Asile et migration: plus de 3.000 personnes secourues en un an par le navire Geo Barents

L'ONG Médecins sans frontières (MSF), présente depuis 2015 en mer Méditerranée centrale, publie son rapport un an après la mise à flot de son navire Geo Barents.

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Asile et migration: plus de 3.000 personnes secourues en un an par le navire Geo Barents
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Selon les chiffres de l'ONG, entre juin 2021 et mai 2022, 3.138 personnes qui risquaient de se noyer ont été secourues. Au total, 6.536 consultations médicales ont pu être réalisées à bord du navire, pour des premiers soins, des soins pour violences sexuelles, et même une aide psychologique. Pour ces survivants, 34% d'enfants dont 89% non-accompagnés, le bout du tunnel semble loin, voire inatteignable. En effet, la situation depuis un an est très délicate avec les pays d'accueil comme l'Italie et Malte. MSF dénonce à plusieurs reprises "une abstention systématique des autorités italiennes et maltaises de mener et de coordonner les sauvetages." Entre le 9 et le 11 mai 2022, le Geo Barents a effectué sept sauvetages consécutifs, avec 471 adultes et enfants à son bord. Au total, le navire est resté bloqué 11 jours en mer avant que les autorités italiennes ne désignent un port pour débarquer.

MSF constate que "la triste réalité à la frontière sud de l'Europe n'a pas changé: la normalisation des politiques de dissuasion et de non-assistance en mer, ainsi que le démantèlement du système de recherche au profit des retours forcés, continuent de causer des souffrances et des pertes de vies humaines."

Asile et migration: plus de 3.000 personnes secourues en un an par le navire Geo Barents
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Entre 2017 et 2021, au moins 8.500 personnes sont mortes ou ont été portées disparues et 95.000 ont été renvoyées de force en Libye, selon MSF, ce qui en fait la frontière maritime la plus meurtrière au monde. La Libye, pays d'Afrique du Nord, est depuis quelques années le point de passage des migrants venus notamment d'Afrique sub-saharienne, et qui tentent de rejoindre l'Europe au péril de leur vie. Les migrants qui survivent viennent pour la plupart de pays en guerre, l'Érythrée et le Soudan, ou rongés par l'extrême pauvreté comme le Bangladesh.