"Novorossia": Vladimir Poutine rêve-t-il de remettre cette "Nouvelle Russie" au goût du jour?

La Novorossia est un projet expansionniste rêvé par Poutine depuis plusieurs années.

Rédaction
"Novorossia": Vladimir Poutine rêve-t-il de remettre cette "Nouvelle Russie" au goût du jour?
©AFP

"L'objectif est la paix des générations futures d'Ukrainiens eux-mêmes et la possibilité de construire enfin une Eurasie ouverte - de Lisbonne à Vladivostok." Ce mardi, Dmitri Medvedev, ancien président russe et fidèle allié de Vladimir Poutine, avouait que la Russie ne comptait pas s'arrêter à l'Ukraine. Des déclarations qui laissent extrêmement perplexes.

Cette Eurasie ouverte s'inscrite-t-elle dans ce qu'on appelle la "Novorossia"? Il s'agit d'un projet expansionniste russe qui avait été théorisé par l'actuel gouverneur de Donetsk et fondateur du parti de la Nouvelle Russie, Pavel Goubarev. L'Humanité avait également défini ce concept qui se "base sur un mélange d'identitarisme slave, de protectionnisme économique, et de religion orthodoxe tout en s'appuyant sur le terreau historique de la Nouvelle Russie crée après la guerre russo-turque à la fin du XVIIIème siècle."

La réponse à cette question est donc non. Pour autant, cette "Novorossia", dite de la "Nouvelle Russie" est de pus en plus actuelle. Ce "nouveau pays" regroupe les territoires de la mer d'Azov, et s'étend jusqu'à la frontière actuelle de la Moldavie. Plus précisement, elle correspond aux régions actuelles de Mykolaïv, Odessa, Kherson et Kirovograd, plus une partie de l'oblast de Donetsk. Ce concept date XVIIIe siècle et de l'époque des Tsars. Lors de cette période, cette région s'apparentait à une subdivision de l'empire russe.

Pour le moment, les forces russes ne parviennent pas à s'emparer de Kiev. Elles se sont donc concentrées sur l'est et le sud du pays en continuant, simultanément, à bombarder les grandes villes du pays occupé. Géographiquement, cette stratégie reprend le tracé de cette Nouvelle-Russie. C'est en 2014 que cette théorie expansionniste est revenue avec insistance. La Crimée avait alors, dans un référendum non reconnu par la communauté internationale, décidé de se rattacher à la Russie. Les républiques de Lougansk et de Donetsk avaient alors choisi de faire sécession.

Le 17 avril 2014, Vladimir Poutine s'exprimait dans un discours télévisé de plusieurs heures. Il remettait alors en cause la souveraineté ukrainienne dans ces territoires. "L'Ukraine, c'est 'la Nouvelle-Russie', c'est-à-dire Kharkov, Lougansk, Donetsk, Kheerson, Nikolaev, Odessa. Ces régions ne faisaient pas partie de l'Ukraine à l'époque des tsars, elles furent données à Kiev par le gouvernement soviétique dans les années 1920. Pourquoi l'ont-ils fait? Dieu seul le sait", avait-il alors déclaré dans des propos repris par BFM TV.

Mais ce projet avait pris un sacré coup et avait été gelé en 2015. Cette année-là, Alexander Kofman, ministre des Affaires étrangères de la République populaire de Donetsk, signait les accords de Minsk-2. Lors de cette ratification, il ne reconnaissait pas cette "Novorossia" et reconnaissait que les territoires de l'est appartenaient bien à l'Ukraine.

Si le projet de "Nouvelle-Russie" est donc à l'ordre du jour, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, assure que Moscou ne s'arrêtera pas à son pays. "L'Ukraine n'est pas la dernière cible de l'agression russe. Moscou veut occuper Odessa et puis il n'y a plus qu'un pas jusqu'en Moldavie". Près de quarante jours après le début du conflit, les intentions du Kremlin restent très floues. Et les différents projets du président russe inquiètent le monde entier.