Londres n'en fait pas assez contre la corruption, estiment plusieurs ONG

Le nouveau régime anticorruption international lancé par le gouvernement britannique il y a un an manque d'efficacité et Londres doit redoubler d'efforts pour appliquer ses sanctions de façon "ambitieuse, cohérente et effective", appellent des ONG.

Londres n'en fait pas assez contre la corruption, estiment plusieurs ONG
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Seules 27 sanctions ont été imposées en un an en vertu de ce régime, dont 14 liées à des faits de corruption en Russie, c'est trop peu, ont critiqué l'ONG Redress et une coalition d'organisations anticorruption dans un rapport.

Le gouvernement britannique a pourtant annoncé avoir sanctionné depuis le début de la guerre en Ukraine plus de 1.400 personnes et entreprises liées au régime du président russe Vladimir Poutine, mais le rapport déplore que ces désignations aient été faites selon un régime spécifique et pourraient disparaître avec la fin du conflit.

"Aucun des acteurs sanctionnés ne l'a été sous le régime anticorruption" adopté l'an dernier, alors que des "sanctions croisées garantiraient que les personnes impliquées dans des actes de corruption graves resteraient sur la liste des sanctions, peu importe l'issue de l'invasion" de l'Ukraine, estiment les ONG dans leur rapport.

Par ailleurs, l'efficacité du régime est "sapée" par "un manque de désignations" de cibles mais aussi "l'absence d'une approche stratégique pour démanteler les réseaux", ou encore un manque de coordination avec d'autres pays, comme les États-Unis, qui sanctionnent davantage, selon les ONG.

Le rapport pointe aussi des problèmes de mise en œuvre des gels d'avoirs et d'exécution des mesures, et relève une stagnation des sanctions entre septembre 2021 et février 2022.

Le Royaume-Uni devrait aussi attribuer davantage de moyens aux unités chargées de lutter contre la corruption, ou encore mettre en œuvre des mécanismes de recouvrement pour faciliter le rapatriement des gains mal acquis au bénéfice des victimes de la corruption, selon les ONG.

Londres est régulièrement accusée par les ONG anticorruption ou anti-blanchiment de ne pas en faire assez pour lutter contre la criminalité financière, et notamment contre les flux douteux d'argent russe affluant depuis des années au Royaume-Uni.

L'invasion en Ukraine a poussé le gouvernement britannique à s'attaquer à la question à travers des sanctions contre les oligarques mais aussi une loi pour réprimer plus sévèrement la criminalité économique.

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