"Je suis dégoûté": Abbas compare les massacres en Palestine avec l’holocauste

Le chancelier allemand Olaf Scholz et le président palestinien Mahmoud Abbas ont discuté de l'évolution de la situation palestinienne lors d'une rencontre à Berlin.

Le chancelier allemand Olaf Scholz (D) et le président palestinien Mahmoud Abbas (G).
Le chancelier allemand Olaf Scholz (D) et le président palestinien Mahmoud Abbas (G). ©AFP

Le chancelier allemand Olaf Scholz s'est dit mercredi "dégouté" par des propos du président palestinien Mahmoud Abbas comparant la politique israélienne envers les Palestiniens au génocide juif par l'Allemagne nazie, et condamnés notamment en Israël. "De 1947 à aujourd'hui, Israël a commis 50 massacres dans 50 villes palestiniennes (...) 50 massacres, 50 holocaustes et encore aujourd'hui il y a chaque jour des morts dus à l'armée israélienne", a déclaré mardi M. Abbas, en utilisant le mot "holocauste" en arabe, lors d'une conférence de presse conjointe avec M. Scholz.

"Notre demande est la suivante : nous voulons la paix, nous voulons la sécurité, nous voulons la stabilité (...) il faut développer une confiance entre nous", a ajouté le responsable palestinien.

Le dirigeant âgé de 87 ans, qui vient en Allemagne pour son suivi médical, avait été interrogé sur l'attentat des Jeux Olympiques de Munich, fatal à 11 Israéliens et perpétré par un commando palestinien en 1972.

"Je suis dégouté par les remarques scandaleuses du président palestinien Mahmoud Abbas", a tweeté le chef du gouvernement allemand mercredi, ajoutant : "Pour nous Allemands en particulier, toute relativisation de l'holocauste est intolérable et inacceptable."

Le président palestinien Mahmoud Abbas, à gauche, lors d'une conférence de presse après une rencontre avec le chancelier allemand Olaf Scholz, à droite, à la Chancellerie à Berlin, mardi 16 août 2022.
Le président palestinien Mahmoud Abbas, à gauche, lors d'une conférence de presse après une rencontre avec le chancelier allemand Olaf Scholz, à droite, à la Chancellerie à Berlin, mardi 16 août 2022. ©AFP

M. Scholz était lui-même critiqué, essentiellement par l'opposition conservatrice et certains médias, pour ne pas avoir réagi immédiatement aux déclarations lors de la conférence de presse, qui s'est achevée directement après cette réponse.

"Abbas relativise l'holocauste... et Scholz se tait", titrait notamment le quotidien populaire Bild sur son site internet.

"Mahmoud Abbas qui accuse Israël d'avoir commis '50 holocaustes' alors qu'il est sur le sol allemand n'est pas seulement une disgrâce morale mais un mensonge monstrueux (...) l'Histoire ne lui pardonnera jamais", a réagi le Premier ministre israélien Yaïr Lapid.

Dani Dayan, le président de Yad Vashem, le mémorial israélien de la Shoah, a condamné des "déclarations ignobles" et un "comportement inexcusable" auquel "le gouvernement allemand doit répondre de manière appropriée".

"Ceux qui cherchent la paix (...) ne doivent pas distordre la réalité et récrire l'histoire", a commenté de son côté le ministre de la Défense Benny Gantz qui s'était entretenu il y a quelques mois avec M. Abbas.