Guerre en Ukraine: la Russie accuse Kiev de bombarder un village frontalier, mais annonce poursuivre les négociations de paix

Situation sur le terrain, réactions internationales, sanctions: le point sur l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

La rédaction (avec Agences)

21h54: La Russie va poursuivre les négociations de paix avec l'Ukraine et met en garde contre un danger "réél" d'une Troisième guerre mondiale

Moscou va poursuivre les négociations de paix avec Kiev, a assuré lundi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, tout en accusant l'Ukraine de "faire semblant" de discuter et mettant en garde contre le danger "réel" d'une troisième guerre mondiale.

"La bonne volonté a ses limites. Et si elle n'est pas réciproque, cela ne contribue pas au processus de négociation", a déclaré M. Lavrov, cité par les agences de presse russes. "Mais nous continuons de mener des négociations avec l'équipe déléguée par (le président ukrainien Volodymyr) Zelensky), et ces contacts vont se poursuivre", a-t-il assuré.

21h30: La Russie accuse l'Ukraine de bombarder un village, fait état de deux civils blessés

Le gouverneur de la région russe de Belgorod, frontalière de l'Ukraine, a accusé lundi soir l'Ukraine d'avoir bombardé un village, en affirmant que l'attaque a fait deux civils blessés et endommagé plusieurs maisons. "Un village a fait l'objet de tirs (...). Il est déjà clair qu'il y a des civils blessés. Pour l'instant, ils sont deux: un homme blessé à la main et une femme blessée cou", a écrit Viatcheslav Gladkov sur la messagerie Telegram. Selon lui, les tirs ont visé le village de Jouravliovka.

"Des ambulances se sont déjà rendues sur les lieux. Il y a des maisons qui ont été partiellement détruites", a affirmé M. Gladkov.

La Russie a plusieurs fois accusé les forces ukrainiennes d'avoir effectué des frappes sur le sol russe, notamment sur deux villages dans la région de Belgorod et un village de la région de Briansk mi-avril.

21h04: Moscou accuse l'Ukraine d'avoir empêché les civils de quitter Azovstal à Marioupol

La Russie a accusé lundi soir les autorités ukrainiennes d'avoir empêché les civils terrés avec des combattants ukrainiens dans le complexe métallurgique assiégé d'Azovstal à Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine, de quitter ces lieux, malgré l'annonce d'un cessez-le-feu par l'armée russe. Les forces russes et leurs supplétifs ukrainiens prorusses se sont engagées à "cesser unilatéralement les hostilités à 14h00 heure de Moscou (13h00 heure belge), retirer les unités à une distance sûre et assurer le départ" des civils "dans la direction de leur choix", selon un communiqué publié lundi par le ministère russe de la Défense.

Les catégories de personnes autorisées à sortir étaient les femmes, les enfants et le personnel de l'usine. "Si des civils se trouvent toujours dans l'usine métallurgique, alors nous exigeons expressément des autorités de Kiev qu'elles donnent aux commandants des formations nationalistes (ukrainiennes) l'ordre de les relâcher", a ajouté le ministère russe.

Dans la soirée, l'armée russe a affirmé dans un communiqué qu'à 19h00 (heure belge), "toujours personne ne s'est servi du couloir humanitaire proposé". "Les autorités de Kiev ont de nouveau fait saper de manière cynique cette opération humanitaire", a assuré l'armée russe, en accusant le régime ukrainien d'"indifférence ouverte" envers le sort de ses citoyens.

16h30: L'expulsion par Moscou de 40 diplomates allemands n'est "pas justifiée"

L'expulsion par la Russie de 40 diplomates allemands, en représailles à une mesure similaire prise récemment par Berlin, n'est "pas justifiée", a réagi lundi la ministre allemande des Affaires étrangères.

"Les 40 membres des représentations russes en Allemagne que nous avons expulsés il y a trois semaines n'ont pas travaillé un seul jour au service de la diplomatie pendant leur séjour en Allemagne", dénonce dans un communiqué Annalena Baerbock.

15h55: 5 morts dans des frappes sur des installations ferroviaires

Au moins cinq personnes ont été tuées et 18 autres blessées lundi dans des frappes russes sur des installations ferroviaires dans la région de Vinnytsia, dans le centre-ouest de l'Ukraine, a annoncé le Parquet local.

"Du fait des bombardements de l'ennemi, cinq personnes ont été tuées et 18 blessées", a indiqué le Parquet dans un communiqué, précisant que les tirs de roquettes dans la matinée avaient visé des "infrastructures de transport" près des petites villes de Jmerynka et Koziatyn.

