Guerre en Ukraine: le chef de l'ONU reçu par Poutine à Moscou la semaine prochaine, un opposant renommé incarcéré pour "fausses informations"

Situation sur le terrain, réactions internationales, sanctions: le point sur l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Guerre en Ukraine: le chef de l'ONU reçu par Poutine à Moscou la semaine prochaine, un opposant renommé incarcéré pour "fausses informations"
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Belga/AFP

23h23: Ukraine: six civils tués dans la région de Lougansk

Six civils ont été tués samedi dans des frappes russes près du village de Guirské, dans la région de Lougansk, dans l'est de l'Ukraine, a annoncé dans la soirée le gouverneur régional. "Pendant toute la journée, la commune de Guirské a essuyé de denses frappes russes", a écrit Sergiï Gaïdaï sur Telegram. "Six habitants de la communauté sont morts", a-t-il ajouté.

22h02: La Turquie ferme son espace aérien aux avions russes en route vers la Syrie

La Turquie a fermé son espace aérien aux avions russes à destination de la Syrie, ont rapporté samedi des médias turcs citant le ministre turc des Affaires étrangères Mevlut Cavusoglu. "Nous avons fermé l'espace aérien aux avions militaires de la Russie --et aussi aux avions civils-- à destination de la Syrie", a déclaré M. Cavusoglu, sans préciser le motif de cette décision.

Le chef de la diplomatie turque a déclaré avoir transmis celle-ci à son homologue russe Sergueï Lavrov, qui l'a fait suivre au président Vladimir Poutine.

L'interdiction sera valable trois mois, a précisé le ministre turc, les autorisations étant renouvelées chaque trimestre.

La Russie, l'un des principaux soutiens au régime de Damas depuis le début de la guerre civile en 2011, n'avait pas réagi dans l'immédiat.

Pour certains experts, cette fermeture de l'espace aérien turc risque de compliquer la tâche de l'armée russe, très présente en Syrie.

Membre de l'Otan et alliée de l'Ukraine, la Turquie s'efforce depuis le début de la guerre en Ukraine de faciliter une médiation entre Moscou et Kiev, et a refusé jusqu'ici de se joindre aux sanctions occidentales contre la Russie, soucieuse de garder une ligne ouverte avec le Kremlin.

La Turquie a ainsi accueilli par deux fois des négociations directes entre les deux parties, le 10 mars au niveau ministériel à Antalya (sud) et le 29 mars à Istanbul.

Le président Recep Tayyip Erdogan s'est rapproché de Moscou ces dernières années après une série de déconvenues et de tensions avec les Occidentaux.

Les deux pays sont même parvenus à dépasser la crise qui les a opposés après qu'un avion de chasse russe avait été abattu par la Turquie en 2015.

21h23 : Naufrage du croiseur Moskva : la Russie donne un bilan d'un mort et 27 disparus

Un marin est mort et 27 autres sont toujours portés disparus après le naufrage la semaine dernière du croiseur Moskva, a déclaré le ministère russe de la Défense, reconnaissant pour la première fois des pertes dans ce naufrage. "Un militaire a été tué et 27 autres membres d'équipage sont portés disparus", a déclaré le ministère, cité par les agences de presse russes, affirmant que les 396 autres personnes se trouvant à bord avaient été évacuées.

20h17 : Un opposant renommé incarcéré pour "fausses informations" sur l'armée

L'opposant russe Vladimir Kara-Mourza, féroce détracteur du Kremlin, a été placé vendredi en détention provisoire jusqu'en juin dans le cadre d'une enquête pour "fausses informations" sur les activités de l'armée en Ukraine, selon son avocat. Un tribunal de Moscou "a envoyé Vladimir Kara-Mourza en détention jusqu'au 12 juin", a déclaré l'avocat Vadim Prokhorov dans un communiqué publié sur Facebook.

Le tribunal a confirmé cette mesure dans un communiqué publié par les agences de presse russes.

