Une candidature de la Finlande à l'Otan "très probable"

Il est "très probable" que la Finlande dépose une candidature à l'Otan, en conséquence de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, a affirmé vendredi la ministre finlandaise des Affaires européennes, Tytti Tuppurainen.

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Une candidature de la Finlande à l'Otan "très probable"
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"C'est très probable mais la décision n'a pas encore été prise", a dit la ministre sur la chaine britannique Sky News alors que la diplomatie russe a averti Helsinki, et Stockholm, qu'une telle mesure aurait des conséquences pour ces pays et la sécurité européenne.

Mercredi, lors d'un déplacement en Suède, qui réfléchit également à une adhésion, la cheffe du gouvernement finlandais Sanna Marin avait indiqué que le choix d'une candidature serait pris "d'ici quelques semaines", après un débat parlementaire.

Pour le pays nordique, qui compte une frontière de 1.300 kilomètres avec la Russie, rejoindre les 30 membres de l'alliance menée par les Etats-Unis apporterait une dissuasion "considérablement plus grande" contre une attaque de son voisin, a relevé le "livre blanc" sur le sujet, rendu public il y a deux jours.

"Les Finlandais semblent avoir pris leur décision et il y a déjà une énorme majorité en faveur d'une adhésion à l'Otan", a affirmé Mme Tuppurainen.

En effet, le soutien à l'adhésion, qui stagnait autour de 20-25% depuis des décennies en Finlande, a presque triplé, au-delà des 60% voire 70%.

Au Parlement aussi, une nette majorité se dessine. Parmi les députés ayant déjà fait connaître leur position, une centaine sur 200 sont en faveur d'une adhésion et seulement 12 sont contre, selon les pointages des médias locaux.

"Etre membre de l'Otan ne peut renforcer leur sécurité nationale. De facto, (la Finlande et la Suède) seront la première ligne de l'Otan", a affirmé vendredi une porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, dans un communiqué.

La veille déjà, l'ex-président russe et actuel numéro deux du Conseil de sécurité russe Dmitri Medvedev a affirmé que si la Finlande ou la Suède rejoignaient l'Otan, la Russie renforcerait ses moyens militaires, notamment nucléaires, en mer Baltique et près de la Scandinavie.

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