15h45: La Russie expulse 40 diplomates allemands par mesure de représailles

La Russie a annoncé lundi l'expulsion de 40 diplomates allemands, en représailles à une mesure similaire prise récemment par l'Allemagne à la suite de l'offensive russe en Ukraine. L'ambassadeur d'Allemagne à Moscou, convoqué lundi au ministère russe des Affaires étrangères, s'est vu remettre une note selon laquelle "40 collaborateurs des missions diplomatiques allemandes en Russie ont été déclarés 'persona non grata'", a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué.

15h20: L'UE a coordonné l'évacuation de 200 patients d'Ukraine

L'Union européenne a jusqu'à présent coordonné l'évacuation par avion, vers onze pays de l'UE, de près de 200 patients dont le traitement a été mis en péril par l'invasion russe en Ukraine, a annoncé lundi la Commission dans un communiqué. Vu la poursuite de la guerre et des arrivées de réfugiés d'Ukraine, les systèmes de soins de santé des pays voisins sont sous pression. La Pologne, la Slovaquie, la Moldavie, mais aussi l'Ukraine, ont sollicité l'aide de l'UE pour évacuer des patients nécessitant des soins médicaux, selon l'exécutif européen.

Onze pays de l'UE (Belgique, Allemagne, Irlande, Italie, Norvège, Danemark, Suède, Roumanie, Luxembourg, Espagne et Portugal) ont proposé leur aide, dans le cadre du mécanisme de protection civile de l'UE.

Ainsi la Belgique a-t-elle annoncé, dès le début du mois de mars, la mise à disposition de 150 lits d'hôpitaux pour des victimes de guerre ou des patients en provenance d'Ukraine. Il s'agit de 120 lits d'hospitalisation, de quinze lits réservés à des patients souffrant de brûlures graves et de quinze lits de soins intensifs. Jusqu'à présent toutefois, un seul patient a été dû être hospitalisé en Belgique par ce canal, et ce il y a dix jours, a-t-on appris lundi auprès du SPF Santé publique.

"Parmi les millions de personnes fuyant l'agression russe en Ukraine, les patients atteints de maladie chronique sont ceux qui nécessitent d'urgence des soins médicaux spécialisés. Nous constatons une forte solidarité de la part des États membres qui ont mis des lits à disposition pour traiter les patients qui en ont le plus besoin. Cela sauve des vies tout en concrétisant la solidarité de l'Union", a commenté le commissaire européen en charge de la gestion des crises, Janez Lenarcic.

14h40: Biden annonce nommer une nouvelle ambassadrice en Ukraine

Le président américain Joe Biden a annoncé lundi son intention de nommer une nouvelle ambassadrice des Etats-Unis en Ukraine, au lendemain de l'annonce par le secrétaire d'Etat Antony Blinken d'un retour progressif des diplomates américains en Ukraine, lors d'une visite à Kiev. Bridget Brink, actuelle ambassadrice en Slovaquie, a "passé ses 25 ans de carrière au sein du corps diplomatique, concentrée sur l'avancement des politiques américaines en Europe et en Eurasie", a indiqué la Maison Blanche dans un communiqué.

Le poste diplomatique en Ukraine était dirigé depuis 2019 par des chargés d'affaires.

14h30: La Russie affirme avoir empêché l'"assassinat" d'un présentateur vedette

Les services de renseignement russes (FSB) ont affirmé lundi avoir arrêté des "membres d'un groupe néonazi" qui projetaient selon eux d'assassiner sur ordre de Kiev le présentateur vedette Vladimir Soloviev, propagandiste en chef du Kremlin. "Le Comité d'enquête de Russie a arrêté des membres du groupe National Socialism/White Power, des citoyens russes, qui préparaient l'assassinat de l'homme politique et journaliste vedette Vladimir Soloviev", a déclaré le FSB, cité par les agences de presse russes.

Le FSB a affirmé que ce projet de "meurtre" avait été commandité par les services de sécurité ukrainiens (SBU).

Selon le FSB, "les membres de ce groupe ont avoué avoir préparé l'assassinat de Soloviev, après lequel ils devaient s'enfuir à l'étranger".

Un engin explosif artisanal et diverses armes, ainsi que des passeports ukrainiens aux noms des suspects arrêtés ont été saisis lors de perquisitions, selon la même source.

Il n'était pas possible de vérifier indépendamment la véracité de ces affirmations.

