Guerre en Ukraine: Moscou exclut l'utilisation de l'arme nucléaire, les Ukrainiens accusent les Russes de tirer durant l'évacuation de civils à Azovstal

Les événements importants de ce vendredi 6 avril dans le conflit ukrainien.

18h45 : Une quinzaine de personnes dénoncent à Bruxelles les viols commis par les soldats russes

Une quinzaine de personnes, selon l'estimation de la police de Bruxelles-Ixelles, ont pris part vendredi de 16h00 à 17h00, à une action symbolique organisée par des réfugiées ukrainiennes pour dénoncer les viols commis par des soldats russes dans les zones de guerre. Des femmes portaient des vêtements blancs maculés de faux sang. Des habits d'enfants et des peluches ensanglantés avaient également été dispersés sur le sol. Des drapeaux ukrainiens et des pancartes, avec des messages comme "Combien de femmes et d'enfants seront encore violés en Ukraine ?", entouraient la scène. Des témoignages ont aussi été rapportés aux passants, via un mégaphone. Les participantes ont poussé des cris pour leur faire ressentir l'horreur des personnes qui ont assisté aux viols et aux meurtres des femmes et enfants de leurs familles.

"Nous sommes ici aujourd'hui pour parler en leurs noms, car beaucoup sont déjà mortes", a déclaré une réfugiée au mégaphone tandis que des participantes s'étaient allongées sur le sol.

"Il est très important pour nous que les gens voient ce qui se passe en Ukraine", a expliqué Mariana Sieda, une Ukrainienne réfugiée à Bruxelles. "Il faut soutenir les femmes qui restent en Ukraine."

Par cette action, ces femmes exilées espèrent rendre visibles les viols et crimes de guerre commis par les soldats russes. Elles appellent les dirigeants européens à faire leur possible pour qu'ils ne restent pas impunis et pour que des enquêtes soient menées.

17h50 : 41 personnes libérées dans le cadre d'un échange de prisonniers avec Moscou

Quarante-et-une personnes, dont onze femmes, ont été libérées dans le cadre d'un nouvel échange de prisonniers avec la Russie, a annoncé Kiev vendredi, sans révéler le nombre de Russes remis à Moscou. "Un autre échange de prisonniers a eu lieu: 41 personnes, dont 11 femmes, ont été rapatriées. 28 militaires et 13 civils rentrent chez eux", a indiqué sur Telegram la vice-Première ministre ukrainienne, Iryna Verechtchouk.

Selon elle, parmi les personnes libérées figure notamment un membre du clergé orthodoxe ukrainien.

Plusieurs échanges de prisonniers ont eu lieu entre Kiev et Moscou depuis l'invasion de l'Ukraine par la Russie lancée le 24 février.

Le dernier en date avait eu lieu le 30 avril, concernant 14 Ukrainiens dont une femme enceinte.

16h15 : La Russie restera "pour toujours" dans le Sud de l'Ukraine, affirme un haut responsable parlementaire russe

La Russie restera "pour toujours" dans le Sud de l'Ukraine, a affirmé vendredi un haut responsable parlementaire russe, Andreï Tourtchak, lors d'une visite à Kherson, importante ville ukrainienne dont Moscou revendique le contrôle total depuis mars.

"En m'adressant aux habitants de la région de Kherson, j'aimerais dire encore une fois que la Russie est là pour toujours. On ne doit en avoir aucun doute", a déclaré M. Tourtchak, premier adjoint au président du Conseil de la Fédération (chambre haute du Parlement), cité par l'agence de presse publique RIA Novosti.

C'est la première fois qu'un haut responsable russe annonce l'intention de Moscou de rester dans les territoires pris par l'armée russe depuis le début de l'opération en Ukraine le 24 février.

La Russie a jusqu'ici soutenu que l'un de ses objectifs principaux était de "dénazifier" son voisin.

"Il n'y aura aucun retour vers le passé. Nous allons vivre ensemble, développer cette région riche, riche de son patrimoine historique, de son peuple qui habite ici", a assuré M. Tourtchak.

Egalement secrétaire du conseil général du parti au pouvoir Russie unie, il a annoncé la prochaine ouverture d'un centre logistique russe d'aide humanitaire à Kherson.

