Guerre en Ukraine: Kiev propose à la Russie des négociations à Marioupol

Situation sur le terrain, réactions internationales, sanctions: le point sur l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

La Rédaction avec agences

Près de deux mois après l'invasion de l'Ukraine par les forces russes, la ville de Marioupol est presque entièrement aux mains de Moscou. La Russie a par ailleurs entamé une nouvelle phase de son avancée en se concentrant notamment sur le Donbass, partiellement contrôlé par des forces séparatistes pro russes depuis 2014.

Voici toutes les informations à retenir pour cette journée du mercredi 20 avril:

23h30 : Washington sanctionne la banque russe Transkapitalbank et un réseau d'oligarques

Le Trésor américain a annoncé mercredi des sanctions contre la banque russe Transkapitalbank et un vaste réseau entourant l'oligarque Konstantin Malofeev, qui aurait été utilisé pour contourner les punitions visant Moscou.

Les mesures contre Transkapitalbank visent à empêcher cet établissement privé d'accéder aux réseaux financiers mondiaux en interdisant aux institutions et individus américains ainsi qu'à ceux ayant des activités aux Etats-Unis de faire des affaires avec lui.

Selon le Trésor, la banque a mis en place son propre système de transferts financiers sur internet et offre un accès à des banques en Chine, au Moyen-Orient et ailleurs, pour permettre le règlement de paiements en dollars américains sans passer par le système mondial SWIFT et en évitant de faire transiter les paiements par le système bancaire américain.

Le système de Transkapitalbank pourrait permettre à d'autres institutions et sociétés d'éviter les sanctions américaines contre la Russie, qui se sont durcies depuis l'invasion de l'Ukraine par l'armée de Moscou.

Le Trésor américain a aussi placé sur liste noire un vaste réseau composé d'une quarantaine de personnes (dont M. Malofeev) et d'entités, accusé de faciliter le contournement des sanctions, ainsi que plusieurs sociétés russes impliquées dans le minage de cryptomonnaies.

Selon le Trésor, M. Malofeev a longtemps oeuvré, au nom du gouvernement russe, à soutenir les séparatistes en Ukraine et à saboter stabilité et démocratie dans plusieurs pays.

"Le Trésor peut cibler et ciblera ceux qui se soustraient aux sanctions américaines contre la Russie ou tentent de s'y soustraire et aident à les contourner, parce qu'ils participent à soutenir la guerre brutale choisie par Poutine", a déclaré le sous-secrétaire au Trésor chargé du terrorisme et du renseignement financier, Brian Nelson.

Le département d'Etat américain a de son côté interdit de visa plus de 650 personnes, en majorité russes mais aussi bélarusses et chez les séparatistes ukrainiens.

21h59 : Kiev propose à la Russie des négociations à Marioupol

L'Ukraine a proposé mercredi à la Russie une "session spéciale de négociations" à Marioupol, ville portuaire assiégée sur la mer d'Azov, pour sauver "civils et militaires", ont déclaré deux négociateurs ukrainiens.

"Nous sommes prêts à tenir une session spéciale de négociations à Marioupol. Pour sauver nos gars, (le bataillon) Azov, les soldats, les civils, les enfants, les vivants et les blessés. Tout le monde", a écrit Mikhaïlo Podolyak, conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky sur son compte Twitter.

"Nous sommes prêts à venir avec Mykhaïlo Podolyak à n'importe quel moment pour ces négociations, dès que nous recevons confirmation de la partie russe", a pour sa part déclaré le négociateur en chef ukrainien David Arakhamia sur sa chaîne Telegram.

Après des semaines de combats, la ville semble être en passe de tomber aux mains des forces russes, qui ont intensifié leurs frappes, selon l'un des commandants militaires ukrainiens assiégés à Marioupol.

"L'ennemi est 10 fois plus nombreux que nous", a déclaré Serguiï Volyna, de la 36e brigade d'infanterie de marine.

Selon le président Zelensky, les militaires ukrainiens retranchés dans le vaste complexe sidérurgique d'Azovstal, dernier îlot de résistance dans la ville, "protègent au prix de leur vie (...) environ un millier de civils, femmes et enfants".

Sviatoslav Palamar, commandant adjoint du bataillon Azov, une des deux formations ukrainiennes qui résistent encore à Marioupol, a souligné mercredi dans un message vidéo sur Telegram que la situation était "critique" dans l'usine pilonnée par l'aviation russe avec "des bombes super puissantes". Il a appelé les dirigeants internationaux à "sauver avant tout" les civils se trouvant dans l'usine.