Peu avant, le président Vladimir Poutine avait évoqué un projet d'"attentat contre un journaliste vedette", dénonçant un "acte de terreur".

"Nous connaissons nommément les responsables des services secrets occidentaux, avant tout de la CIA, qui travaillent avec les services de sécurité ukrainiens", a déclaré M. Poutine lors d'une réunion avec des procureurs.

Agé de 58 ans, Vladimir Soloviev est l'un des principaux relais du Kremlin dans les médias. Proche de M. Poutine qu'il a interviewé plusieurs fois, il défend vigoureusement l'offensive militaire russe contre l'Ukraine.

Le présentateur fait partie des nombreuses personnalités qui ont été sanctionnées par les pays occidentaux après le début de l'intervention en Ukraine.

Ses biens immobiliers en Italie - trois propriétés sur les rives très cossues du lac de Côme valant huit millions d'euros - ont été gelés début mars et il a été interdit d'entrée par plusieurs pays.

14h15: Moscou dément le projet de référendum de sécession dans le sud de l'Ukraine

Le ministère russe des Affaires étrangères a démenti lundi vouloir organiser un référendum sur la sécession de la région de Kherson, dans le sud de l'Ukraine. "Je n'ai rien entendu là-dessus", a dit le vice-ministre russe des Affaires étrangères Andrey Rudenko, interrogé par des journalistes.

Les rumeurs autour d'un tel référendum, comme ce fut le cas en 2014 dans la péninsule de Crimée ou dans les régions séparatistes du Donbass, ont augmenté récemment. Des tracts auraient par exemple été distribués à Kherson.

Selon M. Rudenko, aucune rencontre n'est actuellement prévue entre le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, et son homologue ukrainien, Dmytro Kuleba. Avant que de nouvelles réunions en personne des délégations puissent avoir lieu, des progrès doivent être réalisés, a-t-il déclaré. Selon Moscou, les propositions russes ont été remises à Kiev la semaine dernière et ce serait l'Ukraine qui laisse traîner les négociations.

14h02: "Pas d'accord" pour un couloir humanitaire depuis Azovstal, selon Kiev

Aucun accord n'a été conclu lundi pour créer un couloir humanitaire permettant l'évacuation des civils terrés avec des combattants ukrainiens dans le complexe métallurgique assiégé d'Azovstal à Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine, a affirmé Kiev. "Je déclare officiellement et publiquement que malheureusement, il n'y a aucun accord concernant un couloir humanitaire depuis Azovstal aujourd'hui", a écrit sur Telegram la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk, peu après l'annonce par la Russie qu'elle cesserait les hostilités pour permettre l'évacuation des civils.

14h00: Kiev dénombre plus de 3.800 civils morts depuis le début de la guerre

L'invasion russe de l'Ukraine a déjà coûté la vie à 3.818 civils, a rapporté lundi la procureure générale ukrainienne Iryna Venediktova à l'agence de presse Interfax-Ukraine. Selon elle, plus de 4.000 personnes ont également été blessées depuis le déclenchement de la guerre le 24 février dernier. D'après elle, ces chiffres sont incomplets, car les autorités n'ont pas accès à de nombreux endroits, comme la ville portuaire assiégée de Marioupol.

13h20: Moscou affirme avoir touché une raffinerie à Krementchouk

Des tirs de missile de l'armée russe ont touché une raffinerie et un dépôt de carburants à Krementchouk, au centre de l'Ukraine, a affirmé lundi le ministère russe de la Défense. L'administration militaire de l'oblast de Poltava a annoncé que neuf missiles avaient frappé dimanche soir la raffinerie de Krementchouk et une centrale thermique, occasionnant de lourds dégâts. L'incendie qui en a résulté est à présent sous contrôle, a indiqué le chef de l'administration, Dmytro Loenin. Il a ajouté qu'une personne avait été tuée et sept autres blessées.

D'après Moscou, 19 tirs de roquettes visant des cibles militaires en Ukraine ont eu lieu dans la nuit de dimanche à lundi. Les forces armées russes affirment également que ces cibles ont été détruites.

La Russie assure encore avoir détruit six cibles militaires à Kharkiv, dans l'est de l'Ukraine, par des attaques aériennes. En outre, l'artillerie russe a tiré sur 970 cibles depuis dimanche, selon Moscou.

Ces informations n'ont toutefois pas pu être vérifiées de manière indépendante.

13h00 : plus de 5,2 millions de réfugiés

Le nombre de réfugiés ukrainiens ayant fui leur pays pris d'assaut par les troupes russes depuis le 24 février a dépassé les 5,2 millions, selon les chiffres du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés publiés lundi.