19h05 : "Préoccupée", la Moldavie convoque l'ambassadeur russe

La Moldavie a convoqué vendredi l'ambassadeur de Russie pour protester contre les déclarations d'un général russe affirmant que Moscou voulait prendre le contrôle du sud de l'Ukraine pour avoir un accès à une région séparatiste moldave. La Moldavie a exprimé sa "profonde préoccupation" auprès de l'ambassadeur au sujet de ces propos du général russe Roustam Minnekaïev, a indiqué le ministère moldave des Affaires étrangères dans un communiqué.

La Moldavie "considère ces déclarations comme infondées et contradictoires avec le soutien de la Russie à la souveraineté et à l'intégrité territoriale de notre pays", a poursuivi le ministère.

"La Moldavie est un pays neutre" et appelle Moscou à "respecter ce principe", a-t-il ajouté.

18h19 : Le chef de l'ONU reçu par Poutine à Moscou la semaine prochaine

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres se rendra la semaine prochaine en Russie où il sera reçu par Vladimir Poutine, leur première rencontre depuis le début de l'offensive de Moscou en Ukraine, a annoncé vendredi le Kremlin.

"Le mardi 26 avril, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres arrivera à Moscou pour des discussions avec le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov. Il sera également reçu par le président Vladimir Poutine", a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, cité par les agences de presse russes.

M. Guterres a envoyé mardi des lettres au président Poutine et à son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky, pour leur demander d'être reçu à Moscou et à Kiev.

Depuis le début de l'intervention russe en Ukraine le 24 février, l'ONU est marginalisée dans le conflit, entre autres à cause de la rupture provoquée par cette crise entre les cinq membres permanents du Conseil de sécurité dont Moscou fait partie avec Washington, Paris, Londres et Pékin.

Jusqu'à présent, M. Guterres n'a eu que très peu de contacts avec le président ukrainien, avec lequel il n'a eu qu'un échange téléphonique, le 26 février.

Depuis que M. Guterres a affirmé que la Russie violait la Charte de l'ONU en envoyant des troupes en Ukraine, le président russe décline pour sa part tout contact avec le dirigeant de l'ONU, qu'il refuse de prendre au téléphone.

Mardi, M. Guterres a dénoncé la nouvelle offensive russe dans l'Est de l'Ukraine et demandé aux deux parties d'arrêter les combats pour une "pause humanitaire" de quatre jours à l'occasion de la Pâque orthodoxe.

16h15 : Les négociations entre la Russie et l'Ukraine "patinent"

Les négociations entre Moscou et Kiev visant à régler le conflit "patinent", a déclaré vendredi le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov, les discussions n'ayant donné lieu à aucune avancée apparente.

"Elles patinent, car une proposition que nous avons remise aux négociateurs ukrainiens il y a cinq jours et qui a été formulée en prenant en compte leurs commentaires reste sans réponse", a déclaré M. Lavrov au cours d'une conférence de presse à Moscou avec son homologue kazakh Moukhtar Tleouberdi.

Le ministre russe a également dit avoir des doutes concernant la volonté des dirigeants ukrainiens de poursuivre ces pourparlers.

"Il est très étrange pour moi d'entendre chaque jour des déclarations (...), y compris du président (ukrainien) et de ses conseillers, qui donnent l'impression qu'ils n'ont pas besoin du tout de ces négociations", a déclaré M. Lavrov, sans préciser sa pensée.

Le chef de la délégation russe qui négocie avec des représentants ukrainiens, Vladimir Medinski, a par ailleurs dit qu'une nouvelle session de pourparlers s'était déroulée vendredi.

La semaine dernière, Kiev a assuré que les discussions avec Moscou étaient "extrêmement difficiles".

En attendant, sur le terrain, les affrontements se poursuivent, notamment dans l'est et dans la grande ville portuaire de Marioupol (sud-est), où les forces ukrainiennes contrôlent encore l'immense complexe métallurgique Azovstal.

