Propos et gestes indécents devant ses étudiants: un professeur d'université interdit d'enseigner

Des étudiants avaient dénoncé les pratiques du professeur. Celui-ci a été interdit d'enseigner pendant trois ans.

J.F.
Propos et gestes indécents devant ses étudiants: un professeur d'université interdit d'enseigner
©shutterstock

Bertrand Pauvert, professeur en droit à l'Université de Haute-Alsace (UHA) a comparu lundi devant le tribunal correctionnel de Mulhouse. Il a été reconnu coupable de harcèlement sexuel et sexiste répété entre janvier 2018 et octobre 2021 et de violences n'ayant pas entraîné une incapacité de travail. Il a écopé d'un an de prison avec sursis et d'une interdiction d'enseigner pendant trois ans.

Ces dernières années, certains de ses étudiants s'étaient plaint de comportements et de propos inappropriés de la part de l'enseignant. Le journal L'Alsace s'était à l'époque fait le relais des doléances des étudiants en droit. Ceux-ci avaient notamment expliqué que le professeur avait un jour mimé une sodomie sur un étudiant de l'auditoire (sans le toucher) et qu'il avait également tenus des propos inappropriés. Sur le viol, il avait notamment déclaré durant un cours (enregistré par des étudiants) "si le viol est inévitable, détends-toi et profite". Alerté, le recteur de l'Université avait suspendu le professeur à titre conservatoire. La vice-procureure Sandra Di Rosa s'était ensuite saisie des faits et l'Université s'était portée partie civile.

"On ne le recroisera plus avant la fin de notre scolarité"

Lors de son audience du 9 juin dernier, le professeur a tenté de justifier certains de ses comportements, expliquant que la sodomie mimée avait pour but d'illustrer la suprémacie du droit européen sur le droit français. Mais le tribunal l'a reconnu coupable de harcèlement sexuel à l'encontre de dix étudiantes et cinq étudiants. Dans le délibéré, le tribunal a estimé que les propos ont été tenus à l'égard de "l'ensemble des étudiants présents et reçus par chacun à titre personnel, chacun en ayant souffert". Il a toutefois été plus clément que ce que demandait la procureure qui réclamait de la prison ferme.

A l'écoute du verdict, plusieurs étudiants se sont montrés ravis. "Je suis contente, surtout pour l'interdiction d'exercer. Cela me soulage de savoir qu'on ne le recroisera plus avant la fin de notre scolarité", a expliqué Manon, étudiante en première année de Master. Comme l'a expliqué la présidente du tribunal, plusieurs jeunes "ressentaient de la peur, de la l'humiliation et craignaient leur professeur".

Le professeur, qui a aussi été coordinateur local de la campagne présidentielle d'Eric Zemmour, "envisage très sérieusement de faire appel". Exercer lui manque, selon son avocat. L'homme était en effet professeur depuis 26 ans, et depuis 22 ans à l'Université UHA.