Guerre en Ukraine : Antonio Guterres "en sécurité" mais "choqué" après les bombardements lors de sa visite à Kiev

Situation sur le terrain, réactions internationales, sanctions: le point sur l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

22h46 : Washington ne laissera pas Moscou "intimider" l'Europe en coupant les livraisons de gaz

Les Etats-Unis ne laisseront pas Moscou "intimider" les pays européens en menaçant de les priver de ses ressources énergétiques, a déclaré Joe Biden jeudi, après l'arrêt des livraisons de gaz russe à la Pologne et à la Bulgarie. "Nous ne les laisserons pas utiliser leurs réserves de pétrole ou de gaz pour éviter les conséquences de leur agression" en Ukraine, a lancé le président américain. "Nous travaillons avec d'autres pays, comme la Corée, le Japon ou le Qatar, pour aider nos alliés européens menacés par ce chantage russe au gaz", a-t-il ajouté.

Le géant gazier russe Gazprom a suspendu mercredi toutes ses livraisons de gaz vers la Bulgarie et la Pologne, toutes deux membres de l'Union européenne et de l'Otan, faisant planer la menace d'une pénurie en Europe centrale et orientale mais aussi sur l'ensemble du continent européen.

"D'une certaine manière, la Russie se tire une balle dans le pied", en se privant des revenus de la vente de gaz à ces deux Etats, a affirmé le chef de la diplomatie américaine Antony Blinken jeudi.

Le secrétaire d'Etat a aussi mis l'accent sur les exportations accrues de gaz naturel liquéfié des Etats-Unis vers l'Europe, "afin d'aider à compenser les éventuelles pénuries", dont celles issues du "chantage" de la Russie.

22h04 : Antonio Guterres "en sécurité" mais "choqué"

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, en visite à Kiev, "est en sécurité" mais "choqué" après que la capitale ukrainienne a été touchée par des frappes russes plus tôt, a déclaré jeudi un porte-parole de l'organisation. L'attaque a fait trois blessés. "Nous sommes en sécurité", a écrit Saviano Abreu à des journalistes, précisant ensuite à l'AFP sur WhatsApp que "c'est une zone de guerre mais c'est choquant que cela soit arrivé à proximité de là où nous nous trouvions".

La capitale ukrainienne, Kiev, a été la cible de frappes russes jeudi soir pour la première fois depuis mi-avril. Les journalistes de l'AFP ont vu sur place un étage d'un bâtiment en feu avec de la fumée noire s'échappant des fenêtres brisées, tandis que de nombreux policiers et des secouristes étaient présents sur les lieux.

"Dans la soirée, l'ennemi a tiré sur Kiev. Deux frappes sur le quartier de Chevchenkovsky", "sur les étages inférieurs d'un immeuble résidentiel", a confirmé le maire de Kiev, Vitali Klitschko, évoquant "à ce stade, trois personnes hospitalisées". "Les services de secours et les urgentistes travaillent sur place", a-t-il ajouté sur Telegram.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kouleba, a rapidement dénoncé sur Twitter un "acte odieux de barbarie", indiquant que la capitale avait été frappée par des missiles de croisière. "La Russie démontre une fois de plus son attitude envers l'Ukraine, l'Europe et le monde", a-t-il ajouté.

Le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiï Reznikov a, lui, dénoncé sur Twitter une "attaque sur la sécurité du secrétaire général (de l'ONU) et sur la sécurité mondiale".

"Des frappes de missiles dans le centre de Kiev pendant la visite officielle d'Antonio Guterres", a également fustigé sur Twitter Mikhaïlo Podoliak, un conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky. "Hier, il était assis à une longue table au Kremlin et aujourd'hui, des explosions au-dessus de sa tête", a ironisé M. Podoliak.

"C'est la preuve que nous avons besoin d'une victoire rapide sur la Russie et que tout le monde civilisé doit s'unir autour de l'Ukraine. Nous devons agir rapidement. Plus d'armes, plus d'efforts humanitaires, plus d'aide", a renchéri le chef de l'administration présidentielle, Andriï Iermak. Il a appelé à priver la Russie de son droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU.

M. Guterres s'était entretenu mardi avec le président russe Vladimir Poutine à Moscou. Jeudi, il est arrivé en Ukraine pour se rendre notamment à Boutcha et Irpin, dans la banlieue de la capitale, théâtres d'exactions imputées à l'armée russe par les Ukrainiens.

Il s'est aussi entretenu avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, regrettant que le Conseil de sécurité de l'ONU n'ait pas réussi à empêcher et arrêter la guerre déclenchée le 24 février par Moscou. "L'invasion de l'Ukraine par la Russie est une violation de son intégrité territoriale et de la Charte des Nations unies", a-t-il une nouvelle fois dénoncé.

22h : Les bombardements russes sur Kiev visaient à "humilier l'ONU"

Les bombardements russes sur Kiev, en pleine visite du secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, visaient à "humilier l'ONU", a estimé jeudi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

"Cela en dit long sur la véritable attitude de la Russie envers les institutions internationales, sur les efforts des dirigeants russes pour humilier l'ONU et tout ce que l'organisation représente", a déclaré M. Zelensky dans une vidéo postée sur sa chaîne Telegram.

21h33 : L'ONU fait "tout son possible" pour évacuer les civils de "l'apocalypse" à Marioupol

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a assuré jeudi que l'organisation faisait "tout son possible" pour évacuer les civils coincés dans "l'apocalypse" de Marioupol (sud), ville ukrainienne détruite par les combats avec les forces russes.

"Marioupol est une crise dans la crise. Des milliers de civils ont besoin d'une aide vitale. Beaucoup sont âgés, ont besoin de soins médicaux ou ont une mobilité réduite", s'est inquiété M. Guterres lors d'une conférence de presse commune à Kiev avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

19h54: Bombardements à Kiev lors de la visite du secrétaire général de l'ONU

La capitale ukrainienne, Kiev, a été la cible de frappes jeudi soir, en pleine visite du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres et pour la première fois depuis mi-avril, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les correspondants de l'AFP ont vu sur place un étage d'un bâtiment en feu avec de la fumée noire s'échappant des fenêtres brisées, tandis que de nombreux policiers et des secouristes étaient présents sur les lieux.

"Dans la soirée, l'ennemi a tiré sur Kiev. Deux frappes sur le quartier de Chevchenkovsky", a confirmé le maire de Kiev, Vitali Klitschko, ajoutant que "les informations quant aux victimes sont en train d'être clarifiées".

"Des frappes de missiles dans le centre de Kiev pendant la visite officielle d'Antonio Guterres", a fustigé sur Twitter Mikhaïlo Podoliak, un conseiller du président ukrainien Volodymyr Zelensky.

"Hier, il était assis à une longue table au Kremlin et aujourd'hui, des explosions au-dessus de sa tête", a ironisé M. Podoliak.