Le couloir humanitaire depuis Marioupol, le premier depuis samedi, n'a pas fonctionné, a annoncé dans la soirée la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk en accusant les Russes d'avoir violé le cessez-le-feu et bloqué les cars.

21h10 : Ankara accuse des pays de l'Otan de vouloir une guerre durable pour affaiblir Moscou

Le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu a accusé mercredi des pays de l'Otan de vouloir une guerre qui dure en Ukraine, afin d'"affaiblir" Moscou. "Il y a des pays au sein de l'Otan qui souhaitent que la guerre continue", a jugé le chef de la diplomatie turque.

"Leur objectif est que la Russie s'affaiblisse", a ajouté M. Cavusoglu, alors que les négociations russo-ukrainiennes, censées continuer en ligne depuis la dernière séance en face à face à Istanbul fin mars, semblent au point mort.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé mercredi que les Ukrainiens "ne cessent de se retirer de ce sur quoi il y avait des ententes".

Membre de l'Otan et alliée de l'Ukraine - à laquelle elle a livré des drones de combat -, la Turquie s'efforce depuis le début du conflit en Ukraine de faciliter une médiation entre Moscou et Kiev.

La Turquie a accueilli par deux fois des négociations directes entre les deux parties, le 10 mars au niveau ministériel à Antalya (sud) et le 29 mars à Istanbul.

20h30 : Le couloir d'évacuation depuis Marioupol "n'a pas fonctionné", selon Kiev

Le couloir pour évacuer mercredi des civils depuis le port assiégé de Marioupol dans le sud-est de l'Ukraine "n'a pas fonctionné", a déclaré la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk, en accusant les Russes d'avoir violé le cessez-le-feu et bloqué les cars.

"Malheureusement, le couloir humanitaire de Marioupol n'a pas fonctionné comme prévu aujourd'hui", a déploré la responsable dans la soirée, après avoir annoncé mercredi matin un accord "préliminaire" avec la Russie pour ce couloir, premier de ce type depuis samedi.

"En raison du manque de contrôle sur leur propre armée sur le terrain, les occupants n'ont pas été en mesure d'assurer un cessez-le-feu approprié", a souligné Mme Verechtchouk.

"De plus, en raison de leur désorganisation et de leur négligence, ils n'ont pas été en mesure de fournir un transport rapide des personnes jusqu'au point où des dizaines de nos cars et ambulances attendaient", a-t-elle ajouté.

Aucun couloir d'évacuation n'avait été mis en place en Ukraine depuis samedi, faute d'accord avec les Russes qui ont intensifié ces derniers jours leurs frappes dans l'est de l'Ukraine.

Le secrétaire d'État américain Antony Blinken a pour sa part déclaré à la presse que les États-Unis fournissaient des évaluations aux autorités ukrainiennes concernent la possibilité d'établir des couloirs humanitaires, mais que c'était une "décision difficile" à prendre.

"Il y a eu des accords sur des couloirs humanitaires établis auparavant qui ont échoué parce que la sécurité a été violée par les forces russes", a-t-il souligné.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a pour sa part évoqué la situation tragique à Marioupol, où les deniers militaires ukrainiens retranchés dans une usine, pilonnée et assiégée, ont avec eux "des centaines de blessés" et "environ un millier de civils, femmes et enfants", qu'ils "protègent au prix de leur vie".

19h10 : Le Pentagone précise que l'Ukraine a reçu des pièces détachées, pas des avions de combat entiers

L'Ukraine a bien reçu des pièces détachées pour ses avions de chasse afin de renforcer son armée de l'air, mais pas des appareils entiers, a indiqué mercredi le porte-parole du Pentagone, John Kirby, corrigeant ses propos de la veille. "J'avais compris que l'offre d'un autre pays de la région de fournir des avions entiers à l'Ukraine (...) avait été mise en œuvre. Ce n'est pas le cas", a déclaré le porte-parole à la presse. "Je regrette cette erreur."

Mardi, M. Kirby avait déclaré que les Ukrainiens avaient "à leur disposition plus d'avions de chasse qu'il y a deux semaines". "Sans entrer dans les détails sur ce que d'autres pays fournissent, je dirais qu'ils ont reçu des appareils supplémentaires et des pièces détachées pour accroître leur flotte", avait-il précisé au cours d'un point de presse.

Après l'envoi de pièces d'artillerie Howitzer, annoncé la semaine dernière par Joe Biden, cette annonce d'un envoi d'avions de chasse à l'Ukraine, au moment où la Russie venait de lancer une nouvelle offensive dans le Donbass, semblait marquer un tournant dans l'attitude des Occidentaux.

