Droits des femmes: Royaume-Uni et Ukraine rejoignent la Convention d'Istanbul

Le Royaume-Uni et l'Ukraine ont ratifié la Convention d'Istanbul, premier traité international à fixer des normes juridiquement contraignantes pour prévenir les violences envers les femmes, a indiqué vendredi la secrétaire générale du Conseil de l'Europe, Marija Pejcinovic Buric.

AFP /BELGA
Droits des femmes: Royaume-Uni et Ukraine rejoignent la Convention d'Istanbul
© Sipa USA

"Une excellente semaine pour la Convention d'Istanbul", un texte du Conseil de l'Europe: "après l'Ukraine, je salue chaleureusement le Royaume-Uni en tant que 37e Etat partie", s'est félicitée Mme Buric sur Twitter.

Lundi, la secrétaire générale avait déjà annoncé l'adhésion de Kiev "à ce traité historique". Il entrera en vigueur dans les deux pays le 1er novembre, a précisé sur son site le Conseil de l'Europe.

Signé en mai 2011 à Istanbul, ce traité établit un cadre légal et institutionnel pour lutter contre les violences sexistes. Il oblige les gouvernements à adopter une législation réprimant la violence domestique et les abus similaires, y compris le viol conjugal et la mutilation génitale féminine.

Selon Amnesty International, la Convention d'Istanbul "est le traité international le plus ambitieux" en la matière.

La Turquie, qui l'avait signée dès 2011, en est en revanche sortie récemment, le gouvernement turc l'accusant d'encourager l'homosexualité et de menacer la structure familiale traditionnelle.

La décision d'Ankara de l'abandonner a été confirmée mardi par un arrêt du Conseil d'Etat turc.

En Pologne, la Convention irrite également visiblement le pouvoir, qui a manifesté son intention de s'en retirer. Tous les Etats membres de l'UE sont pourtant signataires de ce texte (une poignée d'entre eux ne l'ont pas encore ratifié), même si l'UE en tant que telle n'y a toujours pas adhéré officiellement dans la limite de ses compétences. Le Parlement européen insiste régulièrement sur l'importance de faire avancer l'adhésion, mais cela coince depuis plusieurs années au niveau du Conseil (Etats membres), dont le feu vert officiel est nécessaire.

La Belgique a quant à elle signé la Convention d'Istanbul en 2012 et l'a ratifiée en 2016. Elle a fait l'objet d'une première évaluation du respect de ses engagements en 2019, par le groupe d'experts indépendant spécifiquement chargé de vérifier la mise en œuvre de la convention (le "GREVIO").