"C'est la preuve que nous avons besoin d'une victoire rapide sur la Russie et que tout le monde civilisé doit s'unir autour de l'Ukraine. Nous devons agir rapidement. Plus d'armes, plus d'efforts humanitaires, plus d'aide", a renchéri le chef de l'administration présidentielle, Andriï Iermak.

Il a appelé à priver la Russie de son droit de veto au Conseil de sécurité de l'ONU.

M. Guterres s'était entretenu mardi avec le président russe Vladimir Poutine à Moscou. Jeudi, il est arrivé en Ukraine pour se rendre notamment à Boutcha et Irpin, dans la banlieue de la capitale, théâtres d'exactions imputées à l'armée russe par les Ukrainiens.

Il s'est aussi entretenu avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky, regrettant que le Conseil de sécurité de l'ONU n'ait pas réussi à empêcher et arrêter la guerre déclenchée le 24 février par Moscou.

"L'invasion de l'Ukraine par la Russie est une violation de son intégrité territoriale et de la Charte des Nations unies", a-t-il une nouvelle fois dénoncé.

19h46: L'OSCE officialise la fin de sa mission d'observation en Ukraine

L'OSCE a officiellement acté jeudi la fin de sa mission d'observation en Ukraine après huit ans de mandat, conséquence du veto mis à son renouvellement le 31 mars par la Russie. L'organisation pour la Sécurité et la coopération en Europe (OSCE) "va prendre des mesures immédiates pour mettre en oeuvre" l'arrêt de cette mission, a déclaré dans un communiqué son secrétariat général qui siège à Vienne.

"La position de la Russie ne nous a pas laissé d'autre choix", a commenté le président en exercice de cette organisation, le ministre polonais des Affaires étrangères Zbigniew Rau.

Toutes les décisions de l'OSCE sont adoptées par consensus et Moscou a bloqué, pour la première fois il y a un peu moins d'un mois, la prolongation du mandat de cette mission.

Cela avait mis fin aux incertitudes quant à l'avenir de ce processus mis en place en 2014 après de longues négociations entre les Occidentaux et la Russie pour surveiller l'application du cessez-le-feu entre l'Ukraine et les deux régions séparatistes prorusses de l'est de son territoire, celles de Donetsk et de Lougansk.

Elle avait été validée juridiquement par Moscou et l'ONU dans le cadre des accords de Minsk. Depuis, l'OSCE était la seule instance internationale à documenter la situation sur le terrain.

Mais ses équipes de plusieurs centaines de personnes issues de dizaines de pays, surprises par le début de l'invasion russe le 24 février, avaient été évacuées en catastrophe dans les jours suivants. Leurs activités ont cessé au 1er avril.

Toutefois, il restait sur place des employés ukrainiens "effectuant des tâches administratives", avait précisé l'OSCE dimanche.

Quatre d'entre eux sont détenus dans les territoires de Donetsk et de Lougansk, visés notamment par des enquêtes pour "espionnage" ou "haute trahison".

Deux observateurs sont morts dans le cadre de cette opération d'envergure. L'Américain Joseph Stone a été tué dans une explosion en 2017 et l'Ukrainienne Maryna Fenina dans des bombardements à Kharkiv le 1er mars dernier.

L'OSCE a son siège à Vienne, en Autriche, depuis sa mise en place en 1975, au coeur de la Guerre froide, pour favoriser le dialogue Est-Ouest. Elle compte actuellement 57 États membres, dont les pays de l'Otan comme ceux dans l'orbite russe.

19h23: Le Conseil de sécurité de l'ONU a "échoué à empêcher et mettre fin" à la guerre en Ukraine

Le Conseil de sécurité de l'ONU a "échoué à empêcher et mettre fin" à la guerre en Ukraine, a estimé jeudi son secrétaire général, Antonio Guterres, lors d'une conférence de presse à Kiev.

"Le Conseil de sécurité a échoué à faire ce qui était en son pouvoir pour empêcher et mettre fin à cette guerre", a déclaré M. Guterres aux côtés du président ukrainien Volodymyr Zelensky, estimant que c'était "source d'une grande déception, frustration et colère".

17h44: La justice ukrainienne dit avoir identifié "plus de 8.000 cas" de crimes de guerre

Les enquêteurs ukrainiens ont identifié "plus de 8.000 cas" présumés de crimes de guerre depuis le début de l'invasion russe, a affirmé jeudi la procureure générale d'Ukraine Iryna Venediktova. "Nous avons maintenant plus de 8.000 cas", a-t-elle dit dans un entretien avec le média allemand Deutsche Welle.

"Il s'agit en fait de 8.600 affaires concernant uniquement les crimes de guerre et de plus de 4.000 affaires qui sont liées aux crimes de guerre", a précisé Mme Venediktova.

Ces crimes présumés comprennent "le meurtre de civils, le bombardement d'infrastructures civiles, les tortures" et les "crimes sexuels" signalés dans le "territoire occupé de l'Ukraine", selon la magistrate. Les procureurs enquêtent également sur "l'utilisation d'armes interdites", a-t-elle ajouté.

Les investigations sont selon elle menées par "plus de 8.000" personnes sur le terrain".

"Nous avons créé une équipe d'enquête commune sur la plateforme d'Eurojust (l'agence de coopération judiciaire européenne, ndlr). 14 autres États ont ouvert leurs propres dossiers pénaux en rapport avec l'agression de la Fédération de Russie", a souligné la procureure.

Les enquêteurs ne peuvent en revanche se rendre dans plusieurs zones de l'est de l'Ukraine, comme celles de Marioupol, Donetsk et Lougansk. "Nous n'avons pas accès à ces territoires, mais nous pouvons faire notre travail", a-t-elle assuré. "Nous pouvons interroger les personnes qui ont été évacuées de ces territoires", a expliqué la procureure générale.

Les enquêteurs utilisent également "les connexions radio et les connexions audio des occupants" pour identifier d'éventuels cas, a conclu Mme Venediktova.

17h39: Le soutien à l'Ukraine est coûteux mais les Etats-Unis ne peuvent pas "rester à l'écart"

Les Etats-Unis ne peuvent pas "rester à l'écart" du conflit en Ukraine malgré le coût de leur aide militaire à Kiev face aux "atrocités et à l'agression" de la Russie, a assuré jeudi le président Joe Biden en demandant une rallonge de 33 milliards de dollars au Congrès.

Les Etats-Unis "n'attaquent pas" la Russie mais "aident l'Ukraine à se défendre contre l'agression russe", en ayant déjà livré 10 armes anti-char pour chaque blindé russe, a-t-il affirmé lors d'une allocution à la Maison Blanche.

17h29: L'UE a versé à la Pologne plus d'un demi-milliard d'euros

La Pologne, pays qui accueille le plus grand nombre de réfugiés ukrainiens, a reçu quelque 560 millions d'euros de fonds européens pour aider à leur prise en charge, selon un communiqué de la Commission publié jeudi.

