La France insoumise ouvre une enquête interne après des accusations de violences sexuelles contre Taha Bouhafs

Le comité de suivi de LFI contre les violences sexuelles et sexistes a été saisi après un témoignage accusant le journaliste militant Taha Bouhafs, qui a retiré mardi sa candidature aux législatives à Venissieux, a indiqué mercredi le parti.

La France insoumise ouvre une enquête interne après des accusations de violences sexuelles contre Taha Bouhafs
©AFP

La France insoumise a annoncé mercredi avoir ouvert une enquête interne après des accusations de violences sexuelles à l'encontre du journaliste controversé Taha Bouhafs, qui avait retiré mardi sa candidature aux législatives à Vénissieux en dénonçant des "attaques sans précédent".

Ce nouveau rebondissement intervient alors que LFI vient de dévoiler la quasi totalité de ses candidats sur les 328 circonscriptions qui lui sont dévolues dans le cadre de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale (Nupes) avec le PS, EELV et le PCF.

Et illustre aussi les crispations au sein de cette alliance.

La formation de Jean-Luc Mélenchon, qui devrait lever le suspense sur sa propre candidature éventuelle dans la 4e circonscription de Marseille jeudi soir, a annoncé mercredi que son comité de suivi contre les violences sexuelles avait été "saisi" après un témoignage "relatant des faits supposés de violences sexuelles reprochées à Taha Bouhafs".

Il "a été confronté" lundi "aux accusations" et averti qu'il pourrait ne pas obtenir l'investiture "en raison de la gravité des faits supposés".

L'intéressé "a fait le choix de renoncer de lui-même".

En retirant sa candidature mardi, Taha Bouhafs avait expliqué avoir "encaissé une tempête d'attaques sans précédent", avec "tous les jours une nouvelle calomnie" contre lui.

Jean-Luc Mélenchon, suivi par de nombreux Insoumis, avait aussitôt dénoncé "une meute (qui) s'est acharnée" contre le candidat.

Dans Mediapart, le journaliste précise mercredi que "le signalement a été la dernière goutte" qui l'a conduit à se retirer.

Disant mercredi "apprendre les accusations contre Taha Bouhafs", Jean-Luc Mélenchon a tweeté: "La parole des femmes doit être entendue sérieusement. Je compte sur la commission ad hoc de LFI pour établir la vérité".

Le leader communiste Fabien Roussel avait demandé dimanche de revoir l'investiture de Taha Bouhafs, la souhaitant pour la maire communiste de Vénissieux Michèle Picard, qui se dit la mieux placée pour faire gagner la gauche.

Mais mardi soir, LFI a investi un nouveau candidat insoumis, Idir Boumertit, adjoint à la maire de Vénissieux et ancien directeur de campagne de Taha Bouhafs.

Selon Manuel Bompard, directeur de campagne des insoumis, sur les 546 circonscriptions concernées par l'accord, il y a "4, 5 ou 6 tiraillements (...) mais dans plus de 500 circonscriptions, cela se passe très bien".

Avec le PS, qui a lui aussi diffusé mardi soir une première vague de 56 candidats investis dans les 70 circonscriptions qui lui sont réservées, ça coince notamment dans la 15e circonscription de Paris.

"Injustice "

Les socialistes la souhaitaient pour la députée sortante Lamia El Aaraje. Mais l'accord conclu aux forceps la réservait à LFI, qui a désigné mardi soir l'élue de Paris Danielle Simonnet.

Lamia El Aaraje a aussitôt annoncé sa propre candidature. Une telle dissidence devrait entraîner son éviction du PS, mais le parti, qui dénonce une "injustice" sur cette investiture, pourrait fermer les yeux, selon un cadre socialiste.

La fédération de Paris du PS a officiellement appelé à voter pour elle.

Le PS risque en réalité de faire face à de nombreux dissidents, déçus de ne pas avoir été investis. Le porte-parole du parti Pierre Jouvet prévient que ceux-ci seront "de fait automatiquement" exclus, et les appelle à "retrouver le sens des responsabilités".

Mais le PS a lui-même investi des candidats réticents à la Nupes, comme le député sortant de Meurthe-et-Moselle Dominique Potier ou la patronne de ses députés Valérie Rabault (Tarn-et-Garonne).

L'accord Nupes semble vaciller aussi dans la 7ème circonscription du Nord, cette fois avec EELV, qui avait annoncé il y a quelques jours l'investiture d'une des siennes, Karima Chouia. Mais LFI a investi mardi soir Magali Druon. EELV affirme ne pas lâcher sa candidate: "pas d'alternative possible".

Après le cas Taha Bouhafs, d'autres candidats investis par LFI commencent à faire polémique, comme Louis Boyard (Val-de-Marne), 21 ans, qui a reconnu sur C8 il y a quelques mois avoir "dealé" pour payer ses études.

Au PS, le député sortant de Charente-Maritime Jérôme Lambert, critiqué par EELV et LFI notamment pour son vote contre le mariage pour tous, n'aura finalement pas son investiture non plus, a indiqué le PS à l'AFP, confirmant une information du magazine Têtu.

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