Des hommes armés, une vitrine défoncée à la masse et deux Belges arrêtés : casse en pleine Tefaf, la foire d'art de Maastricht (vidéo)

Des voleurs armés ont fait irruption mardi en plein jour à la foire d'art et d'antiquités de Maastricht, aux Pays-Bas, une des plus grandes du monde, utilisant une masse pour défoncer la vitrine d'un joaillier, avant de s'enfuir avec un "butin".

La police a déclaré avoir arrêté une voiture et interpellé deux Belges, après que quatre hommes en vêtements élégants, casquettes et lunettes ont braqué la TEFAF (The European Fine Art Fair), dans le sud-ouest des Pays-Bas.

Une vidéo spectaculaire diffusée sur les réseaux sociaux montre les quatre hommes défonçant à la masse une vitrine de la TEFAF et menaçant la foule avec ce qui semble être des armes de poing, avant de s'enfuir avec une quantité non divulguée de ce que la police a appelé un "butin".

"Il y avait quatre suspects, deux ont été arrêtés", a déclaré à l'AFP Wim Coenen, porte-parole de la police provinciale du Limbourg.

Le vol a entraîné l'évacuation des lieux mais la foire, qui attire des dizaines de milliers de personnes sur plusieurs jours, a finalement rouvert. Personne n'a été blessé, a indiqué la police.

Selon les médias néerlandais, la vitrine visée par les cambrioleurs contenait des bijoux en diamant et autres trésors d'un joaillier londonien, Symbolic and Chase. La société n'a pas réagi.

La police a confirmé dans un communiqué que "des bijoux ont été volés", sans donner plus de détails.

Le quotidien néerlandais NRC a rapporté qu'une personne présente auprès de l'exposant qui venait d'être braqué a affirmé qu'un collier "valant 27 millions d'euros" a été dérobé. Un porte-parole de la foire n'a "ni confirmé ni infirmé", selon le NRC.

"C'est allé très vite"

La police néerlandaise a lancé une vaste opération de recherche impliquant un hélicoptère et des chiens renifleurs et a rapidement arrêté deux hommes âgés de 22 ans et 26 ans, originaires de Belgique.

Ils conduisaient un véhicule gris immatriculé en Belgique qui a été intercepté, et leur "éventuelle implication fait toujours l'objet d'une enquête", ont précisé les forces de l'ordre.

La TEFAF est un des plus grands salons d'art et présente des centaines d'oeuvres, dont un tableau du XVIIe siècle d'un grand maître néerlandais, affiché à un million d'euros.

Des images diffusées sur les réseaux sociaux ont montré le chaos provoqué à la foire par les voleurs. L'un d'eux a brisé une vitrine de bijoux à la masse, cognant sur ce qui semblait être du verre blindé au moins 12 fois pendant que résonnait l'alarme.

L'homme à la masse a fini par réussir à briser la vitrine, tendant la main à l'intérieur pour y prendre quelque chose qu'il a placé dans un sac. Puis les voleurs se sont enfuis en courant, passant près d'un vieil homme médusé qui a dû s'asseoir sur un banc pendant ces événements.

Deux des hommes ont brandi ce qui ressemblait à des pistolets face à un homme qui a tenté de s'interposer, armé d'un grand vase en verre plein de fleurs, avant de reculer devant la menace.

"Très choqués"

Jos Stassen, un visiteur, était venu mardi en espérant admirer des oeuvres d'art en paix.

"Soudain j'ai entendu beaucoup de bruit, je me suis tourné et brusquement j'ai vu ces hommes", a-t-il raconté à la radio publique NOS, précisant que les braqueurs "tenaient les gens à distance" et "faisaient peur à tout le monde".

"C'est allé très vite (..) mais je tremble encore un peu", a-t-il ajouté.

Les propriétaires du stand détruit sont "très choqués", selon le directeur général de la foire, Bart Drenth, cité par l'agence de presse néerlandaise ANP, tout en soulignant que le protocole de sécurité a bien fonctionné.

L'expression "Peaky Blinders" est devenue virale sur les réseaux sociaux néerlandais, parce que les casquettes portées par les voleurs ressemblaient à celles de la bande criminelle britannique éponyme, rendue célèbre par une série du même nom.

Ce n'est pas la première fois que la TEFAF est visée par des criminels.

En 2011, un diamant et un collier incrusté de diamants valant 860.000 euros avaient été dérobés, là aussi à un joaillier originaire de Londres.