Guerre en Ukraine: pas de preuve que la Russie envisage d'utiliser des armes nucléaires tactiques, selon la CIA

Situation sur le terrain, réactions internationales, sanctions: le point sur l'invasion de l'Ukraine par la Russie.

Guerre en Ukraine: pas de preuve que la Russie envisage d'utiliser des armes nucléaires tactiques, selon la CIA
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Belga/AFP

Pas de preuve que la Russie envisage d'utiliser des armes nucléaires tactiques

La CIA, principale agence de renseignement américaine, ne perçoit aucune indication que la Russie se prépare à utiliser des armes nucléaires tactiques dans le conflit en Ukraine, a déclaré son directeur Bill Burns samedi. "Nous ne voyons pas à ce stade, en tant que service de renseignement, de preuve concrète montrant que la Russie prépare le déploiement ou même l'utilisation potentielle d'armes nucléaires tactiques", a-t-il affirmé lors d'une conférence organisée par le journal Financial Times.

"Etant donné les déclarations va-t-en-guerre que (...) nous avons entendues de la part des dirigeants russes, nous ne pouvons pas prendre ces possibilités à la légère", a-t-il ajouté, précisant que son agence restait "très concentrée" sur cette question.

La Russie avait placé en état d'alerte ses forces de dissuasion, y compris les armes nucléaires, peu après le début de l'invasion de l'Ukraine le 24 février. Vladimir Poutine a aussi formulé des menaces à peine voilées, laissant entendre qu'il était prêt à déployer ces armes nucléaires tactiques.

Le président russe a promis une réponse "rapide et foudroyante" en cas d'intervention extérieure dans le conflit.

La Russie dispose de nombreuses armes nucléaires tactiques, d'une puissance inférieure à la bombe d'Hiroshima, conformément à sa doctrine "escalade-désescalade" qui consisterait à faire usage en premier lieu d'une arme nucléaire de faible puissance pour reprendre l'avantage en cas de conflit conventionnel avec les Occidentaux.

Le Conseil de l'Europe dénonce des violations "vertigineuses" des droits humains en Ukraine

La Commissaire du Conseil de l'Europe pour les droits de l'Homme, Dunja Mijatovic, a dénoncé samedi les violations "vertigineuses" des droits humains et du droit humanitaire international par l'armée russe en Ukraine, au terme d'une visite de quatre jours à Kiev et sa région. "L'étendue et la gravité des violations des droits de l'homme et du droit international humanitaire qui ont eu lieu à la suite de l'agression de la Fédération de Russie contre l'Ukraine sont vertigineuses", s'est émue Mme Mijatovic dans un communiqué. "Les noms de Boutcha, Borodianka, Irpin ou Andriivka en sont venus à symboliser les actes horribles qui ont été commis ici.", a poursuivi la Commissaire dont la visite n'avait pas été annoncée pour des raisons de sécurité.

"Malheureusement, leurs habitants ne sont pas seuls dans leur souffrance. Il y a beaucoup plus de personnes à travers l'Ukraine qui ont subi des atrocités indicibles. Chacune d'entre elles mérite justice et ne doit pas être oubliée", a-t-elle ajouté. "J'appelle les États à continuer de soutenir de toutes les manières possibles les efforts d'enquête et de poursuites et à les coordonner étroitement avec les autorités ukrainiennes, la société civile et la Cour pénale internationale."

La commissaire s'est rendue dans plusieurs localités en dehors de Kiev qui ont "toutes subi des tirs d'artillerie, de violents combats et la brutalité des forces russes", poursuit le communiqué. Une "illustration douloureuse de l'ampleur de ces violations flagrantes des droits de l'homme et du droit humanitaire, avec des preuves de plus en plus nombreuses d'assassinats arbitraires, de tortures et de disparitions forcées à grande échelle", selon le communiqué du Conseil de l'Europe, vigie des droits de l'homme sur le continent.

