Plainte en diffamation du syndicat de police Alliance contre Mélenchon

L'un des principaux syndicats de police, Alliance, a annoncé mercredi le dépôt d'une plainte en diffamation contre Jean-Luc Mélenchon qui l'a qualifié samedi de "syndicat factieux" qui "réclame de pouvoir tirer sur les gens".

Plainte en diffamation du syndicat de police Alliance contre Mélenchon
©AFP

Lors d'une conférence de presse, le secrétaire général d'Alliance, Fabien Vanhemelryck, a expliqué que cette décision avait été prise lors du conseil d'administration du syndicat.

Il a fait valoir que les propos de M. Mélenchon samedi lors de la convention de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes) étaient "inacceptables".

"Nos collègues appliquent les lois et les respectent. Ils ne sont pas au dessus des lois, mais pas non plus en dessous des lois", a-t-il dit, en soulignant que les attaques contre la police de la part de l'ancien candidat à la présidentielle étaient "récurrentes".

"Vous avez vu qu'après le droit d'étrangler, le syndicat Alliance réclame le droit de pouvoir tirer sur les gens sans que le ministre de l'Intérieur ne dise un mot. Et vous avez une manifestation où un syndicat factieux déclare que le problème de ce pays et de la police, c'est la justice, et personne n'a rien à dire !", a lancé samedi M. Mélenchon.

Alliance avait organisé, il y a un an devant l'Assemblée nationale un rassemblement au cours duquel Fabien Vanhemelryck avait déclaré: "le problème de la police, c'est la justice".

Présent à la conférence de presse, Me Laurent Benarrous, conseil du syndicat, a affirmé que la plainte pour "diffamation et injure publique" contre le leader de la France Insoumise serait déposée jeudi, car "une barrière d'une gravité extrême a été franchie".

Pour Me Benarrous, "M. Mélenchon s'acharne à faire reculer l'Etat de droit pour instaurer l'Etat d'insurrection permanente". "Il y a une volonté de désintégrer la République (...) on ne peut pas passer son temps à s'essuyer les pieds sur la police", a-t-il dit.

A ses yeux, le leader de la France insoumise par ses propos fait de "l'incitation à la haine". "Il accuse une partie des policiers d'être des assassins (...) Il met en danger les agents (...) Alliance n'a jamais demandé un permis de tuer, mais à tout le moins de ne pas avoir une présomption de culpabilité".

"Monsieur Jean-Luc Mélenchon use et continuera d'user de sa liberté de critique, qui ne tombe sous aucune diffamation ni injure, et s'en défendra sans difficulté dans l'hypothèse d'une saisine de la justice par le syndicat Alliance", a réagi par communiqué son avocat, Me Mathieu Davy.

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