Selon le HCR, 5.232.014 Ukrainiens ont quitté leur pays depuis le début de l'invasion russe le 24 février, soit 45.270 de plus que le chiffre publié dimanche.

12h30 : Greenpeace bloque un pétrolier russe en Norvège

Des militants de Greenpeace se sont enchaînés à un pétrolier russe dans le fjord d'Oslo pour l'empêcher de décharger sa cargaison d'hydrocarbures "qui financent la guerre de Poutine", a annoncé l'organisation lundi. Affrété par le groupe pétrolier russe Novatek, le Ust Luga, immatriculé à Hong Kong, transporte 95.000 tonnes de kérosène à destination du terminal d'Esso à Åsgårdstrand, dans le sud-est de la Norvège, a indiqué Greenpeace dans un communiqué.

11h50 : Moscou annonce un cessez-le-feu lundi à Marioupol pour permettre aux civils de quitter Azovstal

La Russie a annoncé son intention de cesser les hostilités lundi pour permettre l'évacuation des civils terrés avec des combattants ukrainiens dans le complexe métallurgique assiégé d'Azovstal à Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine.

Les forces russes et leurs supplétifs ukrainiens prorusses s'engagent à "cesser unilatéralement les hostilités à 14H00 heure de Moscou (11H00 GMT), retirer les unités à une distance sûre et assurer le départ" des civils "dans la direction de leur choix", a déclaré le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

Le ministère précise que les catégories de personnes autorisées à sortir sont les femmes, les enfants et le personnel de l'usine.

"Si des civils se trouvent toujours dans l'usine métallurgique, alors nous exigeons expressément des autorités de Kiev qu'elles donnent aux commandants des formations nationalistes (ukrainiennes) l'ordre de les relâcher", a ajouté le ministère russe.

L'immense usine Azovstal est le dernier réduit contrôlé par les forces de Kiev à Marioupol, grande ville portuaire ravagée par les bombardements après plusieurs semaines de siège.

Si les bâtiments du complexe métallurgique sont en grande partie détruits en surface, un vaste réseau de galeries souterraines a permis jusqu'ici aux combattants ukrainiens de priver les forces russes d'un contrôle total.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé qu'environ un millier de civils et des centaines de blessés y étaient toujours retranchés, dans des conditions catastrophiques, manquant d'eau et de vivres.

La Russie a plusieurs fois exigé la reddition des combattants d'Azovstal, que Moscou présente comme des extrémistes et des mercenaires étrangers.

L'Ukraine a prévenu qu'elle romprait les négociations avec la Russie si ses derniers combattants à Azovstal étaient tués.

11h06 : MAN redémarre la production de ses camions après six semaines d'arrêt

Le constructeur allemand MAN a redémarré la production de camions ce lundi après six semaines d'arrêt dues à des pénuries de pièces en raison de l'invasion de l'Ukraine par la Russie. L'usine de Munich a relancé ses lignes en matinée. Elles étaient en veille depuis la mi-mars, tout comme celles de Cracovie en Pologne. Les lignes de Nuremberg et Salzgitter ont aussi repris du service.

La relance est désormais possible car les entreprises ukrainiennes qui fournissent MAN ont pu reprendre leurs activités. Mais le groupe allemand met en garde sur l'instabilité de la situation, qui pourrait rendre cette reprise temporaire.

MAN s'attend en tout cas à ce que plusieurs semaines soient nécessaires pour voir ses usines tourner à plein régime. "Nous estimons que nous pourrions perdre 20% de notre production annuelle", a déclaré Alexander Vlaskamp, directeur général de MAN.

10h32 : Les forces russes ciblent des gares, selon l'Ukraine

Cinq gares ferroviaires de l'ouest et du centre de l'Ukraine ont été visées par des tirs de roquettes, indiquent lundi différentes sources ukrainiennes dont les chemins de fer. Les tirs ont eu lieu dans la région de Lviv (ouest) et de Vinnytsia (sud-ouest).

"Les troupes russes détruisent notre infrastructure ferroviaire de manière systématique", a indiqué sur Telegram Oleksandr Kamyshin, qui dirige la société de chemins de fer ukrainienne. Les itinéraires et les horaires doivent être adaptés.

Il n'y a pas eu d'informations sur d'éventuelles victimes.

