Le parti du chancelier allemand est-il trop favorable à la Russie ? Scholz dénonce des calomnies

Le chancelier allemand Olaf Scholz s'est déclaré vendredi "agacé" par "les présentations falsifiées et calomnieuses" de la politique de son parti social-démocrate (SPD) qui fait l'objet de critiques pour une position jugée trop favorable à la Russie.

Le parti du chancelier allemand est-il trop favorable à la Russie ? Scholz dénonce des calomnies
©AFP

Depuis la fin de la Seconde guerre, "il y a ces présentations falsifiées et calomnieuses de la politique européenne et russe du SPD, cela m'agace", a dénoncé M. Scholz dans une interview au Spiegel où il assure que son parti est "solidement ancré dans l'alliance transatlantique et le camp occidental".

Le chancelier allemand est sévèrement mis en cause par ses voisins d'Europe centrale et de la Baltique pour son refus de livrer des armes lourdes réclamées par l'Ukraine. Ces critiques y voient la continuité d'un tropisme pro-russe du SPD ancré dans l'histoire du parti.

En Allemagne même, le débat politique est vif, y compris au sein de la coalition gouvernementale où les Verts et libéraux jugent insuffisant l'ampleur du soutien apporté à l'Ukraine et exhortent depuis plusieurs semaines le chef du gouvernement à autoriser la livraison de matériel offensif, notamment des véhicules blindés.

Le parti social-démocrate est au coeur de cette controverse, accusé de complaisance, voire de complicité passée avec le Kremlin.

La formation de centre-gauche "ne doit pas accepter les reproches qui sont faits", ajoute le chancelier dans cette interview.

"Je suis favorable à toute discussion sur la politique future. Mais je rejette le fait que le ticket d'entrée d'un débat soit un mensonge" sur la position du SPD, déclare-t-il encore.

Plusieurs figures du parti ont été incriminées ces dernières semaines pour leur complaisance supposée avec la Russie, notamment le chef de l'État Frank-Walter Steinmeier, ex-ministre des Affaires étrangères, et l'ancien chancelier Gerhard Schröder qui entretient des liens privés avec M. Poutine et refuse de quitter ses multiples fonctions rémunérées dans de grandes entreprises russes.

L'Allemagne a longtemps pratiqué la politique de la main tendue envers la Russie suivant l'idée que le commerce induirait une démocratisation progressive du pays.

Cette ligne a également guidé les 16 années de règne d'Angela Merkel, alors à la tête du camp conservateur CDU. Conservateurs comme sociaux-démocrates ont notamment défendu durant des années le projet de gazoduc Nord Stream 2 devant doubler l'approvisionnement de gaz russe vers l'Europe. Il a finalement été suspendu sans avoir été mis en service, après l'invasion de l'Ukraine.

Olaf Scholz réaffirme au Spiegel que les possibilités de la Bundeswehr, l'armée allemande, de livrer à Kiev d'autres armes de son arsenal "sont en grande partie épuisées".

"Mais ce qui peut encore être mis à disposition, nous le livrons en tout cas encore", a-t-il assuré, évoquant des armes antichars, des mines antichars et des munitions d'artillerie.

L'Allemagne s'est aussi engagée à compenser les matériels que les pays d'Europe centrale et de l'Est fourniront à Kiev en les aidant à reconstituer leurs stocks.

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