15h33 : La Belgique poursuit ses livraisons à l'armée ukrainienne et embraie pour la justice

La Belgique poursuivra ses livraisons de matériel militaire à l'armée ukrainienne, a-t-on appris vendredi de sources concordantes à l'issue d'une réunion du comité ministériel restreint (kern). La discrétion était toutefois de mise sur la nature du matériel concerné, les quantités qui seront livrées et les modalités de cette livraison. A bonne source, l'on précisait toutefois que l'envoi contiendra de l'armement anti-char. Jeudi après-midi, interrogé à la Chambre, le Premier ministre, Alexander De Croo, avait chiffré l'aide militaire belge à 76 millions d'euros, comprenant l'ensemble des livraisons d'armes à l'armée ukrainienne depuis le 24 février.

Il est question jusqu'à présent, selon les informations disponibles, de 5.000 fusils d'assaut de type FNC - des armes fabriquées par la FN Herstal et en cours de remplacement au sein de l'armée belge par des FN SCAR - , de 200 armes antichars ainsi que de 3.800 tonnes de carburant et de matériel de protection. Le Conseil des ministres a aussi approuvé le 18 mars dernier l'acquisition d'armes (létales et non létales ainsi que des protections et des appareils de vision nocturne) à destination de l'Ukraine pour un montant de 11 millions d'euros.

Le ministre de la Justice, Vincent Van Quickenborne, avait de son côté annoncé le possible envoi d'une équipe de la "Disaster Victims Identification" (DVI - identification des victimes) en Ukraine si sa sécurité était garantie. Des experts médico-légaux seront mis à disposition de la Cour pénale internationale (CPI), a-t-on appris. Une somme de 500.000 euros sera par ailleurs allouée à la CPI en vue de l'aider à faire face à la surcharge de travail occasionnée par la guerre en Ukraine.

14h44 : Poutine accuse Kiev d'empêcher la reddition des combattants ukrainiens

Le président russe Vladimir Poutine a affirmé vendredi que Kiev refusait que les derniers soldats ukrainiens retranchés dans la zone industrielle d'Azovstal, dans le port assiégé de Marioupol, se rendent.

"La vie de tous les militaires ukrainiens, combattants nationalistes et mercenaires étrangers est garantie s'ils déposent les armes (...) Mais le régime de Kiev n'autorise pas cette possibilité", a dit M. Poutine, selon un communiqué du Kremlin résumant un échange téléphonique avec le président du Conseil européen, Charles Michel.

La veille, le chef de l'Etat russe a ordonné d'assiéger l'immense site industriel d'Azovstal, où se trouvent 2.000 militaires selon Moscou, mais pas d'y donner l'assaut pour préserver la vie de soldats russes.

Vendredi, Vladimir Poutine a en outre jugé "irresponsables les déclarations de représentants de l'UE sur la nécessité de régler la situation en Ukraine par la voie militaire, ainsi que le fait d'ignorer de nombreux crimes de guerre ukrainiens".

Le chef du Kremlin a en outre accusé "les dirigeants de la majorité des pays de l'Union européenne de cautionner des actions ouvertement russophobes", une allusion à l'exclusion des Russes d'évènements culturels et sportifs.

13h35 : Marioupol: l'UE demande à Poutine des corridors humanitaires pour la Pâque orthodoxe

Le président du Conseil européen Charles Michel, qui représente les Etats membres de l'UE, a demandé vendredi au président russe Vladimir Poutine, lors d'un entretien téléphonique, de garantir des corridors humanitaires à Marioupol à l'occasion de la Pâque orthodoxe.

"Appel avec le président Poutine. Les corridors humanitaires à Marioupol et dans les autres villes assiégées doivent être immédiats, spécialement à l'occasion de (la) Pâque orthodoxe", a-t-il écrit sur son compte Twitter.

13h16: La Russie affirme être prête à une trêve "à tout moment" sur le site d'Azovstal de Marioupol

L'armée russe s'est dite vendredi prête à observer "à tout moment" une trêve "sur tout ou une partie" du site industriel d'Azovstal, le dernier bastion des forces ukrainiennes de Marioupol, pour permettre l'évacuation de civils et la reddition de combattants.

"Le point de départ de cette pause humanitaire sera la levée par les formations armées ukrainiennes de drapeaux blancs sur tout ou une partie d'Azovstal", a dit le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

Il assure que les civils évacués auront le choix de rejoindre des territoires sous contrôle ukrainien ou russe et que les soldats ukrainiens seront bien traités et que les blessés seront soignés.