"Je me suis trompé. Ils n'ont pas reçu d'avions entiers d'un autre pays", a-t-il dit mercredi. "Cela dit, les Ukrainiens ont reçu (...) suffisamment de pièces détachées et d'équipements supplémentaires pour rendre opérationnels davantage d'avions" qu'il y a trois semaines.

Un haut responsable du Pentagone a précisé par la suite sous le couvert de l'anonymat que les pièces détachées avaient permis à l'armée de l'air ukrainienne de remettre en état "plus de 20 avions" de chasse.

Kiev réclame depuis le début du conflit des Mig-29 de fabrication russe, dont disposent une poignée de pays d'Europe de l'Est.

La Pologne avait proposé de transférer de tels avions via une base américaine début mars, mais les États-Unis s'y étaient opposés, redoutant que la Russie puisse y voir une trop grande implication directe de l'Otan dans le conflit.

Les 14 Howitzer promis dans la dernière tranche d'aide militaire, qui viennent des États-Unis, devraient arriver en Ukraine "dans les prochains jours" et la formation des militaires ukrainiens au maniement de ces pièces d'artillerie "a commencé dans un pays tiers", a par ailleurs précisé le haut responsable.

"Un peu plus de 50" soldats ukrainiens seront formés au maniement de ces armes pendant une semaine environ, avant de repartir dans leur pays pour former à leur tour leurs camarades, a-t-il expliqué.

18h50 : Le chef de l'ONU demande par lettres à être reçu par Poutine et Zelensky

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a envoyé mardi des lettres aux dirigeants russe et ukrainien, Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky, leur demandant d'être reçu à Moscou et Kiev, a annoncé mercredi son porte-parole, Stéphane Dujarric. Depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février, l'ONU est marginalisée dans le conflit, entre autres à cause de la rupture qu'elle a provoquée entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité dont Moscou fait partie avec Washington, Paris, Londres et Pékin.

"En cette période de grands périls en termes de conséquences, il souhaite discuter des mesures urgentes pour ramener la paix en Ukraine et de l'avenir du multilatéralisme fondé sur la Charte des Nations Unies et le droit international", a précisé le porte-parole.

Antonio Guterres note "que l'Ukraine et la Fédération de Russie sont des membres fondateurs de l'ONU et ont toujours été de fervents partisans de l'ONU", a-t-il ajouté.

Avec ses lettres remises aux missions diplomatiques russe et ukrainienne à l'ONU, le secrétaire général essaye de reprendre l'initiative et de relancer le dialogue pour une solution de paix à la guerre qui redouble en Ukraine.

Jusqu'à présent, Antonio Guterres n'a eu que très peu de contacts avec le président ukrainien, avec lequel il n'a eu qu'un échange téléphonique, le 26 février.

Depuis qu'il a affirmé que la Russie violait la Charte de l'ONU en envahissant l'Ukraine, le président russe refuse pour sa part tout contact avec Antonio Guterres, qu'il refuse de prendre au téléphone.

Mardi, Antonio Guterres avait dénoncé la nouvelle offensive russe dans l'est de l'Ukraine et demandé aux deux parties d'arrêter les combats pour une "pause humanitaire" de quatre jours à l'occasion de la Pâque orthodoxe.

18h25 : La patronne du FMI appelle les pays à apporter leur soutien financier à l'Ukraine

La directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, a appelé mercredi les pays à apporter leur soutien financier à l'Ukraine pour que le gouvernement puisse continuer à fonctionner. Les responsables ukrainiens ont fait part au Fonds monétaire international (FMI) d'un besoin de 5 milliards de dollars par mois pour continuer à faire fonctionner leur économie, a-t-elle indiqué lors d'une conférence de presse.

Ce "nombre semble correspondre aux besoins" immédiats et c'est indépendant des besoins à venir pour la reconstruction du pays qui seront "énormes", a souligné Mme Georgieva.

Elle a répété que le FMI était disposé à négocier un nouveau programme d'aides pour l'Ukraine. Mais "il n'est pas raisonnable de soumettre un plan au conseil d'administration alors que les hostilités se poursuivent", a-t-elle estimé.

Il ne serait pas "juste" de demander immédiatement des réformes en contrepartie d'une aide de l'institution de Washington, selon elle.

Pour l'instant, les autorités ukrainiennes consacrent leur énergie à maintenir leur économie en état de marche. "Et elles le font très bien", a également commenté la dirigeante.

17h37 : Poutine ordonne de revoir la stratégie russe à l'OMC

Le président russe Vladimir Poutine a ordonné mercredi de réviser la politique de Moscou au sein de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), en réaction aux sanctions occidentales en lien avec l'offensive du Kremlin en Ukraine.

