Des élus écologistes interdits de manger de la viande en public: la décision qui divise la Suisse

Les écologistes genevois ont récemment voté un texte leur interdisant de consommer de la viande lors de repas officiels. Une décision qui cause de sérieux remous en interne.

Des élus écologistes interdits de manger de la viande en public: la décision qui divise la Suisse
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Il n'y aura bientôt plus d'entrecôte au menu lors des repas officiels des écologistes suisses. Ce samedi, les Verts genevois, réunis en congrès annuel, ont en effet voté une charte leur interdisant de consommer de la viande en public.

Le texte, qui devrait entrer en vigueur l'année prochaine, précise que les élus s'engageront à "adopter un régime a minima végétarien lors des plénières, séances de travail, repas officiels ou tout autre événement" où ils seront amenés à se rendre "en qualité de député ou de conseiller d’État".

Si la proposition se veut dans la lignée de l'idéologie écologique, qui postule que la (sur)-consommation de viande est dommageable pour la planète, elle divise tout de même le parti. Le texte n'a d'ailleurs été adopté qu'à une courte majorité: 53 membres ont ainsi voté pour, 45 contre, et 16 se sont abstenus.

Certains Verts ont accueilli favorablement la proposition, à l'instar de la députée Sophie Desbiolles: "Les Vert-e-x-s ont choisi d'agir avec responsabilité face à l'urgence climatique et à l'effondrement de la biodiversité", a-t-elle commenté dans le média Genève Home Informations. "Je suis très fière d'être verte et les remercie".

"Une dérive sectaire"

D'autres membres du parti ont considéré que la charte allait trop loin et constituait une entrave à la liberté. "Quand on est capable de dire ce qu'on a le droit de boire et de manger, on est capable de dire comment il faut s'habiller, comment il faut penser. Le diktat alimentaire reflète une dérive sectaire", a jugé le député démissionnaire Christian Bavarel dans Le Temps.

"Au lieu de rassembler autour d'une cause légitime, on va plutôt cliver", a pour sa part regretté le député Boris Calame.

Face aux remous suscités en interne, le parti a décidé de procéder à un nouveau vote sur le sujet lors de son assemblée générale du 11 juin.