L'ingénieur en chef de Tchernobyl raconte la prise d'otage des Russes: "Je dormais trois heures par nuit en position assise"

Du 24 février au 1er avril, la centrale de Tchernobyl est passée aux mains des Russes. Les troupes de Vladimir Poutine ont pris en otage les 200 employés de la centrale ainsi que les 150 membres de la sécurité. Parmi eux, il y avait Valery Semenov, l'ingénieur en chef de la centrale nucléaire, qui raconte l'enfer qu'il a vécu à nos confrères de BFM TV.

L'ingénieur en chef de Tchernobyl raconte la prise d'otage des Russes: "Je dormais trois heures par nuit en position assise"
©abacapress

Semenov a vu les envahisseurs russes débarquer sur le site. “Sur une caméra, j’ai vu un tank arriver”, raconte-t-il. Durant plus d'un mois, il a vécu dans des conditions très compliquées. “Les 25 premiers jours, je n’ai dormi que 3 heures par nuit, en position assise. Je devais être partout à la fois pour assurer la sécurité de la centrale”, relate-t-il.

Avant de poursuivre: “Je ne sais pas trop comment j’ai tenu, mes collègues m’ont beaucoup aidé, j’ai puisé dans mes réserves. Mes 30 années à la centrale m’ont préparé à ce que je viens de vivre. Je connaissais parfaitement tous les gens sous mes ordres, ils sont presque ma famille. Cela m’a aidé.”

L'ingénieur en chef a dû raccorder le système électrique qui est tombé en panne le 9 mars.

Valery Semenov savait bien que les Russes ne devaient pas rentrer dans la pièce de commandement spécial. Il a d'ailleurs tout fait pour les empêcher d'y pénétrer. “Je n’aime pas trop me mettre en avant, mais à chaque fois, je me mettais en travers de leur chemin pour les dissuader d’entrer, je montais la garde", confie-t-il au micro de BFM TV.

Le 1er avril, les Russes ont hissé le drapeau ukrainien pour annoncer leur retrait de la centrale. "C’était vraiment incroyable, on avait les larmes aux yeux, mais c’est quand ils ont parlé Ukrainien via la communication interne que c’était vraiment fou. Je n’ai même pas de mots pour décrire ce que j’ai ressenti, je me sentais reboosté psychologiquement", détaille l'ingénieur.

Après plus d'un mois d'otage, les 350 personnes ont retrouvé une centrale nucléaire qui fonctionne normalement. Quelques éléments techniques ont toutefois été touchés mais rien de majeur. "On a tenu grâce au personnel et à la fiabilité des équipements", ajoute Semenov.

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