Alvaro Lario, le nouveau et ambitieux président du Fida

L’économiste espagnol est élu à la tête du Fida (Fond international de développement agricole) pour un mandat de 4 ans. Il succède à Gilbert Houngbo.

E.G. (st.)
Alvaro Lario, le nouveau et ambitieux président du Fida

828 millions de personnes ont souffert de la faim en 2021, soit 43 millions de plus qu'en 2020. La plupart sont issues de zones rurales en développement. Pour l'Espagnol Alvaro Lario, le Fida, Fond international de développement agricole, doit agir : "Nous avons les institutions pour lutter contre la pauvreté, nous avons le savoir-faire pour réduire les inégalités, ce dont nous avons besoin, c'est de mobiliser des ressources et d'unir nos forces." Depuis 1978, le Fida encourage les initiatives agricoles durables dans les communautés rurales défavorisées. 23,2 milliards de dollars américains ont été investis depuis la création du fond. L'organe des Nations unies, dont le siège est à Rome, espère doubler son impact d'ici 2030. Le nouveau président, Alvaro Lario, 54 ans, en fait sa mission.

Ambitieux, le successeur du Togolais Gilbert Houngbo, ne manque pas de qualifications. Il a étudié à la London Business School et à Princeton. Il décroche ensuite son doctorat en économie financière à l’Université Complutense de Madrid, dont sont issus sept Prix Nobel.

En 2011, il quitte son poste chez Renta4, une banque espagnole d'investissements, pour se consacrer à des projets plus éthiques. À l'International Finance Corporation (IFC), il découvre le financement international durable et les marchés émergents. Puis, en 2018, il intègre le Fond international de développement agricole en tant que vice-président adjoint, responsable du département des opérations financières. Il contribue à faire du Fida un acteur fiable dans les marchés économiques internationaux. Le fond reçoit la confiance d'acteurs privés, ce qui lui permet augmenter ses ressources disponibles.

Élu président du Fida, Alvaro Lario entrera en fonction en octobre prochain. Dans les quatre années à venir, il devra faire face à de nombreux défis. "La guerre en Ukraine est un choc de plus qui vient s'ajouter aux catastrophes climatiques et à l'inégalité de la reprise après le Covid-19", reconnaît-il. Mais l'économiste ne se décourage pas. Il affirme que son objectif, sur le long terme, est de "placer le Fida au centre du lien entre agriculture, sécurité alimentaire et agenda climatique mondial".