Un diocèse allemand pointé pour avoir caché des violences sexuelles : "Il n'a pas pris les mesures pour protéger les victimes potentielles"

Le diocèse allemand de Trèves a caché pendant des décennies des violences sexuelles commises par des prêtres, ressort-il jeudi d'un rapport intermédiaire de la commission indépendante mise en place pour enquêter sur le scandale.

DPA
Un diocèse allemand pointé pour avoir caché des violences sexuelles : "Il n'a pas pris les mesures pour protéger les victimes potentielles"
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Les agresseurs présumés étaient réaffectés à un autre poste dans le diocèse, en partie pour les protéger des conséquences juridiques de leurs actes, écrivent les membres de la commission. Leur réaffectation n'a pas mis fin aux violences qu'ils commettaient sur des enfants et des jeunes. "Dans un grand nombre de cas, le diocèse n'a pas pris les mesures pour protéger les victimes potentielles", dénonce la commission.

Deux cas particulièrement graves ont été mis en avant. Dans le premier, un mandat d'arrêt avait été émis à l'encontre d'un prêtre, cité dans plusieurs dossiers. Le diocèse a alors lancé une intervention spéciale pour l'envoyer au Paraguay.

Le second concerne un prêtre qui avait auparavant été reconnu coupable de violences sexuelles sur des enfants en Autriche. À Trèves, il a continué ses agressions.

Ces cas montrent clairement, selon la commission, le manque d'une "approche responsable" de la part des auteurs.

La commission poursuit son enquête afin de déterminer le rôle spécifique et les responsabilités des évêques et autres personnalités du diocèse. Un rapport est attendu d'ici la mi-octobre notamment sur les violences commises par Mgr Bernhard Stein, qui a dirigé le diocèse de 1967 à 1980.

L'enquête, qui a démarré il y a un an, devrait durer six ans au total. Jusqu'à présent, 513 victimes et 195 agresseurs présumés ont été comptabilisés, pour la période courant de 1946 à la fin 2021. Le nombre de victimes devrait encore augmenter.