Lors d'une réunion gouvernementale, M. Poutine a regretté que des entreprises métallurgiques russes aient été interdites d'exporter en Occident ou d'acheter à l'étranger des composants nécessaires pour la production de métal et d'acier.

"Ces mesures sont contraires aux principes de l'OMC que nos collègues européens ont sans cesse appelé à respecter. J'ordonne donc au gouvernement d'étudier la légalité de ces décisions (...) et de préparer d'ici le 1er juin une stratégie mise à jour de nos activités au sein de l'OMC", a déclaré le président russe.

"Ces mesures inamicales visant les métallurgistes russes sont prises sur la base d'intérêts politiques momentanés", a-t-il poursuivi, assurant que ces mesures allaient entraîner une hausse des prix des métaux en Europe.

M. Poutine a souligné que la Russie est l'un des leaders mondiaux de la métallurgie, "dans le top 5 des producteurs d'acier" et occupe une "position dominante" pour la production de certains métaux non-ferreux.

Pour écouler les invendus, il a exigé de stimuler en Russie la demande de métaux avec des "projets sur le long-terme" et en stimulant le secteur de la construction et de l'industrie.

17h30: L'adhésion de l'Ukraine à l'UE est "une priorité", dit Zelensky

L'adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne est "une priorité", a déclaré mercredi le président ukrainien Volodymyr Zelensky lors d'une conférence de presse commune à Kiev avec le président du Conseil européen, Charles Michel.

"C'est une priorité pour notre Etat, pour la puissance de notre peuple", a affirmé M. Zelensky face à la presse, après une réunion avec M. Michel.

17h25: L'UE fera "tout son possible" pour que l'Ukraine "gagne la guerre", selon Charles Michel

Le président du Conseil européen Charles Michel, en visite à Kiev, a assuré mercredi que l'UE ferait "tout son possible" pour que l'Ukraine "gagne la guerre" contre la Russie, qui a envahi le pays le 24 février.

"Vous n'êtes pas seuls, nous sommes avec vous et nous ferons tout notre possible pour vous soutenir et pour faire en sorte que l'Ukraine gagne la guerre", a déclaré M. Michel lors d'une conférence de presse commune avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

17h00: Premier tir d'essai réussi du Sarmat, dernier né des missiles balistiques russes

L'armée russe a annoncé mercredi le premier tir d'essai réussi du missile balistique intercontinental Sarmat, une arme de nouvelle génération de très longue portée que le président Vladimir Poutine a salué comme "sans équivalent".

"C'est véritablement une arme unique qui va renforcer le potentiel militaire de nos forces armées, qui assurera la sécurité de la Russie face aux menaces extérieures et qui fera réfléchir à deux fois ceux qui essayent de menacer notre pays avec une rhétorique déchaînée et agressive", a déclaré M. Poutine, lors d'une annonce diffusée à la télévision.

15h45: "La coopération doit continuer" au sein du G20 selon la patronne du FMI

La directrice générale du FMI Kristalina Georgieva a exhorté mercredi les pays à continuer leur coopération alors que certains ministres des Finances ont décidé de ne pas participer à certaines sessions du G20 mercredi en raison de la présence de responsables russes.

"Aucun pays ne peut résoudre ses problèmes seul. Il est évident que la coopération doit et va se poursuivre", a-t-elle estimé lors d'une conférence de presse. Selon elle, même s'il "plus difficile de coopérer quand il y a des tensions, ce n'est pas impossible". "Je n'ai aucun doute qu'il y aura des discussions substantielles" au cours de ce G20, a-t-elle également souligné.

14h59 : Plus d'un million d'Ukrainiens revenus dans leur pays depuis le début de la guerre

Un total de 1,1 million d'Ukrainiens sont retournés dans leur pays depuis le début de l'invasion russe le 24 février, a annoncé mercredi le porte-parole du service ukrainien des garde-frontières, Andriï Demtchenko.

"Depuis cette date (le 24 février), 1,1 million de nos concitoyens sont entrés en Ukraine", a-t-il affirmé durant une conférence de presse.

M. Demtchenko n'a pas précisé dans quelle proportion ces personnes étaient des Ukrainiens ayant fui le pays au début de l'invasion ou des Ukrainiens qui vivaient déjà à l'étranger avant la guerre.

Il a précisé que les frontières ukrainiennes avaient été franchies par "presque cinq millions de personnes dans les deux sens".

Selon les chiffres du Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés publiés mercredi, la barre des cinq millions de réfugiés ukrainiens a cependant été franchie.

