutralité" de l'Ukraine sans référendum, qui pourrait prendre plusieurs mois

La question de la "neutralité" de l'Ukraine, l'un des points centraux des négociations avec la Russie pour mettre fin à la guerre initiée par cette dernière chez sa voisine, ne pourra être réglée que par la tenue d'un référendum, exigeant au moins trois millions de signatures citoyennes et qui pourrait prendre jusqu'à un an, a souligné jeudi dans une interview télévisée l'un des négociateurs ukrainiens, David Arakhamia, cité par les médias britanniques BBC et The Guardian. Moscou, qui se dit menacée par l'extension de l'Otan, exige des garanties de Kiev assurant que l'Ukraine ne rejoindra pas l'Alliance atlantique et adoptera donc un statut "neutre". Côté ukrainien, on indique analyser la proposition "en profondeur". Mais, a répété M. Arakhamia, il s'agit d'une "question citoyenne, pas politique". Un référendum doit donc être organisé, une "procédure longue qui peut seulement se poser dans un contexte pacifié".

7h02 : Une contraction massive du PIB prévue en Ukraine et en Russie

L'économie de l'Ukraine devrait se contracter de 20% cette année à cause de l'invasion du pays par la Russie, qui verra de son côté son PIB plonger de 10%, d'après des prévisions de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) publiées jeudi. Avant la guerre, la Berd anticipait une croissance de 3,5% en 2022 pour l'Ukraine et de 3% pour la Russie.

Ces prévisions partent du principe qu'un arrêt des hostilités sera décidé sous quelques mois, suivi d'un effort majeur de reconstruction de l'Ukraine. Selon ce scénario, l'économie de l'Ukraine devrait rebondir de 23% l'an prochain, tandis que le PIB de la Russie, qui devrait encore subir des sanctions, devrait tout juste se stabiliser avec une croissance nulle.

La Berd a été fondée en 1991 pour aider les pays de l'ex-bloc soviétique à passer à une économie de marché, mais elle a depuis étendu son périmètre pour inclure des pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord.

La banque prévoit par ailleurs dans ses nouvelles projections que sa zone, hors Bélarus et Russie, connaîtra une croissance de 1,7% cette année, contre 4,2% anticipé en novembre, avant la guerre, avant une accélération à 5% en 2023.

La banque avertit que ces prévisions sont à considérer au regard d'une incertitude exceptionnellement élevée, "et avec une marge de détérioration élevée si les hostilités augmentent ou si les exportations de gaz et autres matières premières depuis la Russie sont restreintes".

D'après la Berd, l'économie mondiale fait face au "plus fort choc d'approvisionnement depuis au moins le début des années 1970".

4h39 : Les conseillers de Poutine craignent de lui dire la vérité

Les conseillers du président russe Vladimir Poutine "ont peur de lui dire la vérité" sur sa stratégie de guerre "défaillante" en Ukraine, a affirmé jeudi le directeur des renseignements britanniques. Vladimir Poutine a "extrêmement mal évalué" l'invasion, a déclaré le directeur de l'agence de renseignement britannique GHQ Jeremy Fleming dans un discours à l'Université nationale australienne de Canberra.

"Nous avons vu des soldats russes - à court d'armes et le moral en berne - refuser d'exécuter les ordres, saboter leur propre équipement et même abattre accidentellement leur propre avion", a énuméré M. Fleming. "Et même si les conseillers de Poutine ont peur de lui dire la vérité, ce qui se passe et l'ampleur de ces erreurs d'appréciation doivent être parfaitement clairs pour le régime", a-t-il estimé. Ces remarques, publiées à l'avance, font écho à celles des renseignements américains publiés par la Maison Blanche la veille, indiquant que M. Poutine était "mal informé" par ses conseillers sur l'évolution de l'opération russe.

Les services de renseignement occidentaux s'efforcent de mettre l'accent sur les échecs de la Russie dans cette guerre et sur les divisions au sein du cercle restreint de Poutine. Sur le terrain en Ukraine, Moscou utilise des mercenaires et des combattants étrangers pour soutenir ses propres forces. Parmi eux, le groupe Wagner, qui "passe à la vitesse supérieure" après avoir été actif dans le pays depuis l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014.

"Le groupe travaille comme une branche fantôme de l'armée russe", permettant à Vladimir Poutine de se déresponsabiliser face aux "opérations plus risquées", a-t-il fait valoir. Selon M. Fleming, le président russe a cependant sous-estimé la résistance ukrainienne, la force de la coalition internationale contre lui et l'impact des sanctions économiques. Le dirigeant russe a également surestimé la capacité de sa propre armée à remporter une victoire rapide, a-t-il ajouté.

L'engagement fait par Moscou de réduire "radicalement" son activité militaire autour de Kiev et dans la ville du nord Tcherniguiv "montre peut-être qu'il a été obligé de se remettre en question de manière significative", selon Jeremy Fleming.

