"Des motifs qui transpirent racisme, sexisme et mépris de la laïcité" : passe d'armes entre Eric Piolle et Laurent Wauquiez sur le burkini

Le maire (EELV) de Grenoble Eric Piolle et le président (LR) de la région Auvergne-Rhône-Alpes Laurent Wauquiez se sont livrés mardi à une passe d'armes sur le port du burkini, qui pourrait être prochainement autorisé dans les piscines de Grenoble.

"Des motifs qui transpirent racisme, sexisme et mépris de la laïcité" : passe d'armes entre Eric Piolle et Laurent Wauquiez sur le burkini
©ABACAPRESS

M. Piolle et sa majorité se sont engagés de longue date à rendre publique leur position au sujet de ce vêtement de bain controversé avant l'ouverture des piscines en juin et le maire de Grenoble a confirmé vendredi dernier dans le Dauphiné Libéré qu'il figurerait au menu du conseil municipal prévu le 16 mai.

Suite à cette annonce, M. Wauquiez a déclaré "(mettre) le maire en garde". Si le port du burkini est autorisé, "la Région coupera toute subvention à la ville de Grenoble. Pas un centime des Auvergnats-Rhônalpins ne financera votre soumission à l'islamisme", a-t-il menacé sur Twitter.

La région a soutenu ces dernières années "plus de 70 dossiers à Grenoble", pour un montant qui se chiffre "en millions d'euros", a précisé mardi soir l'ancien chef de file des Républicains sur BFMTV.

"Je suis convaincu que ce que défend M. Piolle est une impasse terrible pour notre pays", a-t-il ajouté, l'accusant de "faire des pactes avec l'islam politique" pour "acheter des voix".

"Je lis que Laurent Wauquiez menace de priver Grenoble de l'argent de la Région pour des motifs qui transpirent racisme, sexisme et mépris de la laïcité", a réagi de son côté M. Piolle, mardi sur Twitter. "Ou s'arrêtera cette chasse aux Françaises qui portent le voile ? Va-t-il leur interdire de monter dans les TER de la Région ?".

A ses yeux, la posture de M. Wauquiez "révèle une 'lepénisation, une 'zemmourisation' des esprits alors qu'on est juste sur un sujet d'égalité et d'accès au service public".

Laurent Wauquiez, très offensif ces derniers mois sur la dénonciation de "l'islamo-gauchisme", avait déjà suspendu fin 2021 différentes subventions localement, dont celle de l'IEP de Grenoble après la suspension d'un enseignant accusé d'islamophobie.

L'annonce du prochain examen du dossier burkini en conseil municipal a également suscité une levée de boucliers parmi l'opposition grenobloise, l'ancien maire de droite Alain Carignon appelant à une mobilisation le jour du vote afin d'exiger la tenue d'un "référendum" sur ce qu'il qualifie de "remise en cause des valeurs de la République".

Autorisé par le Conseil d'Etat en 2016 sur les plages, le port du burkini en piscine continue d'alimenter le débat faute de règlement national précis en la matière. Des collectifs de militantes se présentant comme des "féministes musulmanes" mènent régulièrement des actions pour demander l'autorisation de ce maillot de bain couvrant controversé.

A Grenoble, l'association "Alliance citoyenne" a multiplié les opérations surprises dans des piscines municipales depuis 2019.

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