L'exécutif européen a versé au total 3,5 milliards d'euros aux 27 Etats membres pour l'accueil des réfugiés fuyant la guerre en Ukraine. Il s'agit de fonds débloqués de façon anticipée, issus du programme "React-EU" en faveur de la cohésion et des territoires de l'Europe, prévu dans le cadre du plan de relance post-Covid.

Selon la répartition publiée par Bruxelles, la Pologne a touché 562 millions d'euros, suivie par l'Italie (452 millions d'euros), la Roumanie (450 millions), l'Espagne (434 millions). La France a quant à elle reçu 123 millions d'euros.

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki s'est plaint dans une interview au journal allemand Bild que l'UE n'avait "jusqu'à présent pas payé un centime" pour la prise en charge des quelque 2,5 millions de réfugiés dans son pays.

Ces pré-financements doivent aider les Etats membres à subvenir aux besoins des réfugiés ukrainiens en matière d'alimentation, de logement, de santé, d'éducation, d'accès à un emploi, selon la Commission.

Près de 5,4 millions d'Ukrainiens ont fui leur pays depuis l'invasion par la Russie le 24 février, selon des chiffres du Haut Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) publiés jeudi.

Près de six sur dix, selon le HCR, ont fui en Pologne, qui en accueille de très loin le plus grand nombre, même si certains se rendent ensuite dans d'autres pays européens.

Outre le déblocage de ces 3,5 milliards d'euros, l'UE permet aux Etats membres d'utiliser des fonds de cohésion qui n'ont pas été utilisés lors de la période budgétaire 2014-2020. Au total, les fonds mobilisés pour aider les pays à l'accueil des réfugiés sont estimés à 17 milliards d'euros.

Neuf pays d'Europe centrale et orientale, dont la Pologne et les trois autres pays de l'UE frontaliers de l'Ukraine, ont annoncé la semaine dernière leur intention de demander à la Commission "un financement supplémentaire pour les Etats membres qui accueillent un grand nombre de réfugiés d'Ukraine", estimant que la flexibilité sur les fonds de cohésion ne "suffira pas".

L'UE a accordé aux réfugiés d'Ukraine un statut de protection temporaire, d'une durée de trois ans maximum, qui leur permet de travailler, d'avoir accès à un logement et aux services de santé et d'éducation.

17h03: L'AIEA "inquiète" de l'absence d'accès à la centrale de Zaporijjia

Le directeur général de l'AIEA, de retour d'Ukraine, s'est dit "préoccupé" par la centrale nucléaire de Zaporijjia contrôlée par les Russes, à laquelle l'instance onusienne n'a pas pu avoir accès depuis l'invasion. "C'est au sommet de ma liste d'inquiétudes quand il s'agit de la situation des installations nucléaires en Ukraine", a déclaré Rafael Grossi lors d'une conférence de presse au siège de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) à Vienne.

Le site "est toujours sous contrôle russe, le régulateur ukrainien n'a pas la main, or il faut que nous procédions à un certain nombre de tâches au plus tôt, tant du point de vue des activités d'inspections, de surveillance que de sécurité", a-t-il souligné.

"Nous devons retourner à Zaporijjia, c'est extrêmement important", a insisté le chef de l'AIEA.

Dans cette optique, il a eu des entretiens avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky au cours de sa visite.

"Nos consultations se poursuivent, avant tout avec l'Ukraine mais aussi avec la Russie", a-t-il précisé, évoquant une rencontre avec des responsables russes "dans quelques jours".

Interrogé sur le survol du site, à basse altitude, par des missiles en début de semaine, selon les autorités ukrainiennes, M. Grossi a dit avoir "reçu des vidéos". "Nous sommes en train de vérifier mais si un tel développement était confirmé, ce serait très grave".

Il a par ailleurs évoqué la situation à Tchernobyl, où il s'est rendu mardi, 36 ans jour pour jour après la pire catastrophe nucléaire civile de l'Histoire. Il avait alors jugé le niveau de radioactivité "dans la normale", des propos qu'il a réitérés jeudi.

Les troupes envoyées par Moscou, qui s'étaient emparées de la centrale le 24 février, au premier jour de l'invasion russe, ont déplacé des véhicules, équipements et creusé des tranchées dans cette terre contaminée, "ce qui a naturellement provoqué une hausse" de la radiation.

"Mais la situation ne pose pas de gros danger à l'environnement et aux personnes", a affirmé Rafael Grossi.

L'Ukraine compte 15 réacteurs dans quatre centrales en activité, outre les dépôts de déchets comme celui de Tchernobyl.

16h55: Mise en garde de l'UE aux entreprises tentées d'enfreindre les sanctions contre la Russie

Les compagnies gazières dans l'Union européenne enfreindraient les sanctions édictées contre la Russie si elles donnaient suite aux exigences du Kremlin d'ouvrir un deuxième compte bancaire en roubles pour payer leurs importations de gaz depuis ce pays. "Cela reviendrait à accorder un prêt à la banque centrale de Russie", a mis en garde jeudi un fonctionnaire européen. Ces compagnies européennes sont confrontées à une incertitude croissante depuis la suspension mercredi par la Russie, et son géant gazier Gazprom, de ses livraisons de gaz vers la Pologne et la Bulgarie, parce que les entreprises de ces deux pays refusent de payer en roubles. Le président russe Vladimir Poutine a fait inscrire cette exigence fin mars dans un décret pour soutenir la monnaie locale, et Moscou menace désormais d'autres coupures de gaz.

Ce décret présidentiel instaure une nouvelle procédure de paiement : les compagnies doivent ouvrir deux comptes auprès de la Gazprombank: un dans la devise étrangère, un autre en roubles. Les clients paient en euros ou en dollars, mais ce n'est qu'après que Gazprom a fait convertir le montant en roubles que l'obligation contractuelle du client est considérée comme finalisée.

Ce mécanisme est inacceptable, selon des sources européennes. Il donnerait à la Banque de Russie la possibilité de contrôler l'argent versé au moment où il doit être converti en roubles. La banque centrale russe pourrait même conserver le montant en euro, sans échéance, et prétendre que le paiement n'est pas finalisé. Aucune garantie n'existe non plus sur le taux de change. "Cela revient donc à prêter de l'argent à la Banque de Russie", expose un fonctionnaire européen, alors que les sanctions de l'UE introduites depuis l'invasion russe du 24 février dernier interdisent toute transaction avec cette banque centrale.

Côté européen, on considère que 97% des contrats gaziers avec la Russie prévoient le paiement en dollars ou en euros. Les compagnies européennes doivent donc régler les livraisons dans ces devises. Qu'importe que le compte bancaire soit ouvert dans l'UE ou en Russie, la transaction doit être considérée comme finalisée après le versement en devise étrangère. Si les Russes veulent ensuite convertir cet argent en roubles, "c'est leur affaire", indique-t-on.

