Chaos au Stade de France: la SNCF pas alertée de l'engorgement des supporters

La SNCF n'a pas été alertée lorsque les importants flux de supporters venus du RER D, qu'elle exploite, ont provoqué un engorgement aux portes du Stade de France, à Saint-Denis, avant la finale de la Ligue des champions le 28 mai, a indiqué une responsable mardi.

Chaos au Stade de France: la SNCF pas alertée de l'engorgement des supporters
©PHOTONEWS

"Nous n'avons eu aucune alerte sur le thème 'il y a des problèmes, on n'absorbe plus, donc retenez le RER D'", a expliqué Sylvie Charles, directrice de Transilien (la branche de la SNCF chargé des trains de la banlieue parisienne), lors d'une audition devant le Sénat consacrée au fiasco de la gestion des foules aux abords du stade.

Or, ses services transmettaient toutes les demi-heures aux organisateurs le nombre de supporters comptés à la sortie des deux gares du RER desservant le stade, sur les lignes B et D, a-t-elle relevé.

La SNCF a compté 37.000 personnes, "plus de trois fois ce qu'on a d'habitude" sur le RER D, et 6.200, "le tiers de ce qu'on a habituellement", sur le RER B.

Le trafic du RER B ayant été affecté par une grève des agents RATP, de nombreux supporters se sont reportés sur la ligne D. Et les dispositifs de filtrage à l'arrivée au stade ont été débordés.

A cet égard, le directeur général adjoint de la RATP Philippe Martin a remarqué qu'une réunion avec les autorités et les organisateurs, le 24 mai, "avait clairement précisé le plan de transport (et) clairement indiqué qu'on allait reporter une partie des flux de la ligne B vers la ligne D".

"Il y a eu une dépêche AFP le 26 mai qui indique clairement que la RATP invite les voyageurs à utiliser prioritairement la ligne D", a-t-il ajouté, notant qu'un nouveau "point de situation" avait été fait avec la Fédération française de football le 27 mai, veille du match.

M. Martin s'est d'ailleurs dit "un peu surpris des déclarations de la Fédération française de football".

Son directeur des affaires institutionnelles, Erwan Le Prévost, avait en effet dénoncé le manque d'informations de la RATP, lors d'une précédente audition au Sénat, le 9 juin.

"Si nous avions eu les informations en temps réel du détournement des flux du RER B vers le RER D, nous aurions pu repenser notre dispositif en début d'après-midi. La préfecture non plus n'avait pas eu l'information", avait-il déclaré.

Les représentants de la RATP et de la SNCF ont souligné que leur compétence s'arrêtait aux portes de leurs stations, et qu'il n'y avait pas eu d'incident majeur dans leur domaine malgré la forte fréquentation.

Interrogés sur les images de vidéosurveillance enregistrées sur leurs réseaux le soir du 28 mai, les représentants des deux transporteurs ont remarqué qu'elles n'ont été réclamées par la justice que le vendredi 10 juin.

Trop tard pour la RATP, qui les a fait disparaître au bout de 72 heures comme le veut l'usage.

La SNCF a détruit les vidéos prises à bord des trains mais a conservé la plupart des images en gare.