"L'ensemble du monde civilisé est en danger": l'un des derniers combattants de Marioupol témoigne de la situation catastrophique

Un témoignage très troublant.

Rédaction

Depuis mars, la ville de Mariupol est assiégée par les frappes russes. Pourtant, et jusqu'à preuve du contraire, elle est toujours sous pavillon ukrainien. La dernière poche de résistance des combattants ukrainiens se trouve au complexe sidérurgique et métallurgique Azovstal.

Sous les décombres, ce complexe comporte des kilomètres de galeries souterraines. Et les combattants ukrainiens refusent de se rendre. À l'image de Svyatoslav Palamar, qui fait partie du régiment d'Azov, une coalition militaire controversée, parce que fondée par un néonazi et connue pour ses liens avec l'extrême droite. "Je dis toujours que tant que nous sommes ici, Mariupol restera sous le contrôle de l'Ukraine", a-t-il déclaré pour la BBC.

Ce jeudi, Vladimir Poutine a annulé l'assaut de l'aciérie tout en ordonnant à ses troupes de la boucler à la place. "Bloquez cette zone industrielle afin qu'une mouche ne puisse pas passer", a déclaré le président russe.

Palamar est l'un des derniers combattant du complexe. Même si selon lui, "ils sont encore assez que pour repousser les attaques de l'ennemi". Le commandant a également évoqué la situation chaotique sur place. "Tous les bâtiments sur le territoire d'Azovstal sont pratiquement détruits. Les Russes larguent des bombes lourdes, des bombes brise-bunker qui causent d'énormes destructions. À l'intérieur des bunkers, nous avons dû déplorer plusieurs morts. Notamment parce qu'ils restent coincés sous des bâtiments effondrés."

Selon l'Ukrainien, il n'y a pas que des militaires dans les bunkers. "Nous restons en contact avec les civils qui restent dans des endroits que nous pouvons atteindre. Nous savons qu'il y a des enfants âgés d'à peine trois mois", a-t-il ajouté. "Ces gens ont déjà subi beaucoup de choses, des crimes de guerre. Ils ne font pas confiance aux Russes et ils ont peur." Il affirme également que ces individus ont peut de la torture qu'on pourrait leur infliger s'ils venaient à se rendre. Difficile d'estimer le nombre de civils qui se trouvent dans ses tunnels. Notamment parce que certains sont bloqués à cause des bâtiments détruits.

Tous ces Ukrainiens n'ont pas les ressources pour se soigner. "Après 52 jours de blocus et de combats intenses, nous manquons de médicaments. Et puis, nous avons aussi de nombreux corps de nos combattants que nous devons enterrer dignement dans le territoire contrôlé par l'Ukraine."

Enfin, Svyatoslav Palamar a demandé de l'aide aux pays internationaux afin de sortir ces civils des décombres. Tout en se méfiant comme de la peste de l'ennemi: "En ce qui concerne la reddition en échange d'une évacuation sûre pour les civils, j'espère que nous savons tous à qui nous avons affaire. Nous savons définitivement que toutes les garanties, toutes les déclarations de la Fédération de Russie ne valent rien. Elle ne renouvelle ni ne reconstruit rien. Elle vise à détruire, à terroriser.Si nous tombons, cette horde ira plus loin et l'ensemble du monde civilisé sera en danger."

En guise de conclusion, il a assuré que les défenseurs ukrainiens souhaitaient également assurer leur évacuation mais qu'ils n'étaient pas question de se rendre pour autant.

Lors de cette guerre, l'Ukraine et la Russie se livrent une guerre de la communication. La BBC précise qu'elle n'a pas pu vérifier la véracité de ce récit troublant. En revanche, elle assure qu'il concorde avec d'autres témoignages reçus en début de semaine.

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