4h07 : Zelensky s'adressera aux parlements belge et néerlandais ce jeudi

Le président ukrainien Volodimir Zelensky s'adressera par liaison vidéo non seulement au parlement belge mais aussi au parlement néerlandais ce jeudi. Aux Pays-Bas, il est attendu à la Chambre basse dans la matinée, pour ensuite s'adresser aux députés belges à 14h15. La Chambre prévoit une introduction par la présidente Eliane Tillieux et un conclusion par le Premier ministre Alexander De Croo. Juste avant le discours de Zelensky, l'hymne national ukrainien sera joué en direct par un violoncelliste et un violoniste, tous deux d'origine polonaise. Des représentants de l'ambassade d'Ukraine à Bruxelles seront présents dans la salle. Les membres du Sénat, les ministres-présidents des Communautés et des Régions, ainsi que les présidents des parlements des entités fédérées ont également été invités.

Aux Pays-Bas, le Premier ministre Mark Rutte n'était initialement pas le bienvenu au discours, mais la présidente du Parlement Vera Bergkamp a annoncé cette semaine qu'il pourrait finalement venir. Cette dernière a également invité les ministres Kajsa Ollongren (Défense) et Wopke Hoekstra (Affaires étrangères). Ensuite, il y aura un débat à la Chambre sur le discours du président russe.

3h55 : L'UE et les États-Unis lancent un dialogue stratégique sur la Russie

L'Union européenne et les États-Unis se sont rencontrés mercredi à Washington pour la première fois dans le cadre d'un dialogue stratégique sur la Russie, a indiqué le département d'État américain. L'accent a été mis, entre autres, sur la coordination des politiques autour de la guerre en Ukraine. Les deux parties ont condamné "la guerre injuste et barbare du Kremlin contre l'Ukraine" et ont appelé à un arrêt immédiat des attaques russes contre les civils. Les discussions font suite à un engagement pris lors du sommet UE-États-Unis de juin 2021, au cours duquel les deux parties avaient décidé de coordonner leurs politiques et leurs actions concernant la Russie. Les discussions de mercredi ont porté sur les "objectifs stratégiques et la coordination des politiques visant à mettre fin à la guerre d'agression de la Russie contre l'Ukraine".

Les deux parties ont discuté, entre autres, de nouvelles sanctions visant à isoler davantage la Russie dans la sphère économique, selon un communiqué de presse conjoint de la secrétaire d'État adjointe américaine aux Affaires politiques, Victoria Nuland, et du secrétaire d'État adjoint européen aux Affaires politiques, Enrique Mora. Les deux hauts diplomates ont également salué la coordination entre les deux partenaires dans l'imposition de ces sanctions.

Les États-Unis et l'UE ont également exhorté la Chine à ne pas compromettre les sanctions contre la Russie et à ne soutenir en aucune façon l'agression russe. Les deux diplomates ont aussi insisté sur l'importance de continuer à demander à la Chine de soutenir une cessation immédiate des hostilités, la création de couloirs humanitaires et la prévention d'une nouvelle escalade.

La prochaine réunion aura lieu à la fin de l'année.

1h39 : Les négociations se poursuivront de façon virtuelle vendredi, selon Kiev

Les pourparlers entre l'Ukraine et la Russie se poursuivront virtuellement ce vendredi 1er avril, a annoncé le chef de la délégation ukrainienne, David Arachamija, sur Telegram. Selon lui, lors des négociations en Turquie en début de semaine, l'Ukraine avait proposé d'organiser une conversation entre les présidents russe et ukrainien, mais la délégation russe a estimé qu'un projet de traité devait d'abord être sur la table. Pour Kiev, une telle conversation ne pourra certainement pas avoir lieu en Russie ou au Bélarus à l'avenir.

David Arachamija a également fait l'éloge de l'oligarque russe Roman Abramovich, qui était présent lors des dernières discussions de mardi. Il joue un rôle positif, a confié l'Ukrainien à plusieurs médias. Il fournit un "canal de communication non officiel", qui permet aux gens de s'exprimer dans un langage ordinaire et non diplomatique. Il s'efforce de rester neutre, selon le chef de la délégation ukrainienne. "Bien que nous ne le considérions pas comme une partie neutre, nous pouvons dire qu'il est plus neutre que le côté officiel dans les négociations."

À l'issue du dernier cycle de négociations, mardi, la Russie et l'Ukraine s'étaient montrées positives. Dans la foulée, tant Kiev que Moscou ont affirmé qu'aucune percée significative n'y avait été réalisée.

00h31 : L'Ukraine signale une attaque à la roquette contre un dépôt pétrolier à Dnipro

Une attaque de roquettes russes a détruit un dépôt de pétrole rempli de carburant à Dnipro, dans le sud-est de l'Ukraine, a signalé mercredi le chef du conseil régional, Mikola Lukashuk, sur Telegram. Les débris d'une roquette ont également endommagé deux camions-citernes. L'attaque à la roquette n'a fait ni mort ni blessé. La nouvelle n'a pas pu être confirmée de manière indépendante.

Dnipro a jusqu'à présent été largement épargnée par les attaques de missiles russes. Selon des sources ukrainiennes, la Russie a également tiré récemment deux missiles sur une base militaire proche de cette ville de plus d'un million d'habitants. La caserne a été lourdement endommagée.

