Guerre en Ukraine: les atrocités commises à Boutcha? "Malheureusement, il y en aura d'autres"

Sur le plateau de QR - L'actu sur la RTBF, Nicolas Gosset, chercheur à l'Institut Royal de Défense, a dit craindre de nouvelles exactions similaires à celles de Boutcha.

E.L

Ce dimanche, les médias du monde entier ont révélé des scènes d'horreur dans les rues de Boutcha, une petite ville au nord-ouest de Kiev, récemment libérée par les troupes ukrainiennes. Au moins 410 corps, des civils pour la plupart, ont été découverts gisant à même le sol ou enterrés à la hâte dans des fosses communes.

Si la communauté internationale a unanimement condamné ces atrocités, certains dirigeants comme notre Premier ministre Alexander De Croo les qualifiant de "crimes de guerre" voire de génocide, la Russie a quant à elle démenti toute implication et invoqué une "mise en scène".

Alors ces images auraient-elles pu être créées de toutes pièces? Pour Nicolas Gosset, chercheur à l'Institut Royal de Défense interrogé par la RTBF, cette hypothèse ne tient pas la route.

Deux types de témoignages

"Ici, on parle de Boutcha, mais l'on va découvrir beaucoup d'autres situations comme celles-là dans d'autres parties de l'Ukraine, malheureusement, je le crains", débute l'expert, qui avance deux types de preuves pour justifier la véracité des faits, à savoir les témoignages de civils et ceux de journalistes indépendants.

"Ces exactions, elles sont d'abord documentées par les témoignages des Ukrainiens. Il y a énormément de gens qui témoignent des atrocités commises dans leur ville sous l'occupation", explique Nicolas Gosset.

"Il y a aussi un travail journaliste de qualité, qui est conduit non seulement par des activistes ou des journalistes ukrainiens, mais aussi par des équipes internationales - comme la BBC", rappelle encore le chercheur. "Donc on est au-delà de la simple présomption".

Pour Nicolas Gosset, le travail des journalistes pourra d'ailleurs être repris par la justice. "Il y a un travail important de documentation de ce qu'il s'est passé sur le terrain, et qui est d'ailleurs dans un certain nombre de cas considéré comme utilisable par la Cour Pénale Internationale".

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