Ce centre, qui sera mis en place par Russie unie, va s'occuper notamment de la livraison des produits d'alimentation et de première nécessité et des médicaments, selon la même source.

La ville de Kherson, proche de la Crimée annexée par Moscou en 2014, est la première et à ce jour la seule ville d'importance ukrainienne dont les Russes aient pris complètement le contrôle depuis le début de leur offensive en Ukraine le 24 février. Ils en ont revendiqué la prise le 3 mars.

L'administration russe de cette ville côtière a déjà annoncé son intention d'y introduire le rouble pour remplacer la monnaie ukrainienne à partir du 1er mai.

14h35 : Pas de célébrations officielles prévues à Marioupol le 9 mai, dit le Kremlin

La Russie ne prévoit pas de célébrations dans la ville ukrainienne de Marioupol à l'occasion du 9 mai, marquant la victoire sur l'Allemagne nazie en 1945, a affirmé vendredi le Kremlin. Les renseignements ukrainiens avaient assuré mercredi que Moscou préparait un défilé militaire dans cette ville stratégique où les derniers combattants ukrainiens sont retranchés, après des semaines de combats terribles, dans une vaste zone industrielle.

"Cette année, bien entendu, c'est impossible pour des raisons évidentes. Mais l'heure viendra où une grande célébration aura lieu là-bas", a déclaré à la presse le porte-parole de la présidence russe, Dmitri Peskov.

"Il y aura certainement des Russes, de nombreux Russes le 9 mai (à Marioupol). Mais en ce qui concerne une délégation officielle (pouvant se rendre dans cette ville), je ne suis pas au courant", a-t-il ajouté.

Marioupol, grande ville portuaire du sud-est de l'Ukraine, est presque totalement sous le contrôle des forces russes, qui affrontent désormais les derniers défenseurs ukrainiens retranchés dans une vaste aciérie, Azovstal.

Après plusieurs semaines d'un siège meurtrier, la ville est en grande partie ravagée, de nombreux immeubles étant endommagés ou détruits.

Le 9 mai est une date très importante pour la Russie, qui organise chaque année des parades militaires, dont un grand défilé sur la place Rouge à Moscou, pour célébrer la victoire lors de la "Grande guerre patriotique" contre l'Allemagne nazie.

Le Kremlin a plusieurs fois affirmé combattre des "néonazis" en Ukraine --dont le président Volodymyr Zelensky est pourtant juif--, multipliant les parallèles historiques entre cette intervention militaire et la Seconde Guerre mondiale.

14h30 : Les Ukrainiens accusent les Russes de tirer durant l'évacuation de civils à Azovstal

Le régiment Azov, qui défend l'immense aciérie Azovstal où sont retranchés les derniers combattants ukrainiens de Marioupol, a accusé vendredi les forces russes d'avoir visé une de ses voitures participant à l'opération d'évacuation de civils, tuant un soldat. "Durant le cessez-le-feu sur le territoire de l'usine Azovstal, une voiture a été visée par les Russes avec un missile guidé antichar. Cette voiture se dirigeait vers des civils pour les évacuer de l'usine", a affirmé le régiment sur la messagerie Telegram. "Un combattant a été tué et six blessés", a-t-il ajouté.

"L'ennemi continue de violer tous les accords et de ne pas respecter les garanties de sécurité des évacuations de civils", poursuit ce court message.

Les évacuations sous l'égide de l'ONU et du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), qui ont commencé le week-end dernier, devaient se poursuivre ce vendredi dans l'immense complexe sidérurgique d'Azovstal, dernière poche de résistance ukrainienne dans le port de stratégique de Marioupol dans le sud-est du pays.

Mais selon le ministère ukrainien de la Défense, l'armée russe poursuit son offensive "visant à prendre le contrôle de l'usine", malgré le cessez-le-feu unilatéral qu'elle avait annoncé mercredi soir pour trois jours, de jeudi à samedi.

La prise d'Azovstal permettrait à Moscou de revendiquer le contrôle total de Marioupol, port stratégique à la pointe sud du Donbass qui comptait près de 500.000 habitants avant la guerre mais a été dévasté par deux mois de siège et de bombardements.