"Cette initiative humanitaire de la part de la Fédération de Russie est valable 24 heures sur 24", poursuit le ministère, précisant que des "cars et des voitures", ainsi que des ambulances, étaient en permanence disponibles et prêts "pour transporter les gens".

Le ministère a affirmé qu'il avait transmis cette proposition à la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk, à l'ONU, à l'OSCE et au Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et que ce message sera également diffusé toutes les 30 minutes "sur tous les canaux radios aux formations armées ukrainiennes d'Azovstal".

13h10: Le futur de la guerre "dépend du sort de Marioupol

Le futur de la guerre en Ukraine "dépend du sort de Marioupol", port assiégé du sud-est du pays, quasi intégralement sous contrôle russe, a déclaré vendredi à l'AFP le gouverneur régional, Pavlo Kyrylenko.

"Le succès de l'offensive russe dans le sud dépend du sort de Marioupol", a-t-il estimé dans un entretien réalisé en visioconférence, jugeant cette ville "stratégique" pour les Ukrainiens dans leur défense de la région, et pour les Russes dans leur volonté d'assurer un pont terrestre vers la Crimée annexée.

"L'ennemi concentre tous ses efforts sur Marioupol", a ajouté M. Kyrylenko, alors que les derniers combattants ukrainiens sont retranchés dans l'immense complexe métallurgique Azovstal, avec "jusqu'à 300 civils".

12h24 : L'Eglise orthodoxe ukrainienne relevant de Moscou veut évacuer des blessés de Marioupol

L'Eglise orthodoxe ukrainienne relevant du patriarcat de Moscou a proposé d'organiser une procession pascale vers la ville assiégée de Marioupol afin d'y évacuer des civils et militaires blessés. L'Eglise "est prête à organiser une procession depuis Orikhiv, dans la région de Zaporijjia, vers l'usine Azovstal de Marioupol afin d'apporter une aide d'urgence et évacuer les civils. Cette procession pourrait également contribuer à évacuer les militaires blessés et récupérer les corps", a déclaré le métropolite Onoufriï, chef de l'Eglise orthodoxe ukrainienne relevant du Patriarcat de Moscou, dans un communiqué sur le site de l'Eglise.

"Nous nous adressons à qui de droit et nous demandons d'assurer un cessez-le-feu à Marioupol et ses banlieues ainsi qu'un couloir humanitaire pour ladite procession de prière du Vendredi Saint, le 22 avril, à Pâques", célébrée par les orthodoxes le 24 avril.

Les orthodoxes ukrainiens sont divisés entre l'Eglise orthodoxe relevant du patriarcat de Moscou et l'Eglise orthodoxe d'Ukraine née en 2018 de la fusion de l'Eglise orthodoxe ukrainienne relevant du Patriarcat de Kiev et de l'Eglise orthodoxe autocéphale ukrainienne et reconnue en 2019 par le patriarcat oecuménique de Constantinople.

Aucun couloir d'évacuation de civils ne pourra être organisé vendredi en Ukraine, a déclaré plus tôt dans la journée la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk, jugeant la situation trop "dangereuse" sur les routes.

Jeudi, trois bus transportant des personnes évacuées du port de Marioupol (sud-est) étaient arrivés à Zaporijjia (sud).

Le président russe Vladimir Poutine a déclaré jeudi que les forces russes avaient "libéré" Marioupol, devenue ville-martyre et champ de ruines après bientôt deux mois de pilonnage et de siège russes. Une affirmation jugée "contestable" par son homologue américain Joe Biden.

Malgré un nouvel appel à la reddition jeudi, les combattants ukrainiens encore retranchés dans l'immense complexe métallurgique Azovstal et ses kilomètres de galeries souterraines, refusent de déposer les armes.

