Variole du singe: le nombre de cas détectés en Espagne et au Portugal augmente, dont 30 rien qu'en Espagne

Le nombre de cas confirmés de variole du singe en Espagne est passé à 30, auxquels s'ajoutent 23 cas suspects, a rapporté vendredi le journal espagnol La Vanguardia, qui cite des chiffres du ministère de la Santé.

DPA/AFP/BELGA/ANP

Au Portugal, 23 cas sont avérés, selon le quotidien Público. Mercredi, huit cas suspects devaient encore être confirmés en Espagne et une quinzaine dans la région de Lisbonne, outre cinq cas confirmés au Portugal.

L'Espagne comptait vendredi 53 cas suspects et confirmés, dont 40 à Madrid. Un sauna fréquenté par des jeunes et des étrangers principalement pourrait être à l'origine d'un foyer, selon la radio Onda Cero.

Le virus d'origine africaine a été détecté, depuis le 14 mai, dans plusieurs régions du monde, dont le Canada, les États-Unis, l'Italie, la Suède, le Royaume-Uni et la Belgique, où trois cas ont été identifiés en Flandre. L'Allemagne, la France et l'Australie ont confirmé leurs premiers cas vendredi. Le virus a également été détecté aux Pays-Bas.

Au Royaume-Uni, à l'exception du premier cas - la personne infectée avait récemment voyagé au Nigeria, en Afrique de l'Ouest où cette maladie virale est endémique -, les 20 malades ont été contaminés dans le pays.

Les symptômes ressemblent, en moins grave, à ceux que l'on observait dans le passé chez les sujets atteints de variole. Ils recouvrent fièvre, mal de tête, douleurs musculaires, mal de dos, ganglions lymphatiques enflés, frissons et fatigue. Des éruptions cutanées peuvent survenir, souvent sur le visage, et se répandre à d'autres parties du corps donc les parties génitales, avant de passer par différentes phases, de former une croûte et de tomber.

Le virus fut identifié pour la première fois chez l'être humain en 1970 en République démocratique du Congo, chez un garçon âgé de 9 ans vivant dans une région d'où la variole avait été éliminée depuis 1968. Depuis 1970, des cas humains d'orthopoxvirose simienne ont été signalés dans 10 pays africains. Au printemps 2003, des cas ont aussi été confirmés aux États-Unis, marquant ainsi la première apparition de cette maladie en dehors du continent africain.

Il n'existe pas de traitement pour la variole du singe, qui se transmet par contact avec une personne atteinte ou ses liquides organiques, dont la salive. Cette infection virale se guérit d'elle-même.

Les cas pourraient s'accélérer en Europe, a estimé vendredi un responsable régional de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). "Alors que nous entrons dans la saison estivale (...) avec des rassemblements, des festivals et des soirées, je crains que la transmission s'accélère", a affirmé le directeur de l'OMS pour l'Europe, Hans Kluge.

L'étendue de la transmission est "atypique", a estimé M. Kluge, soulignant que "tous les cas récents sauf un n'avaient pas voyagé dans des zones où la variole du singe est endémique".

La plupart des cas ont été recensés parmi des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes, a par ailleurs indiqué M. Kluge, l'OMS ayant déjà indiqué vouloir faire la lumière sur la transmission du virus au sein de la communauté homosexuelle.