La Russie l'a quitté quelques jours après avoir attaqué son voisin ukrainien, alors qu'une majorité des 46 autres Etats membres s'apprêtait à l'exclure.

La France pourrait se passer "à terme" du gaz russe

La France pourrait être en mesure de se passer "à terme" du gaz russe, a estimé samedi le président du géant français de l'énergie Engie, Jean-Pierre Clamadieu, tandis que l'Union européenne est à la recherche d'alternatives pour réduire sa dépendance énergétique à la Russie. "À terme, oui. La question, c'est à quel terme", a-t-il déclaré au micro de France Inter, avant d'indiquer que la France était "probablement capable de réduire de manière très importante" sa dépendance au gaz russe d'ici "trois ou quatre ans".

Son acheminement, en effet, repose sur tout un réseau d'infrastructures (gazoducs, installations de liquéfaction, etc.) complexe à mettre en place, a indiqué M. Clamadieu.

Dernière répétition avant la parade du 9 mai pour la Russie

La Russie effectue samedi d'ultimes répétitions avant le traditionnel défilé militaire du 9 mai à Moscou célébrant la victoire sur l'Allemagne nazie, qui sera l'occasion d'une démonstration de force en pleine campagne d'Ukraine à la peine. Ces dernières années, le président Vladimir Poutine a utilisé ce défilé pour exhiber la puissance de son armée, dévoilant parfois de nouvelles armes ultramodernes. Et cette édition ne devrait pas déroger à la règle.

Cette année, si les chars et militaires russes défileront comme d'habitude sur l'emblématique place Rouge, les esprits seront en Ukraine, où Moscou mène depuis fin février une offensive qui a remis en question l'image de son armée. En effet, l'intervention militaire, que nombre d'experts prédisaient comme fulgurante, est dans son troisième mois et a été marquée par des déconvenues, notamment logistiques.

Alors que ce défilé est généralement suivi de près par les capitales occidentales, M. Poutine aura une nouvelle occasion d'envoyer des avertissements, alors que Moscou a plusieurs fois brandi la menace nucléaire.

Les infos de la nuit:

50 personnes évacuées de l'usine Azovstal de Marioupol -

Cinquante civils ont été évacués grâce à un nouveau convoi humanitaire vendredi de l'immense usine Azovstal, dernière poche de résistance des forces ukrainiennes à Marioupol, une cité portuaire assiégée par les troupes russes, a annoncé la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk.

"Nous avons réussi aujourd'hui à faire sortir 50 femmes, enfants et personnes âgées d'Azovstal. Demain matin, nous poursuivrons l'opération d'évacuation", a annoncé Mme Verechtchouk sur Telegram.

Le ministère russe de la Défense a précisé de son côté que onze enfants, sur ces cinquante civils, avaient été évacués.

Nouvelle aide militaire américaine

Joe Biden a annoncé vendredi une nouvelle aide militaire à l'Ukraine pour combattre l'invasion russe, composée notamment de munitions d'artillerie et de radars, mais le président américain a prévenu que les fonds alloués aux armes pour Kiev étaient désormais "pratiquement épuisés".

Le secrétaire d'Etat Antony Blinken a précisé dans un communiqué distinct que le montant de cette aide représentait 150 millions de dollars, bien en-deçà des précédents envois d'armes américaines.

Elle comprend notamment 25.000 obus de 155 mm, des radars de contrebatterie pour repérer les tirs d'artillerie russes et des appareils de brouillage des communications, a par ailleurs ajouté un responsable.

La Russie "pour toujours" dans le sud de l'Ukraine

La Russie restera "pour toujours" dans le sud de l'Ukraine, a affirmé vendredi un haut responsable parlementaire russe, Andreï Tourtchak, au cours d'une visite à Kherson, une importante ville ukrainienne dont Moscou revendique le contrôle total depuis mars.

Severodonetsk, l'une des localités d'importance du Donbass encore contrôlées par les Ukrainiens, est de son côté "quasiment encerclée" par les forces russes et les séparatistes, a déclaré vendredi son maire.