Vladimir Poutine a dit avoir ordonné à ses troupes de ne pas lancer d'assaut, mais de bloquer la zone "de sorte que pas une mouche ne passe"

11h40 : Un mort et deux blessés dans le crash d'un avion de transport de troupes

Un avion de transport de troupes ukrainien An-26 s'est écrasé jeudi lors d'un "vol technique" dans la région de Zaporijjia, dans le sud-est de l'Ukraine, faisant un mort et deux blessés selon l'administration régionale. "Aujourd'hui à 09H00 (08H00 HB), un An-26 qui appartenait à l'Ukraine s'est écrasé dans le district de Mikhaïlivka. L'avion effectuait un vol technique", a annoncé sur Telegram l'administration régionale de Zaporijjia, grande ville proche de la ligne de front avec les troupes russes.

"On sait maintenant qu'il y a un mort et deux blessés", poursuit le communiqué, qui précise que "selon des informations préliminaires et encore non confirmées, l'avion a heurté un pylône électrique".

Le district de Mikhaïlivka, où s'est écrasé l'avion, est situé au nord de Zaporijjia, à quelques kilomètres de l'aéroport de la ville.

L'armée russe, qui a attaqué l'Ukraine le 24 février, contrôle une partie du sud-est de la région de Zaporijjia, où le front s'est stabilisé à quelques dizaines de kilomètres au sud-est de cette ville industrielle de plus de 700.000 habitants.

Zaporijjia, principale ville ukrainienne encore aux mains de Kiev dans cette partie du pays, est aussi devenue la première étape des évacués de Marioupol, ville-martyre assiégée pendant près de 40 jours par les troupes russes.

L'armée russe a indiqué vendredi, de son côté, viser le "contrôle total du sud de l'Ukraine et de la région du Donbass" pour disposer d'un "couloir terrestre vers la Crimée" annexée par Moscou en 2014.

L'Antonov An-26 est un avion de transport léger conçu en Ukraine à l'époque soviétique. Long de 24 mètres, il peut voler à une vitesse de croisière de 440 km/h. L'un d'eux s'était écrasé en octobre 2020 dans le nord-est de l'Ukraine, tuant 26 personnes, pour la plupart étudiants d'une école militaire.

11h32: L'Onu accuse l'armée russe d'actions "pouvant relever des crimes de guerre"

L'Onu a accusé vendredi l'armée russe d'actions "pouvant relever des crimes de guerre" en Ukraine depuis l'invasion du 24 février, y compris des bombardements indiscriminés tuant des civils et détruisant écoles et hôpitaux. "Les forces armées russes ont bombardé et pilonné de manière indiscriminée des zones peuplées, tuant des civils et détruisant des hôpitaux, des écoles et d'autres infrastructures civiles, autant d'actions pouvant relever des crimes de guerre", a déclaré Ravina Shamdasani, lors d'un briefing régulier de l'Onu à Genève.

Des enquêteurs des droits humains de l'Onu ont documenté, durant une mission à Boutcha (en banlieue de Kiev) le 9 avril dernier, "le meurtre, y compris par exécution sommaire de quelque 50 civils sur place", a-t-elle encore déclaré.

10h36 : L'armée russe vise le "contrôle total du Donbass et du sud de l'Ukraine"

La Russie vise le contrôle total du sud de l'Ukraine et de la région orientale du Donbass pour disposer d'un pont terrestre vers la Crimée annexée par Moscou, a indiqué vendredi un haut responsable militaire russe.

"Depuis le début de la deuxième phase de l'opération spéciale, phase qui a commencé il y a deux jours, l'un des objectifs de l'armée russe est d'établir un contrôle total sur le Donbass et le sud de l'Ukraine", a déclaré le général Roustam Minnekaïev, commandant adjoint des forces du District militaire du Centre de la Russie.

"Cela permettra d'assurer un couloir terrestre vers la Crimée, ainsi que de peser sur des infrastructures vitales de l'économie ukrainienne, les ports de la Mer Noire à travers lesquelles se font les livraisons de produits agricoles, métallurgiques", a-t-il poursuivi, cité par les agences de presse russes, lors d'une réunion avec des entreprises du complexe militaro-industriel russe à Ekaterinbourg (Oural).

Ces propos semblent confirmer que la Russie vise aussi de conquérir Odessa, le grand port ukrainien et troisième ville du pays.