L'agence de presse Bloomberg indique de son côté que le groupe énergétique italien Eni envisagerait un mécanisme avec Gazprombank. Le groupe réclamerait des clarifications du gouvernement italien et de la Commission européenne sur ce qui est autorisé dans le cadre des sanctions. Plus tôt, Bloomberg avait déjà indiqué, sur base de sources proches de Gazprom, que quatre entreprises européennes avaient déjà réglé en roubles et que dix avaient ouvert un compte chez Gazprombank. Des sources européennes disent quant à elles ne pas avoir d'indications en ce sens et mettent en garde contre la désinformation russe.

La Commission fait quant à elle observer que ce sont les États membres qui sont responsables du contrôle des sanctions européennes. Elle peut lancer des procédures d'infractions contre ceux qui ne les respecteraient pas, mais ce n'est pas envisagé actuellement.

16h53: Un Britannique tué en Ukraine, un autre disparu

Un ressortissant britannique a été tué en Ukraine et un autre est porté disparu, a indiqué jeudi le ministère britannique des Affaires étrangères. "Nous pouvons confirmer qu'un ressortissant britannique a été tué en Ukraine et nous apportons notre soutien à sa famille", a précisé un porte-parole du ministère. "Nous sommes informés qu'un ressortissant britannique est porté disparu", a-t-il ajouté, soulignant "chercher urgemment de plus amples informations" à ce sujet.

Le ministère n'a pas donné plus de détails concernant l'identité des deux personnes ni sur ce qu'elles faisaient en Ukraine.

Mais selon les médias britanniques, les deux ressortissants combattaient contre les forces russes comme volontaires.

Peu de temps après l'invasion de son pays par la Russie le 24 février, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait appelé à la formation d'une "légion internationale" de volontaires étrangers pour l'aider à défendre l'Ukraine.

Les autorités britanniques avaient alors formellement déconseillé à ses ressortissants de se rendre en Ukraine pour combattre, mais certains sont quand même partis au front.

16h32: Biden va demander au Congrès 33 milliards de dollars dont 20 milliards pour des armes

Joe Biden va accentuer jeudi la pression sur Moscou en demandant au Congrès une colossale rallonge budgétaire de 33 milliards de dollars pour livrer toujours plus d'aide militaire à Kiev, et en proposant de liquider les avoirs d'oligarques russes pour compenser les dégâts subis par l'Ukraine.

Le président américain doit prendre la parole à 10H45 (14H45 GMT) pour réaffirmer son "soutien aux Ukrainiens qui défendent leur pays et leur liberté contre la guerre brutale de la Russie", a indiqué la Maison Blanche.

Il va donc demander au Congrès de débloquer 33 milliards de dollars supplémentaires pour répondre à la guerre en Ukraine, dont 20 milliards en aide militaire, a indiqué jeudi un haut responsable américain.

Cette énorme "assistance militaire et sécuritaire" équivaut à "des armes et des munitions allant au peuple ukrainien", a ajouté ce responsable.

M. Biden compte également proposer de liquider tout ou partie des avoirs "kleptocratiques" saisis auprès d'oligarques russes et d'en transférer le produit à Kiev "pour compenser le préjudice causé par l'agression russe", a précisé l'exécutif américain dans un communiqué, une mesure pour laquelle il a besoin de l'accord du Congrès.

Les Etats-Unis ont déjà fourni plus de 3 milliards de dollars d'armement à l'Ukraine depuis l'invasion russe déclenchée le 24 février. La Maison Blanche cherche désormais à obtenir un financement suffisant pour pouvoir étendre cette aide jusqu'à octobre.

14h59: Dix soldats russes inculpés pour des crimes présumés à Boutcha

Dix soldats russes ont été mis en examen jeudi pour des crimes de guerre présumés commis à Boutcha, qui vont être recherchés, a annoncé le procureur général d'Ukraine sur son compte Telegram.

"Dix soldats de la 64e brigade de fusiliers motorisés russe, appartenant à la 35e armée russe, ont été mis en examen, en lien avec le traitement cruel de civils et d'autres violations de la loi et des coutumes de la guerre", a indiqué le procureur.

Selon l'enquête, les militaires russes ont, pendant leur occupation de Boutcha en mars, "pris en otage des civils qui ne participaient pas aux hostilités et n'étaient pas armés. Les occupants ne leur ont donné ni à manger ni à boire", a détaillé le procureur.

"Les suspects les ont faits se mettre à genoux, leur ont bandé les yeux avec du tissu et du papier autocollant, leur ont lié les mains avec des attaches plastiques, et ont menacés de les tuer en tirant délibérément dans leur direction", a-t-il poursuivi.

"Pour obtenir des informations sur la localisation des soldats ukrainiens, et dans un cas sans justification, les militaires russes ont infligé des blessures aux civils. Ils ont reçu des coups de poings, des coups de crosse aux jambes, aux orteils et au torse. Les occupants ont aussi pillé la population locale, s'emparant de leurs affaires personnelles et leur équipement ménager", a-t-il énuméré.

Le procureur a ajouté que les dix hommes feraient l'objet de recherches, afin de les arrêter et de les amener devant la justice.

Cette mise en examen est la première depuis que 20 corps de personnes portant des vêtements civils ont été découverts par l'AFP gisant dans une rue de Boutcha le 2 avril, suscitant une condamnation et un émoi à travers le monde.

Les Ukrainiens ont accusé les Russes de crimes de guerre, mais Moscou a démenti toute responsabilité et parlé de corps "mis en scène" par Kiev.

14h12: Erdogan dit à Poutine être "prêt à prendre l'initiative" pour la paix

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a fait part jeudi à son homologue russe Vladimir Poutine de sa disposition à "prendre l'initiative" pour mettre fin à la guerre en Ukraine, au lendemain d'un échange de prisonniers entre Washington et Moscou sur le sol turc. Lors d'un entretien téléphonique, M. Erdogan s'est dit "prêt à prendre l'initiative pour mettre fin à la guerre entre la Russie et l'Ukraine et à servir de médiateur sur la voie de la paix", a précisé la présidence turque dans un communiqué. M. Erdogan "a exprimé sa volonté d'établir une paix durable dans la région dès que possible en accentuant l'élan pris durant les pourparlers d'Istanbul", selon la présidence.

La présidence turque a ajouté que M. Poutine avait "remercié" M. Erdogan pour l'échange de prisonniers entre Washington et Moscou annoncé mercredi et qui "a eu lieu en Turquie sous la coordination et la supervision" des services de renseignement turcs (MIT). L'ex-Marine américain Trevor Reed, condamné à neuf ans de prison en Russie pour violences, a été échangé contre Konstantin Iarochenko, un pilote russe incarcéré aux États-Unis depuis 2010.

