Une épave antique victime d'un important pillage au large de Cannes

Un pillage "important, récent et encore en cours" sur l'épave d'un navire antique au large de Cannes (Alpes-Maritimes) a été découvert lors du démarrage des fouilles archéologiques du site, a indiqué mercredi le ministère de la Culture, qui a lancé un sauvetage d'urgence.

Photo prétexte.
Photo prétexte. ©Shutterstock

C'est lors des premières plongées visant à fouiller cette épave d'un navire chargé d'amphores de vin datant du IIe siècle avant Jésus-Christ que l'équipe scientifique a constaté ce pillage, selon le communiqué commun du Département des recherches archéologiques subaquatiques et sous-marines (Drassm) du ministère de la Culture et de la préfecture maritime de la Méditerranée.

"Le 19 avril, nous sommes arrivés sur place pour débuter la fouille qui devait durer deux semaines et avons vu qu'il y avait un pillage en cours. Il y avait des trous, des amphores cassées partout", alors que l'épave gît "à faible profondeur", a expliqué à l'AFP Franca Cibecchini, responsable de cette fouille pour le Drassm.

"Des éléments matériels et des outils utilisés par les pilleurs" ont été retrouvés par l'équipe scientifique, qui a également constaté "que de nombreuses amphores avaient malheureusement déjà été prélevées en toute illégalité" sur l'épave découverte en 2017 et située au nord de l'île Sainte-Marguerite, dans l'archipel de Lérins.

"Les épaves bien conservées de cette période sont particulièrement rares. C'est pourquoi l'opportunité de pouvoir étudier à la fois la coque en bois comme la cargaison est tout à fait exceptionnelle", ce qui avait motivé le lancement d'une "fouille exemplaire" de l'épave Fort Royal 1, ajoute le document.

Du fait de ce pillage, qui a fait l'objet d'une "opération structurée", estime le Drassm, "les pertes d'information scientifique et historique sont probablement majeures".

Les auteurs "ne se contentent pas de prélever des objets, le plus souvent de manière organisée et à des fins commerciales ; ils détruisent des sites et en rendent l'étude bien plus complexe, voire impossible", souligne la même source.

"La zone est désormais interdite au mouillage et à la navigation et une enquête a été ouverte par la gendarmerie maritime de Marseille", poursuit le Drassm, qui précise que ses moyens "sont largement mobilisés pour sauver ce site" qui "pourra nous dévoiler une part de l'histoire maritime hellénistique".

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