Au Royaume-Uni, fermetures et polémiques pour l'enterrement d'Elizabeth II

De nombreuses entreprises, dont quasiment tous les supermarchés, garderont le rideau baissé lundi au Royaume-Uni pour les funérailles de la reine Elizabeth II, journée qui sera fériée dans le pays, mais certaines fermetures font polémique.

Au Royaume-Uni, fermetures et polémiques pour l'enterrement d'Elizabeth II
©AFP

Parmi les commerces, la quasi-totalité des grandes chaînes de supermarchés seront fermées lundi: Marks and Spencer n'ouvrira que quelques magasins situés près de Westminster et du château de Windsor. Aldi, Sainsbury's et ses filiales Argos fermeront leurs portes, tout comme les hypermarchés Tesco.

Les supérettes de ce groupe, géant de la distribution au Royaume-Uni, ouvriront toutefois après la cérémonie, de 17H00 à 22H00, de même que les restaurants McDonald's qui fermeront pendant les funérailles et rouvriront en fin d'après-midi.

La chaîne de vêtements bon marché Primark sera fermée toute la journée.

La Bourse de Londres a elle aussi prévenu qu'elle serait fermée lundi, comme pour toutes les journées fériées au Royaume-Uni.

En revanche, les quelque 4.500 pubs du groupe Stonegate vont rester ouverts, et diffuser la cérémonie télévisée. Les établissements de Greene King qui ne disposent pas de télévision ouvriront eux après l'enterrement, et le groupe rival Wetherspoons n'avait pas encore pris sa décision mercredi, d'après un porte-parole joint par l'AFP.

Les centres de vacances Center Parcs au Royaume-Uni ont eux déclenché une bronca en déclarant qu'ils fermeraient lundi pour les obsèques de la reine, avant d'accepter de laisser les clients en séjour long rester sur place.

Le groupe de tourisme avait annoncé mardi que "tous (ses) villages (vacances) au Royaume-Uni" allaient "fermer pour une journée lundi (...) par respect pour les funérailles de la reine Elizabeth II et pour permettre au plus grand nombre de (ses) employés de participer à ce moment historique".

Center Parcs a déclenché l'ire de ses clients en leur disant qu'ils devraient avoir quitté leur village de vacances à 10H00 lundi et ne revenir, en cas de séjour long, que le lendemain, les forçant ainsi à trouver un autre hébergement à la dernière minute.

Face à un déluge de plaintes, Center Parcs a amendé sa décision mercredi pour autoriser une minorité de clients, qui seront au milieu de leur séjour, à rester dans leur bungalow.

Banques alimentaires fermées

Avant le revirement de Center Parcs, Tracy Groome, 58 ans, s'inquiétait de savoir où son groupe de neuf personnes allait dormir lundi au milieu d'un séjour prévu au centre d'Elveden Forest, dans le Suffolk. "Je suis sûre que ce n'est pas ce que la reine aurait voulu", a-t-elle déclaré à l'agence PA.

Plusieurs banques alimentaires ont également fait polémique en annonçant qu'elles fermeraient elles aussi pour les funérailles royales.

Leurs responsables ont fait valoir qu'elles fermaient toujours lors des jours fériés et que le jour des funérailles de la reine en était désormais un. Ils ont aussi rappelé aussi que les banques alimentaires fonctionnaient largement grâce à des bénévoles.

Mais celle de Wimbledon, au sud de Londres, a dit mercredi avoir changé son fusil d'épaule: "grâce à un soutien formidable, nous avons à présent des bénévoles pour ouvrir lundi comme d'habitude", déclare-t-elle sur son site internet.

Par ailleurs, le trafic aérien au-dessus de Londres, déjà limité mercredi après-midi pour assurer le silence dans le centre de la capitale britannique lors d'une procession accompagnant le cercueil de la défunte reine, devrait de nouveau être perturbé lundi pendant les funérailles.

Enfin, certains rendez-vous médicaux prévus pour lundi seront reportés, a prévenu le service de santé public national NHS.

De quoi susciter de grosses frustrations chez les patients dans ce pays où il faut attendre des mois pour voir un médecin dans le réseau NHS, surtout depuis la pandémie de Covid-19.

Ces jours d'activité perdus risquent de peser sur les comptes des entreprises, mais l'impact reste difficile à évaluer et "de nombreuses entreprises pourront rattraper leur retard" par la suite, selon Samuel Tombs, économiste chez Pantheon Macroeconomics.