14h15 : Moscou exclut l'utilisation de l'arme nucléaire en Ukraine

Le ministère russe des Affaires étrangères a exclu vendredi l'utilisation d'armes nucléaires en Ukraine. Elles ne sont d'aucune utilité pour "l'opération militaire spéciale", a-t-il déclaré, désignant ainsi l'invasion du pays voisin. "Les scénarios de notre utilisation possible des armes nucléaires sont clairement détaillés dans les documents doctrinaux russes", a expliqué un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Alexei Sajzev, selon les médias d'Etat russes. "Ils ne s'appliquent pas à l'exécution des tâches à réaliser dans le cadre de l'opération militaire spéciale en Ukraine."

La doctrine nucléaire russe ne prescrit qu'une utilisation défensive des armes nucléaires. "La Russie adhère strictement aux principes selon lesquels il n'y a pas de gagnants dans une guerre nucléaire et qu'elle ne doit pas être déclenchée", a insisté Alexei Sajzev.

Selon ce dernier, Moscou a proposé à plusieurs reprises des accords pour rendre la guerre nucléaire impossible. Le diplomate a également de nouveau accusé l'Occident d'une escalade délibérée et parle d'une "menace nucléaire de la part de la Russie qui est fabriquée".

Le président russe Vladimir Poutine a averti en février les pays occidentaux de ne pas s'impliquer dans la guerre en Ukraine, mettant en garde contre "des conséquences auxquelles ils n'ont jamais été confrontés". Dans le même temps, le chef du Kremlin a fait mettre ses forces nucléaires en état de préparation renforcée.

14h00 : Des images satellites prédisent une perte d'un tiers des récoltes de blé en Ukraine

Le rendement de la prochaine moisson de blé en Ukraine devrait chuter d'au moins 35% comparé à 2021 en raison de l'invasion russe, selon des images satellites analysées par la société de géolocalisation Kayrros dans une note publiée vendredi.

Le conflit a lourdement perturbé la saison des semis, qui est en cours, et obligé les agriculteurs à travailler sous les bombes, avec du carburant difficile à trouver. A hauteur de satellites, la différence par rapport aux saisons habituelles est déjà visible, corroborant les prédictions des analystes.

Les images ont été enregistrées entre le 14 et le 22 avril, un peu moins de deux mois après l'invasion du pays par la Russie, par le satellite Terra de la Nasa, puis analysées par Kayrros.

Le spécialiste de l'imagerie satellite et de la géolocalisation appliquée à l'environnement s'est appuyé sur la méthode dite de "l'indice de végétation par différence normalisée", une analyse infrarouge de précision qui permet d'évaluer l'état des végétaux et ainsi de prédire la production de céréales.

A ce stade, l'Ukraine serait en capacité de produire 21 millions de tonnes de blé en 2022, soit 12 millions de moins qu'en 2021 estime Kayrros, avec une baisse de rendement des moissons de 23% sous la moyenne des cinq dernières années.

13h27 : Moscou prétend que le navire Moskva n'était pas impliqué dans l'opération militaire

La Russie affirme que le navire Moskva, qui a coulé le 14 avril dernier aux larges des côtes ukrainiennes, n'était pas impliqué dans l'opération militaire en Ukraine, ressort-il d'une réponse du parquet militaire aux parents d'un marin du navire. "L'enquête a révélé que le navire sur lequel servait E.D. Schkrebez n'est pas entré dans les eaux ukrainiennes et ne figurait pas sur la liste des unités appelées à participer à l'opération militaire spéciale", peut-on lire dans la lettre officielle partagée vendredi par le père du marin sur le réseau social VKontakte. Le matelot est porté disparu depuis le naufrage du navire à la mi-avril.

Le père du marin disparu a estimé que cette lettre était un tissu de mensonges. "L'île aux Serpents n'appartient pas aux eaux territoriales de l'Ukraine, salopards", a-t-il répliqué. D'après la loi russe, en tant que conscrit, son fils n'aurait pas dû participer à l'effort de guerre contre l'Ukraine.

Le croiseur Moskva, vaisseau-amiral de la Flotte russe de la mer Noire, a coulé mi-avril après avoir, selon Kiev, été touché par des missiles ukrainiens. Moscou a affirmé de son côté qu'il avait été endommagé par une explosion à bord. Moscou a signalé un décès et la disparation de 27 membres de l'équipage, mais d'après les médias, les pertes sont beaucoup plus importantes.

