Cet autre combat mené par Vladimir Poutine

Malgré les efforts du gouvernement russe, le nombre des naissances inquiète au pays.

Cet autre combat mené par Vladimir Poutine
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Alors qu'il est empêtré dans une guerre en Ukraine qui s'enlise et qu'il est mis sous pression par la communauté internationale, Vladimir Poutine doit faire face à un autre problème dans son pays: celui de la natalité.

Alors que la Russie comptait 147 millions d'habitants à la chute de l'URSS en 1989, le pays n'en comptait plus "que" 145,5 millions en 2021. Comme l'expliquait déjà La Libre en février dernier, il faut dire que l'épidémie de coronavirus, qui a entraîné une hausse de la mortalité, n'a pas aidé ces deux dernières années à redresser les chiffres. "Le déclin naturel de la population russe a dépassé le million en 2021, et même l'arrivée de 350 000 migrants n'a pas pu le compenser. La population a diminué de 692 000 personnes", a ainsi déclaré dernièrement Sergeï Ryazantsev, économiste et membre de l'académie des sciences de Russie, cité par France Inter.

Mais un problème majeur en Russie reste le taux de natalité, avec des chiffres récents qui ne sont guère rassurants. Selon les statistiques de l'organisme gouvernemental Rosstat, au premier trimestre de 2022, le nombre de naissances (soit 320.400) est en baisse de 5% par rapport à l'année précédente. Le démographe Alexeï Raksha, cité également par le média français, a constaté qu'"en examinant les chiffres d'avril des régions qui publient des statistiques mensuelles, on observe une chute de 12% du nombre de naissances par rapport à avril 2021, où les naissances étaient déjà en baisse de 4%".

Comment expliquer cette natalité en baisse?

La baisse du taux de natalité n'est pas chose nouvelle en Russie. Vladimir Poutine en a même fait son combat en lançant en 2018 le "Projet national démographie", qui visait à donner des subventions et des avantages aux familles comptant deux ou trois enfants. S'il a donné des résultats positifs à ses débuts, le plan a rapidement battu de l'aile.

Pour Alexeï Raksha, la raison de ce recul des naissances n'est pas anodine. "J'ai clairement observé que lors de la crise économique de 2014-2015 (suites aux premières sanctions après l'annexion de la Crimée), quand le revenu réel des Russes a baissé de 10%, les taux de deuxièmes et troisièmes enfants ont également baissé de 10%", déclare ainsi le démographe, qui ajoute que "la confiance dans le futur est un élément clé du dynamisme de la natalité".

A cet égard, il ne fait guère de doute que la guerre en Ukraine et les sanctions économiques qui touchent la Russie ne vont pas aider à améliorer le niveau de vie des citoyens russes. Pour Alexeï Raksha, "il va y avoir une très mauvaise conjonction de facteurs l'année prochaine.Les programmes d'incitation à la natalité arrivent à leur fin. La guerre qui a débuté en février affectera les naissances à partir de décembre. Et la crise économique aura aussi des effets début 2023. Je pense que ce sera une très mauvaise année pour les naissances en Russie, et l'année suivante ne sera pas meilleure".

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