Le Kremlin juge "inacceptable" que Biden accuse Poutine de "génocide"

Le Kremlin a jugé mercredi "inacceptable" que le président américain Joe Biden accuse son homologue russe Vladimir Poutine de "génocide" en Ukraine.

AFP
Le Kremlin juge "inacceptable" que Biden accuse Poutine de "génocide"
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"Notre désaccord est catégorique et nous considérons que de telles tentatives de déformer la réalité sont inacceptables, d'autant plus qu'elles viennent du président des Etats-Unis, pays dont les agissements dans l'histoire récente sont bien connus", a commenté Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin.

Macron ne reprend pas le mot "génocide" utilisé par Biden

Le président français Emmanuel Macron n'a pas repris mercredi le terme "génocide" utilisé par son homologue américain Joe Biden pour en accuser le président russe Vladimir Poutine en Ukraine, en mettant en doute l'utilité d'une "escalade des mots" pour mettre fin à la guerre.

Interrogé sur France 2 sur les déclarations de Joe Biden mardi, le président candidat a répondu vouloir être "prudent avec les termes".

"Je dirais que la Russie a déclenché d'une manière unilatérale une guerre brutale, qu'il est maintenant établi que des crimes de guerre ont été faits par l'armée russe et qu'il faut maintenant en trouver les responsables", a-t-il expliqué.

"C'est une folie ce qui est en train de se passer, c'est d'une brutalité inouïe (...) mais je regarde en même temps les faits et je veux essayer au maximum de continuer à pouvoir arrêter cette guerre et à rebâtir la paix, donc je ne suis pas sûr que l'escalade des mots serve la cause", a-t-il ajouté.

Le porte-parole de la diplomatie ukrainienne, Oleg Nikolenko, a estimé que la position d'Emmanuel Macron était "décevante".

"La réticence du président français Emmanuel Macron à reconnaître le génocide des Ukrainiens (...) est décevante", a-t-il affirmé à l'agence de presse Interfax-Ukraïna.

M. Nikolenko a également reproché au président français d'avoir affirmé que les Ukrainiens et les Russes sont des peuples frères, estimant que ce "mythe a commencé à s'effriter en 2014" et qu'il n'y avait "plus aucune raison morale ou réelle de parler de liens fraternels" entre Russes et Ukrainiens.

Mardi, Joe Biden avait pour la première fois accusé Vladimir Poutine de mener un "génocide" en Ukraine, mot jusque-là employé par le chef d'État ukrainien Volodymyr Zelensky mais jamais par l'administration américaine.

"Il est de plus en plus clair que Poutine essaie simplement d'effacer l'idée même de pouvoir être un Ukrainien", a développé le président américain. Si "les avocats, au niveau international", trancheront sur la qualification de génocide, "pour moi, cela y ressemble bien".

Le président ukrainien a salué les "vrais mots d'un vrai leader", car "appeler les choses par leur nom est essentiel pour s'opposer au mal".