12h35 : L'armée russe a commis des crimes de guerre dans la région de Kiev, estime Amnesty

Les forces russes doivent être traduites en justice pour les crimes de guerre commis dans la région au nord-ouest de Kiev, estime Amnesty International vendredi dans une nouvelle synthèse publiée à la suite d'une enquête approfondie sur le terrain, fondée sur des dizaines d'entretiens et une analyse poussée de preuves matérielles. Amnesty International a recensé des frappes aériennes illégales contre la ville de Borodianka et des exécutions extrajudiciaires dans d'autres villes et villages, notamment Boutcha, Andriivka, Zdvyjivka et Vorzel. "Les pratiques criminelles des forces russes que nous avons constatées comprennent des attaques illégales et des homicides volontaires visant des civils", selon Agnès Callamard, secrétaire générale d'Amnesty International. "Nous avons rencontré des personnes dont les proches ont été tués et dont les vies ont été bouleversées à jamais par l'invasion russe. Nous soutenons leurs appels à la justice et demandons aux autorités ukrainiennes, à la Cour pénale internationale et à d'autres entités de veiller à ce que les éléments de preuve soient préservés afin de permettre d'étayer de futures poursuites pour crimes de guerre". Elle estime dès lors essentiel que toutes les personnes responsables, notamment celles haut placées dans la chaîne de commandement, soient traduites en justice.

À Borodianka, l'ONG a constaté qu'au moins 40 civils avaient été tués les 1er et 2 mars dans des attaques qui ont dévasté un quartier entier et ont laissé des milliers de personnes sans abri.

À Boutcha et dans d'autres villes et villages au nord-ouest de Kiev au cours du mois de mars, Amnesty "a constaté 22 cas d'homicides illégaux commis par les forces russes, dont la plupart étaient des exécutions extrajudiciaires manifestes".

12h15 : Une visioconférence doit avoir lieu dimanche avec les dirigeants du G7 et Zelensky

Les dirigeants des grandes puissances du G7 vont tenir dimanche une réunion virtuelle consacrée à la guerre en Ukraine à laquelle participera aussi le président ukrainien Volodymyr Zelensky, a annoncé vendredi une porte-parole du chancelier allemand Olaf Scholz.

"Le 8 mai est une date historique marquant la fin de la deuxième guerre mondiale en Europe qui a occasionné la terreur, la destruction et la mort en Europe", a déclaré la porte-parole lors d'une conférence de presse régulière, estimant qu'avec l'actuelle guerre en Ukraine "la cohésion du G7 est plus importante que jamais". L'Allemagne assure la présidence du G7 cette année.

11h20: Les forces russes poursuivent leur assaut sur Marioupol

Les forces russes poursuivent leur offensive sur l'aciérie Azovstal, dernière poche de résistance ukrainienne à Marioupol, a affirmé vendredi le ministère ukrainien de la Défense, alors qu'un convoi de l'Onu est attendu pour évacuer les civils toujours réfugiés dans l'usine. Les forces russes ont, "dans certaines zones, avec le soutien de l'aviation, repris les opérations visant à prendre le contrôle de l'usine" et "le blocus des unités de défense (ukrainiennes) continue", a indiqué le ministère dans un communiqué.

Le communiqué n'évoque pas de trêve alors que l'armée russe avait annoncé mercredi soir qu'elle respecterait un cessez-le-feu unilatéral pendant trois jours, de jeudi à samedi, pour permettre l'évacuation des civils de cette immense aciérie.

10h24: Autour de Marioupol, les panneaux de signalisation passent au russe

Des panneaux de signalisation routière en russe ont été installés aux alentours de la ville ukrainienne de Marioupol, remplaçant ceux en ukrainien et en anglais, ont annoncé les autorités séparatistes prorusses de la région. Le port stratégique de Marioupol (sud-est) est depuis le début de l'offensive de la Russie contre l'Ukraine le théâtre d'une bataille sans merci. Les derniers combattants ukrainiens sont assiégés sur un gigantesque site sidérurgique.