"Après huit semaines de conflit, nous en sommes à cinq millions, et ce n'est pas fini, cinq millions d'histoires singulières de pertes et de traumatismes", a déclaré Kelly Clements, la Haut-Commissaire adjointe de l'agence de l'ONU pour les réfugiés.

L'Europe n'a pas connu un tel flot de réfugiés depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Le retour des Ukrainiens dans leur pays ou dans leur foyer se fait toutefois sentir, au point que le maire de Kiev, Vitali Klitschko, a exhorté la semaine dernière les évacués de la capitale - jusqu'à la moitié des 2,8 millions d'habitants au plus fort de la guerre - à ne pas revenir pour l'instant.

Les médias locaux estiment pourtant que ceux-ci seraient environ 50.000 à revenir chaque jour dans la capitale.

Avant ce conflit, l'Ukraine comptait plus de 37 millions d'habitants dans les territoires contrôlés par Kiev - qui n'incluent donc pas la Crimée (sud) annexée en 2014 par la Russie, ni les zones de l'est sous contrôle des séparatistes prorusses depuis la même année.

14h32 : Le Parlement finlandais entame le débat sur l'adhésion à l'Otan

14h09: Zelensky invite Le Pen à admettre "qu'elle s'est trompée"

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a invité jeudi Marine Le Pen, candidate à la présidentielle française accusée de proximité avec la Russie, à admettre qu'elle "s'est trompée" et a souhaité ne pas "perdre" ses relations avec le président français, candidat lui aussi, Emmanuel Macron. "Si madame la candidate comprend qu'elle s'était trompée, (..) notre relation pourrait changer", a déclaré sur BFMTV le président ukrainien dans un entretien à distance depuis Kiev.

Mais, a ajouté le chef de l'Etat ukrainien, "je ne suis pas persuadé que j'ai le droit, aujourd'hui, d'influencer ce qui se passe chez vous".

Marine Le Pen et Emmanuel Macron, candidats au second tour de la présidentielle française dimanche, doivent s'affronter mercredi soir lors d'un débat télévisé.

"Je veux dire que bien évidemment j'ai des relations avec Emmanuel Macron et je ne voudrais pas les perdre", a encore dit M. Zelenski.

Marine Le Pen avait été interdite de séjour en Ukraine en janvier 2017 après avoir défendu l'annexion de la Crimée --une région de l'Ukraine-- par la Russie en 2014, jugée illégale par la communauté internationale.

La candidate RN a condamné l'invasion de l'Ukraine par Moscou, mais elle a de nouveau plaidé mercredi dernier pour un "rapprochement stratégique entre l'Otan et la Russie" une fois la guerre terminée.

La candidate d'extrême droite avait, lors de la présidentielle 2017, été reçue par Vladimir Poutine, et son parti continue de rembourser un prêt de 9 millions d'euros à un créancier lié à d'anciens militaires russes.

13h48: Kiev demande de l'aide militaire à une Bulgarie réticente

Le chef de la diplomatie ukrainienne Dmytro Kouleba, en visite à Sofia, a appelé mercredi la Bulgarie à fournir au plus vite une assistance militaire à son pays, blâmant ceux qui refusent de livrer tout équipement au sein du gouvernement. Les autorités "savent parfaitement quelles sont nos requêtes", a déclaré à la presse le ministre, arrivé lundi soir en voiture après 20 heures de route.

"Quand on est en guerre, on a besoin de tout, des balles aux avions de combat", a-t-il ajouté.

Membre de l'UE et de l'Otan, la Bulgarie produit des munitions, des missiles, des armes légères et possède des avions MiG-29 de conception soviétique.

Mais les socialistes du PSB, qui font partie de la coalition au pouvoir, sont fermement opposés à tout envoi d'aide militaire dans ce pays traditionnellement proche de Moscou.

La cheffe du parti et ministre de l'Economie Kornelia Ninova, qui contrôle les autorisations d'exportations d'armes, a affirmé à plusieurs reprises que tant qu'elle était au gouvernement, "pas un clou" ne serait exporté vers l'Ukraine.

"Nous respectons la situation politique en Bulgarie et nous laissons le Parlement et le gouvernement décider comment et quand aider l'Ukraine", a souligné M. Kouleba.

"Mais je le répète: tous ceux qui sont réticents, qui s'élèvent contre la fourniture d'armes et de différents équipements militaires à l'Ukraine, soutiennent en réalité l'agression russe et le meurtre de nos citoyens".

Au cours de sa visite, le responsable ukrainien a rencontré le président bulgare Roumen Radev, lui-même sceptique sur l'envoi d'aide, et le Premier ministre Kiril Petkov.

