Rome veut l'ouverture "immédiate" des négociations pour intégrer Albanie et Macédoine à l'UE

Le Premier ministre italien Mario Draghi a réclamé mardi l'ouverture "immédiate" des négociations formelles pour intégrer la Macédoine du Nord et l'Albanie dans l'UE, ainsi que l'"accélération" des pourparlers en cours avec la Serbie et le Monténégro.

Rome veut l'ouverture "immédiate" des négociations pour intégrer Albanie et Macédoine à l'UE
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Alors que l'UE a conforté son unité en soutenant l'Ukraine face à l'offensive russe, "la pleine intégration des pays qui manifestent des aspirations européennes ne représente pas une menace pour le maintien du projet européen, cela fait partie de sa réalisation", a-t-il affirmé lors d'un discours au Parlement européen à Strasbourg.

"L'Italie soutient l'ouverture immédiate de négociations d'adhésion avec l'Albanie et la Macédoine du Nord, conformément à la décision prise par le Conseil européen en mars 2020", a-t-il indiqué.

Les gouvernements de la Macédoine du Nord et de l'Albanie espèrent l'ouverture des négociations d'adhésion en juin ou en juillet.

En 2020, les Vingt-Sept avaient approuvé l'ouverture des négociations pour intégrer la Macédoine du Nord et, sous conditions, l'Albanie. L'Allemagne et les Pays-Bas avaient en effet imposé à Tirana d'exigeantes réformes à accomplir avant l'ouverture formelle des pourparlers, notamment des réformes électorales, judiciaire et de lutte contre la corruption et la criminalité organisée.

Concernant la Macédoine, le blocage sur la voie européenne vient de la Bulgarie à cause de contentieux liés à la langue et à l'histoire. Toutefois, le Premier ministre bulgare, Kiril Petkov, a déclaré fin mars que des "progrès" avaient été réalisés dans les discussions en cours depuis janvier.

"Nous voulons donner un nouvel élan aux négociations avec la Serbie et le Monténégro, et accorder la plus grande attention aux aspirations légitimes de la Bosnie-Herzégovine et du Kosovo", a également déclaré mardi Mario Draghi.

"En prenant des décisions urgentes et sages, (le Monténégro) peut devenir bientôt pays membre de l'UE", a affirmé le nouveau Premier ministre monténégrin, Dritan Abazovic.

"Nous sommes favorables à l'entrée de tous ces pays (dans l'UE), et nous voulons également l'Ukraine dans l'Union européenne: nous devons suivre le processus d'adhésion que nous avons mis au point, mais nous devons aussi procéder le plus rapidement possible", a insisté Mario Draghi.

Début mars, le président ukrainien Volodymyr Zelensky avait réclamé l'intégration "sans délai" de son pays à l'UE.

"Nous prendrons nos responsabilités", lui avait répondu le président du Conseil européen Charles Michel.

Mais il n'existe aucune procédure d'intégration accélérée. Être admis au sein de l'UE nécessite notamment de rapprocher la législation du pays candidat du droit européen, un processus long et difficile.

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