Membre de l'Otan et alliée de l'Ukraine, la Turquie s'efforce depuis le début de la guerre en Ukraine de faciliter une médiation entre Moscou et Kiev, et a refusé jusqu'ici de se joindre aux sanctions occidentales contre la Russie, soucieuse de garder une ligne ouverte avec le Kremlin.

La Turquie a ainsi accueilli par deux fois des négociations directes entre les deux parties, le 10 mars au niveau ministériel à Antalya (sud) et le 29 mars à Istanbul.

M. Erdogan a depuis affirmé à plusieurs reprises vouloir accueillir à Istanbul une rencontre entre M. Poutine et son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky.

14h07: Biden propose de transférer à l'Ukraine des avoirs russes saisis

La Maison Blanche a proposé jeudi d'utiliser les avoirs saisis auprès d'oligarques russes pour compenser les dégâts subis par l'Ukraine lors de son invasion par la Russie. La liquidation de ces avoirs "kleptocratiques" permettrait d'en transférer le produit à Kiev "pour compenser le préjudice (causé à l'Ukraine) par l'agression russe", précise l'exécutif américain dans un communiqué.

Mardi, le ministre de la Justice américain, Merrick Garland, s'était dit favorable au transfert à l'Ukraine d'avoirs russes saisis.

L'idée avait toutefois été rejetée après que la puissante organisation de défense des libertés ACLU a indiqué qu'un tel projet violerait la Constitution, les oligarques n'ayant aucun moyen de recours devant la justice pour contester la décision administrative, a rapporté le Washington Post.

Le mois dernier, les États-Unis ont annoncé la création d'une cellule dédiée à la poursuite des "oligarques russes corrompus" et de tous ceux qui violeraient les sanctions adoptées par Washington contre Moscou. Cette création fait suite au discours sur l'état de l'Union dans lequel Joe Biden a averti les milliardaires russes que cette cellule allait "trouver et saisir leurs yachts, leurs luxueux appartements, leurs jets privés".

13h35: L'Europe doit être "plus forte" et trouver des "alternatives" au gaz russe

L'Europe doit être "plus forte" et trouver des "alternatives" pour ne plus utiliser le gaz russe, a déclaré jeudi depuis l'Ukraine le Premier ministre bulgare, dont le pays s'est vu mercredi privé de livraisons de gaz par Moscou.

"Il y a quelques mois, nous n'aurions jamais prévu d'être sans gaz russe, mais maintenant, nous avons des alternatives", a déclaré Kiril Petkov, depuis Irpin, banlieue de Kiev dévastée par l'occupation russe en mars. "Si la Bulgarie a une alternative, tout le monde en Europe doit pouvoir faire de même. Nous devons être plus forts, nous devons être fermes", a-t-il ajouté.

12h05 : Kiev est "en droit" de frapper des cibles militaires russes, selon le conseiller de la présidence ukrainienne

L'Ukraine a "le droit" de frapper des cibles militaires russes, a affirmé jeudi un conseiller de la présidence ukrainienne, laissant entendre que Kiev pourrait procéder à des frappes sur le territoire russe.

"La Russie attaque l'Ukraine et tue les civils. L'Ukraine se défendra par tous les moyens, y compris avec des frappes sur des entrepôts et des bases des assassins russes. Le monde reconnaît ce droit", a écrit sur son compte Twitter Mykhaïlo Podoliak.

11h53 : Le Bundestag vote à une large majorité pour fournir des armes lourdes à Kiev

Le Bundestag, la chambre basse du parlement allemand, a voté jeudi à une large majorité la fourniture d'armes lourdes à l'Ukraine. À une majorité de 586 voix pour, 100 contre et 7 abstentions, les députés ont appelé le gouvernement allemand à "poursuivre et, si possible, accélérer la fourniture d'équipements nécessaires à l'Ukraine, en étendant également la fourniture aux armes lourdes et aux systèmes complexes". Dans ce cadre, les capacités d'autodéfense allemandes ne doivent néanmoins pas être mises en danger, semble-t-il.

Les députés ont également apporté leur soutien au gouvernement pour les mesures déjà prises jusqu'à présent, telles que les sanctions contre la Russie, l'aide aux enquêtes sur les crimes de guerre et la conversion des infrastructures en Allemagne pour ne plus dépendre de l'approvisionnement énergétique russe.

11h49 : Les livraisons d'armes à l'Ukraine "menacent la sécurité" européenne, assure le Kremlin

Les livraisons d'armes à l'Ukraine "menacent la sécurité" européenne, a estimé jeudi le Kremlin après un nouvel appel de la ministre britannique des Affaires étrangères, Liz Truss, à livrer davantage d'armes lourdes et d'avions à Kiev.

"Cette tendance à inonder l'Ukraine d'armes, notamment d'armes lourdes, ce sont des actes qui menacent la sécurité du continent et provoquent de l'instabilité", a déclaré à la presse le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

La cheffe de la diplomatie britannique a appelé mercredi à un renforcement des livraisons d'armes lourdes et d'avions à l'Ukraine, soulignant que le temps était au "courage" face à la Russie qui y mène une opération militaire depuis le 24 février.

"Armes lourdes, chars, avions - creuser dans nos stocks, accélérer la production, nous devons faire tout ça", a insisté Liz Truss.

11h41 : La représentante de l'ONU en Ukraine dit "préparer" une tentative d'évacuation de Marioupol

La coordinatrice de l'ONU en Ukraine a annoncé jeudi qu'elle partait dans le sud du pays préparer une tentative d'évacuation de la ville de Marioupol, presque entièrement contrôlée par les forces russes. "Je vais à Zaporijjia pour préparer l'évacuation espérée de Marioupol" port stratégique pilonné et assiégé par les Russes dans le sud-est de l'Ukraine, a indiqué Osnat Lubrani sur Twitter.

Des centaines de militaires et de civils ukrainiens dont des dizaines d'enfants sont coincés, selon Kiev, dans l'immense aciérie d'Azovstal à Marioupol, dernier site aux mains des forces ukrainiennes dans cette ville dont la mairie a estimé à au moins 20.000 morts le bilan des combats.

Aucune tentative d'évacuer Azovstal n'a réussi jusqu'à présent.

Au total, une centaine de milliers de civils restent à Marioupol, qui en comptait un demi-million avant l'invasion russe lancée fin février, selon les estimations des autorités ukrainiennes.

"L'ennemi bombarde massivement et bloque nos unités près de l'usine d'Azovstal", a dit dans son rapport quotidien le ministère ukrainien de la Défense.

Le commandant de la 36e Brigade des Marines de Marioupol, Sergueï Volynsky, a lancé un nouvel appel à l'aide mercredi, soulignant avoir avec lui 600 soldats blessés et des centaines de civils.

