Une peine symbolique pour le Cheikh Bassam à Paris: cinq ans de prison, dont 4 avec sursis et sous conditions

Le verdict est tombé.

Bassam Ayachi à Bruxelles, dans les années 2010. L’ancien prédicateur a échappé en Belgique à toutes les enquêtes et condamnations. Aujourd’hui, c’est en France, où il réside depuis son retour de Syrie, qu’il doit rendre des comptes. La justice le poursuit pour “association de malfaiteurs terroriste”. Il réplique qu’il a informé les services secrets.
Bassam Ayachi à Bruxelles, dans les années 2010. L’ancien prédicateur a échappé en Belgique à toutes les enquêtes et condamnations. Aujourd’hui, c’est en France, où il réside depuis son retour de Syrie, qu’il doit rendre des comptes. La justice le poursuit pour “association de malfaiteurs terroriste”. Il réplique qu’il a informé les services secrets. ©Didier Bauweraerts

Le tribunal correctionnel de Paris a condamné vendredi le cheikh Bassam Ayachi, figure de l’extrémisme islamiste pendant deux décennies à Molenbeek, à cinq ans d’emprisonnement, dont quatre avec sursis assorti d’un contrôle probatoire, pour « association de malfaiteurs terroriste ». A 75 ans, le prédicateur franco-syrien est condamné pour la première fois de sa vie, mais à une peine symbolique et légère sans commune mesure avec les lourdes condamnations qui pèsent généralement sur ceux qui sont partis faire le djihad en Syrie.

Le tribunal, exclusivement féminin, a tenu compte dans l’établissement de la peine du fait qu’il a été informateur des services français et belge à partir de 2015, de son âge et de son état de santé. Pour les trois juges, il est « indéniable » qu’il a informé les services de renseignement, comme le Parquet national antiterroriste (PNAT) français l’avait lui-même évoqué au cours des audiences en avril.

Les juges français considèrent que les deux groupes qu’il a rejoints en Syrie – Ahrar al-Cham et Souqour al-Cham – sont « terroristes » selon le code pénal français malgré le fait qu'ils ne se trouvent pas sur les listes antiterroristes de l'Onu, de l'Union européenne et des Etats-Unis.

Bassam Ayachi, qui n’était pas présent à l’audience, reste libre sous conditions car il a déjà presté 13 mois de détention préventive entre 2018 et 2019.

Christophe Lamfalussy (à Paris)

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