Le reste de la ville et ses alentours ont été conquis par les forces russes et leurs alliés de la république autoproclamée de Donetsk, non reconnue par la communauté internationale, qui revendique sa souveraineté sur Marioupol.

10:05 : L'Allemagne va livrer sept obusiers à l'Ukraine

L'Allemagne va fournir sept obusiers blindés à l'Ukraine pour l'aider à repousser l'envahisseur russe, a indiqué vendredi le ministère de la Défense, augmentant ainsi quelque peu ses efforts de livraisons d'armes lourdes à Kiev. L'annonce a été faite par la ministre de la Défense Christine Lambrecht, actuellement en visite en Slovaquie, a-t-on indiqué de même source.

Le Panzerhaubitze 2000 (Obusier blindé modèle 2000) est un canon automoteur fabriqué par l'industriel Krauss-Maffei Wegmann (KMW). Les appareils destinés à l'Ukraine proviennent des stocks de maintenance de la Bundeswehr, a dit la ministre, sans préciser quand les livraisons interviendraient.

Des soldats ukrainiens seront formés à leur usage en Allemagne à partir de la semaine prochaine.

Ils s'ajouteront à cinq autres obusiers du même type que les Pays-Bas ont récemment annoncé vouloir fournir à Kiev.

L'armée allemande dispose d'environ une centaine d'obusiers 2000, mais dont seulement une quarantaine sont opérationnels.

Le gouvernement d'Olaf Scholz a été sévèrement critiqué en Allemagne mais aussi par des partenaires européens comme les Pays baltes et la Pologne qui jugent son soutien militaire à l'Ukraine trop timoré.

Après avoir limité ses livraisons à des armes défensives, Berlin a finalement décidé l'envoi de matériel lourd et annoncé fin avril vouloir fournir à Kiev des chars de type "Guepard".

09h35: Les renseignements britanniques confirment les attaques russes sur l'usine d'Azovstal

Les services de renseignements britanniques ont confirmé vendredi les informations ukrainiennes faisant état d'attaques russes sur l'usine Azovstal de Marioupol. La Russie nie que ses troupes aient pris d'assaut la dernière poche de résistance ukrainienne de ce port stratégique du sud du Donbass, tandis que la partie ukrainienne affirme que les troupes russes ont partiellement pénétré sur le site. "Les troupes au sol russes à Marioupol ont poursuivi pour la deuxième journée leur attaque contre l'aciérie d'Azovstal, en dépit des affirmations de Moscou selon lesquelles la Russie ne chercherait qu'à l'assiéger", a déclaré vendredi matin le ministère britannique de la Défense.

Le Royaume-Uni estime qu'il existe un lien entre la "nouvelle tentative" de prendre Azovstal et le Jour de la Victoire, célébré le 9 mai. La Russie commémore ce jour-là la capitulation de l'Allemagne nazie pendant la Seconde Guerre mondiale. Les Britanniques estiment que le président russe Vladimir Poutine cherche à obtenir "un succès symbolique".

La Russie prétend que l'usine d'Azovstal est défendue par plusieurs milliers de soldats ukrainiens. Deux cents civils, dont des dizaines d'enfants, se trouvent également dans les installations souterraines de l'usine. La Russie a annoncé en début de semaine qu'elle observerait un cessez-le-feu de jeudi à samedi pour permettre l'évacuation des civils.

8h13 : "Près de 500 civils" déjà évacués de Marioupol, l'opération continue

"Près de 500 civils" au total ont pu être évacués ces derniers jours de la ville de Marioupol dans le sud-est de l'Ukraine, assiégée et bombardée par les Russes, ont indiqué vendredi les autorités ukrainiennes, précisant que les évacuations se poursuivaient ce vendredi.

"Nous avons réussi à évacuer presque 500 civils" depuis le début de cette opération "difficile" organisée par l'ONU, a indiqué sur Telegram le chef de l'administration présidentielle Andriï Iermak. "L'Ukraine continuera de tout faire pour sauver tous les civils et les militaires" bloqués à Azovstal, a-t-il assuré.

Les évacuations sous l'égide de l'ONU, qui ont commencé le week-end dernier, devaient se poursuivre ce vendredi depuis cette immense aciérie, dernière poche de résistance ukrainienne de ce port stratégique du sud du Donbass, a indiqué à l'AFP la vice-Première ministre Iryna Verechtchouk.