Selon M. Minnekaïev, le contrôle du sud de l'Ukraine doit aussi permettre de venir en aide aux séparatistes pro-russes de Transdniestrie, qui contrôlent depuis 1992 ce territoire de Moldavie frontalier de l'ouest de l'Ukraine. Une garnison militaire russe s'y trouve déjà.

"Le contrôle du sud de l'Ukraine, c'est également un couloir vers la Transdniestrie, où on observe également des cas d'oppression de la population russophone", a assuré le général Minnekaïev.

La Moldavie est un petit pays roumanophone d'ex-URSS qui est dirigé par un pouvoir pro-occidental.

Le Kremlin présente son offensive en Ukraine, lancée le 24 février, comme une opération pour protéger les populations russophones. Il affirme ne pas vouloir occuper son voisin, et assure que la mission fixée actuellement vise à "libérer" le Donbass avec ses alliés séparatistes de cette région.

"Nous combattons le monde entier, en ce moment, comme lors de la Grande guerre patriotique (nom donné à la Deuxième guerre mondiale en Russie, ndlr), toute l'Europe, toute la planète était alors contre nous. C'est la même chose maintenant, ils n'ont jamais aimé la Russie", a affirmé le général Minnekaïev.

Cette annonce intervient en lendemain de la revendication par Vladimir Poutine de la "libération" du port stratégique ukrainien de Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine, au coeur d'une grande bataille depuis quasiment deux mois.

Le président russe a ordonné d'assiéger les derniers défenseurs ukrainiens de la ville, retranchés dans un immense site métallurgique, plutôt que de donner l'assaut.

8h25: aucun couloir d'évacuation de civils vendredi, selon Kiev

Aucun couloir d'évacuation de civils n'a pu être organisé ce vendredi en Ukraine, a déclaré une responsable du gouvernement ukrainien, jugeant la situation "dangereuse" sur les routes.

"En raison du danger menaçant nos itinéraires, il n'y aura pas de couloirs humanitaires aujourd'hui", a déclaré la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk sur Telegram. Jeudi, trois bus d'évacués du port assiégé de Marioupol étaient arrivés à Zaporijjia, grande ville du sud-est, avait constaté l'AFP.

7h50: AB InBev vend sa participation dans la joint-venture russe

AB InBev a décidé de vendre sa participation dans la joint-venture russe AB InBev Efes, annonce le groupe vendredi. Il indique mener des discussions avec son partenaire, l'entreprise brassicole turque Anadolu Efes, en vue de l'acquisition de cette participation. La demande d'AB InBev concernant la suspension de la licence de production et de vente de Bud en Russie fera également partie d'une transaction potentielle, ajoute le groupe.

Celui-ci avait déjà annoncé renoncer, en tant que partenaire non contrôlant, à tout avantage financier résultant des opérations de la joint-venture.

6h: Marioupol continue de résister à l'offensive russe, assure Kiev

Le port stratégique de Marioupol, que Moscou assure avoir "libéré", résiste encore aux forces russes, affirme Kiev selon qui des milliers de combattants ukrainiens continuent à se battre avec acharnement pour défendre l'immense complexe métallurgique Azovstal.

"Il n'y a pas un seul bâtiment non endommagé à Marioupol. Une ville littéralement brûlée", s'est indigné jeudi le président ukrainien Volodymyr Zelensky dans un discours prononcé devant le parlement du Portugal.

"Pendant plus d'un mois, les troupes russes ont assiégé Marioupol (...) Des centaines de milliers de civils étaient (coincés) là, sans nourriture, sans eau, sans médicaments. Sous des bombardements constants", a-t-il relaté.

La chute totale de Marioupol, un grand port industriel sur la mer d'Azov devenu ville-martyre et champ de ruines après bientôt deux mois de pilonnage et de siège russes, constituerait une victoire importante pour Moscou, qui cherche à créer un pont terrestre reliant la Crimée annexée en 2014 avec les zones séparatistes pro-russes dans la région du Donbass.

