"Poutine est un pitoyable dictateur paranoïaque" : un site pro-Kremlin brièvement rempli d'articles anti-guerre

Ce lundi 9 mai, alors que le président russe célébrait la victoire soviétique sur l'Allemagne nazie, le site Lenta.ru a partagé de nombreux contenus anti-Poutine.

La Rédaction avec AFP
"Poutine est un pitoyable dictateur paranoïaque" : un site pro-Kremlin brièvement rempli d'articles anti-guerre
©Abacapresse

Ce lundi 9 mai 2022, les regards étaient tournés vers Moscou où les célébrations de la victoire soviétique sur l'Allemagne nazie avaient lieu. Plus de deux mois après l'invasion de l'Ukraine par la Russie, d'aucuns craignaient une annonce forte de Vladimir Poutine. Il n'en est finalement rien, le défilé militaire de la place rouge a été marqué par sa banalité. Vladimir Poutine s'en est tenu à rappeler le besoin de son pays de "dénazifier l'Ukraine".

Le Jour de la Victoire a cependant été choisi pour mener différentes actions de contestations. Ainsi, le site pro-Kremlin Lenta.ru a été rempli brièvement lundi matin par des articles anti-guerre, rapporte The Guardian. "Vladimir Poutine a menti sur les plans de la Russie en Ukraine", "L'armée russe s'est avérée être une armée de voleurs et de pillards" et "La Russie abandonne les cadavres de ses troupes en Ukraine", pouvait-on entre autres lire.

"Des gens ordinaires meurent, des femmes et des enfants pacifiques meurent en Ukraine. Compte tenu de la rhétorique que nous avons vue, cela ne va pas s'arrêter. Nous ne pouvions plus accepter cela. C'était la seule bonne chose que nous pouvions faire", a expliqué Egor Polyakov, l'un des journalistes à l'origine de cette action, au quotidien britannique. Il affirme qu'avec une de ses collègues, Alexandra Miroshnikova, ils ont publié une quarantaine d'article anti-guerre, qui ont été rapidement retirés du site. Dans ces contenus, le président russe était directement attaqué et taxé notamment de "pitoyable dictateur paranoïaque" responsable de mener "la guerre la plus sanglante du 21e siècle".

Ils ont finalement partagé une lettre dans laquelle ils appelaient les lecteurs à ne pas rester silencieux et à se défendre. "Nous cherchons maintenant du travail, des avocats et peut-être un asile politique", ont également souligné Egor Poliakov et Alexandra Mirochnikova.

D'autres actions de contestation

Le même jour, les systèmes de diffusion des chaînes de télévision russes MTS, NTV-Plus, Rostelecom et Winx ont été piratés pour afficher le message:"Le sang des milliers d'Ukrainiens et des centaines de leurs enfants tués est sur vos mains. La télévision et les autorités mentent. Non à la guerre", indiquent différents médias ukrainiens.

La plateforme russe de vidéos Rutube, qui se veut un concurrent du géant américain YouTube,était quant à elle inaccessible mardi, victime de "la plus grande cyberattaque de son histoire", a annoncé la compagnie dans un communiqué.

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