09h09 : Les Etat-Unis veulent une Russie "affaiblie" pour qu'elle ne puisse pas mener de nouvelle guerre

Les Etats-Unis qui fournissent une importante aide militaire à l'Ukraine veulent voir la Russie "affaiblie" au point de ne plus avoir les capacités de mener des offensives semblables à l'invasion de l'Ukraine, a affirmé lundi le chef du Pentagone Lloyd Austin.

"Nous voulons voir la Russie affaiblie à un degré tel qu'elle ne puisse pas faire le même genre de choses que l'invasion de l'Ukraine", a-t-il déclaré dans l'est de la Pologne, au retour d'une visite à Kiev. "Elle a déjà perdu beaucoup de capacités militaires, et beaucoup de troupes pour être franc, et nous ne voudrions pas qu'elle puisse rapidement reconstituer ces capacités", a-t-il déclaré à des journalistes.

08h58 : La Russie dit avoir abattu deux drones ukrainiens près de la frontière

La Russie a abattu lundi deux drones ukrainiens près de la frontière avec l'Ukraine, où Moscou mène une offensive militaire depuis plus de deux mois, ont déclaré les autorités locales.

"La défense anti-aérienne a abattu deux drones ukrainiens aujourd'hui à 04H15 du matin (01H15 GMT)" dans le district de Rylsk frontalier de l'Ukraine, a indiqué sur Telegram le gouverneur de la région de Koursk, Romain Starovoït, précisant qu'il n'y avait pas de victime ni de dégât matériel.

08h30 : L'Ukraine "peut gagner" la guerre "si elle a les bons équipements", a déclaré le chef du Pentagone

L'Ukraine peut gagner la guerre contre la Russie si elle dispose des bons équipements, a déclaré le chef du Pentagone Lloyd Austin au retour d'un déplacement à Kiev avec le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken. "La première chose pour gagner, c'est de croire que l'on peut gagner.

Et ils sont convaincus qu'ils peuvent gagner", a dit Lloyd Austin à quelques journalistes à propos des Ukrainiens. "Ils peuvent gagner s'ils ont les bons équipements, le bon soutien", a-t-il ajouté après cette visite au cours de laquelle les deux ministres ont rencontré le président ukrainien Volodymir Zelensky.

07h50 : Un dépôt de carburant en flammes près de la frontière ukrainienne

Un grand dépôt de carburant était en flammes lundi dans une ville de Russie située près de la frontière ukrainienne, ont rapporté les autorités russes, sans préciser les raisons de l'incendie.

"Un incendie s'est déclaré au dépôt de carburant Transneft Briansk-Droujba à Briansk", ville située à 150 km de la frontière avec l'Ukraine et servant de base logistique à l'offensive militaire de Moscou dans ce pays, a indiqué le ministère des Situations d'urgence cité par les agences de presse russes.

"Selon les premières informations, il n'y a pas de victime, a-t-il ajouté. Les raisons de cet incendie n'ont pas été précisées.

Le feu s'est déclenché vers 02H00 locales (23H00 GMT dimanche) dans le district de Fokinsky de la ville de Briansk, a précisé l'antenne locale du ministère des Situations d'urgence, ajoutant que des secouristes et des pompiers avaient été dépêchés sur les lieux.

Des images publiées par les médias russes montraient un brasier illuminant de rouge la nuit à Briansk, pendant qu'une épaisse fumée s'élevait vers le ciel.

L'agence de presse Interfax a indiqué qu'un deuxième dépôt de carburant était en flammes dans la même région, mais cette information n'avait pas pu être confirmée dans l'immédiat.

La ville de Briansk, située à environ 150 km de la frontière ukrainienne, sert de base logistique à l'intervention militaire que mène la Russie en Ukraine depuis plus de deux mois.

Moscou a plusieurs fois accusé les forces ukrainiennes d'avoir effectué des frappes sur le sol russe, notamment sur un village de la région de Briansk mi-avril.

Début avril, le gouverneur de la région de Belgorod, elle aussi frontalière, a affirmé que des hélicoptères ukrainiens avaient tiré sur un dépôt de carburant.

6h35 : Retour des diplomates américains et nouvelle aide militaire

Le secrétaire d'Etat Antony Blinken et le ministre de la Défense Lloyd Austin se sont rendus à Kiev dimanche, la première visite de dirigeants américains en Ukraine depuis le déclenchement des hostilités par la Russie, ont confirmé des responsables américains. Au cours de leur déplacement, les deux responsables ont annoncé le retour progressif d'une présence diplomatique américaine en Ukraine et une aide supplémentaire, directe et indirecte, de plus de 700 millions de dollars. Les deux ministres étaient de retour lundi matin sur le territoire polonais, lorsque des responsables américains ont pour la première fois confirmé cette visite.

