"Au bord du gouffre", "Une attaque brutale", "Une journée infernale": la presse britannique décrit un Boris Johnson très affaibli

La presse britannique réagit, ce mercredi matin, aux démissions en cascade qui mettent Boris Johnson sous haute pression.

F.F avec AFP
"Au bord du gouffre", "Une attaque brutale", "Une journée infernale": la presse britannique décrit un Boris Johnson très affaibli
©AFP

Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce mardi 6 juillet 2022 fut une bien mauvaise journée pour le Premier ministre britannique, qui a vu s'enchaîner les démissions. Pour les ministres de la Santé et des Finances, Sajid Javid et Rishi Sunak, l'affaire Pincher a été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase déjà bien trop plein... Même si Boris Johnson s'est excusé hier d'avoir fait monter Chris Pincher, accusé d'attouchements sur deux hommes, dans son gouvernement, le mal était fait : "La confiance est perdue", a déclaré Sajid Javid. Plus tard dans la soirée, Bim Afolami, vice-président du parti conservateur britannique, a à son tour présenté sa démission... en pleine émission télévisée. "Le Premier ministre n'a plus mon soutien ni celui du parti ou du pays", a-t-il lancé.

Ce mercredi matin, alors que trois nouvelles démissions sont venues s'ajouter à cette liste déjà longue, dont celle du secrétaire d'état à la Famille et à la Jeunesse, la presse britannique décrit un Boris Johnson très affaibli et son avenir plus qu'incertain.

Après ces départs, "le Premier ministre est au bord du gouffre" titrent ainsi The Guardian et The Times. Le premier estime que cette série de démissions a "porté un coup dur à son autorité après une série de scandales auto-infligés". La journaliste Polly Toynbee conclut ainsi que la manière et le moment de la démission de Boris Johnson constituent "la seule question encore pendante".

Le Sun confirme cette position d'équilibriste en taclant: "The last chance saloon" , expression qui signifie qu'après autant de ratés c'est la "dernière chance" de se rattraper pour Boris Johnson. Le quotidien complète son titre en rappelant qu'il a "été poignardé lors d'une journée de l'enfer". Il estime en effet que "Rishi Sunak et Sajid Javid ont lancé une attaque étonnamment brutale contre le Premier ministre avec deux lettres de démission féroces".

"Johnson ne tient plus qu'à un fil", appuie The Telegraph, le décrivant comme "se démenant" pour renforcer son gouvernement.

Le Daily Mail enfonce durement le clou : "Est-ce que même Boris le porcelet graissé peut s'en sortir ?", se questionne-t-il en évoquant déjà "le manque d'intégrité" et "d'emprise" mis avant dans ces lettres "abrasives".

The Mirror se contente d'un sobre "Finally", c'est-à-dire, un "Enfin" de soulagement "après des années de soutien au Premier ministre, Sunak et Javid brandissent un couteau" .

"Game over", souligne quant à lui The Times, appelant Bojo à démissionner pour le bien du pays. "Chaque jour qu'il passe au pouvoir y augmente le chaos." Pour le quotidien, Boris Johnson commet une erreur en s'accrochant au pouvoir car il n'a "plus la confiance ni de son parti, ni du pays". David Frost, l'ex-M. Brexit du gouvernement britannique, pointe dans The Telegraph que, si Boris Johnson ne quitte pas son poste, il risque "d'emporter avec lui le parti et le gouvernement".