Une figure du parti d'Olaf Scholz critiquée pour ses liens supposés avec la Russie

Une figure du parti social-démocrate allemand, la dirigeante régionale Manuela Schwesig, était mardi sous le feu des critiques pour son engagement en faveur du gazoduc Nord Stream 2, désormais interrompu, ses détracteurs la qualifiant de "larbin" de la Russie.

Une figure du parti d'Olaf Scholz critiquée pour ses liens supposés avec la Russie
©Jens Büttner/dpa-Zentralbild/dp

"L'intrication entre le gouvernement régional (de Mme Schwesig) et le groupe public russe Gazprom a toujours été désastreuse et doit enfin être examinée", a dénoncé le co-dirigeant Verts Omid Nouripour au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung.

Tout comme le parti social-démocrate (SPD) d'Olaf Scholz et les conservateurs de la CDU, Manuela Schwesig a soutenu le projet Nord Stream 2, notamment au nom des emplois dans son Land du Mecklembourg-Poméranie occidentale (nord) où débouche le gazoduc.

Ce n'est qu'avec l'agression de l'Ukraine par la Russie que Berlin a décidé de ne pas mettre en service l'infrastructure censée doubler la capacité d'approvisionnement de l'Allemagne en gaz russe, pomme de discorde avec Washington.

Mais plusieurs médias ont publié ces derniers jours des documents soulevant des questions sur le rôle de Mme Schwesig et du groupe Gazprom dans la création en 2021 d'une "Fondation pour le climat" qui aurait permis de protéger des sanctions américaines les entreprises impliquées dans la construction de Nord Stream 2.

L'ancien ministre de l'Energie de Mecklembourg-Poméranie, Christian Pegel, a reconnu avoir eu des contacts réguliers avec la société chapeautant Nord Stream 2, concernant l'écriture des statuts de la fondation.

Ces allégations ont suscité la colère de plusieurs responsables écologistes, partenaires de coalition du gouvernement d'Olaf Scholz.

Mme Schwesig a reconnu que c'était "une erreur" d'avoir soutenu le projet aussi longtemps malgré la montée des tensions avec la Russie.

"Un 'oups, c'était probablement une erreur' ne suffira pas", s'est irrité Omid Nouripour.

Le député écologiste Anton Hofreiter a estimé le gouvernement régional de Mme Schwesig s'était fait "le larbin" de Nord Stream 2 et de la Russie. Il a réclamé une enquête parlementaire.

Des élus de la CDU ont réclamé la démission de la dirigeante régionale de 47 ans, également ancienne ministre de la Famille de la grande coalition d'Angela Merkel.

Plusieurs figures du SPD ont été mises en causes ces dernières semaines pour leur complaisance supposée avec la Russie, notamment le chef de l'Etat Frank-Walter Steinmeier, ex-ministre des Affaires étrangères, et l'ancien chancelier Gerhard Schröder qui entretient des liens privés avec M. Poutine et refuse de quitter ses multiples fonctions rémunérées dans de grandes entreprises russes.

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