Crise énergétique : "Un plafonnement du prix sur le marché de gros ne résoudra rien"

La Norvège n'est pas favorable à la proposition de la présidente de la Commission européenne de plafonner les prix du gaz en Europe.

Crise énergétique : "Un plafonnement du prix sur le marché de gros ne résoudra rien"
©XINHUA

La Norvège a répété mercredi sa désapprobation de la piste d'un plafonnement généralisé des prix du gaz en Europe. La présidente de la Commission européenne semble avoir ouvert la porte à une telle solution, qui serait temporaire dans l'attente d'un meilleur fonctionnement du marché. La Commission européenne avait auparavant évoqué un plafonnement du prix uniquement pour le gaz russe, redoutant, comme l'Allemagne, qu'une limitation plus large du prix pousse les producteurs à préférer d'autres destinations. Quinze États membres dont la Belgique réclament cependant un plafonnement général du prix de gros du gaz, à moduler en fonction des marchés internationaux pour ne pas mettre en danger l'approvisionnement.

Devenue le principal fournisseur de gaz vers l'Europe depuis la réduction des livraisons russes dans le sillage de la guerre en Ukraine, la Norvège (qui n'est pas membre de l'UE) a répété mercredi son hostilité à un plafonnement du prix.

"Un plafonnement du prix sur le marché de gros du gaz ne résoudra pas la difficulté de l'Europe, à savoir un manque de gaz, mais empirera plutôt la situation puisqu'on peut s'attendre à ce qu'une telle solution contribue à une consommation accrue et des livraisons moindres", a réagi le ministre norvégien de l'Energie, Terje Aasland, auprès de l'agence AFP, mercredi. "Personne ne peut utiliser plus de gaz et d'énergie qu'il n'y en a".

L'Allemagne, qui était le pays le plus dépendant du gaz russe, a aussi jusqu'à présent rejeté l'idée. Mais Berlin est sous pression depuis l'annonce la semaine dernière d'un plan national pouvant aller jusqu'à 200 milliards d'euros pour protéger son économie contre la hausse des prix de l'énergie. L'Allemagne a rapidement été accusée de faire cavalier seul par d'autres États membres aux coudées moins franches sur le plan financier.