Les détails sordides des accusations à l'encontre de Benjamin Mendy

Ce lundi, Benjamin Mendy est apparu à son procès et a écouté les accusations dont il fait l'objet. La partie adverse l'a dépeint comme "un prédateur" ayant abusé de victimes "vulnérables, terrifiées et isolées".

G.J
Les détails sordides des accusations à l'encontre de Benjamin Mendy
©AFP

Pendant près de trois heures, Timothy Cray, le procureur, a exposé ce que les victimes présumées auraient dû endurer face au jury d'assises. Ces différentes femmes incriminent l'ancien joueur de Manchester City et Louis Saha Matturie (aucun lien avec l'attaquant Louis Saha) qui est coaccusé dans cette sordide affaire. En tout, l'ex-international français, qui a plaidé non-coupable, comparaît pour huit viols, une tentative de viol et une agression sexuelle, contre sept jeunes femmes entre le 25 octobre 2018 et le 23 août 2021, soit trois jours avant son arrestation. Tandis que le second est accusé de huit viols et quatre agressions sexuelles.

Louis Saha Matturie, co-accusé dans le procès Benjamin Mendy
Louis Saha Matturie, co-accusé dans le procès Benjamin Mendy ©AFP

Selon les plaignantes, les faits se seraient déroulés dans l'énorme "manoir" du natif de l'Essonne. Une maison gigantesque située à cinquante kilomètres de Chester. Un coin connu pour être l'un des plus chers de l'immobilier local et très recherché pour "son calme et sa proximité avec l'aéroport de Manchester". Détail loin d'être anodin pour Tommy Cray qui explique que les deux hommes sont éloignés de la réalité et vivent dans une luxure où tout est permis.

Un lieu où les "jeunes victimes présumées pouvaient se sentir vulnérables, terrifiées et isolées", précise le procureur dans des propos repris dans L'Equipe. Il assure également que ces femmes auraient été conduites "dans des pièces qu'elles croient verrouillées. Certaines femmes étaient ivres et les accusés voulaient qu'elles le soient. Pour eux (les deux accusés), ces femmes étaient des choses à utiliser pour le sexe, puis à jeter." Cette vulnérabilité a été encore plus poussée à l'extrême à cause de la différence d'âge entre les plaignants et les plaignantes ainsi que leur différence de classe sociale.

Une vidéo interpellante

Pendant cette première journée, une vidéo a été montrée lors de l'audience. Tommy Cray a alors détaillé l'une des soirées où Benjamin Mendy aurait commis son crime le 11 octobre 2020. Après une soirée dans un bar l'une des victimes présumées se retrouve dans le domicile de l'ex-joueur professionnel avec une autre copine. Le Français de 28 ans l'oblige de rendre son Smartphone afin d'éviter toutes les fuites possibles sur les réseaux sociaux. Elle cache alors son téléphone pour tout de même envoyer un message à un ami. Ce qui énerve fortement Benjamin Mendy qui aurait récupéré le téléphone jusque dans sa chambre sécurisée avec un code pour pénétrer dans l'enceinte. Elle se retrouve dans cette chambre mais lui fait "comprendre qu'elle ne voulait pas avoir de relations sexuelles avec Mendy". La plaignante désire récupérer son téléphone pour rentrer chez elle.

"Mendy lui a dit qu'il voulait juste la regarder et qu'il lui rendrait le téléphone si elle se déshabillait", a expliqué le procureur. "Il a également signalé que la porte de la chambre était verrouillée. La plaignante s'est déshabillée mais a gardé son string ; Mendy a alors jeté son téléphone sur le lit. Alors qu'elle se penchait pour ramasser le téléphone, il s'est positionné derrière elle, en s'avançant. Il l'a ensuite violée [...], par-derrière, en déplaçant son sous-vêtement sur le côté pour le faire. Elle lui a dit à plusieurs reprises : "Non, c'est trop. Je ne veux pas" et elle lui a fait comprendre qu'elle voulait partir. C'est alors que Mendy l'a violé par voie orale."

Des propos d'une gravité extrême et d'une violence inouïe. "De nos jours, plus personne ne peut douter que "non", ça veut dire "non". Ce droit fondamental de dire "non" au sexe doit bénéficier à tout le monde. Et on ne perd pas ce droit parce qu'on est allé dans un bar, qu'on s'est habillé pour sortir en boîte ou qu'on s'est rendu chez un footballeur", a ajouté Tommy Cray. Pour le procureur, deux questions devront surtout être élucidées lors de ce procès très médiatique: "Que s'est-il passé dans la maison de Mendy les jours en question ? Qu'y avait-il dans cette maison qui rendait ces femmes vulnérables?"

Depuis le 7 janvier, Benjamin Mendy jouit d'une liberté conditionnelle. Avant cela, il avait passé 134 jours en prison. Face à ces accusations, les deux hommes (avec Louis Saha) ont déjà plaidé non coupable. Pour eux, toutes ces femmes étaient consentantes. L'enjeu du procès sera de prouver si les accusées ont agi sous la contrainte ou non.