"Si Marioupol tombe, l'Ukraine tombera. Si l'Ukraine tombe, l'Europe tombera"

Le maire de Marioupol, Vadym Boytchenko, affirme qu'au moins 21.000 personnes sont mortes dans sa ville depuis le début du conflit.

Depuis le début du conflit en Ukraine, la ville portuaire du Sud-Est du pays, Marioupol, a subi un lourd tribut. Rapidement assiégée par les troupes de Vladimir Poutine, elle est aujourd'hui presque totalement tombée aux mains des russes. Selon Nicolas Gosset, chercheur à l'Institut Royal de Défense, il ne reste aujourd'hui plus qu'un dernier bastion de soldats ukrainiens sur place, se battant "jusqu'à la mort", mais qui risque de plier dans les prochaines heures.

Vadym Boytchenko, le maire de Marioupol, était invité ce mardi soir sur BFMTV. Il a tout d'abord voulu délivrer un message d'espoir.

"Nos gars courageux tiennent la ville, et la bannière ukrainienne flotte toujours!", a-t-il déclaré, avant de reconnaître que la situation était très critique à l'heure actuelle.

Les bâtiments de notre ville ont été détruits à 60%, a confirmé le maire. "Les dizaines de milliers d'habitants toujours coincés sur place vivent un enfer", a ensuite déploré Vadym Boytchenko.

Dix fois pire qu'à Boutcha

Le maire a comparé la situation de Marioupol à celle de Boutcha, cette ville de l'oblast de Kiev récemment reprise par les troupes ukrainiennes, dans laquelle des centaines de corps ont été découverts, gisant dans des fosses communes ou à même la rue. "Si vous voulez imaginer l'enfer de Marioupol, pensez à Boutcha et multipliez cela par dix", a-t-il regretté.

Le maire de Marioupol a ensuite rappelé que les troupes russes faisaient courir un danger sur tout le territoire ukrainien, même dans les villes censées être plus sûres. "Le danger est dans toute l'Ukraine. Il n'y a pas une seule ville dans notre pays qui puisse être déclarée en sécurité à 100%".

Selon Vadym Boytchenko, l'avenir de Marioupol pourrait sceller le sort de la guerre et du monde. "Si Marioupol tombe, l'Ukraine tombera. Si l'Ukraine tombe, l'Europe tombera", a-t-il mis en garde. "La Russie ne s'arrêtera pas là."

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