L'UE interdit l'accès de ses institutions aux lobbyistes de Russie

Les trois institutions de l'Union européenne ont interdit l'accès de leurs locaux aux lobbyistes des entreprises russes à Bruxelles en complément des sanctions adoptées après l'invasion de l'Ukraine, ont indiqué jeudi à l'AFP leurs représentants.

L'UE interdit l'accès de ses institutions aux lobbyistes de Russie
©AFP

Le Parlement européen a été le premier à agir. "À partir de maintenant, les représentants des entreprises russes ne sont plus autorisés à entrer dans les locaux du Parlement européen", a annoncé début juin sa présidente, la Maltaise Roberta Metsola.

"Nous ne devons leur laisser aucun espace pour diffuser leur propagande et leurs récits faux et toxiques sur l'invasion de l'Ukraine", a-t-elle expliqué.

Le Conseil (l'instance des États membres) et la Commission européenne ont suivi et ont "donné instruction de ne plus recevoir les personnes qui représentent un intérêt russe", ont confirmé jeudi leurs représentants peu avant le début d'un sommet européen consacré à l'aide à l'Ukraine. Les dirigeants européens doivent notamment reconduire les sanctions adoptées contre la Russie depuis l'annexion de la Crimée en 2014.

L'accord pour interdire les lobbyistes russes a été donné lors d'une réunion des ambassadeurs des États membres le 15 juin, ont-il précisé. Le représentant de la Commission européenne a confirmé être sur cette même ligne.

La mise en oeuvre de cette décision "est en cours", ont précisé les deux institutions. Elle concerne tous les représentants des intérêts russes inscrits sur le registre de transparence de l'UE pour avoir accès aux locaux des institutions afin de rencontrer les commissaires, leurs collaborateurs et les élus européens.

Ce registre est "une base de données répertoriant les organisations qui cherchent à influencer le processus législatif et de mise en oeuvre des politiques des institutions européennes", précise la Commission européenne. "Il met en évidence les intérêts défendus, par qui et avec quels budgets".

La décision s'inscrit dans la mise en oeuvre du sixième train de sanctions adopté par l'Union européenne qui interdit tout service de conseil en affaires et en matière de relations publiques.

Les diplomates, fonctionnaires et hommes d'affaires russes ne peuvent plus bénéficier de facilités et de visas pour entrer dans l'UE. Mais les ressortissants de l'UE qui représentent les intérêts de leurs clients russes à Bruxelles n'étaient jusqu'à présent pas empêchés de mener leurs activités dans les enceintes européennes.