L'ONU a affirmé mardi que le président Vladimir Poutine avait accepté "en principe" l'implication des Nations Unies et du Comité international de la Croix-Rouge dans l'évacuation des civils bloqués à Azovstal.

Cette annonce avait été faite à l'issue de la rencontre mardi à Moscou de M. Poutine avec le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, qui est arrivé jeudi à Kiev.

11h40 : Le rouble bientôt introduit dans la ville occupée de Kherson

L'administration russe qui contrôle la ville côtière ukrainienne de Kherson a l'intention d'y introduire le rouble, pour remplacer la monnaie ukrainienne, la hryvnia, à partir du 1er mai, a indiqué jeudi un responsable local russe.

"A partir du 1er mai, nous passerons vers la zone rouble", a déclaré Kirill Stremooussov, adjoint au président de l'administration locale russe instaurée depuis la prise de cette localité par l'armée de Moscou au début de l'invasion de l'Ukraine, cité par l'agence Ria Novosti.

Les deux monnaies, rouble et hryvnia, pourront circuler en parallèle pendant une période de transition qui pourra durer quatre mois, a-t-il indiqué. "Après, on passera complètement à des règlements en roubles," a-t-il affirmé.

Aucun haut responsable russe n'a confirmé immédiatement ces propos.

La ville de Kherson, proche de la Crimée annexée par Moscou en 2014, est la première et à ce jour la seule ville d'importance ukrainienne dont les Russes aient pris complètement le contrôle depuis le début de leur invasion de l'Ukraine le 24 février. Ils en ont revendiqué la prise le 3 mars.

Kiev accuse par ailleurs la Russie de vouloir organiser dans cette région - comme dans la région voisine de Zaporijjia - un référendum biaisé sur l'indépendance.

C'est ce qui a été fait dans le Donbass en 2014, lorsque des séparatistes prorusses, soutenus par Moscou, en ont pris partiellement le contrôle. Les séparatistes ont alors proclamé les "républiques populaires" de Donetsk et Lougansk, dont Moscou a reconnu l'indépendance juste avant d'envahir l'Ukraine le 24 février.

"Il n'y aura pas de République populaire de Kherson. Si quelqu'un veut une nouvelle annexion, des sanctions plus puissantes frapperont la Russie", a déclaré le 22 avril le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Le ministère russe de la Défense affirme avoir ramené "une vie paisible" à Kherson. Mais des manifestations anti-russes et anti-référendum s'y déroulent régulièrement, selon des sites de médias ukrainiens montrant photos et vidéos à l'appui. Aucun journaliste étranger n'a accès à cette ville, qui comptait près de 300.000 habitants avant la guerre.

11h30 : Moscou ne pourra remplacer le croiseur Moskva par un autre, selon Londres

Le croiseur russe Moskva, qui a coulé en mer noire à la mi-avril, ne pourra pas être remplacé par un autre bâtiment, selon des estimations des services secrets britanniques. L'une des raisons principales est que le détroit du Bosphore, sous contrôle turc, est fermé à tous les navires de guerre, sauf ceux de l'armée turque. Ankara contrôle en effet l'accès à la mer Noire en vertu du traité de Montreux, signé en 1936, qui garantit la libre circulation sur le Bosphore et le détroit des Dardanelles, mais lui accorde le droit de bloquer les navires de guerre dans le détroit en temps de conflit, sauf s'ils doivent regagner leurs bases.

Malgré ses pertes, la Russie serait toutefois toujours en mesure de frapper des cibles, avec sa flotte d'une vingtaine de navires de guerre, y compris des sous-marins, sur la côte et en Ukraine.

Depuis des semaines, le gouvernement britannique publie des informations des services secrets sur le déroulement de la guerre en Ukraine d'une manière inhabituellement ouverte. Moscou accuse Londres de mener une campagne d'information ciblée.

Le croiseur russe Moskva a coulé le 14 avril après avoir été touché par deux missiles ukrainiens, comme l'a confirmé le Pentagone dans la foulée.

10h39 : Guterres appelle Moscou à coopérer avec la CPI sur de possibles crimes de guerre commis en Ukraine

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé jeudi Moscou à "accepter de coopérer" avec l'enquête de la Cour pénale internationale (CPI) sur de possibles crimes de guerre perpétrés en Ukraine.

"Quand nous voyons ce site horrible, je vois combien il est important d'avoir une enquête complète et d'établir les responsabilités", a déclaré M. Guterres, en visite à Boutcha, banlieue de Kiev où les Ukrainiens accusent les Russes d'avoir massacré des civils pendant qu'ils occupaient la ville en mars. "J'appelle la Russie à accepter de coopérer avec la CPI", a-t-il ajouté.

10h22 : Trois millions d'Ukrainiens sont passés par la Pologne depuis le début de l'invasion russe

Trois millions de réfugiés ukrainiens ont fui leur pays par la frontière avec la Pologne depuis le début de l'invasion russe le 24 février, ont annoncé jeudi les garde-frontières polonais sur Twitter. Mercredi, 24.800 Ukrainiens ont franchi la frontière vers la Pologne, tandis que 18.400 personnes se sont, elles, rendues en Ukraine.

Au total, près de 904.000 personnes sont entrées en Ukraine par la frontière commune avec la Pologne depuis le début de l'invasion russe. Il s'agit majoritairement de citoyens ukrainiens, selon les données officielles. Ils se rendent généralement dans des régions reconquises par l'armée ukrainienne.

Il n'existe toutefois pas de données officielles quant au nombre de réfugiés restés en Pologne ou ayant pris la direction d'autres États membres de l'Union européenne.

Un peu plus de 5,2 millions d'Ukrainiens ont déjà fui leur pays, selon le Haut Commissariat aux réfugiés (HCR) de l'Onu.

La Pologne et l'Ukraine partagent 500 kilomètres de frontière.

9h40 : "Une guerre au XXIe siècle est une absurdité", déclare Antonio Guterres à Borodianka

"Une guerre est une absurdité au XXIe siècle", a déclaré jeudi le secrétaire général de l'ONU à son arrivée à Borodianka, une des localités de la banlieue de Kiev où les Ukrainiens accusent les Russes d'avoir commis des exactions pendant leur occupation de la région en mars.

Antonio Guterres, qui effectue sa première visite en Ukraine depuis le début de l'invasion russe le 24 février, a fait ces déclarations aux journalistes devant des habitations en ruines, accompagné de militaires ukrainiens et de responsables des autorités locales.

"J'imagine ma famille dans une de ces maisons aujourd'hui détruites et noircies", a-t-il déclaré devant les journalistes. "Je vois mes petites-filles courir en panique. La guerre est une absurdité au XXIe siècle, aucune guerre n'est acceptable au XXIe siècle", a-t-il ajouté.