Les infos de la nuit :

Poutine revendique la "libération" de Marioupol

Le président russe Vladimir Poutine a jugé jeudi que ses forces avaient pris le contrôle de la ville ukrainienne de Marioupol, un port stratégique de la mer d'Azov, ordonnant d'assiéger les derniers combattants ukrainiens plutôt que de donner l'assaut sur le site industriel Azovstal où ils sont retranchés.

Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, en plus de quelque 2.000 militaires ukrainiens, "environ mille civils, femmes et enfants" et "des centaines de blessés" sont aussi réfugiés dans cette usine.

Les combattants ukrainiens à Marioupol refusent de se rendre et réclament de la communauté internationale des "garanties de sécurité".

Le président américain Joe Biden a jugé jeudi "contestable" que la Russie ait pris le contrôle de cette ville, estimant qu'il "n'y a encore aucune preuve que Marioupol soit complètement perdue".

Biden annonce une nouvelle aide militaire

Joe Biden a annoncé jeudi une nouvelle aide militaire de 800 millions de dollars pour l'Ukraine.

Cette enveloppe comprend "des armes d'artillerie lourde, des dizaines d'obusiers, 144.000 munitions ainsi que des drones", a-t-il souligné.

Afin de continuer à fournir une assistance militaire à l'Ukraine, Joe Biden a dit qu'il allait demander des fonds en plus au Congrès.

Washington a également l'intention d'apporter une aide économique supplémentaire de 500 millions de dollars pour maintenir le fonctionnement du gouvernement ukrainien.

Zelensky alerte contre de faux référendums

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé la Russie de chercher à organiser un faux référendum d'indépendance dans les régions de Kherson et Zaporijjia qu'elle occupe dans le sud du pays.

"Ce n'est pas juste pour mener un recensement. (...) Ce n'est pas pour vous donner de l'aide humanitaire d'aucune sorte. C'est en fait pour falsifier un soi-disant référendum sur votre terre, si l'ordre d'organiser cette comédie arrive de Moscou", a-t-il averti dans une vidéo jeudi soir.

L'Ukraine avait déjà accusé, début mars, la Russie de chercher à mettre en scène à Kherson un "référendum" à l'image de celui qui, en 2014, avait scellé l'annexion de la péninsule de Crimée par la Russie, et qui est considéré comme illégal par Kiev et par les Occidentaux.

Livraison prévue d'armes lourdes

L'Ukraine va recevoir "dans les prochains jours" des armes lourdes, dont des chars, de la part des partenaires est-européens pour l'aider à contrer l'offensive russe, a déclaré jeudi la ministre allemande de la Défense.

"Il s'agit de chars, de véhicules blindés ou d'autres possibilités (de matériel) que les pays peuvent céder" à l'Ukraine, a expliqué Christine Lambrecht.

Evacuation difficile des civils

Trois bus d'évacuation de civils partis du port de Marioupol sont arrivés jeudi à Zaporijjia, une grande ville du sud-est de l'Ukraine, a constaté un journaliste de l'AFP.

L'armée de la "république" séparatiste de Donetsk a affirmé que 127 civils vivant dans un quartier près de l'usine Azovstal avaient été évacués mercredi, via ces couloirs humanitaires.

Plus de 1.000 corps de civils à Kiev

Plus de 1.000 corps de civils se trouvent dans les morgues de la région de Kiev, a déclaré jeudi à l'AFP une responsable ukrainienne, tandis que Kiev accuse les Russes d'avoir "massacré" des centaines de civils pendant leur occupation de la région en mars, ce que Moscou dément.

Norman Foster veut aider Kharkiv

L'architecte britannique Norman Foster, connu pour avoir restauré le palais du Reichstag en Allemagne et pour avoir imaginé le Millenium Bridge à Londres, a offert son aide pour reconstruire la ville ukrainienne de Kharkiv, en partie détruite à la suite de l'invasion russe.

Des dons plutôt que des prêts (FMI)

L'aide financière à l'Ukraine doit être accordée "le plus possible" sous forme de dons et non de prêts pour éviter que Kiev n'accumule une dette considérable qui compliquerait la reprise au sortir de la guerre, a souligné jeudi Kristalina Georgieva, la directrice générale du FMI.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé à 7 milliards de dollars par mois les besoins de son pays pour

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