"Disons-le dans ces termes, parfois je me dois d'être diplomate, je suis satisfait de mes entrevues", a commenté M. Kouleba.

12h28: Plus de cinq millions d'Ukrainiens ont fui leur pays en guerre, selon l'ONU

Plus de cinq millions d'Ukrainiens ont fui leur pays depuis l'invasion russe, selon de nouveaux chiffres publiés mercredi par l'ONU sur la plus importante crise des réfugiés en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale.

Selon le Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), 5.034.439 Ukrainiens ont quitté leur pays depuis le début de l'invasion russe le 24 février.

"Après huit semaines de conflit, nous en sommes à cinq millions et ce n'est pas fini, cinq millions d'histoires singulières de pertes et de traumatismes", a déclaré Kelly Clements, la Haut-Commissaire adjointe de l'agence de l'ONU pour les réfugiés.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM), également rattachée à l'ONU, a indiqué que plus de 218.000 non-Ukrainiens, essentiellement des étudiants et des travailleurs migrants, ont aussi quitté l'Ukraine pour les pays voisins, ce qui signifie que plus de 5,25 millions de personnes au total ont fui l'Ukraine depuis le début de la guerre le 24 février.

Les femmes et les enfants représentent 90% de ces réfugiés, les hommes âgés de 18 à 60 ans étant susceptibles d'être mobilisés et n'ayant pas le droit de partir.

Près des deux tiers des enfants ukrainiens ont dû fuir leur foyer, y compris ceux se trouvant toujours dans le pays.

11h54 : "L'Histoire n'oubliera pas les crimes de guerre" en Ukraine, selon Charles Michel

L'Histoire n'oubliera pas les crimes de guerre" en Ukraine, a déclaré mercredi le président du Conseil européen, Charles Michel, en visite à Borodianka près de Kiev, où des civils ont été victimes de "massacres" commis par les Russes selon les autorités ukrainiennes.

"À Borodianka, comme à Boutcha et tant d'autres villes en Ukraine, l'Histoire n'oubliera pas les crimes de guerre qui ont été commis ici", a écrit sur Twitter M. Michel, accompagnant son message d'une photo de lui étreignant une femme. "Il ne peut pas y avoir de paix sans justice", a-t-il ajouté.

10h33: 5 soldats ukrainiens "se rendent" à Marioupol, 140 civils évacués, selon les séparatistes

Les séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine ont affirmé mercredi que cinq militaires ukrainiens défendant le dernier réduit contrôlé par les forces de Kiev à Marioupol (sud-est de l'Ukraine) avaient déposé les armes et que 140 civils avaient été évacués. "Cinq militaires ukrainiens ont déposé les armes et ont quitté de leur propre gré l'usine d'Azovstal", où les ultimes défenseurs de Marioupol sont retranchés, ont déclaré dans un communiqué les autorités de l'autoproclamée république séparatiste de Donetsk, non reconnue par la communauté internationale.

Dans un autre communiqué publié mardi soir, les séparatistes ont déclaré que 140 civils avaient été évacués de la ville.

Ces affirmations étaient invérifiables de manière indépendante.

L'armée russe et ses supplétifs indépendantistes s'efforcent depuis près de deux mois de s'emparer de Marioupol, grande ville portuaire ravagée par les bombardements et en proie à une catastrophe humanitaire.

Les derniers éléments ukrainiens qui défendent la ville sont essentiellement retranchés dans le complexe métallurgique d'Azovstal, un ensemble d'usines et de souterrains d'où les forces de Moscou peinent à les déloger.

10h02: La Norvège donne des missiles antiaériens à l'Ukraine

La Norvège a donné une centaine de missiles antiaériens de conception française à l'Ukraine en guerre contre la Russie, a annoncé mercredi le gouvernement norvégien. Le don, déjà réalisé, porte sur des lanceurs Mistral avec une centaine de missiles qui étaient jusqu'à présent embarqués sur des navires de la marine norvégienne, a indiqué le ministère de la Défense dans un communiqué.

Construit depuis la fin des années 1980 par le groupe de défense Matra, fusionné depuis au sein du géant européen MBDA, le Mistral est un missile sol-air de très courte portée.

Fin mars, lors d'un discours par visioconférence devant le Parlement norvégien, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait demandé à Oslo des missiles antiaériens, mais d'un type plus moderne, le NASAMS, produit par le norvégien Kongsberg Defense & Aerospace.

