Affaire PPDA : l’ancien patron de TF1 soutient les victimes, mais défend sa chaîne

La diffusion d’une émission spéciale sur le site de Mediapart a fait grand bruit.

Affaire PPDA : l’ancien patron de TF1 soutient les victimes, mais défend sa chaîne
©Belga/AFP
AFP

L'ancien patron de TF1 Nonce Paolini comprend "la souffrance" des femmes qui accusent l'ex-présentateur Patrick Poivre d'Arvor d'agressions sexuelles et de viols, et assure ne pas avoir été au courant au moment des faits présumés, dans une émission diffusée mardi soir par Me diapart .

"Je veux leur dire que leur souffrance ne peut laisser indifférent personne et en particulier moi, ni comme homme ni comme ancien dirigeant", déclare-t-il dans le cadre d'une émission qui réunit de manière inédite 20 femmes ayant témoigné devant la justice contre PPDA.

"J'espère qu'elles pourront obtenir la possibilité que leur affaire soit revue par la justice", poursuit M. Paolini, qui s'exprime pour la première fois depuis le lancement de l'affaire en février 2021. Les faits présumés s'étalent des années 1980 aux années 2000.

À l'époque, "évidemment, on ne le savait pas. Si on l'avait su, on aurait pris les dispositions qui s'imposaient et moi le premier", ajoute M. Paolini. Si cela avait été su, "des sanctions auraient été prises", affirme-t-il. "On ne pouvait pas remettre en cause la réputation d'une entreprise comme celle-là, cotée en Bourse, cotée au Cac 40. C'était un risque inconsidéré", a-t-il dit.

Nonce Paolini a été DRH de la première chaîne et PDG de 2008 (date à laquelle Patrick Poivre d’Arvor a quitté la présentation du journal de 20 h) à 2016.

"Ce n'est pas un système qu'il faut dénoncer. Il n'y a pas de système, il y a simplement quelqu'un qui s'est comporté de façon odieuse avec des femmes dans différents contextes sans que personne puisse le savoir puisque ces femmes ne s'exprimaient pas", a ajouté M. Paolini.

Medi apart souligne que "Patrick Poivre d'Arvor n'a pas donné suite" à sa demande d'entretien "dans des conditions similaires à celles proposées" aux témoins. Il "conteste toute violence, sexuelle ou non, à l'égard des femmes qui l'ont accusé", d'après les propos de son avocat rapportés par le site d'investigation en ligne.

Réactions en chaîne

Les réactions ont été nombreuses mardi soir sur les réseaux sociaux dans la foulée de la diffusion de l'émission spéciale sur le site de Me diapart . "Il est temps d'écouter, de croire et de cesser ces classements sans suite pour insuffisance de preuves quand l'agresseur nie car ceux-là nient toujours", a interpellé la comédienne et réalisatrice Andrea Bescond sur Instagram, tandis que Florence Foresti saluait la "puissance" de "cette image de femmes, unies, solidaires, ensemble contre la violence".

Au total, au moins 27 femmes ont témoigné contre PPDA dans la presse ou devant la justice, dont deux mineures au moment des faits présumés. Une information judiciaire est en cours à Nanterre. En parallèle, le parquet mène une autre enquête sur trois autres plaintes. (AFP)

Sur le même sujet