"Ce n'est pas un combat au couteau dans une cabine téléphonique": la course à Downing Street se tend avant le premier débat entre candidats

Ils sont encore cinq dans la course au pouvoir lancée après l'annonce jeudi dernier de la démission de Boris Johnon, emporté par une avalanche de départs déclenchée par un trop-plein de scandales.

"Ce n'est pas un combat au couteau dans une cabine téléphonique": la course à Downing Street se tend avant le premier débat entre candidats
©AP

La cheffe de la diplomatie britannique Liz Truss essaie de combler son retard dans une course à Downing Street de plus en plus âpre vendredi, avant un premier débat télévisé entre prétendants pour remplacer Boris Johnson.

A l'issue du deuxième tour de vote jeudi, les députés conservateurs ont placé en tête l'ex-ministre des Finances Rishi Sunak (101 voix), devant la secrétaire d'Etat au Commerce international Penny Mordaunt (83 voix), candidate préférée des adhérents selon les sondages, et la ministre des Affaires étrangères Liz Truss (64 voix).

La cheffe de la diplomatie a reçu jeudi soir le soutien de la conseillère juridique du gouvernement Suella Braverman, qui a été éliminée avec 27 voix.

Liz Truss "réduira les impôts, mettra en oeuvre les promesses du Brexit et protègera la liberté d'expression", a tweeté Suella Braverman en annonçant son choix.

-Promesse de poste

Le défi pour Liz Truss, 46 ans, consiste à rallier autour d'elle la droite du parti conservateur.

L'ex-négociateur du Brexit David Frost a appelé l'ex-secrétaire d'Etat à l'Egalité Kemi Badenoch, qui se définit comme candidate "anti-woke" à se retirer de la course pour soutenir Liz Truss, en échange d'un poste dans le futur gouvernement de cette dernière.

Un appel rejeté par le camp de Kemi Badenoch, qui soutient qu'elle est "là pour gagner", tandis que l'un des soutiens de Rishi Sunak, le député Simon Hoare, a étrillé David Frost, ancien "ministre non-élu qui a échoué" et s'évertue à donner un avis dont tout le monde se fiche.

Dans une compétition très ouverte, Liz Truss, admiratrice de l'ex-Première ministre Margaret Thatcher, semble à la peine derrière Penny Mordaunt, quasi-inconnue il y a encore une semaine, mais qui est donnée gagnante face à n'importe lequel de ses rivaux en finale.

Déjà attaquée par David Frost, qui a émis de "sérieuses réserves" sur sa capacité à diriger le pays, Penny Mordaunt a estimé vendredi sur Sky News que ses concurrents "veulent m'empêcher d'arriver en finale parce qu'ils ne veulent pas se retrouver face à moi".

"Se battre face au Labour"

Une fois le casting du face-à-face final déterminé par les députés du parti - qui doivent poursuivre la série de votes éliminatoires la semaine prochaine - le choix reviendra aux membres du parti conservateur.

Le résultat du scrutin, qui se tiendra par correspondance pendant l'été, est attendu le 5 septembre. 160.000 membres du parti conservateur avaient voté lors du dernier scrutin en 2019.

Les cinq candidats doivent se retrouver vendredi sur le plateau de Channel 4 pour un débat à partir de 18H30 GMT. Deux autres sont prévus dimanche et mardi.

"Ce n'est pas un combat au couteau dans une cabine téléphonique, il s'agit de gouverner le Royaume-Uni, changer la manière dont notre pays est gouverné et dans deux ans se battre face au Labour" lors des élections générales, a déclaré vendredi matin sur Sky News le candidat Tom Tugendhat, président de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des Communes.

En milieu de journée vendredi, les cinq candidats se retrouveront lors d'une séance de questions réponses en ligne organisé par l'influent site ConservativeHome, très suivi au sein du parti.

Si Boris Johnson s'est gardé d'exprimer publiquement d'exprimer tout soutien pour "ne pas nuire aux chances de qui que ce soit", il exhorte selon le Times les candidats éliminés à soutenir "n'importe qui sauf Rishi" Sunak, que son camp soupçonne de trahison.

La garde rapprochée du futur ex-Premier ministre est convaincue que l'ex-Chancelier de l'échiquier de 42 ans, dont le départ du gouvernement a contribué à précipiter la chute de Boris Johnson, attendait son heure depuis des mois. Ce dont les soutiens de Rishi Sunak se défendent.

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