Antonio Guterres s'est rendu ensuite à Boutcha, autre banlieue de la capitale où les Ukrainiens accusent Moscou de crimes de guerre. Il devait rencontrer le président Volodymyr Zelensky à Kiev dans l'après-midi.

Le secrétaire général de l'ONU est arrivé mercredi soir en Ukraine après une visite mardi à Moscou, où il a rencontré le président russe Vladimir Poutine et demandé à la Russie de collaborer avec l'ONU pour permettre l'évacuation des civils des zones bombardées, notamment dans l'est et le sud de l'Ukraine, où la Russie concentre son offensive.

8h52 : La reconstruction de l'Ukraine passera aussi par des jumelages, selon Zelensky

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a émis le souhait de voir prospérer les jumelages entre villes et régions d'Ukraine et de l'Union européenne pour la reconstruction du pays, selon le président du Conseil européen Charles Michel, qui en a fait part au Comité européen des Régions. "Le président Zelensky m'a fait part de son concept de jumelage de villes et de régions de l'UE avec des villes et des régions ukrainiennes nécessitant une reconstruction. Je pense que c'est une bonne idée pour aider à faire revivre les villes détruites et traumatisées par la guerre. Je la soutiens pleinement", a affirmé M. Michel, mercredi dans un message vidéo au Congrès ukrainien des pouvoirs locaux et régionaux.

"Ces jumelages permettront également aux citoyens ukrainiens de rencontrer des citoyens de l'UE, créant ainsi des liens interpersonnels qui rapprocheront nos peuples. J'ai demandé au président du Comité européen des régions de soutenir ce projet", a poursuivi le Belge.

À ses yeux, "il ne s'agit pas de reconstruire l'Ukraine du 23 février... avant la guerre de la Russie. L'objectif doit plutôt être de combiner investissements et réformes pour reconstruire l'Ukraine de demain."

Les Vingt-sept ont déjà décidé de créer un Fonds fiduciaire de solidarité pour l'Ukraine, auquel travaille la Commission européenne. Une conférence des donateurs programmée le 5 mai prochain doit fournir d'importantes promesses de dons. L'UE travaille aussi avec des organisations internationales, telles que le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale pour mobiliser davantage de soutien financier, a fait valoir Charles Michel.

5h44 : Le Premier ministre polonais demande de l'argent à l'UE pour accueillir les réfugiés

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki souhaite que l'Union européenne aide financièrement son pays à accueillir les réfugiés en provenance d'Ukraine, a-t-il déclaré au journal allemand Bild. M. Morawiecki a souligné dans cette interview que son pays accueille quelque 2,5 millions de réfugiés ukrainiens "pour lesquels nous avons ouvert nos portes et nos cœurs". Mais la Pologne a besoin d'argent pour financer ses efforts. Jusqu'à présent, l'UE n'a "pas payé un centime" pour accueillir les réfugiés, a déclaré M. Morawiecki.

Le premier ministre polonais réclame désormais un "traitement équitable" pour son pays. "La Turquie a été soutenue par des milliards d'euros lors de la précédente vague de réfugiés. Je pense que nous méritons également le soutien de l'Union européenne", a-t-il poursuivi.

3h16 : Le Parlement canadien condamne un "génocide" contre les Ukrainiens

Les députés canadiens ont adopté mercredi une motion condamnant les "actes de génocide contre le peuple ukrainien" menés par la Russie et reconnaissant qu'il existe "des preuves claires et abondantes de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité systématiques et massifs". "La Chambre des communes a adopté une motion concernant des actes de génocide contre le peuple ukrainien", a annoncé la chambre basse du Parlement sur Twitter.

Le texte, déposé à l'initiative d'une députée du Nouveau parti démocratique (NPD, gauche), Heather McPherson, a été adopté à l'unanimité.

La motion précise qu'il "existe des preuves claires et abondantes de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité systématiques et massifs commis contre le peuple ukrainien par les Forces armées de la Fédération de Russie, sous la direction du président Vladimir Poutine".

Ces "crimes" incluent notamment la torture, des "atrocités de masse dans les territoires ukrainiens", le "transfert forcé d'enfants ukrainiens vers le territoire russe", ou encore des "cas à grande échelle de violence physique, mentale et de viol".

En validant ce texte, la Chambre des communes "reconnaît que la Fédération de Russie commet des actes de génocide contre le peuple ukrainien", selon le document.

L'adoption de ce texte intervient une dizaine de jours après que le Parlement ukrainien a voté une résolution similaire.

1h59 : Des morts et blessés dans de nouveaux bombardements à Kharkiv

Au moins trois personnes ont été tuées et six blessées dans des bombardements dans les environs de Kharkiv en Ukraine, ont rapporté mercredi des représentants des autorités locales, qui affirment que la Russie est responsable des pertes civiles. Deux des six blessés sont dans un état grave, a déclaré le chef de l'armée régionale, Oleg Sinegubov. L'armée russe a déployé de l'artillerie et des mortiers. L'armée ukrainienne a réussi à infliger des pertes à la partie russe, a-t-il précisé. Ces informations ne peuvent toutefois être vérifiées par des sources indépendantes.

En outre, plusieurs explosions sont signalées par l'Ukraine dans la ville de Kherson, tenue par les Russes.

Dans la région orientale et la ville de Soumy, en revanche, les autorités locales font état de plus de 50 attaques au mortier. On ne sait pas encore s'il y a des victimes. Des attaques sont également signalées dans la ville de Mykolaïv, dans le sud de l'Ukraine.

Guterres à Boutcha et Irpin, Moscou poursuit son offensive en Ukraine

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres se rend jeudi dans la banlieue de Kiev, à Boutcha, Irpin et Borodianka, théâtres d'exactions imputées à l'armée russe par les Ukrainiens, tandis que Moscou poursuit son offensive dans l'est et le sud de l'Ukraine.

Kiev accuse les forces russes d'avoir commis des massacres après la découverte de dizaines de cadavres portant des vêtements civils dans ces localités occupées puis abandonnées par l'armée russe.

Le 2 avril, à Boutcha, des journalistes de l'AFP ont découvert l'horreur: une rue jonchée de cadavres. Et l'ONU a documenté le "meurtre, y compris certains par exécution sommaire", de 50 civils, après une mission dans la ville.

Mercredi, les députés canadiens ont adopté une motion condamnant les "actes de génocide contre le peuple ukrainien" menés par la Russie et affirmant qu'il existe "des preuves claires et abondantes de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité systématiques et massifs".

Le chef des Nations unies est arrivé en Ukraine en provenance de Moscou où il a plaidé auprès de Vladimir Poutine pour un cessez-le-feu "dans les plus brefs délais".

Il s'est également dit "préoccupé par les rapports répétés faisant état de possibles crimes de guerre", jugeant qu'ils "requièrent une enquête indépendante".

