Un journaliste belge qui a fait analyser l'ADN d'Hitler contacté par les médias russes: "L'idée qu'il soit juif est trop irrésistible pour beaucoup de gens"

Jean-Paul Mulders, qui a fait des découvertes sur l'ADN "surprenant" d'Adolf Hitler en 2007, est maintenant contacté par la télévision russe.

Un journaliste belge qui a fait analyser l'ADN d'Hitler contacté par les médias russes: "L'idée qu'il soit juif est trop irrésistible pour beaucoup de gens"
©AFP
Ad.R.

En 2007, l'éditorialiste du Morgen, Jean-Paul Mulders, a fait analyser des échantillons d'ADN de proches d'Adolf Hitler, dans le but de déterminer si oui ou non le Français Jean-Marie Loret était bien le fils du führer, comme il le prétendait. Le journaliste a dans un premier temps découvert que le Français n'était pas le descendant d'Hitler, en comparant son ADN avec celui de petits-neveux du dictateur nazi. Mais Jean-Paul Mulders a également constaté que ce dernier avait "un haplogroupe surprenant", c'est-à-dire une lignée génétique particulière, repérable dans l'ADN grâce à une série de mutations présentes dans un chromosome. On identifie les différents haplogroupes avec un code spécifique. Celui d'Hitler était E1b1b, un haplogroupe que l'on retrouve "le plus souvent chez les Berbères, les Somaliens ou les Juifs ashkénazes, chez qui c'est le deuxième haplogroupe le plus fréquent", explique Jean-Paul Mulders. Cela veut dire, poursuit le journaliste dans De Morgen, que l'Allemand "partageait une empreinte génétique avec les personnes qu'il voulait exterminer".

Cette conclusion n'est pas nouvelle, puisque le journaliste a publié le résultat de ses recherches en 2008. Mais il y a quelques jours, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a suscité la polémique, notamment en Israël, en affirmant qu'Adolf Hitler était juif. "Volodymyr Zelensky fait valoir cet argument: comment le nazisme peut-il être présent en Ukraine s'il est lui-même juif. Je peux me tromper, mais Hitler avait aussi du sang juif", a déclaré Lavrov. Une affirmation qui est inexacte, déplore Jean-Paul Mulders.

Il ne sait pas si le ministre russe a eu vent de son travail sur l'ADN du führer, mais dire que ce dernier était juif est un mauvais raccourci de ses résultats de recherches. "Il n'était certainement pas juif, en ce sens qu'il n'avait pas de parents ou de grands-parents juifs. Mes résultats disent qu'il peut, mais pas nécessairement, avoir eu de lointains ancêtres juifs. L'haplogroupe E1b1b est rare en Europe occidentale. En Allemagne et en Autriche, quelque chose comme 9 % des hommes l'ont", clarifie le journaliste, regrettant que ses conclusions aient été parfois mal interprétées à l'époque, et continuent de l'être. "L'idée (qu'Hitler soit juif, ndlr) est trop irrésistible pour beaucoup de gens et surtout pour les complotistes [...] La déclaration de Lavrov montre à quel point ce type d'information peut être mal interprété ou mal utilisé".

Suite aux propos du proche de Poutine, Jean-Paul Mulders a d'ailleurs été contacté par des journalistes israéliens, désireux de comprendre ses analyses, mais également par la télévision russe. Une prise de contact de la Russie à laquelle il ne préfère pas répondre: "Il me semble plutôt inconfortable d'expliquer cette question complexe en temps de guerre devant un public de millions de personnes sur les médias d'État russes. Tout ce qui peut être dit à ce sujet, je l'ai en fait déjà écrit".

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