Marioupol "complètement détruite", selon Zelensky

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a estimé vendredi que la ville de Marioupol était "complètement détruite" et qu'il ne restait rien à prendre pour la Russie à part son aciérie Azovstal.

M. Zelensky était interrogé, au cours d'une intervention par visioconférence organisée par le cercle de réflexion Chatham House à Londres, sur ce que signifierait la chute de ce port stratégique à la pointe sud du Donbass, où seule persiste une poche de résistance dans ce complexe sidérurgique.

Le Conseil de sécurité soutient Guterres

Le Conseil de sécurité de l'ONU a approuvé vendredi à l'unanimité une déclaration apportant un "ferme soutien" au secrétaire général des Nations unies "dans la recherche d'une solution pacifique" à la guerre livrée par la Russie à l'Ukraine, a-t-on appris de sources diplomatiques.

Rédigée par la Norvège et le Mexique et obtenue par l'AFP, la déclaration ne va pas jusqu'à soutenir une médiation d'Antonio Guterres comme le prévoyait une première version du texte négocié depuis jeudi. La déclaration adoptée représente la première manifestation d'unité du Conseil de sécurité depuis le début de l'invasion le 24 février.

Echange de prisonniers: 41 personnes libérées

Quarante-et-une personnes, dont onze femmes, ont été libérées dans le cadre d'un nouvel échange de prisonniers avec la Russie, a annoncé vendredi la vice-Première ministre ukrainienne Iryna Verechtchouk.

Elle n'a pas révélé le nombre des Russes remis à leur pays.

Un mystérieux mega-yacht bloqué en Italie

Un mystérieux méga-yacht d'une valeur estimée à environ 700 millions de dollars (636 millions d'euros) dont le nom du propriétaire n'a pas été rendu public et qui semblait sur le départ, a été immobilisé vendredi par les autorités italiennes.

L'enquête des autorités italiennes "a permis d'établir des liens significatifs, économiques et d'affaires, entre la personne qui possède officiellement le navire Shéhérazade et d'éminentes personnalités du gouvernement russe" ainsi que des personnalités russes sanctionnées par l'Occident à la suite de l'invasion de l'Ukraine, indique un communiqué du ministère italien de l'Economie et des Finances.

Celui-ci a donc décidé d'immobiliser le navire.

Tirs pendant l'évacuation d'Azovstal, selon Kiev

Le régiment Azov, qui défend l'immense aciérie Azovstal où sont retranchés les derniers combattants ukrainiens de la ville assiégée de Marioupol (sud-est), a accusé vendredi les forces russes d'avoir visé une de ses voitures participant à l'opération d'évacuation de civils, tuant un soldat et faisant six blessés.

L'armée russe avait annoncé mercredi soir qu'elle respecterait un cessez-le-feu unilatéral pendant trois jours, de jeudi à samedi, pour permettre l'évacuation des civils mais les informations quant à la situation sur place restent contradictoires.

"Près de 500 civils" au total ont pu être évacués ces derniers jours, selon Kiev, et ces opérations se sont poursuivies vendredi.

La Hongrie freine le projet européen d'embargo

La Hongrie bloque le projet d'embargo européen sur le pétrole russe et de difficiles négociations se poursuivront entre les 27 pays membres de l'UE pour trouver un accord pendant le weekend, ont dit à l'AFP vendredi plusieurs sources diplomatiques.

"Si aucun accord n'est trouvé ce weekend, je devrai convoquer une réunion extraordinaire des ministres des Affaires étrangères de l'UE la semaine prochaine, après la journée de l'Europe", a déclaré le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.

L'Afrique face à une crise "sans précédent"

L'Afrique fait face à une crise "sans précédent" provoquée par l'invasion russe en Ukraine notamment avec la flambée des prix des denrées alimentaires et du carburant, ont averti vendredi deux responsables du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud).

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