L'ONU, associée au Comité International de la Croix Rouge (CICR), a annoncé jeudi après-midi avoir envoyé un nouveau convoi à Azovstal, où il resterait encore des centaines de militaires dont beaucoup de blessés et quelque 200 civils, selon la municipalité.

"Aujourd'hui, nous nous concentrons sur Azovstal", a souligné Mme Verechtchouk. "L'opération démarre en ce moment. Nous prions pour sa réussite", a-t-elle ajouté.

Jeudi soir, elle avait indiqué que les habitants de Marioupol étaient appelés à se rassembler à 10H00 GMT devant un centre commercial de Marioupol pour être évacués.

4h07 : Le Pentagone dément toute aide à l'Ukraine pour cibler des généraux russes

Le ministère américain de la Défense a démenti jeudi fournir des renseignements permettant aux forces ukrainiennes de viser des hauts gradés russes près du front, ainsi que l'a affirmé le New York Times.

Il est exact que les Etats-Unis transmettent à Kiev des éléments des renseignements "afin d'aider les Ukrainiens à défendre leur pays", a déclaré John Kirby, le porte-parole du Pentagone.

Mais, a-t-il ajouté, "nous ne fournissons pas d'informations sur la localisation de hauts commandants militaires sur le champ de bataille, pas plus que nous ne participons aux décisions de ciblage prises par les militaires ukrainiens".

Des informations communiquées par les Etats-Unis ont aidé l'Ukraine à couler le croiseur russe Moskva, a par ailleurs affirmé jeudi la chaîne américaine NBC.

Selon des responsables anonymes cités par la chaîne, les forces ukrainiennes ont demandé aux Américains des renseignements concernant un navire croisant en mer Noire. Les Américains auraient alors identifié le bâtiment comme étant le Moskva et auraient précisé sa position.

Le Moskva, navire amiral de la flotte russe en mer Noire pouvant officiellement compter jusqu'à 680 membres d'équipage, a coulé le 14 avril.

Un haut responsable américain, sous couvert de l'anonymat, a démenti auprès de l'AFP que les Etats-Unis avaient fourni des renseignements permettant d'identifier le Moskva.

"Nous ne fournissons pas d'information de ciblage spécifique sur les navires. Nous fournissons une palette de renseignements pour aider les Ukrainiens à mieux comprendre les menaces posées par les navires russes dans la mer Noire et pour les aider à se préparer dans la défense contre de potentielles attaques venues de la mer", a déclaré ce haut responsable.

Affirmation "irresponsable"

Contrairement aux affirmations du Pentagone, le New York Times a affirmé mercredi, citant des sources anonymes au sein des services américains, que les renseignements fournis par les Etats-Unis à l'armée ukrainienne avaient permis de cibler plusieurs généraux russes près du front.

Citant plusieurs hauts responsables américains, le journal a déclaré que sur la douzaine de généraux russes tués par les forces ukrainiennes, "beaucoup" avaient été ciblés avec l'aide des services de renseignement américains.

Le Conseil de sécurité nationale américain (NSC) avait déjà qualifié d'"irresponsable" l'affirmation selon laquelle les Etats-Unis aidaient l'Ukraine à tuer des généraux russes.

"Les Etats-Unis fournissent des renseignements sur le champ de bataille pour aider les Ukrainiens à défendre leur pays", avait déclaré à l'AFP Adrienne Watson, porte-parole du NSC, dans un courriel.

"Nous ne fournissons pas de renseignements dans l'intention de tuer des généraux russes", avait-elle souligné.

Les efforts de renseignement de Washington pour aider l'Ukraine se sont notamment "concentrés sur la détermination de la localisation et d'autres détails sur les quartiers généraux mobiles de l'armée russe, qui se déplacent régulièrement", a écrit le New York Times.

Lundi, le Pentagone avait officiellement indiqué que le chef d'état-major russe, Valéri Guerassimov, s'était rendu pendant "plusieurs jours" la semaine dernière sur le front dans la région du Donbass, dans l'est de l'Ukraine, suggérant ainsi que les plus hauts responsables militaires russes se rapprochaient des combats.

