Reprise "très virulente" d'un incendie en Gironde : 6000 hectares brûlés près de Landiras

Un feu qui "s'était enterré" depuis la mi-juillet dans le secteur de Landiras (Gironde) a repris avec vigueur depuis mardi après-midi dévorant sur son passage 6.000 hectares de forêt et forçant l'évacuation de 6.000 personnes dans ce secteur des Landes de Gascogne.

Un feu qui "s'était enterré" depuis la mi-juillet dans le secteur de Landiras (Gironde) a repris avec vigueur depuis mardi après-midi dévorant sur son passage 6.000 hectares de forêt et forçant l'évacuation de 6.000 personnes dans ce secteur des Landes de Gascogne.

C'est un feu "très vigoureux" qui a progressé "toute cette nuit sur le sud-est" de Landiras, théâtre d'un gigantesque incendie en juillet, a résumé devant la presse Martin Guespereau, préfet délégué de la Gironde.

De 400 ha de surface brûlée mardi soir, le bilan a grimpé à 6.000 ha dans la nuit. Un "feu majeur", "beaucoup plus virulent et rapide" cette nuit qu'en juillet, a décrit à son tour le contrôleur général Marc Vermeulen du corps des sapeurs-pompiers du SDIS 33.

Les fumées épaisses posant des "problèmes de visibilité", la préfecture a décidé de couper dans les deux sens l'autoroute A63 de Bordeaux à Bayonne.

Face à la progression des flammes, 3.600 personnes ont été évacuées mardi dans la nuit des communes de Saint-Magne, Belin-Béliet et Hostens, 2.000 sont "en cours d'évacuation" et 200 dans les Landes "et il est probable que le chiffre s'alourdisse durant la journée", a souligné Martin Guespereau.

Un feu nourri dans la tourbe

Dans la nuit, la préfecture des Landes voisine avait annoncé que l'incendie girondin avait "progressé défavorablement pour atteindre le département (...) en milieu de nuit".

"Ce sont des situations très difficiles pour des personnes qui ont déjà été évacuées en juillet au moment où le feu d'à-coté avait pris et qui retrouvent cette situation angoissante", a souligné le préfet délégué de la Gironde.

Ce feu de Landiras qui a ravagé en juillet près de 14.000 hectares de forêt, sans faire de victimes, n'a "jamais été déclaré éteint" et était depuis toujours placé sous une surveillance constante.

Mais il a repris de plus belle mardi après-midi à la faveur d'une "météo extrêmement défavorable par la canicule, par la sécheresse de l'air, par le record historique de la sécheresse de la végétation et par le fait que nous avons ici beaucoup de tourbe (dans le sol), ce qui fait que le feu de juillet ne s'était pas arrêté, (...) il s'était enterré", a expliqué le préfet, en évoquant une journée de "très grand risque".

Quelque 500 sapeurs-pompiers sont engagés sur ce "chantier", appuyés par des moyens aériens (deux canadairs, un dash et trois hélicoptères à venir) et des renforts venus du sud sont attendus.

"Des actions de brûlage tactiques vont être mises en œuvre pour limiter sa progression, le contrarier au maximum", a indiqué le contrôleur général Marc Vermeulen du corps des sapeurs-pompiers du SDIS 33.

Malgré le combat de toute une nuit, 16 maisons ont été endommagées dans la nuit, "mais on a pu en protéger un certain nombre", a relevé le patron des pompiers, qui déplore de son côté "six camions brûlés".

De son côté, la gendarmerie a annoncé renforcer "la lutte contre les incendiaires".

Pour la seule journée de mardi, les pompiers ont eu à traiter pas moins d'une quarantaine d'autres départs de feu. "Aucun n'a dérapé mais à chaque fois, ça monopolise l'action des pompiers", a souligné Marc Vermeulen du SDIS 33.

La Gironde a été frappée à la mi-juillet par deux incendies "hors normes", l'un à Landiras, à 40 km au sud de Bordeaux, le second à la Teste-de-Buch sur le bassin d'Arcachon, qui ont dévoré 20.800 hectares de forêt, entraînant l'évacuation de plus de 36.000 personnes.

Le feu sur le bassin d'Arcachon, près de la Dune du Pilat, a été maîtrisé le 29 juillet mais celui de Landiras, toujours également très surveillé par les pompiers, n'avait été que fixé le 25 juillet.

La France et particulièrement le sud-ouest, est actuellement à nouveau touchée par un épisode de canicule aggravant chaque jour davantage une sécheresse historique.

Plus de 1.200 hectares brûlés dans le Maine-et-Loire

L'incendie, qui ravage la forêt du Maine-et-Loire depuis lundi, a brûlé plus de 1.200 hectares, nécessitant la présence de près de 400 sapeurs pompiers, a indiqué mercredi matin le codis du département.

Le feu, situé dans une zone entre Angers et Le Mans (Sarthe), "a pris une ampleur importante, on est à 1.240 hectares de brûlés. Nous ne sommes toujours pas maîtres du feu", a déclaré à l'AFP le codis du département, alors qu'il va faire "très chaud" dans la journée et qu'un "renforcement du vent" est craint.

Le feu a débuté lundi "sur le secteur de la commune de Baugé-en-Anjou, un secteur un peu particulier, car c'est une zone d'exclusion: ce qui veut dire que ni la population ni les secours ne peuvent entrer car il y a du stockage de munitions de la IIe guerre mondiale", a précisé le Codis.

Désormais, très exactement 377 sapeurs pompiers, dont 200 venus d'autres départements, sont sur place pour combattre les flammes.

"On procède à la protection de 22 points sensibles, dont un centre d'hébergement pour personnes handicapés". Environ 70 personnes ont été évacuées, selon la même source.

"Pour l'instant toutes les actions des sapeurs pompiers ont été efficaces en ce qui concerne la protection des points sensibles puisqu'on a aucun point sensible qui a été impacté par le sinistre. Par contre on n'a pas encore réussi à prendre la maitrise de ce sinistre", ont expliqué les pompiers.

L'incendie qui ravage la forêt du Pugle, massif forestier, compte beaucoup d'herbacés dont des fougères qui aident à propager le feu.

"On a des sautes de feu improbables: on suspecte très fortement des allumages volontaires d'incendie", a dit le Codis.

Par ailleurs, toujours dans le même département, un incendie sur le secteur de Beaulieu-sur-Layon a ravagé 80 hectares. "Ce feu est fixé et on est maitre du feu", a expliqué le Codis. "On a défendu trois points sensibles, dont un centre équestre et un château".