Une centaine de civils évacués du complexe Azovstal

Une opération d’évacuation dans cette dernière poche de la résistance ukrainienne à Marioupol a débuté ce week-end.

V.B. (avec AFP)

L'opération d'évacuation des civils du complexe métallurgique Azovstal à Marioupol, dans le sud-est de l'Ukraine, s'est poursuivie dimanche. Un premier groupe d'environ cent personnes se dirigeait en soirée vers le territoire contrôlé par l'Ukraine. "Demain, nous allons les accueillir à Zaporijjia", a écrit sur Twitter le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

Au moins vingt personnes avaient été évacuées dans la nuit de samedi à dimanche de cette usine présentée comme la dernière poche de résistance ukrainienne de la ville portuaire située sur la mer Noire. "Le convoi pour évacuer les civils a démarré le 29 avril, a franchi quelque 230 kilomètres et atteint le complexe à Marioupol samedi matin, heure locale", a détaillé l'Onu, alors que l'opération était en cours dimanche, en coordination avec le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) et les parties au conflit.

Le régiment ukrainien Azov, qui défend cette zone industrielle, avait dans un premier temps évoqué l’évacuation de "vingt civils, des femmes et des enfants". De son côté, la Russie avait fait état de près de 50 évacuations samedi et 40 dimanche.

Ces évacuations sont survenues après la visite de la présidente de la Chambre des représentants des États-Unis, Nancy Pelosi, qui a mené samedi une visite surprise à Kiev, laquelle n'a été annoncée que dimanche. Elle y a rencontré le président Zelensky, avant de s'envoler pour la Pologne. "Merci aux États-Unis de contribuer à protéger la souveraineté et l'intégrité territoriale de notre État", a twitté le président ukrainien pour accompagner une vidéo où on le voit, flanqué de gardes armés, accueillir Mme Pelosi et une délégation du Congrès devant la présidence à Kiev et ensuite en réunion avec la délégation américaine.

L’Otan "en guerre", selon Moscou

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a affirmé dans la presse que la Russie ne considérait pas "être en guerre avec l'Otan", mais que l'Otan oui.

"Malheureusement, l'Otan, semble-t-il, se considère en guerre avec la Russie", a-t-il affirmé dans un long entretien accordé au réseau saoudien Al Arabiya, repris par le média en ligne Arab News . "Les dirigeants de l'Otan et de l'UE, beaucoup d'entre eux, en Angleterre, aux États-Unis, en Pologne, en France, en Allemagne et bien sûr le diplomate en chef de l'Union européenne, Josep Borrell, disent franchement, publiquement et systématiquement : 'Poutine doit échouer, la Russie doit être v aincue' . Lorsque vous utilisez cette terminologie, je crois que vous pensez que vous êtes en guerre avec la personne que vous voulez vaincre."

En Russie, un incendie s’est déclaré dans des locaux appartenant au ministère de la Défense dans la région de Belgorod, près de la frontière avec l’Ukraine, faisant un blessé léger, selon son gouverneur, Viatcheslav Gladkov.

Plus tôt dans la journée, le gouverneur d'une autre région frontalière, celle de Koursk, a pour sa part indiqué sur Telegram qu'en fin de matinée une partie d'une voie ferrée utilisée pour le fret s'était effondrée au niveau d'un pont, sans faire de victimes. "C'était un sabotage, une affaire pénale a été ouverte. Les autorités chargées de l'enquête, les experts des forces de l'ordre vont régler le problème", a promis le gouverneur Roman Starovoït, sans nommer les forces ukrainiennes et en promettant des détails supplémentaires ultérieurement. La Russie a plusieurs fois accusé les forces ukrainiennes d'avoir effectué des frappes sur le sol russe, dans les régions proches de la frontière avec l'Ukraine.

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