À Novomoskovsk, au nord-est de Dnipro, une roquette a également touché une usine mercredi. Il n'y a pas eu de victimes, selon les autorités de Dnipropetrovsk.

Le point sur la situation

Trêve jeudi à Marioupol

Le ministère russe de la Défense a annoncé mercredi soir un "régime de silence", soit un cessez-le-feu local, à partir de 10H00 jeudi (07H00 GMT) dans le port assiégé ukrainien de Marioupol afin d'évacuer des civils.

Cette mesure doit permettre d'ouvrir un couloir humanitaire vers la ville ukrainienne de Zaporojie avec une étape par le port de Berdiansk, sous contrôle russe.

"Pour que cette opération humanitaire réussisse, nous proposons de la mener avec la participation directe de représentants du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (UNHCR) et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR)", a ajouté le ministère dans un communiqué.

Rien de "prometteur" dans les pourparlers

Semblant revenir sur des annonces faites par Moscou à l'issue de discussions entre les belligérants mardi à Istanbul, le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov a dit ne pas pouvoir "faire état de quoi que ce soit de très prometteur ou d'une percée quelconque".

"Pour l'heure, nous ne pouvons pas parler de progrès et nous n'allons pas le faire", a-t-il insisté mercredi, précisant qu'il n'y avait "pas d'avancées" non plus dans l'organisation d'une éventuelle rencontre entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

"Nous ne croyons personne" affirme Zelensky

Le porte-parole du ministère ukrainien de la Défense, Oleksandre Motuzyanyk, avait souligné plus tôt avoir constaté le départ de certaines unités de Kiev et de Tcherniguiv, mais "pas de retrait massif de troupes russes de ces zones", contrairement à la promesse faite la veille par Moscou de "réduire radicalement" son activité militaire dans cette zone.

Sur ce sujet, "nous ne croyons personne, pas une seule belle phrase", a affirmé dans la soirée le président ukrainien Volodymyr Zelensky, ajoutant que les forces russes se regroupaient pour attaquer la région du Donbass. "Nous ne cèderons rien. Nous nous battrons pour chaque mètre de notre territoire", a-t-il dit.

Début de retrait à Tchernobyl

Les forces russes commencent à se retirer du site nucléaire de Tchernobyl, dont elles avaient pris le contrôle dès le premier jour de l'invasion de l'Ukraine le 24 février, a indiqué mercredi un haut responsable du Pentagone.

L'armée russe a commencé à se retirer de l'aéroport de Gostomel, au nord-ouest de Kiev, et "Tchernobyl est une autre zone où ils commencent à se repositionner, quittant Tchernobyl pour aller au Belarus", a déclaré à la presse ce haut responsable ayant requis l'anonymat.

Moscou accusé de tirs d'obus au phosphore

Les autorités ukrainiennes ont accusé les forces russes d'avoir tiré mercredi des obus au phosphore sur la petite ville de Marinka, dans l'est de l'Ukraine.

"Crimes de guerre" en Ukraine

La haute commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU, Michelle Bachelet, a évoqué mercredi "des crimes de guerre" commis en Ukraine dans un long réquisitoire contre les actions menées pour l'essentiel par l'armée russe.

Elle n'a laissé aucun doute sur le fait qu'elle estime que la Russie est la principale fautive même si elle n'a pas totalement dédouané les forces ukrainiennes.

Un peu plus tôt, le Conseil des droits de l'Homme de l'ONU avait chargé Erik Mose, un juge norvégien ayant siégé dans plusieurs tribunaux internationaux, de diriger l'enquête sur les violations commises par la Russie en Ukraine.

Les Tatars exigent la restitution de la Crimée

Les représentants des Tatars de Crimée ont exigé mercredi que la restitution à l'Ukraine de cette péninsule annexée par la Russie en 2014 soit une des conditions posées par Kiev dans les négociations avec Moscou pour mettre fin au conflit armé.

Sur le terrain militaire

La ville de Tcherniguiv (nord) a été bombardée "toute la nuit", a annoncé le gouverneur de la région, malgré l'annonce faite la veille par Moscou d'une réduction de son activité militaire autour de Kiev et de cette ville.

A Irpin qui est désormais "à 100% contrôlée par l'armée ukrainienne", au moins 200 personnes sont mortes depuis le début du conflit, selon son maire.

Dans l'Est, l'armée ukrainienne a repris le contrôle d'une autoroute stratégique reliant Kharkiv à Tchougouïv, et les forces russes ont quitté, après un mois d'occupation, la ville de Trostyanets (nord-est).

A Marioupol (sud), les forces russes ont "délibérément bombardé un bâtiment du Comité international de la Croix-Rouge (CICR)", a affirmé mercredi une responsable ukrainienne, sans pouvoir donner de bilan. La mairie a de son côté dénoncé l'évacuation forcée vers la Russie d'une maternité de la ville.

Les séparatistes d'Ossétie du Sud veulent rejoindre la Russie

Le chef de l'Ossétie du Sud, un territoire pro-russe du Caucase ayant fait sécession de la Géorgie, a envisagé mercredi d'organiser une consultation populaire pour être rattaché à la Russie.