"Le missile (Mistral) doit être retiré du service dans l'armée norvégienne mais cela reste une arme moderne et efficace qui sera d'une grande utilité pour l'Ukraine", a déclaré le ministre norvégien de la Défense, Bjørn Arild Gram, cité dans le communiqué.

"Bonnes nouvelles du matin", s'est félicité sur Telegram le chef de l'administration présidentielle ukrainienne, Andriï Iermak, en commentant le don norvégien.

08h57: Charles Michel est arrivé à Kiev

Le président du Conseil européen Charles Michel a publié mercredi matin un tweet affirmant qu'il est à Kiev, accompagné d'une photo où on le voit sur un quai de gare à côté d'un train ukrainien.

Son arrivée dans la capitale du pays en guerre a été confirmée de source proche du dossier. Le Belge ne s'était pas encore rendu dans la capitale ukrainienne depuis le début de l'invasion russe le 24 février dernier, au contraire de la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et du chef de la diplomatie de l'UE Josep Borrell, qui avaient fait le déplacement le 8 avril. Ils y avaient rencontré le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Ce sera également le cas du président du Conseil européen, qui rencontrera le chef de l'Etat ukrainien "plus tard dans la journée" de mercredi, selon une source européenne.

08h11: Accord sur un couloir d'évacuation de civils depuis Marioupol, selon Kiev

Un accord a été trouvé avec la Russie sur un couloir humanitaire pour évacuer des civils depuis le port assiégé de Marioupol, dans le Sud-Est de l'Ukraine, premier accord de ce type depuis samedi, a indiqué une responsable ukrainienne.

"Nous avons réussi à trouver un accord préliminaire (avec les Russes) sur un couloir humanitaire pour femmes, enfants et personnes âgées", a déclaré la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk sur Telegram.

06h45: Le conflit en Ukraine chamboule l'agenda du G20 à Washington

Les ministres des Finances et les banquiers centraux du G20 se réunissent mercredi dans l'ombre de la guerre en Ukraine, qui risque de paralyser les discussions et compromettre tout progrès sur la mise en oeuvre du cadre commun pour restructurer la dette des pays les plus pauvres.

C'est la première fois que les grands argentiers du G20 se retrouvent depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie le 24 février.

Ils s'étaient quittés à Djakarta, en Indonésie, le 18 février, quelques jours avant le déclenchement de l'offensive russe, en promettant de se coordonner pour une reprise mondiale "plus forte".

L'offensive russe a considérablement assombri les perspectives, aggravant l'inflation et provoquant une crise alimentaire.

L'Indonésie, qui préside le G20, a répété qu'elle resterait impartiale après les appels pressants à exclure la Russie des réunions du groupe des vingt grandes économies mondiales dont les Etats-Unis, la Chine, l'Inde, le Brésil, le Japon, la France et l'Allemagne.

04h19: Les soldats assiégés à Marioupol craignent de vivre leurs "dernières heures"

"Nous vivons peut-être nos derniers jours, voire nos dernières heures", a affirmé un officier ukrainien assiégé à Marioupol en appelant la communauté internationale à procéder à leur "extraction", dans un message publié sur Facebook mercredi. "L'ennemi est dix fois plus nombreux que nous", a déclaré Serguiy Volyna, un commandant de la 36e brigade de la marine nationale, retranchée dans le vaste complexe sidérurgique d'Azovstal à Marioupol (sud-est de l'Ukraine), assiégé par les forces russes.

"Nous appelons et supplions tous les dirigeants du monde de nous aider. Nous leur demandons d'utiliser la procédure d'extraction et de nous emmener sur le territoire d'un pays tiers", a-t-il ajouté.

Selon le commandant Volyna, l'armée russe a "l'avantage dans les airs, en artillerie, en forces terrestres, en équipement et en chars".

"Nous défendons seulement un point -l'usine Azovstal- où en plus des militaires se trouvent aussi des civils devenus victimes de cette guerre", a-t-il poursuivi.

La Russie a appelé mardi les derniers défenseurs de la ville de Marioupol à cesser leur "résistance insensée", promettant "la vie sauve" aux combattants ukrainiens retranchés dans le complexe d'Azovstal s'ils se rendent.

03h00: Les séparatistes revendiquent la prise de Kreminna dans l'est de l'Ukraine

Les séparatistes de la République populaire autoproclamée de Lougansk ont déclaré avoir pris la ville de Kreminna dans la nuit de mardi à mercredi. Kreminna, au nord-ouest de la ville de Lougansk à l'est de l'Ukraine, est "complètement" sous le contrôle des unités de la "République populaire", a annoncé la milice populaire de Lougansk sur Telegram, accompagnant son message d'une vidéo montrant un drapeau russe accroché à l'entrée de l'hôtel de ville.