"Les Américains sont à Kiev aujourd'hui. Ils discutent en ce moment même avec le président", a déclaré, dans un entretien diffusé dans la soirée sur Youtube, un conseiller du président ukrainien, Oleksiï Arestovitch.

Les infos de la nuit:

Kiev propose des pourparlers à la Russie

L'Ukraine a proposé à la Russie des pourparlers à côté du vaste complexe métallurgique Azovstal à Marioupol (sud-est), où sont toujours retranchés des combattants et des civils ukrainiens dans une ville dévastée en grande partie sous contrôle russe, a annoncé dimanche la présidence ukrainienne.

"Nous avons invité les Russes à tenir une session spéciale de pourparlers juste à côté du site d'Azovstal", a déclaré lors d'un briefing un conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky, Oleksiï Arestovitch, indiquant "attendre la réponse" de la délégation russe.

L'ONU appelle à une trêve "immédiate" à Marioupol

L'ONU a appelé dimanche à une trêve "immédiate" à Marioupol, pour permettre l'évacuation de quelque 100.000 civils encore coincés dans ce port ukrainien presque entièrement contrôlé par l'armée russe, dans un communiqué de son coordinateur en Ukraine.

"Il faut une pause dans les combats tout de suite pour sauver des vies. Plus nous attendons, plus les vies seront menacées. Ils doivent être autorisés à évacuer maintenant, aujourd'hui. Demain ce sera trop tard", a indiqué Amin Awad.

Kiev avait indiqué plus tôt dimanche que les forces russes continuaient à bombarder cette ville stratégique sur la mer d'Azov et notamment l'aciérie Azovstal, ultime poche de résistance des combattants ukrainiens et refuge de centaines de civils.

60e jour de guerre

Alors que la guerre est entrée dans son troisième mois, les combats se sont poursuivis dimanche dans l'est et le sud du pays,

Kharkiv (nord-est), deuxième ville d'Ukraine, est toujours "partiellement bloquée" par les Russes, qui continuent de la bombarder, selon l'état-major ukrainien.

L'armée russe a de son côté indiqué avoir mené des frappes de missiles contre neuf cibles militaires ukrainiennes, dont quatre dépôts de munitions au sud de la région de Kharkiv. Moscou a aussi dit avoir mené des frappes aériennes contre 26 cibles, et 423 frappes d'artillerie.

Dans le bassin du Donbass, les troupes russes ont "intensifié leurs offensives" dans trois directions, selon Kiev: Severodonetsk, capitale de facto de la région de Lougansk sous contrôle ukrainien, Popasna, une cinquantaine de kilomètres plus au sud, et Kourakhikva, proche de Donetsk.

Pas de trêve pascale

"Sauvez tous les Ukrainiens", a lancé dimanche sous forme de prière le président Volodymyr Zelensky qui en a appelé au jugement de Dieu dans un discours à l'occasion de la fête de Pâques orthodoxe. "N'oubliez pas Boutcha, Irpin, Borodianka, Gostomel", a-t-il imploré, énumérant comme une litanie une série d'autres noms de lieux où Kiev accuse les forces russes d'atrocités envers des civils.

Le pape François a de son côté renouvelé son appel à une trêve dans les combats et l'arrêt des attaques contre "des populations épuisées", devant des milliers de fidèles rassemblés place Saint-Pierre.

- Ursula von der Leyen en Inde, Guterres à Ankara -

Sur le front diplomatique, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen devrait évoquer la neutralité affichée par New Delhi sur la guerre en Ukraine lors d'une visite entamée dimanche en Inde, où elle rencontrera lundi le Premier ministre Narendra Modi.

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres est attendu lundi en Turquie, pays qui tente de jouer les médiateurs dans le conflit en Ukraine, avant de se rendre à Moscou puis à Kiev. Une chronologie "erronée" selon le président Zelensky, qui estime qu'il aurait dû aller à Kiev d'abord.

- L'OSCE inquiète pour ses employés -

L'OSCE s'est dite dimanche "extrêmement inquiète" après l'arrestation de quatre de ses membres dans les territoires séparatistes prorusses de l'est de l'Ukraine, et a appelé à leur "libération immédiate".

Peu après l'invasion russe le 24 février, l'organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe (OSCE) avait évacué plusieurs centaines d'observateurs issus de dizaines de pays qui surveillaient le cessez-le-feu depuis 2014.

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