Affaire PPDA : vingt femmes témoignent dans une émission de Médiapart, l'ancien patron de TF1 réagit pour la première fois

Ce mardi 10 mai à 19h, le site Médiapart partageait une émission qui donne la parole à vingt femmes ayant témoigné dans l’enquête judiciaire contre Patrick Poivre d’Arvor.

C'est une émission qui est présentée par les médias français comme une première depuis le début de l'affaire Patrick Poivre d'Arvor : une vingtaine de femmes ont pris la parole ce soir dans l'émission "A l'air libre de Médiapart".

La présentatrice, Valentine Oberti, a expliqué au HuffPost que "ce qui a déclenché l'idée de cette émission, c'est l'annonce de la plainte en dénonciation calomnieuse de Patrick Poivre d'Arvor contre 16 femmes, qui est intervenue au moment de la diffusion du Complément d'enquête de France 2 "

Parmi ces femmes entre 23 et 68 ans qui accusent l'ancien présentateur vedette de TF1 de violences sexuelles et de comportement problématiques, 16 ont témoigné à visage découvert sur le plateau et deux de façon anonyme.

Florence Porcel, dont le témoignage dans le Parisien en février 2021 a lancé l'affaire PPDA, était présente pour la première fois sur un plateau depuis ses déclarations. Si celle qui accuse le présentateur de lui avoir imposé un rapport sexuel non consenti en 2004 et une fellation en 2009 ne souhaitait pas s'exprimer sur le fond du dossier - elle réserve sa parole à la justice- elle a tenu à souligner que les plaignantes font aujourd'hui front ensemble. "Cela fait quelque mois que nous prenons contact les unes avec les autres, que nous apprenons à nous connaitre. Nous avons ainsi monté une association ensemble, Metoomedias. Cela me paraissait important de montrer aujourd'hui que ce groupe est désormais un groupe unis et que grâce à ça nous faisons bloc. Malgré l'agressivité dont fait preuve PPDA sur le terrain judiciaire, il ne nous fait plus peur !"


Spécificité également de cette émission : des femmes livraient leur récits pour la première fois dans un média. C'est le cas de Margot Cauquil-Gleizes, enseignante, qui accuse PPDA de l'avoir violée alors qu'elle n'avait que 17 ans. Elle l'a retrouvé dans sa chambre d'hôtel à un festival littéraire à Sète pour lui montrer sa production littéraire. Le présentateur l'aurait alors violée, "en cinq minutes pas plus".

Autre récit inédit à visage découvert dans cette émission, celui de Marie-Laure Eude-Delattre qui accuse la vedette de l'avoir violée quand elle était âgée de 23 ans."Ce qui m'est arrivé en 1985 c'était un viol par surprise, quelque chose de monstrueux. J'ai passé des années à me dire que j'étais coupable, que j'étais conne de l'avoir suivi dans cette chambre. Mais il faut que la honte change de camp!", a-t-elle expliqué avant de poursuivre,"J'étais une petite stagiaire guillerette attirée par la lumière, qui arrivait à Cannes naïve. Je n'avais qu'une idée en tête, c'était de faire un stage à Antenne 2, Patrick Poivre d'Arvor m'a dit qu'on pouvait en parler mais après un cinéma. Après ce film, la séance de minuit trente, je suis allée au Martinez avec lui...jusqu'au bout j'ai cru que j'allais boire un verre sur une terrasse pour avoir un stage à France 2. Mais je me suis retrouvée dans sa chambre, il a fermé la porte à clef et puis je l'ai vu tout nu comme un ver se frotter sur son canapé. Je lui dit que je n'étais pas là pour ça puis j'ai eu un moment de sidération. Je n'ai pas bougé, il a enlevé mon pantalon et ma culotte et il est rentré."

L'ancien patron de TF1 réagit pour la première fois

Dans la deuxième partie du documentaire, la responsabilité de TF1, est évoquée : de nombreux témoignages rapportent que ces viols auraient eu lieu au sein même de la rédaction, dans le bureau du présentateur. L'ancien patron de TF1 Nonce Paolini s'est exprimé pour la première fois depuis le début de l'affaire. Dans une vidéo, celui qui a été DRH de la première chaîne et PDG à partir de 2008 (date à laquelle PPDA a quitté la présentation du JT de 20h00) à 2016 assure ne pas avoir été au courantau moment des faits présumés."Evidemment on ne le savait pas. Si on l'avait su, on aurait pris les dispositions qui s'imposaient et moi le premier. On ne pouvait pas remettre en cause la réputation d'une entreprise comme celle-là, cotée en Bourse, cotée au CAC 40. C'était un risque inconsidéré", clame-t-il.

Il s'est ensuite adressé directement à ces femmes qui accusent le présentateur de violences sexuelles. "Je veux leur dire que leur souffrance ne peut laisser indifférent personne et en particulier moi, ni comme homme, ni comme ancien dirigeant", a-t-il avancé avant de conclure, "J'espère qu'elles pourront obtenir la possibilité que leur affaire soit revue par la justice".

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