"Un président qui rend honneur à Pétain": réactions indignées en France après le tweet d'une députée sur la rafle du Vel d'Hiv

"Honte", "abject", "nausée": un tweet de la cheffe de file des députés LFI Mathilde Panot, reprochant notamment à Emmanuel Macron d'avoir "rendu honneur à Pétain" en 2018, suscite une volée de réactions indignées dans la majorité et au-delà, au jour des commémorations de la Rafle du Vel d'Hiv.

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"Un président qui rend honneur à Pétain": réactions indignées en France après le tweet d'une députée sur la rafle du Vel d'Hiv
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"Il y a 80 ans, les collaborationnistes du régime de Vichy ont organisé la rafle du Vel d'Hiv. Ne pas oublier ces crimes, aujourd'hui plus que jamais, avec un président de la République qui rend honneur à Pétain et 89 députés RN", a tweeté samedi Mathilde Panot.

En 2018, M. Macron avait qualifié Philippe Pétain de "grand soldat" durant la Première Guerre mondiale, même s'il a ensuite "conduit des choix funestes".

Et dimanche après-midi, le chef de l'Etat commémore à Pithiviers (Loiret) le 80e anniversaire de la Rafle du Vel d'Hiv en inaugurant, en compagnie de rescapés, un nouveau lieu de mémoire dans l'ancienne gare de la ville. Cérémonie à laquelle des élus du Rassemblement national ont aussi été invités, par tradition républicaine, a détaillé l'Elysée, sans préciser s'ils seraient présents.

Le ministre chargé des Transports, Clément Beaune, a appelé Mme Panot à retirer son tweet et à présenter "ses excuses à la France, vite".

Relayant cet appel à retirer le tweet, la députée Renaissance Prisca Thévenot a affirmé dimanche sur CNews que LFI avait "réussi à gagner la palme de l'abject, de l'indigne".

"Les morts vous écoutent. Croyez vous qu'ils écoutent ça? Je ne demande que le silence que les morts appellent. Taisez-vous", a tweeté la présidente Renaissance de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet, reprenant des mots de Robert Badinter lors des commémorations de 1992.

"Instrumentaliser la Shoah sans écrire le mot +juif+, après avoir voté plusieurs amendements avec le RN. LFI n'est plus à une contorsion idéologique près. C'est indigne de la mémoire des victimes, c'est une fille d'enfants cachés qui vous le dit", a écrit sur Twitter l'ex-ministre Emmanuelle Wargon.

Pour le sénateur RDPI Julien Bargeton, "il ne s'agit pas d'un dérapage. C'est la conséquence de l'attitude systématique consistant à faire de tout sujet une occasion de conflit, sans respect pour la mémoire ou la République".

"Quelle honte!", "La nausée", "Aucune limite dans l'indécence", ont encore réagi respectivement les ministres Agnès Firmin Le Bodo, Isabelle Rome et Olivier Dussopt.

A gauche, la présidente socialiste de la région Occitanie, Carole Delga, farouche adversaire de l'alliance Nupes autour de LFI, a dit sur Twitter avoir "mal à ma France, celle de la République ouverte, généreuse, fraternelle. Celle qui se lève contre l'extrême-droite; qui sait nommer l'antisémitisme et le combattre; qui ne confond pas tout, ne brouille pas les destins; qui se souvient, transmet, sans instrumentaliser..."

Au Rassemblement national, le vice-président de l'Assemblée Sébastien Chenu a affirmé sur BFMTV que les "provocations" de Mathilde Panot "n'ont qu'un objet, c'est viser à cacher l'antisémitisme qui est tapi dans l'ombre de La France insoumise".

"On est là vraiment dans la volonté de créer une polémique", a regretté de son côté le vice-président du Crif Gérard Unger, soulignant sur BFMTV que "le président de la République comme tous ses prédécesseurs depuis Jacques Chirac (...) ont toujours montré réellement leur volonté de lutter contre l'antisémitisme en France".

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