Le gouverneur ukrainien de la région de Lougansk, Serhiy Haidai, avait indiqué lundi que les forces ukrainiennes avaient perdu le contrôle de Kreminna.

Selon une analyse de l'institut américain de recherche sur la guerre ISW, l'avancée vers Kreminna a été la seule offensive terrestre russe qui a fait des "progrès significatifs" dans les dernières 24 heures.

2h43: L'AIEA salue le rétablissement des communications directes avec Tchernobyl

L'Agence internationale de l'Energie atomique (AIEA) a déclaré, mercredi, avoir été informée par l'Ukraine que les "communications directes" entre Tchernobyl et le régulateur national SNRIU ont été rétablies, une nouvelle saluée par le chef de l'AIEA, Rafael Grossi. Le contact entre la centrale nucléaire et le régulateur avait été perdu le 10 mars, alors que les forces russes contrôlaient le site, a précisé l'agence. Ces dernières avaient saisi la centrale le 24 février et l'avaient gardée pendant cinq semaines, avant de se retirer le 31 mars.

"Cette situation n'était pas viable et c'est une très bonne nouvelle que le régulateur puisse désormais contacter directement la centrale lorsqu'il en a besoin", a déclaré M. Grossi.

Ce dernier prévoyait de diriger une mission d'experts de l'AIEA dans la centrale désaffectée dans le courant du mois d'avril pour vérifier la sûreté nucléaire ainsi que pour livrer des équipements et réparer les systèmes de contrôle à distance de l'agence.

01h00: Washington prépare un nouveau paquet d'aide militaire de 800 millions de dollars à Kiev

Les Etats-Unis s'apprêtent à approuver un nouveau paquet d'aide militaire à l'Ukraine s'élevant à 800 millions de dollars, moins d'une semaine après une précédente annonce d'une tranche du même montant, ont rapporté mardi plusieurs médias américains. Les détails de ce nouveau paquet sont toujours en cours d'élaboration, selon la chaîne CNN, qui cite trois haut responsables de l'administration Biden.

Selon NBC News, cette nouvelle tranche devrait inclure plus d'artillerie et des dizaines de milliers d'obus pour Kiev dans sa guerre face à la Russie, au moment où l'Ukraine fait face à une série de frappes russes dans l'est du pays.

La porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki a affirmé mardi après-midi que "le président Biden et les dirigeants participant à l'appel de ce matin (avaient) évoqué la fourniture de munitions et d'aide sécuritaire supplémentaires à l'Ukraine".

Le 13 avril, Joe Biden avait déjà annoncé au président ukrainien Volodymyr Zelensky une autre aide militaire des Etats-Unis de 800 millions de dollars, notamment des équipements lourds comme des véhicules blindés, de l'artillerie, et des hélicoptères.

Et lundi, le Pentagone a indiqué que les premières cargaisons de cette tranche d'aide militaire étaient déjà arrivées aux frontières de l'Ukraine pour être remises à l'armée ukrainienne.

Les Etats-Unis ont donné à l'Ukraine le plus gros de l'aide militaire internationale reçue par Kiev depuis l'automne.

Le montant total de cette assistance militaire, avant l'annonce attendue de cette nouvelle tranche, atteignait quelque 3,2 milliards de dollars.

00h30: L'Ukraine a reçu des avions de chasse et des pièces détachées, selon le Pentagone

L'Ukraine a reçu des avions de chasse et des pièces détachées pour renforcer son armée de l'air, a indiqué mardi le porte-parole du Pentagone, John Kirby, refusant de préciser leur nombre ou les pays ayant fourni les appareils.

Après l'envoi de pièces d'artillerie Howitzer annoncé la semaine dernière par Joe Biden, cette annonce, qui intervient au moment où la Russie vient de lancer une nouvelle offensive dans le Donbass, témoigne d'un changement d'attitude des Occidentaux, qui ont pendant plus d'un mois refusé de fournir à l'Ukraine des armements lourds, pour éviter toute escalade du conflit.

"Aujourd'hui, (les Ukrainiens) ont à leur disposition plus d'avions de chasse qu'il y a deux semaines", a déclaré le porte-parole au cours d'un point de presse.

"Sans entrer dans les détails sur ce que d'autres pays fournissent, je dirais qu'ils ont reçu des appareils supplémentaires et des pièces détachées pour accroître leur flotte", a-t-il ajouté.

Il s'agit vraisemblablement de Mig-29 de fabrication russe, que Kiev réclamait depuis le début du conflit et dont disposent une poignée de pays d'Europe de l'Est.