"Chantage russe"

De son côté, l'Union européenne a accusé mercredi la Russie de "chantage" après qu'elle eut cessé la fourniture de gaz à la Pologne et à la Bulgarie tandis que les Occidentaux poursuivent leurs efforts pour armer les Ukrainiens face à la Russie.

La Grande-Bretagne a appelé mercredi les alliés de l'Ukraine à faire preuve de "courage" en augmentant leur aide militaire, arguant que la guerre en Ukraine était "notre guerre" et la victoire de Kiev un "impératif stratégique pour nous tous".

"Armes lourdes, chars, avions - creuser dans nos stocks, accélérer la production, nous devons faire tout ça", a lancé mercredi soir dans un discours à Londres la cheffe de la diplomatie britannique Liz Truss.

Le président russe a de son côté à nouveau mis en garde contre toute intervention extérieure dans le conflit en Ukraine, promettant une riposte "rapide et foudroyante".

Moscou s'efforce en attendant de cibler cette aide militaire et le ministère russe de la Défense a affirmé mercredi que "des hangars avec une grande quantité d'armes et de munitions étrangères, livrées aux forces ukrainiennes par les Etats-Unis et des pays européens, avaient été détruits avec des missiles Kalibr tirés de la mer sur l'usine d'aluminium de Zaporojie", dans le sud de l'Ukraine.

Le gouverneur de cette région a cependant apporté un ferme démenti: "Aucun dépôt de munitions et d'armes n'a été touché à Zaporojie", a-t-il rétorqué, martelant que l'usine atteinte "n'était plus opérationnelle depuis six ans".

Les troupes russes bombardent aussi ponts et voies ferrées pour ralentir les livraisons d'armes occidentales à l'Ukraine, avait expliqué mardi un conseiller du ministre ukrainien de l'Intérieur, après la destruction d'un pont stratégique reliant ce pays à la Roumanie.

Poursuite de l'offensive russe

Les forces russes, qui intensifient depuis deux semaines leur offensive sur le Donbass, ont annoncé mercredi avoir effectué des frappes aériennes sur 59 cibles ukrainiennes.

Parallèlement, l'armée ukrainienne a, fait rare de sa part, reconnu des avancées russes dans l'est, dans la région de Kharkiv et dans le Donbass, un bassin minier en partie contrôlé par des séparatistes prorusses depuis 2014.

Kiev a admis que les Russes avaient pris des localités s'égrenant du nord au sud, laissant penser que Moscou veut prendre en étau une large poche encore aux mains des Ukrainiens.

"Nous avons des semaines extrêmement difficiles à venir", a prévenu dans un communiqué mercredi le ministre ukrainien de la Défense, Oleksiï Reznikov.

Selon lui, l'armée russe, "déjà consciente de sa défaite stratégique, va tenter d'infliger le plus de souffrances possibles" aux soldats ukrainiens qu'il a exhortés à "tenir le coup".

A Kherson (sud) -- première grande ville dont se sont emparées les forces russes après leur invasion de l'Ukraine lancée le 24 février --, "les occupants ont lancé des grenades lacrymogènes contre des manifestants ukrainiens qui scandaient +Kherson est l'Ukraine¨+!", a indiqué l'armée ukrainienne dans un communiqué. Des manifestants "ont été blessés et interpellés", a ajouté la même source sans fournir davantage de détails.

"Sauvez la garnison de Marioupol"

A Kharkiv, dont les quartiers nord et est sont à moins de 5 km de la ligne de front, au moins trois personnes ont péri et 15 ont été blessées dans des bombardements, a déclaré le gouverneur Oleg Synegoubov.

A la pointe sud du Donbass, dans la ville portuaire stratégique de Marioupol, assiégée et dévastée, "l'ennemi bombarde massivement et bloque nos unités près de l'usine d'Azovstal", a affirmé de son côté le ministère ukrainien de la Défense dns son rapport quotidien.

Le commandant de la 36e Brigade des Marines de Marioupol, Sergueï Volyna, a lancé un nouvel appel à l'aide, soulignant avoir avec lui 600 soldats blessés et des centaines de civils.

"Mon message aujourd'hui est: sauvez la garnison de Marioupol, menez pour nous une opération d'exfiltration. Les gens vont simplement mourir ici (...) les civils meurent avec nous (...) la ville est quasiment effacée de la surface de la Terre", a-t-il imploré dans un message relayé sur Telegram.

Selon le conseiller présidentiel ukrainien Oleksiy Arestovich, "les efforts des envahisseurs russes sont concentrés autour de Slovyansk, Kramatorsk et Marioupol" où ils tentent de déloger les militaires ukrainiens barricadés dans le complexe métallurgique d'Azovstal et où se trouvent également des centaines de civils.

Des efforts sont déployés, a-t-il assuré, pour "contraindre Vladimir Poutine à les relâcher". "Les civils d'abord, mais nous travaillons aussi pour évacuer nos soldats", a-t-il souligné.

L'UE "unie et solidaire" face à l'arme russe du gaz

Sur le terrain économique, le groupe russe Gazprom a annoncé mercredi avoir suspendu toutes ses livraisons de gaz à la Bulgarie et à la Pologne, assurant que ces deux pays n'avaient pas payé en roubles, comme l'exige depuis mars Vladimir Poutine.

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a dénoncé un "chantage au gaz" et affirmé que ces deux pays membres de l'UE et de l'Otan, très dépendants du gaz russe, étaient désormais approvisionnés "par leurs voisins de l'Union européenne".

Les ministres européens en charge de l'énergie se réuniront lundi 2 mai en "session extraordinaire", a annoncé mercredi soir la ministre française en charge de la Transition écologique, Barbara Pompili.

Ces événements surviennent à un moment où de nombreuses chancelleries s'inquiètent du risque d'extension du conflit, après une série d'explosions, attribuées par Kiev à Moscou, dans la région séparatiste prorusse de Transdniestrie, en Moldavie.

"Nous condamnons fermement de telles actions. Les autorités moldaves veilleront à empêcher la république d'être entraînée dans un conflit", avait déclaré mardi la présidente moldave Maïa Sandu, exhortant la population au calme.

Mercredi, les autorités de ce territoire séparatiste ont déclaré qu'un village frontalier hébergeant un important dépôt de munitions de l'armée russe avait été la cible de tirs en provenance d'Ukraine.

Pour venir en aide à l'Ukraine, la Commission européenne a proposé mercredi de suspendre pendant un an tous les droits de douane sur les produits importés de ce pays dans l'UE. La proposition doit encore être approuvée par le Parlement européen et les 27 Etats membres.

Le président Volodymir Zelensky a salué la proposition ajoutant que la Russie "tente de provoquer une crise mondiale des prix" et le "chaos" sur le marché alimentaire mondial.

Le président ukrainien a également indiqué mercredi sur Twitter s'être entretenu avec son homologue indonésien qui l'a invité au sommet G20, à Bali, en novembre.

Sur le même sujet