Mais le Pentagone n'avait pas confirmé les rumeurs de blessures concernant Valéri Guerassimov.

3h19 : Le yacht d'un oligarque russe saisi aux îles Fidji à la demande des Etats-Unis

Les autorités des îles Fidji ont saisi, à la demande des Etats-Unis, un superyacht soupçonné d'appartenir à un oligarque russe visé par des sanctions liées à la guerre en Ukraine, a annoncé jeudi le ministère américain de la Justice. Le navire Amadea, estimé à 325 millions de dollars, appartient, selon Washington, à l'homme d'affaires et député Suleiman Kerimov, visé par des sanctions européennes et américaines.

Selon Washington, M. Kerimov a fait fortune grâce à ses participations dans de grandes entreprises énergétiques et financières russes, dont Gazprom et Sberbank.

Amarré à Lautoka, dans l'ouest des Fidji, depuis la mi-avril, l'Amadea avait été immobilisé par les autorités fidjiennes depuis l'émission d'un mandat américain de saisie. Mardi, un tribunal local avait ordonné sa saisie, qui a eu lieu dans la foulée.

"Il n'y a pas de cachette pour les avoirs des criminels qui soutiennent le régime russe", a affirmé dans un communiqué le ministre de la Justice américain Merrick Garland.

"Le ministère de la Justice s'efforcera sans relâche de tenir pour responsables ceux qui facilitent la mort et la destruction dont nous sommes témoins en Ukraine", a-t-il ajouté.

L'Amadea mesure 107 mètres, dispose d'une piscine, d'un jacuzzi, d'un héliport et d'un "jardin d'hiver" sur le pont, selon le site spécialisé superyachtfan.com. Plusieurs sites spécialisés indiquent que Kerimov en est le propriétaire, mais cela n'a pas pu être confirmé par l'AFP de manière indépendante.

Une société enregistrée comme étant la propriétaire du bateau, Millemarin Investment, a fait appel de la saisie devant la Haute Cour des Iles Fidji. Selon le procureur devant cette cour, une décision était attendue vendredi.

Le récap'

Un nouveau convoi de l'ONU est attendu vendredi pour évacuer les derniers civils retranchés dans l'aciérie d'Azovstal à Marioupol, dernière poche de résistance ukrainienne dans ce port stratégique du Donbass, sans assurance toutefois d'une trêve des combats.

Malgré cette incertitude, le secrétaire général adjoint de l'ONU chargé des questions humanitaires, Martin Griffiths, a annoncé jeudi que ce nouveau convoi se dirigeait vers la ville martyre, devenue un des symboles de l'invasion russe débutée le 24 février.

"A l'heure où nous parlons, un convoi est en route pour arriver à Azovstal d'ici demain matin avec l'espoir de récupérer les civils restants dans ce sombre enfer, qu'ils habitent depuis tant de semaines et de mois, et de les ramener en sécurité", a déclaré M. Griffiths à Varsovie. Le Comité international de la Croix-rouge (CICR) a confirmé y être associé.

Une centaine de civils avaient déjà pu quitter ce complexe le week-end dernier, à l'occasion d'une évacuation organisée avec l'ONU et le CICR.

Les informations sur la situation dans l'aciérie de Marioupol, où vivent retranchés dans d'immenses galeries souterraines civils et combattants, restaient néanmoins contradictoires.

Le président ukrainien Wolodymyr Zelensky a assuré jeudi soir dans son message vidéo quotidien que les forces russes continuaient à pilonner l'aciérie en dépit de la promesse russe d'une trêve de trois jours débuté jeudi matin.

Les bombardements russes continuent à faire rage "alors que des civils doivent encore être évacués, des femmes, des enfants", a-t-il dit dans ce message diffusé sur sa page Facebook.

"La mort en permanence"

"Imaginez cet enfer ! et il y a des enfants ! Plus de deux mois de bombardement sans arrêt, la mort toute proche en permanence", a-t-il ajouté.

Le président russe Vladimir Poutine a de son côté affirmé jeudi soir que "l'armée russe était toujours prête à assurer l'évacuation des civils" d'Azovstal, qui pourraient être encore au nombre de 200, piégés avec les combattants ukrainiens dans ce complexe.

Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a quant à lui assuré que l'armée russe respectait le cessez-le-feu autour de l'usine, et que des couloirs humanitaires autour d'Azovstal "fonctionnaient".

Ce que les combattants ukrainiens sur place ont démenti. Le commandant-adjoint du régiment Azov, qui défend ces installations, Sviatoslav Palamar, a assuré dans une vidéo que des "combats sanglants" se déroulaient à l'intérieur même du site et que les Russes "ne tenaient pas leur promesse" de trêve.

La prise totale de Marioupol, une cité portuaire de près de 500.000 habitants avant-guerre dévastée par deux mois de siège et de bombardements russes, serait une victoire importante pour la Russie à l'approche du 9 mai, jour où elle célèbre avec un grand défilé militaire sur la Place Rouge sa victoire sur l'Allemagne nazie en 1945.

Les Ukrainiens ont affirmé que les forces russes se préparaient elles-aussi à défiler à Marioupol ce jour-là.

Offensive freinée

Depuis le début de l'invasion de l'Ukraine, Moscou n'a pu revendiquer le contrôle total que d'une ville d'importance, celle de Kherson, dans le sud. Dmitri Peskov a reconnu jeudi que le soutien occidental avait freiné l'"opération militaire spéciale" russe déclenchée le 24 février. "Les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Otan dans son ensemble partagent en permanence des données du renseignement avec les forces armées ukrainiennes. Conjuguées aux approvisionnements en armes (...), ces actions ne permettent pas d'achever rapidement" l'offensive, a-t-il lâché.

Le New York Times a écrit que les renseignements fournis par Washington à Kiev avaient permis de cibler plusieurs généraux russes. Des informations démenties jeudi par le Pentagone.

Ces actions "ne sont toutefois pas en mesure d'empêcher" la Russie d'atteindre ses "objectifs" en Ukraine, a ajouté M. Peskov, après dix semaines d'une opération militaire qui a fait des milliers de morts, poussé à l'exil plus de cinq millions d'Ukrainiens. La Russie soutient que l'un des objectifs initiaux était de "dénazifier" le pays.

A ce sujet, le président russe a présenté jeudi ses excuses au Premier ministre israélien Naftali Bennett pour les propos de son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, afirmant qu'Adolf Hitler avait du "sang juif", selon un communiqué du bureau de M. Bennett.

Volodymyr "Zelensky fait valoir cet argument: comment le nazisme peut-il être présent (en Ukraine) s'il est lui-même juif. Je peux me tromper, mais Hitler avait aussi du sang juif", avait déclaré M. Lavrov dimanche soir au groupe de médias italien Mediaset.

Retranscrite par le ministère russe des Affaires étrangères, cette allégation, qui fait référence à des rumeurs régulièrement démenties par les historiens, a suscité la colère d'Israël.

Confiscation

Sur le front diplomatique, le président du Conseil européen Charles Michel s'est prononcé jeudi pour une confiscation des avoirs russes gelés dans l'UE dans le cadre des sanctions contre la Russie, afin d'aider à reconstruire l'Ukraine.

Le président ukrainien a de son côté lancé jeudi une campagne mondiale de levée de fonds pour l'Ukraine, via une plateforme.

"En un clic, vous pouvez donner des fonds pour aider nos défenseurs, sauver nos civils et reconstruire l'Ukraine", a-t-il expliqué dans une vidéo sur Twitter. La page d'accueil de la plateforme propose de choisir entre un don pour financer la défense, l'aide médicale ou la reconstruction.

Plus de six milliards d'euros "pour aider l'Ukraine et tous ceux qui (la) soutiennent" ont parallèlement été collectés au cours d'une conférence internationale des donateurs à Varsovie, a annoncé jeudi le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki.

Enfin, l'ONU et plusieurs pays ont appelé jeudi à l'arrêt de la guerre de la Russie en Ukraine, sans guère évoquer une relance de leurs pourparlers de paix apparemment au point mort.

"L'invasion de l'Ukraine par la Russie est une violation de son intégrité territoriale et de la Charte des Nations unies", a répété le secrétaire général de l'Organisation, Antonio Guterres, lors d'une réunion du Conseil de sécurité organisée par Washington.

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